Polly Scattergood

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Les anglais sont décidément très forts. Je ne suis fermé à aucun style musical et évidemment à aucune nationalité. Les musiques du monde entier m’intéressent, même si j’ai, comme tout un chacun, mes préférences, mes centres d’intérêts pouvant aussi varier selon les circonstances, le contexte dans lequel je peux me trouver au moment d’une écoute. Et cela est aussi valable pour le cinéma.

On s’amuse, on surfe sur le net, et puis à un moment donné, on tombe sur une vidéo de Polly Scattergood.

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Wanderlust

Je vais être honnête, et citer la source sur laquelle j’ai trouvé ce clip hors du commun, c’est leschicsclips. Il se trouve que la chanteuse de la chanson Wanderlust n’a que vingt cinq ans. Soit presque le même âge qu’une personnalité comme Xavier Dolan qui est déjà à son troisième film, dont son dernier, Laurence Anyways est à mes yeux le plus abouti. On est dans cette génération de talents bruts qui s’illustrent chacun dans leur art respectif. Le plus fort, le plus intense c’est lorsque les arts convergent et réunissent les talents. Quand un réalisateur signe le clip d’une artiste musicale ou qu’un cinéaste réalise un film tout en étant acteur et compositeur de la BO. En France, ces croisements sont parfois mal perçus, voire rejetés, mais l’addition fait souvent la qualité et la distinction.

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Laurence Anyways (2012)

Wanderlust s’appuie me semble-t-il sur la dynamique du rêve. En tout cas c’est comme cela que je l’interprète. Ce clip de 3 min 33s met en scène une jeune femme qui semble de prime abord passer une audition pour un rôle. Un espace confiné avec une porte, des chaises vides l’accueille. Elle se meut dans l’espace, fait quelques gestes, dont celui de rejeter quelqu’un ou quelque chose, puis ouvre la porte et la referme. Cette scène se répète cinq ou six fois jusqu’à la fin du clip. C’est tout ? Oui et non. La mise en scène se base effectivement sur l’effet de répétition (ce qui n’est autre que la réalité du rêve où une scène peut se répéter à l’infini. Cela donne le sentiment que ça dure des heures, mais en fait ça ne dure que quelques minutes, répétées en boucle) et sur la dilatation du temps, avec l’utilisation du ralenti. Le tout avec un travelling latéral de gauche à droite à la façon de ce que l’on pouvait trouver dans les jeux-vidéos dit plateforme des années 90. Rappelez-vous sur Mario Bros, il s’agissait avant tout de cela, de pouvoir passer d’un niveau à l’autre, horizontalement, avant d’affronter le méchant de niveau.

Mario Bros (1985)

L’effet de ralenti est plus stupéfiant que la prise de vue en temps réel, parce qu’elle suspend les mouvements et donne cette impression de lévitation, de suspension. C’est un effet très cinématographique qui permet de figer ou de souligner une émotion et un état d’esprit alors que l’image elle se remplit au fur et à mesure (d’abord la jeune femme seule au milieu des chaises puis les personnages se mettent à envahir l’écran au fur et à mesure que le temps passe). On ne sait pas si la jeune femme va réussir à ouvrir la porte et à passer à autre chose, justement parce qu’elle ne passe pas  à autre chose, et que le clip se fonde là dessus. Vu une fois il ne semble pas livrer comme ça ses astuces, mais ça s’éclaire à la deuxième vision où les pièces s’assemblent. L’oeil de la chanteuse incarné par le poste de télévision nous observe et l’observe elle aussi. Tout comme le tourbillon du début, la mire déformée, figure récurrente des rêves et de l’isolation. Comme dans Sueurs Froides de Hitchcock.

Vertigo_(affiche_originale_-_1958)Sueurs froides (Alfred Hitchcok, 1958)

Surtout ce clip m’a rappelé à certains films traitant du rêve ou du cauchemar, dont David Lynch par exemple s’est fait un spécialiste. Particulièrement avec Eraserhead, cauchemar éveillé imprimé sur pellicule, un des films les plus effrayants, dont Kubrick dira plus tard que c’était le seul film qu’il aurait aimé réaliser. Mais aussi Lost Highway avec les séquences introductives, la figure de la blonde et de la brune, le crime qui s’insinue dans la narration, les effets visuels, un film qui échappe à l’explication rationnelle et qui offre, c’est rare, la possibilité d’interprétations en fonction de chaque individu. Ce clip de Polly Scattergood m’a aussi rappelé à la sensation ressentie devant le film Triangle, qui traitait de la répétition d’un même évènement sur un bateau pendant une heure trente avec une succession de boucles temporelles.

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Lost Highway (1997)

Si l’on essaie de sortir son esprit de la réalité et qu’on essaie de la modifier par l’ingestion de substances hallucinogènes ou qui altèrent la perception des sens (espace, vue, odorat, ouïe), on en arrive à voir des déformations, des altérations, des dilations des objets et du temps. Cela s’appelle parfois un bad trip, qui peut prendre mille et une formes différentes. On peut se sentir en mesure de le tester, ou essayer de l’éviter à tout prix, selon la personnalité, l’énergie, l’envie du moment. En tout cas les altérations de la réalité mêlées à l’hypnotique de certaines images me font penser aux clips qui ont pu en être tirés. Il y avait quelques années dans le cadre de la télévision et l’Oeil du cyclone une fausse émission d’hypnose réalisée par Gaspar Noé. 

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Une expérience d’hypnose télévisuelle (Gaspar Noé)

Dans le clip, on trouve aussi ceux de Afrika Pseudobruitismus ou Cardinal Perplexogram réalisés par Stanley Sunday qui reprennent des images célèbres issues des Studio Disney (donc familiales) pour les détourner, les triturer en collant des images ironiques, décalées.

 

6 Réponses à “Polly Scattergood”


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