Rebelle (Brenda Chapman, Mark Andrews, 2012)

Rebelle (Brenda Chapman, Mark Andrews, 2012) dans Cinéma film_rebelle_pixar

Pixar est un studio d’animation américain connu pour avoir écrit, produit et réalisé quelques uns des plus grands succès commerciaux dans ce domaine depuis plus de dix ans. L’histoire a commencé en 1995 avec la sortie de Toy Story et s’est poursuivie sur plus de dix ans avec des succès tels que Toy Story 2, Le Monde de Nemo, Cars, ou encore Monstres et Cie. Je dois concéder le fait que je n’avais pas aimé particulièrement Ratatouille et encore moins Wall-E dont j’avais trouvé la première partie (intégralement muette) fabuleuse mais la seconde épuisante par son moralisme et sa pensée écolo binaire. Surtout le dernier film d’animation qui m’avait beaucoup touché était Dragons, sorti des studios….Dreamworks de Spielberg. Alors oui il y avait des héros de cinéma chers au studio Pixar, mais pas encore d’héroïne.

C’est chose faite avec le portrait de Merida dans une histoire qui s’ancre sur les terres écossaises et ses légendes ancestrales. L’histoire avait tout pour me plaire, et ce depuis l’annonce du projet : faire d’une jeune héroïne un personnage mue par un désir de se révéler à soi-même par le récit initiatique et les épreuves de la vie. Et en effet, dès les premières images, la chevelure bouclée rousse de la jeune Mérida fait son effet. Elle est d’abord croquée dans son enfance, déjà extrêmement vive, confrontée à ses premières peurs et ses premières émotions, jusqu’à l’âge de l’adolescence où le classique passage à l’âge adulte est lui aussi illustré.

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Rebelle, Mérida l’est car ses parents qui sont à la tête du royaume l’en ont un peu décidé à sa place (surtout sa maman). Le père lui est jovial, beaucoup moins collant, et davantage porté sur les récits de ses exploits héroïques passés. Merida écoute cela avec un détachement étonnant qui révèle surtout un certain ennui au quotidien et une vie réglée comme du papier à musique : tout est lisse, encadré, minuté, surveillé. Et c’est cela qui déplaît à la jeune adolescente qui a déjà envie de prendre sa vie en mains et de décider de son destin. Le film est techniquement très abouti mais ce n’est pas une surprise :  les cheveux, les expressions du visage, les traits, les décors, les effets de lumière, le cadre lui -même, l’utilisation du Scope pour les décors. Tout est ici soigné, croqué avec un sens maniaque du détail et une certaine ambition. On pourra prévenir les jeunes enfants de passages un peu durs, notamment lors des affrontements entre les ours qui peuvent effrayer les plus petits d’entre eux.

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Rebelle est un film initiatique sur le désir de liberté et sur les contraintes afférentes à ces mêmes libertés : Merida n’en fait qu’à sa tête car elle ne veut pas que l’on choisisse un mari pour elle, donc un mariage non désiré et subi. Elle veut aussi choisir l’homme qu’elle aimera pour ce qu’il est pas forcément pour ce que les autres, y compris ses proches pensent de lui. Elle veut aussi prendre ses distances avec les traditions, avec les coutumes, avec les règles que son statut lui confèrent : celle d’une princesse qui refuse de l’être et qui vit sa crise d’adolescence comme d’autres celle de la cinquantaine. Le scénario est loin d’être original, mais le ton est léger, l’humour parfois caustique et le trait est souligné avec une certaine imagination (la représentation du feu follet comme guide dans la nature, celle de la sorcière qui fait penser à Blanche Neige et les sept nains, l’anthropomorphisme saisissant de l’ours, les séquences d’intimité une fois la maman transformée en animal qui montrent le sens de la répartie et cette absolu nécessité de faire du sentiment le moteur de l’action : colère, joie, peine, douleur ou enthousiasme). Quelle bonne idée d’avoir confié le doublage de Mérida en français à Bérénice Béjo, qui d’une voix douce et chaleureuse caresse l’auditeur de son phrasé.

On est saisi par la qualité constante de l’animation, par la place de la femme décrite ici dans une société majoritairement masculine où celle-ci prend la parole, se défend, attaque, et guide un peu le peuple (il y a un peu de l’idée du tableau de Delacroix). Car au demeurant, de la libération finale nait aussi ce sentiment de liberté que la jeune fille trouve dans le choix qu’elle a su trouvé après les épreuves, et l’amour filial qui sort grandi après les affrontements. On peut parler de bons sentiments comme de quelque chose de péjoratif, le film montre surtout que la révolte adolescente amène souvent à tisser encore plus les liens entre des gens qui étaient capables d’exprimer du ressentiment voire de l’incompréhension face à la parole adulte, avant de se révéler et de révéler l’amour aux autres comme un moteur essentiel, vital de leur vie.

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