Archive pour la Catégorie 'Billets d’humeur'

Le 36 Quai des orfèvres dans l’actualité

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C’est une affaire grave qui concerne le 36 quai des orfèvres, considéré comme l’élite de la police française dans le domaine judiciaire avec les affaires de grand banditisme, crime organisé, etc. Vous en avez forcément entendu parler, la nouvelle ayant fait les une des médias et des journaux durant une semaine. Les faits se sont produits dans la nuit de 22 au 23 avril. Une jeune canadienne de visite en France (la première pour elle), accompagnée d’un ami avocat, visite la capitale et se rend dans des pubs durant son séjour.

Dans la soirée du 22 au 23, elle se rend dans le pub irlandais fréquenté par des habitués, des flics du 36 qui l’abordent.  S’ensuit une visite des locaux, dont la jeune femme de 34 ans ressortira selon des témoins « en pleurs, sidérée, sous le choc ». Elle dit avoir été violée par des policiers, ceux-là mêmes qu’elle avait rencontré dans le pub quelques heures plus tôt et qui lui avaient indiqué qu’elle pourrait visiter le lieu mythique.

C’est une histoire de viol. La France en connaît malheureusement de très nombreuses. Certaines sont exposées, font la Une, à l’instar de celle du coach sportif de Levallois-Perret accusé par des jeunes femmes (toutes mineures à l’époque des faits incriminés,  âgées de 12 à 17 ans), ainsi que celle du métro de Lille. D’autres sont tues, parce que les victimes n’osent pas porter plainte. Celle du 36 quai des orfèvres, cette histoire sordide à l’exposé des faits du procès-verbal, pose une nouvelle fois certaines problématiques en mettant en exergue des réflexes qui visent à décrédibiliser les victimes et à les rendre coupables de leurs agissements, de leurs comportements.

Ce n’est pas pour rien que Stopharcèlement de rue a vu le jour au début du mois de février et qu’il est déjà contesté par Causeur notamment, ce n’est pas pour rien que des femmes et des hommes se portent en faux par rapport à certaines accusations de provocation face aux agressions verbales, mais aussi physiques et sexuelles dont sont victimes les femmes dans la vie quotidienne. De la remarque sexiste, au geste déplacé, jusqu’au passage à l’acte comme le rapportait la journaliste Jack Parker agressée dans le métro, laquelle a reçu des messages de soutien comme d’insultes suintant la misogynie, le sexisme et la haine de l’autre à plein nez, sous couvert de relatif anonymat bien entendu.

L’affaire du 36 quai des orfèvres m’a mis très mal à l’aise, par la gravité des faits relatés, qui relèvent de la cour d’assise pour crime, et le fait qu’ils se soient déroulés dans un lieu « extraordinaire », même si un viol, par définition est une horreur qui peut être commis n’importe où, par des gens que les victimes connaissent souvent très bien. La première question que je me suis posée en lisant ces faits, c’est comment il était possible, alors même que tous les voyants sécuritaires sont au rouge (plan Vigipirate actif depuis au moins dix ans) que trois policiers (un interrogé à titre de témoin assisté n’a pas été inculpé après sa garde à vue) aient pu entrer ainsi avec une parfaite inconnue, en passant deux « barrages » à savoir les gardiens postés à l’entrée, en indiquant à ces mêmes gardiens qu’ils connaissaient la future agressée ?

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Comment envisager que des inconnus puissent rentrer ainsi au 36 sans faire l’objet d’un contrôle de sécurité et d’identité rudimentaire ? On nous rappelle ad nauseam chaque jour avec les annonces radio de menace de vol dans les transports, de pickpockets, on dit qu’il faut être vigilant dans ses déplacements, et là on fait entrer une parfaite inconnue à 0h sans se soucier le moins du monde des tenants et aboutissants. Ne serait-ce que sur ce point, les policiers me semblent être en situation de faute professionnelle lourde. Il s’agit du QG de la police judiciaire, et il est effrayant de voir que sous prétexte de présence féminine, on puisse y entrer aussi facilement.

