Films du mois (Mars 2015)

Films du mois (Mars 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 Fury-thumb-630xauto-48754 dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

John Wick (Chad Stahelski, David Leitch, 2014)  :  ♦♦♦

Dommage que les vingt premières minutes s’attardent sur les conventions du genre avec une réelle pesanteur, parce que le film décolle vraiment à partir de la trente cinquième minute pour ne plus redescendre. L’histoire de ce tueur rangé qui revient dans le milieu ressemble par son cadrage, sa rugosité également au Piégée de Soderbergh dont il pourrait être le pendant masculin : l’action n’en finit plus, chorégraphiée comme un ballet avec toutes les techniques de combat rapproché, tirs en pagaille et morts violentes. Keanu Reeves avance tête baissée dans ce film qui a un côté bande dessinée. Travail amusant sur le sous-titrage avec le jeu sur les couleurs des mots, la scène de la discothèque est un morceau de bravoure de 10 minutes très intéressant. BR fr

 

Ronal le Barbare (Kresten Vestjberg Andersen, Thorbjørn Christoffersen, Philip Einstein Lipski, 2012) :  ♦♦♦

Ce film d’animation réalisé par trois jeunes danois s’écarte des conventions de Disney pour proposer un univers visuel attrayant et surtout un humour caractérisé par de nombreuses blagues en dessous de  la ceinture. Cette quête d’un jeune barbare fluet est portée par son insolence, la dynamique de sa mise en scène et ses personnages atypiques, dont celui de l’elfe, ici résolument queer et irrésistible. Sélectionné à Annecy, ce film d’animation ne s’adresse évidemment pas aux très jeunes enfants mais plutôt à un public ado et jeune adulte. On sent à chaque seconde le plaisir de ces réalisateurs et cette manière nordique de se détacher de ses propres blagues en en riant  avec dérision. BR fr 3D

 

On achève bien les chevaux/ They shoot horses, don’t they ? (Sydney Pollack, 1969) :  ♦♦

Durant la Grande Dépression aux Etats-Unis aux débuts des années 30 des couples de danseurs s’engagent pour gagner un marathon de danse, au péril de leur vie. Une fable cinglante et amère sur ces années noires et un regard porté sur le sensationnel, le sujet basé sur l’inhumanité de la compétition étant ici brossé sous la forme d’un concours dont l’issue est illusoire. Jane Fonda porte le film sur ses épaules, un film qui a un peu vieilli et qui parfois souffre du surjeu de ses acteurs notamment lors des vingt dernières minutes. Mais c’est une curiosité, car le film est tombé dans l’oubli de l’édition vidéo, la seule disponible étant un DVD repiqué d’une VHS, en 4/3 et uniquement en VF. En attendant un Blu-ray qui dort actuellement dans les cartons. DVD fr

 

Fury (David Ayer, 2014) :  ♦♦♦♦

L’assaut en Europe en 1945 lors d’une phase décisive de la Seconde Guerre Mondiale de soldats américains à bord d’un tank Sherman. Le film de David Ayer raconte non seulement l’horreur du quotidien (le champs de bataille, les morts, le froid, le manque, la violence) mais aussi les conséquences sur l’esprit de cette violence infligée avec la figure centrale du  soldat Norman, un jeune homme qui renonce à tirer mais finit par prendre les armes sous la contrainte. Magnifiquement filmé et chorégraphié, il fait penser à Il faut sauver le Soldat Ryan, notamment toute la seconde partie du Spielberg. Il fait naître au milieu du désordre et du chaos des instants de grâce lors du déjeuner chez les jeunes femmes allemandes, montrant ainsi le versant romantique d’un film contaminé par la violence. Un film saisissant. BR fr

 

Les maitres fous (Jean Rouch, 1955) :  ♦♦♦

Un documentaire ethnographique de 28 minutes centré sur les rites sacrificiels en Afrique noire, une Afrique que le documentariste Jean Rouch avait pris comme son continent d’adoption. La force peu commune de ce court-métrage vient de la voix-off narrée par Jean Rouch lui-même, une voix de conteur qui apporte un éclairage unique sur la thématique de la croyance et surtout de la colonisation. En reprenant les fonctions des colonisateurs (gouverneur, femme de capitaine) les hommes rentrent ici en transe, sans trucage. Le cinéaste nous envoie une image de la civilisation d’un réalisme qu’aucune fiction ne peut mimer.  C’est brutal, parfois à la limite du supportable, vu avec un regard d’ethnologue qui n’a rien perdu de son impact. Youtube

 

