Films du mois (Juillet 2015)

 Films du mois (Juillet 2015) dans Cinéma Cinema

Film du mois

Darr (Yash Chopra, 1993)

Darr dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Un illustre inconnu (Mathieu Delaporte, 2014)  :  ♦

Un agent immobilier qui mène une vie qu’il juge terriblement terne usurpe l’identité des personnes qu’il croise jusqu’à commettre l’irréparable. Un thème intrigant, celui de l’usurpation d’identité associé au vertige criminel qui ici, se résume essentiellement à voir Matthieu Kassovitz jouer de son grimage sous une direction d ‘acteur qui surligne tous les effets. La postiche, le maquillage voyant rendent difficilement crédibles ses agissements tant on ne voit que la performance d’acteur au détriment de l’émotion. Un essai à moitié raté malgré les intentions louables. BR fr

 

Charlie et ses deux nénettes (Joël Séria, 1973) :   ♦♦♦

Un quadra emmène deux jeunes filles de 20 ans sur les marchés en région parisienne. Un film de Joël Séria qui nous rappelle que les années 70 avaient ce vent de fraîcheur et d’audace dans le ton et la forme même si on peut toujours discuter de l’esthétique de l’époque. Un film léger, sans doute moins abouti que Les Galettes de Pont-Aven, capitalisant sur la jeunesse et la spontanéité de ses jeunes interprètes et et sur l’assurance, royale comme d’habitude, de Jean-Pierre Marielle. Youtube.

 

Toute première fois (Noémie Saglio, Maxime Govare, 2015) :  O

Un homme amoureux depuis plus de dix ans de son compagnon décide de se marier avec lui. Jusqu’au soir où il rencontre une jeune suédoise qui remet tout en question. L’orientation sexuelle est au coeur de ce film dont le personnage principal finit par rentrer dans une forme de « normalité » lors de séquence finale, précédée d’atermoiements incessants entre les blagues d’un associé hétéro beauf et cette volonté de sortir du coming out traditionnel (je suis gay et je le dis à mes proches) pour croquer un personnage homosexuel qui se découvre hétéro, car ici, il suffit d’un soir pour finalement le (re)devenir. Tout ça pour ça ? BR fr

 

Le temps d’aimer et le temps de mourir (Douglas Sirk, 1958)  : ♦♦

Un mélodrame américain tourné en Technicolor et en Scope à la fin des années 50 qui respecte les conventions du genre, parmi lesquelles celle d’une histoire d’amour contrariée dans un cadre qui l’est tout autant, celui de la Seconde Guerre Mondiale. Du travail d’artisan, avec ses figures certes imposées mais aussi une forme de lyrisme emprunte de mélancolie. Je ne suis pas un fervent admirateur du style du cinéaste (je préfère largement les mélos de feu Yash Chopra), mais le film évoque la Guerre, l’amour, la confrontation des sentiments avec une intelligence certaine. Et c’est amusant de revoir en clin d’oeil le débutant Klaus Kinski. DVD fr

 

Main dans la main (Valérie Donzelli, 2011) :  O

Rien de plus triste qu’une comédie que l’on estime pas drôle et qui dilue un pseudo charme surréaliste (ici un coup de foudre qui amène ses deux personnages principaux à restés collés l’un à l’autre) immédiatement après dix minutes qui laissent planer l’interrogation : est-ce possible de tenir devant un film que l’on juge insupportable ? Un long-métrage se voulant dansant, celui-ci m’a surtout paru très fabriqué et joué sur une musique branchée. Bref, à peu près tout ce que je déteste de la comédie française. BR fr

 

Darr (Yash Chopra, 1993)  :  ♦♦♦♦

Un masala comme en fait plus, qui respecte tous les codes du genre : un amour impossible, un triangle amoureux, une chorégraphie du geste, de la folie aussi, orchestrée de main de maître et de jeunes acteurs qui allaient exploser, ici dans des rôles délicats, notamment Shah Ruh Khan. La mise en scène de Yash Chopra, pape du genre, inventive, scrute la lente déréliction d’un jeune homme amoureux fou (ici au sens littéral) qui s’éprend de Juhi Chawla (sublime dans ses saris). Du cinéma populaire, qui allait en 1993 faire de Shah Rukh Khan une mégastar du grand écran. Bariolé, excessif, romantique. Un classique. DVD UK

 