La deuxième chose qui m’a interpellé, et profondément agacé c’est un article publié sur le site Metronews parce qu’il a d’une part été le premier à qualifier la victime en des termes qui ne peuvent que provoquer la confusion et donner le sentiment qu’en étant une fille légère voire facile elle ne pouvait que s’attendre à être victime d’une agression sexuelle. Si une femme s’habille en jupe courte, qu’elle porte des talons et sourit, elle est dans l’esprit de certains facile et ne doit donc pas s’étonner d’être caressée voire beaucoup plus. La jupe, la robe, le décolleté seraient ainsi des invitations à disposer du corps de l’autre, puisqu’ils indiqueraient que la personne qui les portent est à disposition, consentante de fait.

En agissant de la sorte, c’est à dire en draguant une femme dans le but de l’emmener au 36, les policiers ont manifestement abusé de leur pouvoir et autorité même si elle demandait elle-même de les visiter. Rien ne présuppose qu’y entrer était uniquement dans le but d’avoir des relations sexuelles, aussi consenties-soient-elles ce qui ne semble pas du tout être le cas, alors même que la personnalité de la victime est davantage mis en avant que ce qu’elle dit avoir subi et que des examens médicaux tendent à prouver.  Les détails sur la scène du crime, qui évoque « beaucoup d’alcool », et en particulier « un grand verre de whisky ingurgité par la victime » laisse entendre un comportement visant à griser une tierce personne dans le but d’abuser d’elle.

Que cette femme soit de nature avenante, souriante, qu’elle ait un « tatouage à l’épaule » (ce qui n’a strictement aucun intérêt d’ailleurs pour la décrire, notamment sur le plan du comportement, auquel cas l’article sous-entendrait-il que les femmes tatouées, à qui il arrive de boire, sont plus enclines à avoir des relations sexuelles que les autres, et donc à rechercher les aventures faciles ?) n’est pas une raison pour justifier une agression sexuelle pas plus qu’un viol. Il est fait état d’une « fellation imposée » (ce qui sur le plan pénal est caractéristique d’un viol) et de « pénétrations » par au moins deux personnes. Ces mêmes personnes, policiers, qu’elle avait rencontré au pub irlandais.

La troisième chose qui m’a sidéré est de lire que du personnel avait entendu des « bruits aigus de jouissance » sans s’inquiéter le moins du monde de qui en était l’auteur, et surtout pourquoi ? Pourquoi à 1h du matin dans des bureaux censés être déserts ? L’enquête se poursuit, tandis qu’une femme est aujourd’hui considérée comme légère, parce qu’elle a bu, suivi deux policiers qui étaient eux parfaitement au fait de ce qu’ils faisaient, tout en donnant une fois de plus une étranger image de la France vue hors de ses frontières.

Regard(s) sur l’homosexualité

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C’est un sujet de société. Un sujet qui ne devrait d’ailleurs pas mobiliser les instances religieuses, encore moins lorsqu’il s’agit de célébrer un mariage civil, c’est-à-dire hors des murs d’une Église. C’est un sujet qui a marqué les esprits, qui a aussi fait la Une des médias, qui a fait parler de lui à un moment où deux points de vue s’affrontaient (et continuent) de s’affronter : la défense des droits LGBT et la défense des valeurs de la famille.

Je déteste parler de clans, et je n’aime pas spécialement les catégories, ni même catégoriser les choses et les gens, mais depuis un an, il en a été plus que jamais question. Parler de la sexualité dominante (au regard des ultra conservateurs et de certains médias) et de l’autre, l’homosexualité, celle-là même que l’on désignait au 19ème siècle comme « l’amour qui ne dit pas son nom. »

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Deux femmes s’aiment

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Deux hommes s’aiment aussi

Il y a un an et demi j’écrivais sur les premières manifestations de La Manif pour tous, que je pensais, trop naïvement, devoir être un feu de paille, sans suspecter la puissance des lobbys traditionalistes bien décidés à de ne pas faire vaciller la mère patrie dans les tréfonds de la dépravation morale.  Cette organisation devenue un vrai cheval de bataille économique, de pensée et une force sans doute bientôt politique avec les européennes a eu droit à une publicité magistrale.