Enemy (Denis Villeneuve, 2014)  :  ♦♦♦

Un exercice de style maîtrisé et perturbant basé sur le double, la question de l’identité, sur les fondations du couple. Jake Gylenhaal interprète un double rôle, celui d’un professeur d’histoire et celui d’un acteur de troisième zone avec une intensité de regard constante. Si l’on se laisse entraîner dès le début par cette histoire au dessus de laquelle plane la figure tutélaire d’Hitchcock, Enemy est une parabole intéressante sur l’emprisonnement et la schizophrénie. Dommage que le dernier plan, le plan final  tombe dans un fantastique qui n’en avait peut-être pas besoin. BR fr

 

Total Recall (Len Wiseman, 2012 ) : ♦♦♦

Certes le remake n’a pas gardé intactes l’ironie et l’originalité proches du cartoon du film original de 1990, mais le film de Wiseman se suit comme un grand livre d’images futuristes, avec un soin apporté aux décors et surtout à la réalisation des scènes d’action (toutes lisibles) qui en font une oeuvre intéressante parce que programmée dès le départ à ne devoir surtout pas être à la hauteur d’après le déluge de critiques négatives reçues à sa sortie. Colin Farell n’est pas Arnold Schwarzenegger, mais ce remake hollywoodien réalisé par un anglais est un très bon divertissement à l’action quasi non-stop. BR fr

 

L’amour est un crime parfait (Jean-Marie, Arnaud Larrieu, 2013) :  O

Un film qui commence par une scène d’amour avortée, balayée d’un revers de main (ou ici d’un pano rapide) ne peut pas être un bon film. Le mystère, s’il y en avait un, s’évapore dès lors dans une succession de dialogues  lénifiants.  L’histoire de ce professeur de littérature, écrivain raté qui le revendique lui-même, repose sur une distanciation et une froideur collant à l’atmosphère du lieu principal, l’université de Lausanne. Il s’agit surtout d’une énième variation sur le thème de l’homme couchant avec ses étudiantes, filant la métaphore sur le désir sexuel sans la moindre empathie,  sans la moindre originalité. Beaucoup trop long et d’un nombrilisme confondant.  BR fr

 

Salt (Philipp Noyce, 2012)  : ♦♦♦

Le meilleur épisode de James Bond depuis dix ans est ce film de Philipp Noyce tourné avec Angelina Jolie. Un divertissement de haute volée sans temps mort qui joue parfaitement avec les codes du genre et qui bénéficie d’une mise en scène qui privilégie la lisibilité de l’action. Salt c’est avant tout son actrice principale, son héroïne  qui aimante, attire et fait tourner l’action autour d’elle, ici grimée et surtout parfaitement à son aise dans  un des exercices premiers de l’acteur : celui de se travestir et de s’amuser devant la caméra. BR fr

 

Rock Forever/ Rock of Ages (Adam Shankman, 2012) :  ♦♦♦

De son début dans le bus à son final en concert, le film d’Adam Shankman (Hairspray Queen) est une comédie musicale qui enchaînes les morceaux (repris des 80′s) et les chorégraphies dans un ballet qui sous son vernis éclatant laisse transparaître une intéressante réflexion sur les stars, leur statut et les illusions qu’elles produisent. Sans doute moins acide que ne l’est Showgirls, Rock Forever montre pourtant le parcours d’une girl next door venue de sa petite ville d’Oklahoma qui monte à Los Angeles pour y percer. Le brio vient de l’interprétation et de l’énergie que mettent les acteurs à s’auto-parodier. Baldwin bien sûr,  Cruise, génial en dieu du rock, qui fait dans le mimétisme (Billy Idol et Axl Rose) et surtout Catherine Zeta-Jones, fantastique en ex groupie devenue la parodie de Sarah Palin. Une oeuvre en mouvement permanent qui respecte les canons du genre tout en lançant un regard intéressant sur le monde du spectacle. BR UK

 

Arjun le guerrier/Arjun the warrior prince ( Arnab Chaudhuri, 2012) :  ♦♦♦

Un film d’animation sorti sous la bannière UTV (une des principales sociétés de production indiennes gérée par Ronnie Screwvala). Même si l’histoire est complexe et parfois difficile à suivre, ce texte qui s’appuie sur la mythologie permet surtout de mettre en avant l’ambition technique et visuelle du film. Le dessin rappelle les Disney des années 90, Aladin comme Pocahontas, aidé par une photographie solaire, avec une chorégraphie du mouvement qui n’a rien à envier au cinéma hollywoodien. Il faut voir le dernier quart d’heure, un véritable morceau de bravoure qui convoque Spartacus et Le Jeu de la mort, avec la mise en scène, quasiment sous la forme d’un ballet entre le glaive et la main nue de deux figures qui prennent une aura légendaire. Avec la BOF de Vishal/Shekhar (Om Shanti Om), Sunidhi Chauhan et Shreya Ghoshal au chant, autrement dit des célébrités. Le fait que le film n’ait pas été distribué par Disney s’explique peut-être par les éclairs de violence de son final, étourdissant. BR fr

