Films du mois (Décembre 2014)

Films du mois (Décembre 2014) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

Image

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

Vivre pour vivre (Claude Lelouch, 1967) :  ♦♦

A la fin des années 60, Lelouch croque la vie d’un couple qui ne s’aime plus et surtout le portrait d’un reporter doué dans son métier mais lâche en amour, trompant sa femme et multipliant les aventures au gré des reportages. Pas le film le plus essentiel de son réalisateur, mais une chronique douce-amère qui parle de manière franche d’un sujet délicat. Très beau DVD. Et une interview intéressante en bonus. DVD fr

Maléfique/Maleficent (Robert Stromberg) : ♦♦♦

Une version de la Belle au bois dormant dominée par la présence fascinante d’Angelina Jolie qui ne fait pas que vampiriser l’écran mais porte une très large partie du film sur ses épaules. L’univers convoque le merveilleux, l’imaginaire et l’onirisme et si l’on peut regretter certaines créatures qui ont un côté un peu trop plastique, c’est l’évasion qui prédomine soulignée par une action bien menée. Un conte très réussi. Br fr 3D

 Crazy Night (Shawn Levy, 2008) :  O

L’humour et surtout sa réception c’est quelque chose de subjectif. On peut adorer Louis de Funès pour les mêmes raisons qui font que d’autres le détestent. Ici, un couple qui se dit lui même banal décide de sortir dîner à Manhattan dans un restaurant très huppé. Ils s’incrustent et s’ensuit une série de péripéties qui se veulent drôles voire hilarantes. Je n’ai rien contre le duo d’acteurs, mais j’ai trouvé l’histoire très conventionnelle (le rendu vidéo HD horrible)  et surtout j’ai décroché peut-être un ou deux sourires en 1H40. Je préfère largement l’humour absurde d’un Dumb and Dumber, car ce Crazy Night se passe effectivement de nuit, mais n’a absolument rien de Crazy. BR fr

Predestination (Les Frères Spierig, 2014 ) :  

Les réalisateurs d’Undead, une pétite série B horrifique sorti il y a dix ans se retrouvent à Hollywood pour filmer une aventure de science fiction sur les passages temporels, épaulé par Ethan Hawke. Le plus intéressant dans ce film, ce n’est pas le voyage dans le temps, les failles spatio-temporelles et le visuel, c’est cette étrange ressemblance qu’entretient son héroïne principale avec Léonardo Di Caprio, tout du moins le Di Caprio du milieu des années 90. Pour le reste c’est assez sommaire dans sa réalisation et j’ai trouvé le temps un peu long. BR fr

Poltergeist (Toobe Hooper, 1980) :  ♦♦♦

Je ne l’avais jamais vu mais ce film était lié à un souvenir d’enfance en passant devant le vidéoclub et me demandant ce qui se cachait derrière la mystérieuse jaquette d’une enfant devant un poste de télé. C’est une oeuvre bicéphale qui est un exemple de collaboration artistique entre deux artistes aux univers différents, à savoir Spielberg et Hooper. Ce n’est pas la même chose que le duo Pressburger/Powell, mais l’un et l’autre se complètent avec l’horreur pure de l’un (Hooper) et la sens du merveilleux, du conte chez l’autre (Spielberg). C’est en somme la matrice contemporaine du film de maison hantée, après l’original de Wise en 1959. Un poste de télévision, une famille et des interventions surnaturelles. Il n’en faut pas plus à Spielberg pour écrire un script sur la peur enfantine, sur les revenants. Hooper nous gratifie de quelques plans gores inattendus (qui justifient l’interdiction aux moins de 16 ans). Un film qui possède ce charme fou des films à effets spéciaux bricolés avant l’arrivée une décennie plus tard du tout CGI. Le DVD est très minimaliste : chapitrage, choix des langues, et c’est tout. DVD fr

Lucy (Luc Besson, 2014) :  ♦

Luc Besson voit large et ambitieux dans son script new age (les pouvoir infinis,  l’intelligence artificielle, la terre, l’expansion de l’univers) mais combine curieusement le minimum syndical dans le traitement visuel de son film qui convoque le cinéma contemporain coréen, le blockbuster américain et les franchises françaises (dont Taxi pour les poursuites). Un film hybride, au ton solennel et moralisateur (les stock shots documentaires appuient cette idée), naïf et roublard. Et surtout dénué d’émotions. BR fr

Ishaqzaade (Habib Faisal, 2012) :  ♦

L’opposition clanique, les élections, la jeunesse confrontée à l’aspect réactionnaire des doyens, c’est le cœur du film de cette œuvre indienne produite par Aditya Chopra qui met en scène deux jeunes comédiens débutant peu convaincants. Dès l’intro le film hurle son souhait de différence tout en s’adressant à un public conquis d’avance : les jeunes locaux dynamiques de Mumbaï, mais aussi les NRI qui souhaitent s’embrasser sur la bouche sans complexe (ce qui n’était pas le cas dans les 70’s). Très inégal, un peu hystérique et déjà vu. BR indien

