Il y a dix ans, le cinéma hindi

Il y a dix ans, le cinéma hindi dans Cinéma

Au moment où j’écris ces lignes cela fait exactement dix ans que j’ai découvert le cinéma indien. En commençant par le cinéma du Nord, c’est-à-dire le cinéma en hindi, car l’Inde compte des cinémas dans les langues régionales, en tamoul, en telugu, en malayalam, en punjabi, en ourdou, etc. Ce n’était pas le hasard, j’en suis convaincu, même si l’effet de surprise n’en était que plus grand de découvrir dans un bac de DVDs en solde, là, au milieu de films vendus pour quelques euros, celui, lui aussi en promotion, en fait à prix sacrifié de Hum Aapke Hain Kaun.

C’était le 8 février 2005, dans une petite boutique de province,  il devait être 16H25, 16H30. Je ne saurai peut-être jamais comment ce magasin avait mis la main sur un film hindi des années 90, distribué par Eros dans une édition double DVD, mais je fus le premier surpris à le découvrir. Ma main se dirigea vers ce film dont j’ignorais tout. J’étais loin d’imaginer qu’il avait été le plus grand succès commercial du cinéma hindi des 90′s, en dépassant le milliard de crores de recettes.

 dans Cinéma

Hrithik Roshan, Amitabh Bachchan, Sharukh Khan dans Kabhi Khushi Kabhi Gham (2001)

Il fit ainsi entrer le marché du cinéma indien dans une autre dimension, celle dite des blockbusters, ceux qui allaient suivre : Dilwale Dulhania Le Jayenge, Kuch Kuch Hota Hai, Mohabbatein, La Famille Indienne.  Avec un peu de recul, ces quatre films sont les chefs-d’oeuvre qui ont bâti l’identité puis la première évolution du cinéma familial, à grand spectacle (scénique et chorégraphique) du cinéma indien de la moitié des années 90 jusqu’au début des années 2000, avec la dernière fresque en date, Veer-Zaara qui est le dernier grand mélodrame du cinéma en hindi.

La BA de Veer-Zaara

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La BOF du film en intégralité

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L’ancienne étiquette- pour en revenir à cet achat déterminant-  sur le cellophane d’Hum Aapke Hain Kaun (littéralement « Qui suis-je pour toi ? »)  dévoilait le prix de 36 €, prix d’origine. Et le deuxième sticker celui de 3 €. Je n’eus aucune hésitation. J’espérais avoir simplement le film au format respecté, à savoir du 2.40:1 16/9, sachant qu’il a été tourné en Cinémascope (générique d’ouverture, ratio de 2.55:1). Je m’apercevrais plus tard que ce n’était pas le cas, qu’il était recadré et surtout que des bandes noires fluctuantes (et au noir imprécis) se baladaient et scintillaient en haut et en bas trahissant une retouche de l’image que l’on pourrait qualifier d’hasardeuse. Mais peu importe, le DVD était là et c’était mon premier achat d’un film indien. D’une comédie musicale de 3H16 avec Madhuri Dixit -danseuse de barat natyam- et de Salman Khan alors immense star en 1994, année durant laquelle le film sortit, lui qui avait commencé sa carrière en 1989.

Madhuri Dixit dans Hum Aapke Hain Kaun (1994)

Pourtant je n’ai pas regardé tout de suite le film, je n’en ai regardé que quelques extraits, le début avec la partie de cricket, les premières présentations des deux familles respectives (un grand classique narratif). Et puis la fameuse séquence, devenue depuis culte de Didi Tera Devar Deewana où une jeune femme se grime en homme pour se moquer de lui. Un certain art du travestissement dans un film très pieux.

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Le plus amusant dans l’histoire, c’est que je ne suis jamais parvenu à trouver un DVD (et encore moins un Blu-ray) qui soit de la qualité de la vidéo présentée dans celle que je mets en ligne. J’ai toujours eu droit (malgré quatre ou cinq achats différents, dont le DVD Dei qui me faisait tant espéré) à des images légèrement recadrées, moins pétillantes, un peu pixellisées.  Bien sûr j’aimerais pouvoir le (re)découvrir dans les meilleures conditions, en BR, et avec une image au format ENFIN respecté et aux couleurs aussi vives que la vidéo ci-dessus.