Metro Manila (Sean Ellis, 2014) : ♦♦

La survie d’une famille de philippins qui quittent la rizière pour la métropole Manille, le père devenant convoyeur de fonds, tandis que la mère s’improvise danseuse dans un stripclub. Une vision noire du monde d’aujourd’hui et un portrait amer de la pauvreté avec des situations difficiles qui obligent certains à faire des sacrifices et ou des choix radicaux. La partie polar est la plus réussie dans ce film qui est tenu en suspens jusqu’à son final. Triste et réaliste. DVD fr

 

Black (Pierre Laffargue, 2009) :  ♦♦

Un gangster du 18ème arrondissement s’envole pour Dakar à la recherche d’un magot constitué de diamants purs. On avance ici en terrain connu et balisé avec les bons et les méchants, mais l’intérêt principal vient du casting, quasi exclusivement composé d’acteurs noirs. On y croises des russes, des mercenaires et des français venus de Paris en plus d’une flic d’Interpol. Un mélange assez efficace, parfois amusant, surtout quand on voit qu’il est réalisé par un metteur en scène blanc qui ressemble à BHL, mais en plus drôle et intelligent. DVD fr

 

La vie rêvée de Walter Mitty (Ben Stiller, 2014)  :  ♦♦♦

Un employé du service négatifs photos du très célèbre magazine Life dont la vie est brinquebalée entre rêveries et réalité décide de tout plaquer pour retrouver la photo qui a bouleversé sa vie et celle de ses collègues. Un film original, décalé, sentimental, mais surtout bercé par le sentiment de mélancolie et d’atermoiement dans ce film réalisé par Ben Stiller, de tous les plans. Soit le mix de Photo Obsession, La Magicien d’Oz et David Bowie, avec une pincée de Frank Capra. Un exercice d’équilibriste réussi et évocateur.  BR fr

 

L’aube Rouge ( Dan Bradley, 2012) :  ♦♦♦

Un remake d’un film de 1984 tourné au moment où le Mur de Berlin n’était pas encore tombé. Deux décennies plus tard, ce remake tendu dès sa séquence tient ses promesses : de l’action quasi non-stop sur fond d’invasion des USA par des militaires nord-coréens décidés à les faire vivre sous leur joug. Le film est très premier degré, martial et militariste (c’est son sujet même), mais c’est aussi pour cela qu’on le regarde, et de ce côté là il ne ment pas sur la marchandise. Une très bonne surprise.  BR fr

 

Wolverine, le combat de l’immortel (James Mangold, 2013) :  ♦♦

Un spin-off de X-Men avec le personnage de Wolverine ici au coeur de l’histoire (et de l’image). Un film qui repose sur le charisme et la gouaille de Hugh Jackman, ici dans un rôle qui lui intime de jouer avec les répliques mais aussi avec le spectre de la mortalité. Un voyage au Japon mené tambour battant, avec des effets spéciaux qui tiennent la route et un certain humour. Tao Okamoto est sublime. BR fr

 

Exodus : Gods and Kings (Ridley Scott, 2014 ) : O

Le film de Ridley Scott est un peu l’archétype de ce qu’est devenu une partie du cinéma dit à gros spectacle hollywoodien : celui d’un cinéma lissé à l’extrême qui engloutit des millions de dollars dans son visuel et sa recherche du spectaculaire à tout prix au détriment de l’implication émotionnelle. Acteurs en roue libre, cabotinage des acteurs principaux, tout tend ici vers l’exposition puis le déroulement d’une intrigue inspirée des Dix Plaies d’Egypte (Ramsès ordure intégrale, Moïse pieux et dévoué à son peuple) et des Dix Commandements purement illustrative. Un spectacle sans aucune saveur. BR fr 3D.

 

Elmer le remue-méninge/Brain Damage (Frank Henenlotter, 1987) : ♦♦♦

Une créature entre dans la vie d’un garçon sans histoire et lui fournit de la drogue en immisçant un liquide hallucinatoire dans son cerveau à la condition qu’il lui fournisse des cerveaux humains. Un souvenir de la pré-adolescence avec ce film que j’avais découvert en VHS en français il y a plus de vingt ans. Le revoir, c’est le redécouvrir, avec ses scènes mémorables (la première apparition d’Elmer, la scène de la pipe, extrêmement osée pour l’époque, celle du lavabo). C’est une série B comme on en fait plus, culottée qui raconte de façon originale l’addiction. Amusant et surtout fait avec de l’animatronique et beaucoup d’imagination. Youtube.