 

Rabbit Hole (John Cameron Mitchell, 2010)  :  ♦♦

Après son extraordinaire Shortbus sorti en 2006, Mitchell filme ici l’intime, le deuil et la difficulté pour un couple de repartir sur de nouvelles bases. Très économe dans ses effets, porté par son casting, il affleure ici le sentiment d’une perte irréparable que le cinéaste filme avec beaucoup de pudeur. Un film sobre, qui montre aussi lors des scènes d’extérieur, notamment au parc, que le mélodrame de nos jours ce peut être simple : une ouverture sur le monde et aux autres qui se fait parfois dans la douleur et ici avec une dose d’espoir. BR fr

 

Blue Jasmine (Woody Allen, 2013) :  ♦♦♦

Le début fait craindre le pire avec son univers mondain et le cynisme affiché du metteur en scène qui met à l’honneur la formule Wildienne selon laquelle le cynisme « c’est connaître le prix de tout et la valeur de rien ». Mais peu à peu, construit sur l’évolution de son personnage principal, le film déroule une lente mécanique de destruction, un saisissant portrait de femme brisée. Car, Jasmine, au-delà de l’allure fringante et du vocabulaire soutenu est surtout une femme qui tente de recoller les morceaux d’une vie borderline, axée sur le mensonge, le déni et l’illusion. Cate Blanchett peut aussi bien apparaître prodigieuse comme horripilante, mais c’est le premier sentiment qui a gagné chez moi, parce qu’elle joue finalement sur la palette de nuances, le film s’achevant plus mal qu’il a commencé. Un rôle à Oscar certes, mais aussi de la profondeur. Cela dit je préfère le Allen de Match Point. BR fr

 

La vraie vie des profs (Emmanuel Klotz, Albert Peireira Lazaro, 2013) :  ♦♦

Après leur excellent film d’animation Lascars, le duo s’incruste ici dans un collège pour y décrire le quotidien de gamins de douze ans entre ateliers d’écriture, cours et après-midis passés chez les copains avec les premières bières bues et les premiers baisers échangés. Moins dynamique et percutant que ne l’était Lascars, ce portrait de profs et d’élèves (des gamins de l’âge de ceux décrits dans le film)  est néanmoins assez sympathique parce qu’il met à l’honneur un fantasme qu’on a souvent eu ado: savoir ce qui se passe derrière les cours, dans les coulisses d’une salle de réunion, et aussi un peu dans leur vie. Amusant par moments bien qu’un peu trop long. BR fr

 

Winter’s bone (Debra Granik, 2010)  :  ♦♦

Un portrait d’une Amérique aussi glacial que l’est sa photo hivernale, ses teintes éteintes, sa galerie de personnages d’une austérité déstabilisante. Je le rapprocherais de Boys don’t cry pour le portrait du quotidien, bien qu’ici l’histoire qui tourne autour d’une jeune adolescente (Jennifer Lawrence dans son premier grand rôle, porte ici le film entièrement sur ses épaules) qui tente de retrouver son père disparu a d’autres thématiques : l’absence, la survie d’une famille. D’une noirceur presque irrespirable, un film qui pourrait se voir cmme un film d’horreur social. BR fr

 

Parïs à tout prix (Reem Kherici, 2012)  :  ♦

Comment rendre touchant ce qui à la base est clairement antipathique ? Dans le rôle d’une fashion addict et d’une styliste de mode qui montre toute son arrogance, Reem Kherici dresse aussi le portrait d’une jeune femme qui se retrouve basculée dans la vie d’un petit village marocain dont elle est originaire. Le sel du film est de nous la présenter comme quelqu’un qui ne parle pas l’arabe, n’aime rien d’autre que Paris (et surtout pas le Maroc), se retrouve dans l’illégalité, expulsée et pleurant sur son sort. Si Reem Kherici qui veut tout faire, se démène devant et derrière la caméra, le film se résume à sa scène finale : finalement son petit monde lui plaît tant qu’elle n’est pas prête à faire la moindre des concessions. Banal. BR fr

 