Au départ, je prenais cela comme une petite blague aimable, l’expression d’un archaïsme d’un autre temps, quand Frigide Barjot s’affichait et revendiquait le droit pour un enfant d’avoir un papa et une maman. On remarquera au passage que les personnes trans ont comme d’habitude été totalement exclues des débats.

Cela c’était avant. Parce qu’il y a eu derrière la façade bon enfant et les discours se voulant « pacifiques » (mais comment pourrait l’être ce mouvement qui par définition s’attaque à une vision de l’affect et de l’amour qui n’est pas orienté vers l’hétérosexualité ?), une vraie décharge de violence, dans la parole comme les actes avec de nombreuses vidéos circulant sur les débordements de fins de cortège, sur les actions contre les forces de l’ordre, et surtout en filigrane, cette mystification de l’homosexualité accompagnée d’un verbe haineux sinon violent.

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Débutés en octobre 2012 les manifestations en Province comme à Paris avec plusieurs manifs entre décembre et avril 2013 ont fortement rassemblé avec un point d’orgue, les violences orchestrées sur les Champs-Elysées. C’est à cette époque que l’on vit aussi le clergé se mêler à l’histoire et ajouter de l’huile sur le feu.

Alors que l’Eglise avec ses représentants descendaient dans la rue aux côtés des militants les plus actifs, Frigide Barjot encourageait à la désobéissance et au réveil des conscience. Le réveil c’était l’illustration par la violence et les mots d’une attaque en règle de l’homosexualité sous couvert, comme toujours de l’expression inverse, c’est-à-dire d’une attitude non homophobe que trahissent les paroles entendues ces jours-là, puisqu’elles le sont ouvertement.

Il n’y a à mes yeux rien de drôle ou de progressiste à descendre dans la rue pour pointer du doigt les homosexuels, crier à la polygamie, à l’inceste, à la pédophilie. Les amalgames ont été faits, et le pire c’est que les politiques et les personnalités du monde médiatique, des associations chrétiennes et autres se sont mêlés à cela, et au sentiment, au constat même, partagé par les homosexuels, d’une libération de la parole homophobe.

On a vu des Marianne défiler dans la rue avec le code civil, les parangons Albéric Dumont (qui parle de courage et d’audace), Tugdual Derville, porte-paroles, être invités sur tous les plateaux télé, et maintenant Ludovine de la Rochère, Présidente, afin de délivrer en accord avec leur chapelle, cette bonne parole, voire la parole d’évangile qui est la leur. En voulant manifestement infantiliser les adultes quant à leur regard sur l’amour, la sexualité, le sexe, ce qui est à mes yeux proprement insupportable.

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Le « plus drôle », au second degré, après avoir écouté des dizaines d’heures de débat, de conférences, d’interviews, durant lesquels ils restent ancrés dans leurs grands principes, c’est de voir que finalement il demeure cette peur panique, irraisonnée d’un changement de civilisation, d’un bouleversement des codes sociétaux (un père, une mère, des enfants), modèle de la famille traditionnelle qui ne peut pas voler en éclat.

Statistiquement il n’y a pas eu un raz-de-marée de mariages célébrant l’union de deux personnes de même sexe (ce que certains pays nordiques, surtout les Pays-Bas ont accordé dès 1998 puis en 2001 avec le premier mariage célébré) et je ne crois guère à un changement tel que seuls les couples de même ayant adopté un enfant et eu recours à la GPA pour un autre (c’est pour pousser la démonstration) deviendrait la « norme » dès 2015.

Où en sommes nous aujourd’hui ? Nous sommes arrivés au Grenelle de la Famille (une première, et qui donne l’impression que la famille est une institution qui est en train de s’écrouler et qu’il faut absolument sauver) de faire des propositions, dont une m’a semblé particulièrement discriminatoire. Le fait de refuser à un couple de même sexe l’adoption serait à mes yeux une discrimination criante, puisque la loi le permet aujourd’hui en l’état actuel du texte.