Nos Meilleures Vacances (Philippe Lellouche, 2013)  :  O

C’est pire que ce que je craignais au regard de la jaquette retouchée jusqu’à l’excès, mais j‘étais curieux. Les vacances en Bretagne d’une bande d’amis parisiens garde justement ce côté énervant de parisianisme regardant le villageois avec une certaine condescendance dans le propos (tout ce qui n’est pas parisien est étranger). Seuls demeurent assez bien croqués ces moments de découverte pré adolescente, premiers baisers doux, innocence et heureuses découvertes. Tout sonne faux à commencer par les postiches et les costumes qui ont ce côté « reconstitution » forcée. BR fr

Le cerveau (Gérard Oury, 1969)  : ♦♦

Cela commence comme une comédie façon swinging London, puis la comédie déroule son intrigue s’affichant le luxe de se faire côtoyer Bourvil, Belmondo et Niven au casting. C’est un film assez entrainant qui lorgne même du côté de La Panthère Rose de Blake Edwards, avec un comique de situation qui émerge de l’énormité du détail (ici la panthère et le décor de la maison qui s’écroule). Un film ancré dans les 60’s, mélangeant bonne humeur, détente et divertissement. Du cinéma d’artisan en somme. Admirable restauration HD.

Seuls Two (Eric et Ramzy, 2008) : ♦♦

Paris, deux hommes. Seuls au monde ou presque. Le scénario est amusant mais pas sur toute la longueur, avec une histoire qui est surtout prétexte à l’abattage du duo principal qui reprend le comique de péripéties et le sens de la répartie. Sympathique mais un peu trop long pour tenir la distance.
BR fr

Les Gardiens de la Galaxie (James Gunn, 2014) :  O

Ce n’est pas tant l’humour, l’ironie, le ton au second et troisième degré qui m’ont agacé dans ce film de science fiction mais davantage son esthétique, ses costumes et sa soif d’en mettre plein la vue. Au bout d’une demi-heure je savais que cela ne me plairait pas tant j’ai trouvé le bestiaire vite repoussant. Idem pour le choix des couleurs et ces incessants changements de format vidéo passant du Scope au 1.85:1 lors des scènes d’action. Je préfère largement les originaux de Star Wars dont l’univers et l’imaginaire me parlaient beaucoup plus. BR fr 3D

La planète des singes (Matt Reeves, 2014 :  O

L’intérêt de la nouvelle version de 2010 résidait dans la multitude de rebondissements, l’affinement des caractéristiques des personnages, un rythme soutenu. Tout l’inverse ici, d’abord dans le choix d’un format 1.85:1, d’une 3D quelconque et surtout d’une mise en place d’intrigue s’étirant au-delà de l’heure. Un blockbuster qui contredit l’effet de surprise du premier volet et qui  provoque l’ennui. Très oubliable. BR fr 3D

Stars 80 (Frédéric Forestier, Thomas Langmann, 2012)  :  ♦

La troupe des années 80 composée, entre autres de Desireless, Jean-Pierre Madère, François Feldman, Début de Soirée, Emile et Images se reconstitue pour une tournée à travers toute la France. L’ironie du début qui veut qu’elle soit refusée partout – y compris par le producteur Valery Zeitoun- laisse ensuite la place à un film très lisse, comme en pilotage automatique. Jean Luc Lahaye semble être celui qui s’amuse le plus de son image. Divertissant même si très mineur, racontant en filigrane cette gageure de ne pas se moquer des artistes et du public qui les aime tout en montrant des chanteurs qui apparaissent en playback et chantent toujours le même tube.  BR fr

Kebab Connection (Anno Saul, 2005) :  ♦♦

Une comédie allemande qui décrit les relations entre une jeune fille allemande et un jeune homme turc dont elle est amoureuse et dont elle attend un enfant. La peur de l’engagement, la responsabilité de la paternité, les tensions inter-religieuses sont au cœur de cette sympathique comédie allemande tournée à Hambourg. Avec une dose d’humour, des répliques amusantes, un peu de karaté et surtout du döner. Acheté il y a quelques années à Amsterdam sur un marché je le gardais bien au chaud en attendant de le découvrir. DVD Benelux.

Crawlspace (Justin Dix, 2010) :  ♦♦

Depuis Alien et plus récemment Cube, enfin il y a de cela déjà une quinzaine d’années l’enfermement est propice à décrire toutes les peurs, qu’elles soient de nature biologique et ou guerrière. Ici on se retrouve avec une troupe de soldats coincés sous la terre. Ambiance poisseuse, cadrage au cordeau qui en font un film loin d’être original mais correctement ficelé. Je me suis aussi demandé si l’orange des costumes de certains personnages n’étaient pas au regard du film une métaphore sur les prisonniers de Guantanamo et le sort qui leur est réservé. BR fr.