Dès lors que j’ai regardé ces extraits de Hum Aapke Hain Haun je me suis découvert un intérêt certain, puis une passion grandissante, non pas charnelle mais culturelle, cinéma, musicale pour l’univers du cinéma indien, sa toute puissante croyance en l’idée d’un cinéma total qui fusionne danse, théâtre, musique. J’ai toujours adoré la danse, depuis mon plus jeune âge, ai toujours trouvé fascinants les danseurs, aussi ai-je été stupéfait de voir que l’on pouvait marier l’univers de la danse et la technique cinématographique

Cela tombait pile avec le cycle Bollywood que Arte lança à la même période. En 2005, une partie de la population française a pu avoir accès, à des horaires raisonnables, à une représentation du cinéma commercial en hindi. Il y eût et il y a toujours le formidable travail de l’équipe de Fantastikindia qui a pu et su parler simplement du cinéma hindi et des autres cinémas de l’Inde. Pour un occidental vivant en banlieue parisienne, monter à Paris pour rechercher des films inédits en DVD officiel en France pouvait paraître extraordinaire, en tout cas atypique, longtemps avant la démocratisation du support HD (pas de HD-DVD, pas de Blu-ray, pas d’ADSL Haut débit ou fibre optique, de TNT à l’époque).  Pourtant ce fut mon quotidien. Et j’en ai gardé une certaine fierté.

Shahrukh Khan et Kajol dans Kuch Kuch Hota Hai (1998)

Kajol rêveuse dans Kuch Kuch Hota Hai (1998)

Il y eût les après-midis, souvent le samedi, parfois en semaine mais moins régulièrement, plutôt en début de soirée, passés à essayer de dénicher les petites perles, les films oubliés, les séries B légèrement érotiques, les films d’horreur, d’exploitation, dans ces bacs à la fois mystérieux et excitants de la rue Jarry, de la Gare du Nord, de la Chapelle, l’odeur des échoppes, du poulet tandoori, du lassi à la mangue, la beauté des saris, des femmes, la boutique dans la rue Jarry dans laquelle chaque week-end je faisais mes emplettes, essayant aussi de faire partager autour de moi les découvertes « exotiques » venus du continent Asiatique, les larmes versées aux premières paroles de Ude Jab Jab Zulfen Teri, au final de Dilwale Dulhania Le Jayenge, Kuch Kuch Hota Hai

J’ai beaucoup découvert (jusqu’à 4 films par semaine), curieux de tout, tout a commencé avec Dil Se (1998) de Mani Ratnam (le Spielberg indien), puis Kuch Kuch Hota Hai (1998), Main Hoon Na (2004), la chorégraphie de Chale Jaise Hawaien, piqué au vif par la curiosité d’une affiche par ci, de la sortie d’un album par là, essayant de suivre l’actualité de comédiens qui avaient commencé leur carrière dix ans plus tôt et dont je partageais les aventures romantico-tragiques sur petit écran. Avant d’avoir la chance de voir Shahrukh Khan dans ce qui était alors encore le Virgin des Champs-Elysées, en 2006. Découvrir Om Shanti Om à Pantin dans une copie d’Eros sous-titrée anglais à un moment où le réseau Annaa Films n’existait pas encore.

Un petit best of pour résumer les découvertes majeures, ces films qui ont pris une place particulière dans mon cœur et dans ma mémoire. J’ai conservé tous les DVDs que j’ai achetés (environ 300), j’avais acheté des copies mais devant leur état parfois déplorable, j’avais souvent racheté le même film en version officielle, originale, avec hologramme, ainsi que les Blu-ray qui se sont ajoutés à la collection

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Mehandi Laga Ke Rakhna

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Lodi

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Soni Soni

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Dhol Yaara Dhol

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Chaiya Chaiya

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Jab Bhi Cigarette

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Banke Tera Jogi

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Kuch Kuch Hota Hai

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Satyam Shivam Sundaram

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Bole Chudiyan

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Yeh Tara Woh Tara

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N° 1 Punjabi

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Aaj Ki Rat

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Aaja Nachle

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 Kehna Hi Kya

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Baazigar Oh Baazigar

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Isqh Bina

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Dola Re Dola

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Ude Jab Jab Zulfen Teri

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Kuch Kariye

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Kajra Re

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Maahi Ve

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Chale Jaise Hawaien

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Aankhon Mein Teri

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Aye Mere Humsafar

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Socha Hai

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Jane Kyun Log

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Radha Kaise Na Jale

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Tujh Mein Rab Diktha Hai

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Jhoom Barabar Jhoom

 

Le top 5 :

1) Dilwale Dulhania Le Jayenge

2) Naya Daur

3) Kuch Kuch Hota Hai

4 ) Rab Ne Bana Di Jodi

5 ) Kabhi Khushi Kabhi Gham

3 Réponses à “Il y a dix ans, le cinéma hindi”


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