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La gémellité et l’art

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De tous temps la gémellité a fasciné. Elle est troublante, complexe. Elle est le signe d’une complémentarité et d’une singularité, l’expression d’un double et du soi-même. Les jumelles et les jumeaux sont des personnes à la fois différentes et très singulières, qui continuent de provoquer la surprise et l’étonnement. Et ce d’autant plus, lorsque dans sa propre famille la gémellité s’est invitée par ce que l’on appelle le fruit de l’amour. Ainsi, parmi mes frères, deux d’entre eux sont jumeaux. Je suis né dix ans après eux, et à l’époque ma sœur qui est l’aînée était fille unique jusqu’à leur arrivée. Elle m’a toujours dit qu’elle s’entendait très bien avec eux, qu’ils partageaient des joies enfantines à la fois masculines (les voitures, les billes, l’apparition des premiers jeux vidéo) et féminines (la poupée, la dinette, les jeux du chat et de la souris).

Ils portaient parfois les mêmes affaires et avaient la même coupe de cheveux, façon Beatles. Difficile de dire parfois qui était qui, même si les frimousses se distinguent par un grain de beauté ici ou un menton rehaussé par là. Lorsque que  je regarde les photos dans les albums de famille, ces photos qui ont gardé ce charme du papier un peu jauni du milieu des années 70 où les pattes d’eph’ faisaient fureur ainsi que les chemises à carreaux,  je vois en effet des enfants heureux, qui se complètent et s’aiment de cet amour fraternel qui nous fait grandir. Ils ont gardé une certaine complicité tout en vivant chacun leur vie. La gémellité se traduit aussi parfois par le fait que les deux personnes sont siamoises.

La gémellité s’est illustrée dans l’art, dans la musique comme au cinéma. Dans la peinture également. Les portraits de rois et de reines, notamment du Danemark du XVIème siècle figurent parmi les portraits remarquables. Ces dernières semaines, j’ai surtout été frappé par la recrudescence des images de gémellité. En particulier pour les pochettes de disques. Les jumelles s’affichent, les cheveux s’entrelacent, les visages se croisent ou fusionnent. Les idées sont belles : celles d’une communion fraternelle entre deux êtres qui ont chacune leurs particularités, leur personnalité. Fusion et singularités.

faux-semblants-1 dans ArtsJeremy Irons et Genevieve Bujold dans Faux-Semblants (1988) de David Cronenberg.

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Dans le cinéma, un film en particulier m’a beaucoup marqué. Il s’agit de Faux-Semblants de David Cronenberg réalisé en 1988, Grand Prix (ultra mérité) à Avoriaz la même année, interprété par Jeremy Irons dans ce qui est son meilleur rôle à ce jour. Sujet fascinant s’il en est, l’intérêt est d’autant plus porté ici sur la performance d’un acteur qui joue un double rôle, celui d’un gynécologue et celui de son frère qui partagent tout, amoureux transi de la même femme. L’un des sujets qui me passionne (et qui fait le plus mal) le plus (le masochisme n’est jamais loin, et il s’accompagne souvent de cette douleur qui curieusement nous porte aussi à aller au-delà), étant celui de l’état amoureux d’une personne pour une autre qui en aime une autre qu’elle ou lui et ne peut soit pas lui dire soit lui dit et condamne la relation. En 1980, Kubrick filmait un dédale et des soeurs jumelles dans Shining.

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Shining, 1980

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Dix ans plus tard, la talentueuse Lucile Hadzihalilovic mettra en scène deux soeurs jumelles dans un court-métrage pornographique avec Francesco Malcolm dans le cadre de la lutte contre le SIDA et la promotion du port du préservatif (qui reste évidemment d’actualité). La ressemblance quasi parfaite des deux soeurs et le remarquable travail sur la bande-son (respiration, montée de l’orgasme) en font un des plus remarquables courts-métrages sur la gémellité.

J’ai retrouvé cette gémellité chez Teagan and Sara, jumelles canadiennes

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Les soeurs Teagan and Sara

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Closer

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I was a fool

Les italiennes du duo Donatella jouent également sur leur ressemblance avec la même coupe de cheveux coupés courts, à l’exception de la couleur blonde et brune, celle-là même qui rejoint une obsession Hitchcockienne (celle de la brune et de la blonde, notamment Kim Novak, actrice dans Sueurs Froides).

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donatella-31Les soeurs Donatella en séance d’autographes.

