[Attentats] Le 13 novembre 2015

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C’est difficile de s’exprimer (encore à chaud) sur un pareil sujet, d’autant plus quand on découvre, éberlué, comme ça été mon cas, avec cet effet de sidération qui saisit à la gorge, les infos le lendemain matin des évènements. A 5H12 je découvre donc les attentats à huit reprises via Le Parisien et je ne réalise pas tout de suite. Cet effet de sidération qui ramène au mois de janvier, quand les terroristes sont venus tirer dans les locaux de Charlie Hebdo. C’était seulement hier.

D’abord la peine, la stupéfaction aussi. Et à la lecture du nombre de morts, la compréhension de la dimension de la tragédie et son caractère ultra violent. Dans un lieu symbolique, celui d’une salle de concert, expression de l’art, avec des innocents en mire. La lâcheté à l’état pur, la folie aussi. Le dégoût, le premier sentiment, ainsi que celui qui l’accompagne, celui de la tristesse. Un peu plus tard l’incompréhension. Je connais le groupe qui jouait hier soir, je l’aime bien.

Un son stoner rock, un genre musical qui a explosé il y a vingt ans avec les albums de Kyuss, dont Josh Homme était le leader avant de devenir celui de Queens of the stone age. La filiation metal, la cool attitude, les tatouages, les litres de bières et les volutes de fumée. Un esprit provocateur, des paroles qui célèbrent une forme de sexualité débridée. Bref du rock’n'roll. Leur nouvel album (un bon disque) prend une tonalité extrêmement particulière désormais, je n’écouterai plus jamais ce groupe comme avant.

Les Eagles sont aujourd’hui sains et saufs (le groupe). Les nouvelles concernant le staff technique, leurs proches sont moins claires et le doute subsiste, ce qui est absolument terrible. Les pertes humaines sont déjà nombreuses. Une tragédie. Une heure après le début du concert les assaillants ont ouvert le feu, au hasard. Je ne pourrai jamais retranscrire l’horreur car je n’y étais pas et je me refuse à regarder les images de « l’évasion » des survivants, filmés par une caméra/appareil photo d’un journaliste du Monde.

Mais pour restituer le contexte : hier soir vers 17H45 j’ai pris un verre avec des collègues. Nous étions attablés à une terrasse d’un café du 13ème. Nous étions évidemment loin d’imaginer ce qui allait se passer ce soir là. Un vendredi 13. Je ne suis d’habitude pas superstitieux, mais ce matin là, hier matin donc je sentais moyennement ce vendredi là, quelque chose me disait que ça n’allait pas être un vendredi 13 comme les autres mais de là à imaginer pareil scénario.

La fin d’après-midi venue, une fois sortis du bureau, nous sommes donc retrouvés pour partager ce verre de l’amitié comme l’ont fait sans aucun doute ces mêmes victimes de la rue Charonne, du Bataclan, ou de la rue Bichat. Des femmes et des hommes qui voulaient simplement passer du bon temps, partager des choses, se raconter un peu leur vie. Et se dire aussi qu’ils s’aiment. Certains pour la dernière fois. C’est ce côté inéluctable qui me terrifie. C’est l’absence de remords des bourreaux, des tueurs qui est effroyable. Le côté froid, méthodique, implacable. Des innocents sont morts et leurs familles les pleure.

Hier soir j’avais décidé après ce long verre passé sur une terrasse qui respirait la quiétude avant le bruit infernal, chaotique des armes et des balles qui allaient siffler de rentrer chez moi, de quitter Paris pour la proche banlieue. Il était 21H. Une heure plus tard, l’assaut était donné. Au moment où je rentrais. J’aurais pu rester plus tard, aller manger quelque part du côté du XIème, de République, de Voltaire. Je ne sais pas. Mais aujourd’hui je pense à ces familles et à ces personnes disparues.

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