RTT (Frédéric Berthe, 2008)  :  ♦♦

Si la jaquette fait peur et que l’on peut penser que Kad Merad est un comédien qui en fait des tonnes (et tourne trop), cette comédie basée sur le principe de répétition (une voleuse de tableaux s’envole pour Miami et se charge de trouver une mule pour en assurer le transport) est assez bien ficelée même si elle ne révolutionne évidemment rien. J’ai eu un peu de mal avec le personnage de Manu Payet qui ressemble trop à ceux crées par Kad et Olivier pour Mais qui a tué Pamela Rose ? Sympathique. BR fr

 

Touchez pas au Grisbi (Jacques Becker, 1953) :  ♦♦♦

Le premier rôle au cinéma de Lino Ventura. Il joue aux côtés d’un Jean Gabin qui allait tourner Mélodie en Sous-Sol dont on pourrait rapprocher thématiquement le film de Becker, notamment pour la figure du vieux truand en passe de partir à la retraite et qui veut faire un dernier coup d’éclat. Les dialogues, la gouaille font d’abord penser à Audiard, mais il y a aussi la patte de Becker père, le cadre en noir et blanc, ce Paris du début des années 50, les incessantes réparties qui participent du rythme du film sans qu’il y ait de mouvement de caméra ou si peu. Un jeu d’acteurs, physique, entier, dédié au dialogue. La scène des gifles est culte. Le film l’est aussi. DVD fr

 

Blue Crush 2 (Mike Elliott, 2011) :  ♦♦

On ne prend pas les mêmes mais on recommence à surfer sur la vague. Michelle Rodriguez qui était du premier volet n’est plus là car le casting a été repensé pour plaire à une nouvelle génération d’ados auquel le film se destine essentiellement. On part en Afrique du Sud et l’on évoque, en filigrane en tout cas, au début la question de l’intégration des étrangers dans un cadre à l’aspect d’abord idyllique. Même s’il n’est pas frontalement politique, le film évoque souvent par sa photo et ses personnages un monde qui a fantasmé sur la communauté hippie et s’en revendique. Le plus spectaculaire vient des scènes de surf elles-mêmes, pleines d’énergie. Un deuxième volet très sympa. BR fr

 

Dracula Untold ( Gary Shore, 2014) : ♦♦

Même s’il a été conçu dans le moule Hollywoodien, cette relecture de la légende de Vlad L’empaleur aka Dracula est vraiment pas mal du tout dans son genre. Portée par son acteur principal, elle bénéficie d’une mise en scène assez fluide et d’une photo travaillée. Une bonne surprise d’un film que l’on pourrait juger uniquement axée sur l’action au regard de sa jaquette mais qui n’est pas que cela. Exactement l’inverse du Hercules de Bret Ratner : plus d’action, plus d’envie aussi sans doute. BR fr

 

La folle journée de Ferris Bueller/ Ferris Bueller’s day off (John Hugues, 1986) :  ♦

Ce film a eu un écho considérable auprès de la jeunesse américaine puisqu’il est devenu culte. Je n’ai vu ni Breakfast Club ni Une créature de rêve. Je n’en connaissais rien si ce n’est qu’il était encore célébré comme un film emblématique des 80′s  (et inspirera Parker Lewis dans les années 90′s, une série dont je suis fan). Je l’aurais peut-être adoré à a sa sortie, mais avec 28 ans de recul, je n’ai simplement pas du tout accroché au style, à l’écriture ni à l’incessant jeu qui consiste à utiliser le regard caméra. Matthew Broderick dont je ne suis pas très fan en tant qu’acteur est de tous les plans ou presque (mais j’adore son film Disjoncté) , ses amis semblent s’amuser comme des petits fous mais ça m’est complément passé au dessus de la tête sauf la scène du commissariat avec un Charlie Sheen halluciné. BR UK

 

Strella (Panos Koutas, 2008) :  ♦♦

Dans la ville d’Athènes le dur retour à la vie quotidienne d’un homme qui a purgé une peine de prison. Il rencontre une transexuelle et recherche son fils. Un film, dont le scénario, étonnant, ne révèle sa véritable dimension dramaturgique (voire mythologique, ça tombe bien on est en Grèce)  que lors de la chute, une inattendue révélation. Sur le papier, il s’agit typiquement du film qui peut faire peur à des producteurs frileux (univers queer, cabaret de spectacles pour trans, actrice non professionnelle et elle-même trans pré-opératoire, monde interlope) ce dont s’explique le réalisateur en interview. Il fait penser à Almodovar, il a surtout un ton personnel et un sujet que l’on voit rarement à l’écran. DVD fr

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