Films du mois (Octobre 2015)

Films du mois (Octobre 2015) dans Cinéma Cinema

 

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

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King of New York (Abel Ferrara, 1990)

 

Films vus

 

Mental (PJ Hogan, 2012) :  ♦

Une comédie australienne réalisée par PJ Hogan (Muriel) à laquelle il est un peu difficile de s’accrocher, malgré le visuel bardé de couleurs, une Toni Colette convaincante et quelques belles idées de mise en scène. Mais l’aspect volontairement déjanté du script sur l’histoire de ces soeurs mal aimées  finit par devenir lassant au bout de quarante minutes tant le film ne repose que sur cela. Un film très particulier, au ton parfois original mais à la forme trop envahissante pour permettre à l’émotion de percer. BR US.

 

Themroc (Claude Faraldo, 1973) : ♦♦

Cousin de La Grande Bouffe sorti la même année, Themroc est l’évocation sur un ton résolument anarchiste du pétage de plomb d’un ouvrier dans la France du début des années 70. Entouré de la troupe des comédiens du Café de la Gare, Piccoli joue avec avec le feu, ses pulsions et le spectateur. La qualité du film est d’aller jusqu’au bout de son idée mais c’est aussi sa limite : une heure quarante de borborygmes et autres grognements c’est un peu long. Mais reste la démarche, originale, explosive même. Une curiosité. Youtube.

 

Robocop 2 (Irvin Kershner, 1990) :  ♦♦♦

Le plus étonnant quand on voit le film avec le recul (25 ans), c’est de constater à quel point le rôle du gamin, qui ne doit pas avoir plus de 13 ans est central et au cœur de quasiment toutes les actions dans lesquelles il ne devrait pas être impliqué à cet age. La suite du Robocop de Verhoeven est hargneuse, violente, mais un peu moins cynique et virtuose dans ce genre. Un film de série B, qui décrit un Detroit en pleine déliquescence, probablement très ardu à financer de nos jours (la place du gamin encore une fois) dans un Hollywood de plus en plus lissé. DVD fr

 

Necronos, Tower of Doom (Mark Rhonstock, 2010) : ♦♦

Une production teutonne réservée à un public averti, avec des hectolitres d’hémoglobine et de la nudité gratuite qui n’hésite pas à verser dans l’excès et ce durant près de deux heures. Sur un canevas ténu (un sorcier recherche une jeune femme vierge pour régner sur les Ténèbres), le film accumule les scènes gore, le tout non sans un certain sens de l’humour (très noir). Un film amateur visuellement daté années 2000 qui m’a surtout rappelé qu’il est (encore) possible de faire ce genre de film, extrême, radical, et aussi qu’il y avait une époque où Canal en montrait à l’antenne avec le Quartier Interdit, lorsque Premutos sortait en vidéo. DVD fr

 

Mad Max Road Fury (George Miller, 2015)  :  ♦

Trente cinq ans après le premier épisode de Mad Max (le meilleur, le plus sec, le plus violent et le plus emblématique), George Miller remet le couvert en mettant en avant le personnage de Furiosa au détriment d’un Max quasi transparent. Le problème du film c’est qu’il repose sur une action totalement hystérique, hystérie qui ne tient pas tant dans sa mise en scène que dans son montage frénétique, multipliant les plans de coupe. Ajoutée à la musique, à la grandiloquence des maquillages, au surjeu de certains acteurs (avec en prime la présence d’un guitariste heavy metal), le film en devient pénible (particulièrement toute la partie au filtre bleue de nuit). Bref, il ne fait pas mieux ou pire que ce que se fait dans l’action pétaradante et mal filmée hollywoodienne, il fait quasiment la même chose. L’enthousiasme débordant dont il a bénéficié m’étonne plus qu’autre chose. Tout ça pour ça… BR fr

 

Blood Creek (Joël Schumacher, 2008) :  ♦

Cette série B réalisée par Joël Schumacher, sortie en catimini directement en vidéo souffre d’un design visuel trop pauvre pour convaincre avec des effets spéciaux, notamment les chevaux inaboutis. L’histoire de ce nazi perdu en Alabama qui ressuscite un cheval mort pour tuer les héros a tout du film d’exploitation, mais l’idée, un peu barrée se perd en longueurs et scènes de tension approximatives. Pas un nanar (les moyens sont trop importants), ni un navet, mais une œuvre beaucoup trop bancale pour convaincre. BR fr

 

La Bête Humaine (Jean Renoir, 1938)  :  ♦♦♦

La France de l’immédiat après 36 dans ce film de Jean Renoir qui traite de l’infidélité, de la jalousie, du monde ouvrier aussi, celui des locomotives à charbon dans le Paris de l’époque, où les petites gens croisent les industriels et hommes d’affaires. Le superbe noir et blanc, l’interprétation au cordeau de Jean Gabin et le charme de Simone Simon permettent de passer outre le sentiment de voir un film beaucoup moins définitif que ne l’est La Règle du Jeu. Un beau drame certes, mais pas un chef-d’oeuvre impérissable à mon sens. DVD fr

 

Everly (Joe Lynch, 2015)  :  ♦♦♦

Un étonnant croisement, réussi entre Charlie’s Angels et Les Nuits du bourreau de Jade avec une Salma Hayek de tous les plans, mangétique dans le rôle d’une call-girl piégée par une bande de tueurs et des filles enragées. Le ton est volontairement parodique, ça ne se prend pas au sérieux et malgré le côté numérique surligné (tourné en vidéo HD) le visuel se tient. Une série B très énergique, dont la surprise vient du fait qu’elle ne soit pas sortie en salles mais directement en DVD et Blu-ray. BR fr

 

Fear (James Foley, 1996) :  ♦♦♦

Un thriller qui a gardé la saveur des 90′s avec un Mark Wahlberg avant Boogie Nights qui joue ici le rôle du méchant loup derrière la gueule d’ange. Le scénario m’a surtout fait penser à une fable un peu satirique sur la bourgeoisie confrontée à une bande de rednecks qui s’attaque à la jeune fille innocente dont Wahlberg s’entiche. C’est carré, efficace, d’une tension psychologique prégnante et débouche sur un très bon final, même si dans le genre, celui de Les Chiens de Paille reste inégalé. DVD fr

 

King of New York (Abel Ferrara, 1990) :  ♦♦♦♦♦

Le style de Ferrara porté ici à son sommet, appuyé évidemment par la puissance hallucinante d’un Christopher Walken habité, dont la prestation (une tranquillité apparente qui est sans cesse sur le point d’imploser) est l’une des plus grandes de l’histoire du ciné, dans un film âpre qui lorgne du côté de Scorsese (Les Affranchis) tout en possédant sa patte très atypique. Une œuvre remarquable et surtout extrêmement moderne qui s’achève sur une étonnante résolution finale, tranchant avec la violence qui a précédé. DVD fr

 

L’ange de la vengeance (Abel Ferrara, 1981) :  ♦♦♦

Malgré ses défauts (un rythme parfois indolent, une photographie inégale), un film étonnant pour ses partis pris, d’autant qu’il mêle violence et religion. Le film est porté par l’interprétation de Zoé Tamerlis (qui écrira plus tard Bad Lieutenant), extraordinaire actrice qui n’avait pas encore vingt ans et devient dès les premiers plans immédiatement une icône du cinéma de genre. Et l’idée géniale est celle d’utiliser le ralenti pour le carnage final qui se termine sur une note de morale. DVD fr

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