Mariage pour tous : mêmes droits pour tous

Mariage pour tous : mêmes droits pour tous dans Actualités Mariage-pour-tous-Ce-qui-fait-flipper-les-anti_exact780x585_l

C’est le débat du moment qui provoque l’ire de certains, l’incompréhension d’autres, et qui alimente surtout les discussions au café du coin (contre lequel je n’ai rien puisque je m’y rends régulièrement le midi pour y déjeuner) ou au sein des espaces de travail, lieux fascinants à décortiquer parce que révélant aussi la nature profonde des êtres que l’on y côtoie et qui se trouvent être des collègues.

Aussi, la semaine dernière je découvrais, interrogatif dans un premier temps, dépité ensuite, ces images de milliers de manifestants défilant au son d’une musique dite joyeuse pour au final accoucher d’un discours tout sauf progressiste, et pour tout dire imperméable au désir pourtant manifesté par les couples homosexuels : celui de donner de l’amour à un enfant pour l’adoption, sans pour le moment disposer des mêmes droits aux yeux de la loi que ceux qui défilaient contre eux. Le désir aussi de protéger l’être aimé(e).  Je me suis posé la question de savoir combien il y avait d’enfants de parents divorcés ( ces enfants-là qui portaient des affiches contre les homosexuels alors qu’ils sont en âge d’aller à l’école maternelle où l’on commence à inculquer les règles de la vie en communauté), d’enfants qui avaient connu des violences physiques ou morales au sein même de leur famille, combien d’enfants de familles recomposés (après un divorce, ou une séparation) et combien d’adultes qui sont célibataires et ne souhaitent eux-mêmes pas se marier ? Cela m’a stupéfait d’autant plus que je constate au jour le jour de plus en plus de cas de familles monoparentales (ayant donc accès à l’adoption, puisqu’un(e) célibataire le peut parfaitement) souvent constituées d’une mère célibataire ayant la garde de l’enfant, ce qui est rarement le cas d’un père. Dans les faits, les femmes ont plus souvent la garde de ou des enfants que les hommes.

manifestation_mariage_pour_tous_paris_8283_north_584x0 dans ActualitésManifestation en faveur du mariage pour tous par des membres du FEMEM.

Les chiffres sont toujours affaire de querelles de chapelles : on parlait de 300000, 350000 personnes selon la police, 1 million pour les organisateurs. 1 million de personnes qui défilent dans les rues de Paris c’est TRES impressionnant, et ça donne une idée de l’impact des émissions, appels à l’ordre, manifestations régionales qui ont fait aboutir et converger des cars entiers, des trains spéciaux (payés par qui ? comment ?) venus de la France entière pour défiler dans les rues de Paris parmi les plus fréquentées. C’est là que l’on voit à quel point le système de décentralisation voulu pour les régions ne trouve plus grand écho quand il s’agit de tout faire converger en politique centrale parisienne. Au-delà de cette question, c’est aussi la question sociologique qui est passionnante à analyser : quelle vision de la société, quel fossé aussi séparent les pour et les anti, les gays et les hétéros, comme si cette manifestation en filigrane séparait la France en deux entités alors qu’elle ne devrait en constituer qu’une seule : celle d’une France aux droits égalitaires qu’elle que soit l’orientation sexuelle. Tous à Paris était le mot d’ordre, à côté duquel trônait des slogans qui ressemblaient dans la forme et le fond à une croisade…

J’ai regardé ces images, j’ai écouté les interviews (de Civitas à Frigide Barjot, laquelle m’agace profondément mais c’est un autre problème, en passant par certaines associations catholiques homosexuelles elles-mêmes opposées à ce projet), j’ai épluché la presse de quelque bord qu’elle soit (de l’extrême gauche à l’extrême droite) écouté les débats. Et puis je me suis dit : mais où est la place des enfants de couples homosexuels, de familles monoparentales ? Qui leur donne la parole ? Et pour cela il fallait aller du côté du web, et en particulier le chaîne LCP pour y voir l’audition particulièrement éloquente, parce que pleine de sensibilité, de bon sens et d’ouverture de quatre participants principaux, enfants d’homos qui ne réclament pas mordicus ou manu militari les mêmes droits, mais ont l’élégance de le demander dans un cadre légal, se conformant ainsi au principe de citoyenneté, tout en posant la question au législateur de la reconnaissance de leur statut, et surtout de celui d’une tierce personne, en l’occurrence le conjoint ou la conjointe du père/mère adoptif/ve qui en cas de décès du parent n’a justement aux yeux de la loi aucun droit sur l’enfant alors qu’il l’a éduqué dans l’amour.

