La France, les yeux dans ses Bleus

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Face aux moments difficiles, face aux crises (politiques et sociales), la France a souvent essayé de se raccrocher à un élément fédérateur. Cela a parfois pu être la musique (pendant quelques années Yannick Noah était la personnalité française préférée des français, au moins sur le plan sportif, depuis sa victoire à Roland-Garros en 1983 et la Coupe Davis en 1991, au moment où sortait son triomphe commercial Saga Africa), mais surtout le sport.

En 1998, la France black-blanc-beur descend dans la rue et crie « Zizou Président ! ». Le joueur français venait de marquer deux buts décisifs en finale de Coupe du Monde de football face à l’équipe rêvée : le Brésil. En 2013, c’est IAM qui parle de xénophobie et les bonnets rouges qui défilent contre l’écotaxe.

La France a une tradition footballistique très forte. C’est le sport roi dans l’hexagone, lequel compte le plus de licenciés. C’est un sport que beaucoup de gamins pratiquent. C’est un sport qui n’a jamais attiré ma sympathie, ni même mon enthousiasme, bien que j’ai eu ma période foot, comme la majorité des gamins de mon âge entre 10 et 14 ans. Juste avant de tomber amoureux du handball, suite à la première victoire des Barjots au Mondial de 1995. C’était il y a presque vingt ans. Le foot est très populaire (voire le nombre de magazines, d’émissions, de reportages, de films aussi qui le décrivent, à l’instar de l’excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud ou encore A mort l’arbitre ! de Jean-Pierre Mocky).

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Le cliché associe souvent le foot à la consommation de pizzas et de bières, à un univers très masculin où règne la mode du tuning. Ce cliché  est de plus en plus mis à mal. C’est aussi un sport qui affiche de plus en plus de fans féminines (il n’y a qu’à voir l’arrière-plan des émissions vedettes dont le Canal Football Club de Canal +, où il n’est pas rare de voir apparaître une blonde ou une brune certainement pas placée là innocemment). Certaines filles se passionnent pour ce sport, inutile de lutter (et pourquoi d’ailleurs ?) c’est un fait.

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Hier soir, je n’ai pas regardé le match éliminatoire contre l’Ukraine. J’espérais une victoire, je ne vais pas décemment me dire que je souhaite la défaite d’une équipe qui représente tout de même mon pays, même si on peut critiquer les joueurs, certains de leurs comportements et attitudes (le naufrage Ksnyna, l’interview d’Evra, etc). J’aime bien Didier Deschamps, et si je dois confesser ne pas connaître un tiers des joueurs qui évoluent sur le terrain, il m’arrive de regarder certains matchs du championnat anglais ou allemand. Ce qui m’intéresse c’est le jeu qui peut être produit, et je n’ai pas trouvé celui-ci particulièrement alléchant ces derniers mois/dernières années avec l’équipe des Bleus.

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N’ayant pas vu le match mais sentant que l’Ukraine n’avait contrairement à la France rien à perdre, celle-ci, au regard des résumés a livré le match parfait, celui qui déjoue les pronostics, et aussi les attitudes un peu faciles voire méprisantes du type « L’Ukraine ? Une équipe très prenable, certainement la plus faible du groupe…« . Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et surtout ne jamais sous-estimer son adversaire. Une équipe de France qui se cherche, qui n’a pas de milieu offensif de la stature d’un Zidane, ne peut pas décemment jouer la suffisance. Et bien, de ce que j’ai vu, elle n’a nullement sorti les tripes, et le premier but ukrainien (ce pays que l’on dénigrait tant l’année dernière au moment de l’Euro en parlant d’un sinistre état dictatorial)  est juste splendide dans sa construction.

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Il semblerait que l’équipe ukrainienne joue avec des offensives collectives, organisées et agressives (dans le bon sens du terme). Juste après le premier but, le joueur s’en est allé mettre deux droites dans le poteau de corner. C’est amusant, c’est une anecdote, mais c’est surprenant de voir autant de rage dans le fait de vouloir gagner, s’imposer, dans le respect de l’adversaire (sauf sur un tacle TRÈS appuyé, qui vaudra l’expulsion de Koscielny), pour aller en Coupe du Monde. C’est plus simple de jouer à domicile, il y a le public qui pousse (il suffit d’en toucher deux mots à des supporters barcelonais pour en avoir la confirmation). Hier le stade de Kiev était en ébullition, littéralement. 2-0, score sans appel.

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Ce qui m’intéresse, au-delà de l’absolue contre-performance d’hier, c’est la rapidité avec laquelle la presse (et cette fois-ci en général) s’est emparée de l’affaire. Difficile pour moi, voire impossible de ne pas y voir une forme de bashing, terme anglo-saxon décrivant la façon dont on affuble du pire, avec le vocabulaire le plus hargneux qui soit, les victimes désignées d’un échec individuel ou collectif. Le cas Hollande est particulièrement évocateur bien qu’il ne soit pas le seul. Ici, le dit naufrage d’une équipe de France hagarde, hier celui d’une odyssée en Afrique du Sud désastreuse. Les titres de presse sont explicites. Il y a plus de 3300 commentaires (!) dans l’article de l’Equipe, « Alerte Rouge« , « La France sombre à Kiev » pour Libération, « Les bleus s’enfoncent » pour Le point, etc.

Si la France ne se qualifie pas pour le Mondial ce sera non pas un drame humain (il ne s’agit pas d’un cyclone), mais l’histoire d’un échec qui peut peser lourd sur la psychologie d’un Etat, sa représentation nationale et ses acteurs, aussi riches, jeunes et bien accompagnés soient-ils. Et puis il y a des enjeux financiers, et l’on sait qu’en période de manifestation sportive, les ventes repartent à la hausse même momentanément. Cela ne peut être que positif, même si ça ne règle pas les problèmes afférents. Néanmoins, pensons aussi à relativiser, même si la presse, en cas de défaite trouvera ses coupables et ses boucs-émissaires. Il ne s’agit que d’un sport et donc d’un jeu au final.

Je me rappelle du 17 novembre 1993 pour le match de barrage contre la Bulgarie de Kostadinov. C’est ce même homme qui en cette soirée de novembre a propulsé sa nation, la Bulgarie en Coupe du Monde (au Brésil) et enterré les espoirs de la France en marquant le deuxième but synonyme d’élimination, alors même que le match nul suffisait. Sur une erreur de relance, il venait marquer, d’un ballon tiré en transversale rentrante sur son coté gauche, crucifiant Bernard Lama. Si, exactement vingt ans plus tard, la même chose se reproduisait mardi 19 novembre 2013 au stade de France, ce serait une première depuis 1994.

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France- Bulgarie (1993)

 

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