20 ans d’écart (David Moreau, 2013) :  ♦♦♦

Une comédie romantique qui met en scène un jeune étudiant en architecture et une rédactrice de mode de vingt ans son aînée. Un film drôle, enlevé sur les dessous (impitoyables, mais ce n’est pas une suprise, ils étaient bien  décrits dans Le Diable s’habille en Prada) de la mode et sur le sentiment amoureux entre un homme naïf, maladroit mais touchant qui met du peps et de l’originalité dans la vie d’une future (quadra) incarnée par une pétillante Virginie Efira. Il est d’ailleurs amusant de la voir jouer à ce point sur son image, tandis que Pierre Niney excelle dans son rôle (et a tout le talent pour devenir un grand acteur). DVD fr

La Belle et la Bête ( Christophe Ganz, 2014) :  ♦

Au mystère et à l’onirisme du film de 1946, Christophe Ganz préfère la toute puissance des CGI et des décors (époque oblige). Si je ne n’aime pas trop le film de 1946 je lui reconnais un très beau maquillage et une belle utilisations des trucages d’optique. Ici, cette relecture du film de Cocteau propose plus de rebondissements et d’action mais moins de mystère. Léa Seydoux m’a paru trop jeune pour le rôle et Vincent Cassel grimé par  les effets spéciaux ne fait pas peur. Je n’ai compris la présence des géants de pierre qui ajoute du spectaculaire là où ce n’était pas nécessaire. Br FR

Reflets dans un œil d’or (John Huston, 1967) :  ♦

Deux heures ou presque de frustrations sexuelles, de sous-entendus et d’énergie érotique (négative) dans ce film qui convoque la psychanalyse en décrivant les relations entre trois personnages : une femme, un soldat voyeur et un officier gradé. La photo est belle, Marlon Brando ne fait rien mais reste monstrueux de charisme, mais le film est d’une langueur qui a finit par me décourager au bout d’une heure. Et le Blu-ray affiche une image au contraste trop mou, donnant l’impression de voir le film avec un voile constant.. BR fr

Stuck (Stuart Gordon, 2009 : ♦♦

L’enchaînement de péripéties, la tension nerveuse, l’ironie cinglante qui culmine dans le final grand guignolesque font de cette série B un conte métaphorique sur l’horreur quotidienne celle qui s’immisce et qui montre une certaine forme de lâcheté derrière le masque apparent de la tranquillité et la sociabilité. C’est signé Stuart Gordon un maître du genre à qui l’on doit Re-Animator.  Je me demande néanmoins ce que ça aurait pu donner avec Brian Yuzna aux commandes (réalisateur du formidable Society). BR fr

 

Supercondriaque (Dany Boon, 2014) :  ♦♦

Dany Boon s’appuie sur un sujet (l’hypocondrie) pour dérouler sa mécanique comique qui fonctionne bien dans le premier tiers et rebondit ensuite avec la fausse usurpation d’identité. C’est rythme, assez drôle parce qu’il en fait des tonnes, tout en mimiques, expressions et joue aussi avec la représentation des Balkans, de la guerre civile et des imbroglios. Le film rappelle un peu par moment et j’ignore s’il l’a vu Rab Be Bana Di Jodi sur la thématique de l’identité usurpée ou plutôt du masque que l’on porte pour éviter d’être soi-même tout en désirant l’amour de l’autre. Et Alice Pol est vraiment très charmante. BR fr

Made In USA (Jean-Luc Godard, 1966) :  ♦

Godard signe un film conceptuel comme il a souvent eu l’occasion de le faire, s’appuyant sur la puissance visuelle de son film pour entraîner son héroïne et égérie Anna Karena aux U.S.A. Le film mêle politique (en plein conflit du Vietnam et avant Mai 68), discours sur l’image et le son -avec cette voix-off omniprésente-, trouvailles visuelles (le mot liberté criblé de balles), et ces panneaux typographiques qui seront plus tard par Gaspar Noé. C’est visuellement beau (photographie superbe), très pop, mais le propos peut paraître aussi un peu obscur et laisser de marbre d’autant que l’héroïne n’a pas vraiment le beau rôle. DVD UK

La Chasse (Thomas Vinterberg, 2011) :  ♦♦

Le film de Thomas Vinteberg remarqué et salué à Cannes en 1998 avec Festen (son meilleur film),  est l’histoire d’un mensonge perpétré par une enfant qui met en vrac la vie d’un adulte travaillant auprès des enfants dans une crèche. Quelque peu prévisible, le film fait lentement monter une pression qui concentre l’énergie du désespoir de l’anti-héros vers une conclusion percutante. C’est bien interprété, cela rappelle aussi Les risques du métier de Cayatte, a photo est superbe (et le Blu-ray tout autant), mais au final je préfère la noirceur de Festen et le propos de ce dernier. BR f

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