 

Peur Bleue/Deep Blue Sea (Renny Harlin, 1999) :  ♦♦♦

Sur une base maritime où des scientifiques ont fait des expériences sur des requins les rendant très agressifs, ces derniers se révoltent. Un scénario qui lors des séquences d’ouverture rappelle Les Dents de la Mer, mais très vite, cette production vire au film de divertissement non-stop à une époque charnière où le CGI commence à faire sa place après celle du numérique. C’est donc un tournant dans l’histoire du blockbuster américain, ici dévoué corps et âme à l’action et à son sens de la pyrotechnie avant qu’il ne cède à la facilité et aux remakes  à la chaîne. Et puis c’est l’occasion de revoir Saffron Burrows. Une série B diablement efficace. BR UK

 

Grand Piano (Eugenio Mira, 2013) :  ♦

Un pianiste paralysé par le trac, qui n’a pas donné de concert depuis 5 ans se voit obligé de sauver sa femme et surtout de ne pas faire une seule fausse note. Une intrigue tarabiscotée pour ce film inédit en salle sorti directement en vidéo, dans lequel Elijah Wood interprète un pianiste sur le retour menacé par la présence en voix off de John Cusack. Soit un film aux rebondissements téléphonés jusqu’à un final grotesque qui verse dans la série Z. BR fr

 

Le magicien d’Oz/ Wizard of Oz ( Victor Fleming, 1939) :   ♦♦♦

Un classique américain du film fantastique et du cinéma tout court que je n’avais jamais vu. Outre sa performance technique (surimpressions, trucages optiques, dynamique de la mise en scène et des mouvements de caméra), Le Magicien d’Oz est un trip dans la tête d’une ado qui quitte (involontairement) son Kansas natal pour rejoindre un monde féerique où les rêves peuvent se réaliser. Si certaines chansons, le jeu du Lion, certains décors tendent vers le kitsch et le criard, la bonhomie, l’enthousiasme général (c’est une comédie musicale) emportent l’adhésion d’un film qui a marqué des générations entières. BR fr

 

Préparez vos mouchoirs (Bertrand Blier, 1978) :  ♦♦♦

Un des Blier des 70 que je n’avais pas encore vu. Une histoire d’amour entre un homme et une femme qui ne peuvent avoir d’enfant, avec l’iruption d’un inconnu, et surtout la présence d’un ado de 13 ans qui vient chambouler tout ce petit monde et dont l’héroïne tombe amoureuse. Après la provoc’ misogyne de Calmos, Blier aborde le thème de la lassitude et de l’incapacité de se parler dans le couple qui amène au malentendu. Depardieu, Dewaere sont étonnants mais c’est surtout Riton, en gamin surdoué, qui découvre sa sexualité (et celle des adultes) qui vole la vedette. Un film ancré dans son époque, quand on pouvait provoquer alors qu’aujourd’hui un tel film aurait du mal à être produit, moralisme à tous les étages oblige.  DVD fr

 

Amsterdamned (Dick Maas, 1988) :  ♦♦♦

Dans la ville d’Amsterdam, un tueur en série décime ses victimes dans les eaux des canaux. L’idée, ici géniale, de transposer les actions du requin de Les Dents de la Mer dans les canaux de la Venise du Nord prend tout son sens grâce à la ciné-génie très particulière de la capitale de la Hollande. Une enquête rondement menée, doublée d’un bon film à suspense de la fin des années 80, qui n’a pratiquement pas pris de rides et atteint son sommet lors de l’hallucinante séquence de poursuite en bateaux. Amusant hommage (ou clin d’oeil) à Freddy les griffes de la nuit, l’original, lors du meurtre de la jeune femme dans sa bouée. Intéressant également de revoir la ville à cette période, de jour comme de nuit. Youtube

 

Situation amoureuse, c’est compliqué (Manu Payet, 2014) :  ♦♦

Les affres, atermoiements d’un jeune trentenaire réalisateur de films de mariage qui hésite à se marier avec la fille qu’il aime quand celle dont il était fou amoureux au collège et lycée débarque de nouveau dans sa vie. Une comédie, une rom-com à la française, avec des situations et des dialogues parfois bien vus,  un jeu d’acteurs prenant et un rythme soutenu. Pas un chef-d’oeuvre mais une comédie assez pétillante avec les jolies Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui. BR fr

 

Die Menschenfresserin/Cannibal (Benjamin Viré, 2010)  :  O

Un club de golf, une jeune femme évanouie qui se révèle être cannibale, un gang de mafieux. Ce film belge, au script sinueux est certes atypique, mais il en joue tellement avec son image délavée tournée en numérique, qui passe sans raison dans sa dernière moitié au noir et blanc, sa volonté affichée de perdre le spectateur, qu’il en devient rapidement pénible. La démarche tient la route trente minutes avant de tomber dans les travers du film indépendant qui se veut très décalé. BR allemand

 

