Icône : Mata Hari

Icône : Mata Hari dans Pays-Bas 417331_372045159478729_156546477_n

Elle était belle et mystérieuse. Elle était emblématique d’une époque, à la fois son portrait et sa douce folie. Elle, c’est Mata Hari, icône féminine qui a inspiré le cinéma, la littérature, qui en a même à sa manière inventé une, celle du feuilleton populaire policier (Fantomas de Louis Feuillade réalisé en 1913 reprenant les éléments du récit du polar que Mata Hari avec sa vie à rebondissements contribua à populariser). Le portrait dépeint ici ne prétend pas être une biographie exhaustive, tout a déjà été dit et écrit sur cette femme hors du commun, mais je voulais en parler, parce qu’elle exerce sur moi une fascination qui n’a jamais tari avec les années.

 dans Pays-Bas

Mata-Hari_1910

Mata Hari est née à Leeuwarden (où un musée lui est entièrement consacré), dans le nord des Pays-Bas. Son nom de naissance est Margaretha Zelle. Elle naît en 1876 dans une famille hollandaise où son père est un riche marchand de chapeaux. L’élégance, le goût du luxe, de l’affichage du père seront déterminants dans la vie future de la jeune Margaretha qui prendra ce père en modèle pour se construire ensuite sa propre identité, une identité marquée par un penchant certain pour le déguisement, le voile, le faux-semblant. Le premier scandale intervient dans sa vie quand on apprend une liaison entretenue avec le directeur de l’école de Leiden, elle qui souhaite devenir institutrice. De fait, durant sa vie, Mata Hari aura à cœur d’enchaîner les relations amoureuses et éconduire nombre d’amants.

Mata-Hari

 

6635793109_4db0e18983_z

Elle rencontre  Rudolf Mcleod, un homme écossais qu’elle épouse et avec qui elle part découvrir Java. Sa fascination pour la danse javanaise viendra de cette expérience soldée par un échec : McLeod est un homme violent et alcoolique. Elle le quitte et McLeod enlève sa fille. Elle décide alors d’aller à Paris, forte d’une éducation qui lui a permis d’être polyglotte (elle parle néerlandais, anglais, français, espagnol). A l’époque la ville connaît une ébullition sans précédent : c’est la ville où il faut être pour se faire connaître en ce début de vingtième siècle synonyme de tous les bouleversements, y compris moraux.

D’abord dans l’ombre, courtisane de son état, Margaretha trouve une idée de génie : elle va exporter la danse javanaise en se faisant passer pour une javanaise, de par son teint basané. Elle fait illusion au Musée Guimet où se trouvent pourtant des experts des Indes. La France est alors friande d’exotisme, d’ailleurs et elle se trouve au bon endroit au bon moment pour construire son mythe. Sa première apparition en public, où un très fin collant de couleur chair recouvre ses parties intimes crée la confusion et la surprise totales. Elle invente non pas le striptease (c’est sans doute Salomé qui fut la première à le faire), mais sans aller dans le nu, elle propose un spectacle totalement nouveau qui méduse le tout Paris, en particulier celui du spectacle.

matahari

mata-hari

Mata-Hari-1907

Il est de notoriété et les témoignages historiques vont dans ce sens, que Margaretha devenue Mata Hari (oeil du jour, autrement dit soleil) est d’une beauté sidérante. Grande, cheveux de jais, visage d’une douceur qui tranche avec le bouillonnement érotique de ses spectacles, Mata Hari est reconnue comme une femme d’exception. Elle subjugue les spectateurs qui seront nombreux à lui demander des faveurs plus ou moins personnelles. En 1905, elle tourne à l’Olympia. Elle devient comme le sera plus tard Joséphine Baker, une égérie de la Belle époque. Sulfureuse, elle multiplie les aventures, la jeune femme qui a vingt sept ans, ayant un goût prononcé pour les hommes en uniforme, militaires principalement.

L’ironie de l’Histoire voudra que ce soit des militaires qui mettront fin à ses jours. Elle courtise, affiche ses conquêtes masculines et enchaîne les spectacles. Mais un an plus tard en 1907, elle n’est plus à l’affiche que de spectacles populaires en opposition aux spectacles mondains. C’est alors qu’elle est contactée à La Haye pour servir d’informatrice auprès des allemands à partir de 1915. Mata Hari commet l’erreur (de jeunesse, d’imprudence, de naïveté ?) de collaborer avec un allemand au moment où la guerre est déclarée et où la France commence à connaître des épisodes de mutinerie dans son armée.

6635729967_5c27d8af3f_z

6635730455_a72ec6e23d_z

 

6635831051_d7b1c7831f_o

Les preuves de son rôle d’agent secret (H 21 ?) sont peu nombreuses et son rôle tient sans doute plus de la collaboration momentanée, que de la véritable trahison d’état en période de guerre. Pourtant, la France et ses généraux de l’armée en décident autrement. Arrêtée en 1917, elle est jugée par un tribunal militaire qui fait peu de cas de ses arguments et la condamne à mort par fusillade pour haute trahison contre la France en temps de guerre. A l’époque on ne plaisante pas avec la trahison, avec l’ennemi, et il n’est pas question d’aller dans le sens des mutineries qui empêtrent les soldats français déjà bien mal dans la Grande Guerre. Le 15 octobre 1917, à l’aube, au Chateau de Vincennes, Mata Hari est amenée pour être exécutée par ses bourreaux. Elle refusera de porter le bandeau, lancera un dernier baiser à ses bourreaux et s’écroulera sous le feu des balles. Elle avait 41 ans. Une statue de Mata Hari est exposée au Musée du sexe à Amsterdam sur Damrak. En la découvrant la première fois, en taille réelle, dans sa robe blanche, j’ai été saisi par l’émotion.

SKY20101229094017AL

double_agents_02

Par son histoire, par ses conquêtes, par sa personnalité, Mata Hari anticipe les mouvements de libération de la femme en France et peut être considérée comme une féministe avant l’heure, farouchement indépendante, désinvolte, aventurière, mais aussi marquée par des évènements dans sa vie personnelle qui l’ont sans doute amener à prendre sa revanche sur la vie sans détester les hommes qu’elle conquis tout au long de sa vie. Elle a révolutionné sans le savoir l’art du striptease, le réinventant et le modernisant. C’est sa personnalité hors du commun, les multiples personnages qu’elle s’est crée qui en font une femme exceptionnelle . Sa vie inspira nombre de films, de romans, de biographies. C’est un vrai personnage de roman, sa vie est mouvementée, contradictoire, paradoxale, et Mata Hari était ancrée dans son époque tout en annonçant les révolutions de mœurs des années 60 et 70. Pour les fans de numérologie ou celles et ceux qui s’intéressent à la concordance des chiffres, sa date de naissance et les deux chiffres associés (07/08) correspondant au jour de sa mort (15 octobre). Mais Mata Hari est immortelle.

 

356 Réponses à “Icône : Mata Hari”


1 6 7 8
1 6 7 8

Laisser un Commentaire




Dans les vignes |
Penchylabidouille |
Mycustomsavagex46 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | VintageVoyageur
| Chateau de Mouchac
| Maisons Arlogis Chartres, c...