J’ajoute que l’ouverture de ces droits aux couples de même sexe ne m’enlèverait nullement les miens en tant qu’hétérosexuel et que curieusement on ne demande quasiment jamais à un hétéro de se justifier quant à sa sexualité. Cela constituerait au bout du compte une modification du code civil. Et puis il y a des symboles qui personnellement m’agacent : voir des Marianne porter le code civil en guise de défense du mariage civil dans une manifestation où les catholiques (dont certains pas franchement ouverts à la discussion mais plutôt harponnés à leurs idées) défilaient n’était pas franchement pour me plaire.

Marianne-anti-mariage-pour-tousDes Marianne anti-mariage pour tous défilent à Paris avec le code civil le 13 janvier 2012

Si Benoît (prenons ce prénom au hasard) disparaît alors que c’est lui qui a obtenu l’agrément d’adoption pour l’enfant Igor (au hasard encore), son compagnon homosexuel Fabrice n’aura aucun droit. Et il faut à l’heure actuelle que Benoît donne la capacité à Fabrice d’aller chercher Igor à la crèche car Fabrice seul n’existe pas légalement on peut tout à fait lui refuser le droit d’aller le chercher. C’est sur ce sujet-là, ainsi que celui de la procréation médicalement assistée que se situe le coeur, l’enjeu principal de la loi pour le mariage pour tous. Davantage que le sujet de l’homosexualité en tant que telle (dépénalisée en France dans les années 70), c’est celui de l’adoption et de la procréation qui posent le plus vif débat. Même si certains s’en sont défendu, il y avait aussi des homophobes dans cette marée humaine du 13 janvier, je le crois, j’en suis convaincu.

La vidéo dure 2h49, mais c’est un document passionnant, parce qu’il révèle une peur institutionnelle (le parti démocrate chrétien de Christine Boutin en ligne de front pour s’y opposer à tout prix, au risque même de détourner les croyants homosexuels de leur foi) et religieuse  (une partie de l’Eglise qui s’immisce dans un débat civil et nullement religieux), non pas basée sur l’irrationnel, mais sur une vision clairement judéo-chrétienne et très conservatrice : la définition du couple par exemple ou l’obsession de la procréation dans le couple, alors que l’on sait que la loi actuelle accorde le droit à l’adoption pour une femme ménopausée hétérosexuelle, qui par définition ne peut concevoir et donc donner la vie.

Image de prévisualisation YouTube

Pour le coup, la manifestation du 13 janvier 2012 m’a fait peur pour les relents qu’elles véhiculaient, et ce tous âges confondus et certainement toutes origines sociales : celle d’une France qui a peur de l’autre au final, qui ne lui accorde pas un droit qui paraît à d’autres comme étant évidents si l’on considère que la France est la patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, portés au pinacle par ces mêmes responsables politiques, religieux qui évoquent « une aberration anthropologique » en évoquant l’homosexualité. Ce genre de propos, au 21ème siècle, me terrifient. Littéralement.

Ce qui ne m’a nullement surpris en revanche c’est de voir l’amour, sincère, entier qui se dégageait des reportages que j’ai vus des couples homosexuels, de ces femmes et hommes prêts à donner de l’amour à autrui, aux gens du même sexe qu’elles et eux et ce désir d’enfant, d’adoption qui étaient le leur. J’en étais et reste convaincu. J’ai autour de moi des ami(e)s et collègues homosexuel(le)s qui sont aussi opposé(e)s au mariage homosexuel pour des raisons qui leurs sont propres, mais elles aimeraient aussi avoir le choix. Avoir le choix de ne pas se marier, et avoir ce choix inscrit légalement. Et d’autres personnes proches qui le souhaitent ardemment (se marier, adopter) et qui ne le peuvent pas aujourd’hui.

Si vous recherchez sur la toile, sur Youtube ou autres des reportages sur la question, vous en verrez pléthore. Vous y verrez de l’amour, cet amour authentique, qui je le conçois peut être le même chez un couple homo comme hétéro. Et ces jeunes gens, filles adoptées, chéries, aimées, désirées aussi (chez les couples lesbiens) qui vivent leur vie, et ne semblent nullement souffrir de leur situation d’enfants de couples gays et lesbiens. Pour tordre le cou aux clichés, parfois nourris par les journalistes eux-mêmes et aux idées préconçues sur le déséquilibre supposé dans l’éducation d’enfant(s) par un couple de même sexe, alors que cette idée est peu discutée lorsqu’il s’agit d’un couple hétéro, par définition pour certains, beaucoup plus équilibré.

Je suis pour le mariage pour tous, l’adoption pour les couples de même sexe, la PMA. Je suis aussi pour la reconnaissance d’un statut légal des transexuels souvent oubliés dans le débat. Et pour la reconnaissance des mêmes droits que les couples cités ci-dessus. En somme pour atteindre à l’indifférence, c’est-à-dire à l’absence de distinction et au droit commun. Mêmes droits pour tous.


 

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