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En couverture d’un mag italien, avec des articles sur Depeche Mode et Dido.

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Unpredictable

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Magic

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We aren’t nothing

Les soeurs Soska sont elles aussi jumelles et elles oeuvrent comme leur compatriote David Cronenberg dans le cinéma. Je n’ai pas vu leur premier film Dead hooker on a trunk, mais j’ai adoré leur second, avec Katharine Isabelle, American Mary, diffusé il y a quelques jours au BIFF, le festival belge du cinéma fantastique. Leur univers est atypique, et j’aime les univers atypiques.

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Les soeurs Soska au Fantastic Fest.

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Une des personnalités marquantes du cinéma français fut Françoise Dorléac. Elle n’était à proprement parler pas la sœur jumelle de Catherine, mais son aînée. Cela dit, la ressemblance était frappante entre les deux actrices et sœurs. Jacques Demy l’illustra notamment dans son immortel Les Demoiselles de Rochefort dans lequel elles interprètent la chanson des jumelles.

tumblr_lsi0vxV0tZ1qm7iwko1_500Françoise Dorléac

Demis-+young-girls+rochefort-0001.showcase_3Les demoiselles de Rochefort (1967)

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Qu’ils soient ensuite vrais ou faux jumeaux/jumelles, les artistes s’amusent de la gémellité ou du reflet, voire du transfert.

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Tableaux à scandale

Tableaux à scandale dans Arts 7300557304_6aecd6f9dd_zLe jugement dernier, Michel Ange, 1536-1541, Chapelle Sixtine, Rome

De tous temps les artistes se sont confrontés à l’opinion critique et publique et ont récolté soit les lauriers de la gloire, soit ceux du scandale, parfois les deux réalisant à la fois l’exploit de se faire connaître instantanément tout en étant loués ou vilipendés pour leur art.

Je citerai quelques tableaux qui m’ont durablement impressionné et continuent de le faire, les ayant vus à l’endroit où ils appartiennent, là où peuvent être vus et admirés soit de façon permanente soit pour des expositions, rétrospectives temporaires, au musée, dans des galeries, etc.

Il y a quelques années en sortie avec le lycée, j’ai découvert l’Origine du Monde de Gustave Courbet. En pleine adolescence, et à l’âge où les premiers émois érotiques se font sentir, je me rappelle que les filles et les garçons qui m’accompagnaient ressentaient à la fois de la gêne tout en ne pouvant retenir quelques éclats de rire mêlés d’interrogation. En effet, la peinture, d’une taille de 45X55 cm représente de manière frontale la nudité féminine et surtout le mystère féminin. Je m’étais alors demandé si l’effet aurait été le même si Courbet avait représenté le sexe masculin de cette manière.

Sauf que l’ Origine du Monde (titre sublime et chef-d’oeuvre de la peinture mondiale) représente bel et bien les origines du monde par le sexe féminin. Même si par la suite le tableau a été détourné et qu’effectivement il y a eu des représentations fantaisistes, dont un sexe masculin, de la dentelle, un oeil, etc. Le modèle serait Joanna Hifferman, un des modèles préférées de Courbet dont le peintre réalisa quelques portraits.

D9DD7DE71C43C8CE77B6FE8FF4D46_h498_w598_m2 dans ArtsL’origine du Monde, Gustave Courbet, 1866, Musée d’Orsay

Cette représentation du nu et a fortiori du nu féminin fit scandale à son époque, en 1866. Aujourd’hui encore, les visiteurs restent interloqués/surpris/ébahis par ce tableau d’une pureté et d’une beauté sidérantes. Et le tableau est aussi une formidable réponse à l’ Olympia de Manet. Ce qui me permet de faire une transition.

olympiaOlympia, Claude Manet (1866), Musée d’Orsay

Le tableau de Manet fit lui aussi grand bruit lors de son exposition. Plus encore que Le Déjeuner sur l’herbe critiqué pour son oisiveté (entre autres) peint trois ans auparavant en 1863, Olympia représente une jeune femme entièrement nue allongée sur son lit et attendant son bain.  Son regard fixe, sa peau laiteuse, et surtout la présence d’une domestique noire provoqua l’ire de la critique. Le tableau est fortement inspiré de Titien et de la Vénus d’Urbin. Lorsque j’ai découvert le tableau au musée d’Orsay le même jour que L’origine du Monde, il y eût moins de rires étouffés et de gêne. Sans doute parce que le sexe n’y était pas présenté de façon aussi frontale. On notera aussi que la jeune femme cache pudiquement son sexe par le biais de sa main gauche posée sur sa peau et empêchant ainsi de voir l’intégralité de son intimité.