Jack au royaume des filles ( Riad Sattouf, 2014) :  ♦♦

Dans un royaume de type dictatorial, les garçons portent la burqa, les filles l’uniforme et les armes. Un jeune homme tente d’approcher son Excellence, la fille de la Générale afin de l’épouser. Le vernis de bande dessinée du film, le second de Riad Sattouf prête plus à sourire par rapport à ce qu’il montre (l’image de la toute puissance dictatoriale, l’inversion des rôles, le plan final en pied de nez) qu’à ce qu’il raconte dans les dialogues. Une oeuvre originale et amusante sur la forme donc, moins sur le fond, avec une Charlottte Gainsbourg inspirée et géniale qui s’aventure dans des registres très différents. BR fr

 

Thriller, a cruel picture/ Crime à froid (Bo Arne Vibienus, 1974) :  ♦

Il faut sans doute prendre le film tel qu’il est : un film matriciel dans le genre du rape & revenge (de l’original de I spit on your grave à son remake en 2012). Avec une actrice principale qui incarne l’innocence avant la prise d’armes, la belle Cristina Lindberg dans un rôle ici uniquement muet. Pour le reste, le film a pris un sacré coup de vieux esthétique, même s’il inspira Kill Bill, et je mettais sans doute imaginé une oeuvre toute autre depuis le temps que j’en entends parler, beaucoup plus radicale, extrême sans doute. En soi il n’est pas mauvais, le choix du ralenti dans les scènes d’explosion de violence étant une idée intéressante, mais il y a aussi bien mieux. Youtube.

 

La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher, 2010) :  ♦

Ancien journaliste de Mad Movies et Positif, Yannick Dahan passe derrière la caméra pour son 1er long. Une histoire basique, saupoudrée de dialogues blindés d’insultes dont l’intérêt principal est de voir le délitement d’un groupe au sein d’un immeuble infesté par des zombies. Soit un argument de série B qui aurait pu être jubilatoire sans l’utilisation abusive de ralentis chichiteux et d’une caméra qui vire à l’hystérie alors même qu’elle n’en aurait pas besoin car le sujet, la forme et le principe même du zombie ici c’est déjà de courir vite et de mordre tout ce qui bouge. Une occasion ratée de faire un film entraînant même si intrinsèquement la démarche est louable et la passion palpable. BR fr

 

Gemma Bovery (Anne Fontaine, 2014 ) :  ♦♦♦

La raison principale de voir Gemma Bovery c’était celle de découvrir, réunis pour la première fois deux de mes acteurs préférés : Fabrice Luchini et Gemma Arterton. La jeune actrice anglaise fait des merveilles et parle un français avec cet accent britannique qui me fait fondre, dans cette relecture contemporaine, un poil cynique et amère de Madame Bovary de Flaubert. Certes le personnage d’Elsa Zylberstein est insupportable, mais la narration de cet amour adultère est assez savoureuse et constitue même le meilleur film d’Anne Fontaine depuis longtemps. DVD fr

 

Taken 3 (Olivier Mégaton, 2015) :  ♦♦

La mécanique est désormais bien (trop?) huilée dans ce troisième volet qui déroule son intrigue faite d’invraisemblances en tous genres pour le seul plaisir de voir son personnage principal se sortir des situations les plus compliquées. Le film repose essentiellement sur le charisme de Liam Neeson, le montage hystérique et le côté bâclé des séquences d’action le rendant moins attachant que les deux précédents. Mais c’est tout de même rondement mené. BR fr 

 

Colt 45 (Fabrice du Welz, 2014) :  ♦♦

Un jeune armurier du Quai des Orfèvres devient tireur d’élite en intégrant l’unité spécialisée de la BRI. Ce n’est peut-être pas le film que Welz désirait au fond de lui-même, notamment en raison des conflits avec la production (Warner en bâcla la sortie),mais il tient relativement bien la route même si son schéma classique d’ascension lui permet tout sauf l’originalité. Un polar assez tendu, notamment dans son dernier tiers avec un casting assez impressionnant (Prestia, Nahon, Lanvin, Starr, Arkabian, etc). BR fr

 

Garde à vue (Claude Miller, 1981) :  ♦♦♦

A partir d’un scénario qui convoque le pire de l’horreur (les viols et meurtres de deux fillettes), Claude Miller réalisé un huit-clos -la quasi intégralité du film- dans lequel s’affrontent deux monstres sacrés : Michel Serrault (génial) et Lino Ventura (tout autant). Un suspens basé sur la confrontation verbale, les joutes et une exploration de la psychologie de personnages dans un bras de fer tendu comme un arc. Seul regret, le côté un peu pénible du personnage de Guy Marchand. Youtube

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