Le 36 Quai des orfèvres dans l’actualité

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C’est une affaire grave qui concerne le 36 quai des orfèvres, considéré comme l’élite de la police française dans le domaine judiciaire avec les affaires de grand banditisme, crime organisé, etc. Vous en avez forcément entendu parler, la nouvelle ayant fait les une des médias et des journaux durant une semaine. Les faits se sont produits dans la nuit de 22 au 23 avril. Une jeune canadienne de visite en France (la première pour elle), accompagnée d’un ami avocat, visite la capitale et se rend dans des pubs durant son séjour.

Dans la soirée du 22 au 23, elle se rend dans le pub irlandais fréquenté par des habitués, des flics du 36 qui l’abordent.  S’ensuit une visite des locaux, dont la jeune femme de 34 ans ressortira selon des témoins « en pleurs, sidérée, sous le choc ». Elle dit avoir été violée par des policiers, ceux-là mêmes qu’elle avait rencontré dans le pub quelques heures plus tôt et qui lui avaient indiqué qu’elle pourrait visiter le lieu mythique.

C’est une histoire de viol. La France en connaît malheureusement de très nombreuses. Certaines sont exposées, font la Une, à l’instar de celle du coach sportif de Levallois-Perret accusé par des jeunes femmes (toutes mineures à l’époque des faits incriminés,  âgées de 12 à 17 ans), ainsi que celle du métro de Lille. D’autres sont tues, parce que les victimes n’osent pas porter plainte. Celle du 36 quai des orfèvres, cette histoire sordide à l’exposé des faits du procès-verbal, pose une nouvelle fois certaines problématiques en mettant en exergue des réflexes qui visent à décrédibiliser les victimes et à les rendre coupables de leurs agissements, de leurs comportements.

Ce n’est pas pour rien que Stopharcèlement de rue a vu le jour au début du mois de février et qu’il est déjà contesté par Causeur notamment, ce n’est pas pour rien que des femmes et des hommes se portent en faux par rapport à certaines accusations de provocation face aux agressions verbales, mais aussi physiques et sexuelles dont sont victimes les femmes dans la vie quotidienne. De la remarque sexiste, au geste déplacé, jusqu’au passage à l’acte comme le rapportait la journaliste Jack Parker agressée dans le métro, laquelle a reçu des messages de soutien comme d’insultes suintant la misogynie, le sexisme et la haine de l’autre à plein nez, sous couvert de relatif anonymat bien entendu.

L’affaire du 36 quai des orfèvres m’a mis très mal à l’aise, par la gravité des faits relatés, qui relèvent de la cour d’assise pour crime, et le fait qu’ils se soient déroulés dans un lieu « extraordinaire », même si un viol, par définition est une horreur qui peut être commis n’importe où, par des gens que les victimes connaissent souvent très bien. La première question que je me suis posée en lisant ces faits, c’est comment il était possible, alors même que tous les voyants sécuritaires sont au rouge (plan Vigipirate actif depuis au moins dix ans) que trois policiers (un interrogé à titre de témoin assisté n’a pas été inculpé après sa garde à vue) aient pu entrer ainsi avec une parfaite inconnue, en passant deux « barrages » à savoir les gardiens postés à l’entrée, en indiquant à ces mêmes gardiens qu’ils connaissaient la future agressée ?

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Comment envisager que des inconnus puissent rentrer ainsi au 36 sans faire l’objet d’un contrôle de sécurité et d’identité rudimentaire ? On nous rappelle ad nauseam chaque jour avec les annonces radio de menace de vol dans les transports, de pickpockets, on dit qu’il faut être vigilant dans ses déplacements, et là on fait entrer une parfaite inconnue à 0h sans se soucier le moins du monde des tenants et aboutissants. Ne serait-ce que sur ce point, les policiers me semblent être en situation de faute professionnelle lourde. Il s’agit du QG de la police judiciaire, et il est effrayant de voir que sous prétexte de présence féminine, on puisse y entrer aussi facilement.

La deuxième chose qui m’a interpellé, et profondément agacé c’est un article publié sur le site Metronews parce qu’il a d’une part été le premier à qualifier la victime en des termes qui ne peuvent que provoquer la confusion et donner le sentiment qu’en étant une fille légère voire facile elle ne pouvait que s’attendre à être victime d’une agression sexuelle. Si une femme s’habille en jupe courte, qu’elle porte des talons et sourit, elle est dans l’esprit de certains facile et ne doit donc pas s’étonner d’être caressée voire beaucoup plus. La jupe, la robe, le décolleté seraient ainsi des invitations à disposer du corps de l’autre, puisqu’ils indiqueraient que la personne qui les portent est à disposition, consentante de fait.

En agissant de la sorte, c’est à dire en draguant une femme dans le but de l’emmener au 36, les policiers ont manifestement abusé de leur pouvoir et autorité même si elle demandait elle-même de les visiter. Rien ne présuppose qu’y entrer était uniquement dans le but d’avoir des relations sexuelles, aussi consenties-soient-elles ce qui ne semble pas du tout être le cas, alors même que la personnalité de la victime est davantage mis en avant que ce qu’elle dit avoir subi et que des examens médicaux tendent à prouver.  Les détails sur la scène du crime, qui évoque « beaucoup d’alcool », et en particulier « un grand verre de whisky ingurgité par la victime » laisse entendre un comportement visant à griser une tierce personne dans le but d’abuser d’elle.

Que cette femme soit de nature avenante, souriante, qu’elle ait un « tatouage à l’épaule » (ce qui n’a strictement aucun intérêt d’ailleurs pour la décrire, notamment sur le plan du comportement, auquel cas l’article sous-entendrait-il que les femmes tatouées, à qui il arrive de boire, sont plus enclines à avoir des relations sexuelles que les autres, et donc à rechercher les aventures faciles ?) n’est pas une raison pour justifier une agression sexuelle pas plus qu’un viol. Il est fait état d’une « fellation imposée » (ce qui sur le plan pénal est caractéristique d’un viol) et de « pénétrations » par au moins deux personnes. Ces mêmes personnes, policiers, qu’elle avait rencontré au pub irlandais.

La troisième chose qui m’a sidéré est de lire que du personnel avait entendu des « bruits aigus de jouissance » sans s’inquiéter le moins du monde de qui en était l’auteur, et surtout pourquoi ? Pourquoi à 1h du matin dans des bureaux censés être déserts ? L’enquête se poursuit, tandis qu’une femme est aujourd’hui considérée comme légère, parce qu’elle a bu, suivi deux policiers qui étaient eux parfaitement au fait de ce qu’ils faisaient, tout en donnant une fois de plus une étranger image de la France vue hors de ses frontières.

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