venus_of_urbino.thumbnailVenus d’Urbin, Titien, 1538, Galerie des Offices de Florence

le_dejeuner_sur_l_herbe_1863Le déjeuner sur l’herbe, Claude Manet, 1863, Musée d’Orsay

Je ne connaissais pas jusqu’à il n’y a pas si longtemps le tableau de Goya, mais celui-ci est aussi un chef-d’oeuvre. Il est intitulé La Maya Nue.

1313945-Francisco_de_Goya_La_maja_desnudaLa Maya Nue, Goya, 1800

Reste que le scandale fut si intense qu’il marqua profondément le peintre, lequel put s’appuyer sur l’épaule de son ami et défenseur Charles Baudelaire lequel avait connu les foudres de la critique lors de la publication des Fleurs du Mal en 1857 et fut même condamné pour outrage aux bonnes moeurs. Manet comprit par quoi Baudelaire était passé et les deux artistes se soutinrent mutuellement.

Ces deux tableaux (L’Origine du Monde et Olympia) sont tous deux au musée d’Orsay, de même que Le Déjeuner sur l’herbe.

Autre tableau sans doute moins scandaleux et ayant moins eu à affronter la colère sinon la haine des critiques à son égard, celui de La Mort de Sardanapale. C’est une oeuvre d’Eugène Delacroix. Une oeuvre monumentale, racontant la folie d’un homme qui décide d’abattre ses proches, esclaves et favorites en sentant sa fin proche. Le choix des couleurs et surtout le dynamisme de la composition en font une oeuvre incontournable.

27_1La mort de Sardanapale, Eugène Delacroix, 1827, Musée du Louvre

On sort du scandale et on rejoint le gigantisme avec Le Sacre de Napoléon de David. Il s’agit d’un de mes tableaux préférés de tous les temps. La première fois que je l’ai vu au Louvre, il m’a fallu reculer de quelques mètres pour en apercevoir les détails, et surtout me remettre de mes émotions car il m’avait pris par surprise (par sa localisation et sa grandeur). La tableau raconte comme son titre l’indique le sacre de Napoléon. C’est une fresque tout en horizontalité. Les bonaparte, le clergé, Joséphine agenouillée en soieries, Napoléon 1er en tenue de sacre…

J’ai toujours été intéressé par les monarchies, par les reines et les rois. Napoléon est ici couronnée à Notre-Dame-De-Paris. Il faudra deux ans au peintre qui achever son oeuvre monumentale et l’on comprend pourquoi en la voyant. Je me rappelle par ailleurs, que compte tenu de son prestige, de sa renommée (le tableau le plus célèbre du monde), j’avais été un peu déçu par la Joconde quand je l’avais vu la première fois. Je pensais le tableau plus grand et ne l’imaginais pas dans ce cadre empêchant de la voir vraiment de très près.

1005854-Sacre_de_Napol%C3%A9on_IerLe sacre de Napoléon, David, 1805-1087, Musée du Louvre

J’aimerais découvrir La fille à la perle. Tableau lumineux mettant en avant le portrait d’une jeune femme portant un turban et une perle à l’oreille. Le tableau est conservé au musée Maurithuis de la ville de La Haye. Le portrait a inspiré le film La fille à la perle avec Scarlett Johansson.

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La jeune fille à la perle, Johannes Vermeer, 1665, Maurithuis, La Haye

Enfin, j’ai appris par le biais de Tom Peeping (et de son blog sniffandpuff.blogspot.fr), que la veste du Voyageur contemplant une mer de nuages, tableau à l’influence majeure sur le romantisme et parangon du romantisme allemand en particulier, est en fait verte. J’avais pensé pendant des années, du fait des reproductions vues ici et là, qu’elle était noire. Et en fait sa coloris est bien différente des représentations qu’elle laissait supposer. Je crois évidemment Tom sur paroles, il l’a vu de ses propres yeux au Musée d’ Hambourg.

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Voyageur contemplant une mer de nuages, Caspar Friedrich, 1818-1820, Kunsthalle Hambourg

 

 Et à propos des tableaux jugés scandaleux, il y a ce livre qui revient en détails sur leur contexte, les tenants et aboutissants

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