Adopter pour un couple hétéro n’est pas simple. Mais le refuser à un couple de même sexe au seul motif (je n’en vois pas d’autre) de son orientation sexuelle serait une discrimination qui mériterait un dépôt de plainte auprès du tribunal compétent. Voyez-vous, cher Grenelle de la famille, ce n’est parce que vous avez des gens qui ont fait des études dans vos rangs et qui sont même étudiants en droit, que cela inspire de grandes et belles idées progressistes.

Sachez en tout cas qu’il est désormais possible de lire le beau livre, émaillé de photos en couleurs de la Manif pour tous

Plus sérieusement, je me dis qu’il y a ce paradoxe, ce paradigme à la fois fascinant et inquiétant d’une France, dite pays des droits de l’homme dans lequel des mouvements « populaires » se soulèvent les uns contre les autres, pour empêcher que ces autres ne puissent avoir les mêmes droits, sans en retirer aucunement à ceux qui en ont déjà.

C’était bien cela l’idée initiale du mariage pour tous, celle de permettre à des personnes qui vivent ensemble, qui ont des enfants, qui ont connu des histoires de familles recomposées, qui ont adopté des enfants, de pouvoir s’unir légalement et recevoir une protection matérielle et juridique. Je conçois mal comment des personnes peuvent s’opposer parfois violemment, viscéralement à cela, surtout dans mon pays, la France, en 2014.

Je me fais souvent la réflexion de me dire que rien n’a véritablement changé depuis 1999 et les débats houleux sur le PACS. A l’époque il aurait suffit qu’un bûcher soit érigé pour qu’on y brûle les pédés. Non l’image n’est pas gratuite et la violence elle continue de faire son lit, les cas d’agressions homophobes se multipliant, les faits divers alimentant les rubriques des journaux, comme dernièrement à Lille

Je n’apprécie guère les normes même s’il en faut. Je me suis souvent inscris en porte à faux de celles-ci. Et la société ultra normée que propose La Manif pour tous qui fait fi des évolutions des mœurs, des cas de famille monoparentale ou homoparentale, qui pense qu’un couple homosexuel ne vaut pas un couple hétérosexuel dans l’éducation des enfants, ramène à cette notion de tare, d’incapacité à élever qui tient du jugement de valeur. Ce qui m’interpelle c’est aussi de voir autant de jeunes gens défiler dans la rue. Pas des (que) des trentenaires. Mais des ados, au moment même où se construit l’identité sexuelle, où être homo n’est pas un choix de sexualité, à un moment où le regard des autres est parfois difficile. Je le dis clairement : je ne vous comprends pas. Vous manifesteriez vous contre le droit de deux personnes de même sexe de s’aimer ?

Malheureusement j’ai trop bien connu l’homophobie à 15 ans au même âge que le vôtre, avec les regards et les comportements haineux, pour vous encourager à aller dans la rue et réclamer le droit d’avoir un papa et une maman pour un enfant. Il se trouve que dans des familles homoparentales l’amour est présent à chaque instant, iriez-vous jusqu’à prétendre que ces mêmes enfants n’ont pas droit à l’amour parce qu’ils ne s’inscrivent pas dans un schéma de famille hétéro lambda ?

Ce ne sont pas celles et ceux qui sont nés à la fin des années 50 qui ont une éducation sans doute différente de la nôtre, ce n’est pas à moi de la juger, qui descendent dans la rue, parfois pour la première fois, en se disant prêt(e)s à en découdre, qui ne veulent pas d’un « changement de société ». Une génération, non pas la génération X ou Y se lève, se soulève et riposte à sa manière contre la différence. Et désormais contre la PMA. Une PMA devant laquelle les socialistes ont reculé, la loi famille de Bertinotti étant repoussée au calendrier.

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Un documentaire réalisé par Guillaume Lecaplain propose d’entendre ces personnes qui ont été touchées par ces paroles et ces actes durant ces derniers mois, et qui l’expriment ici avec un petit peu de recul (bien que nous soyons encore dans le vif du sujet)

Saint Valentin et autres considérations

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Cela n’a échappé à personne (sauf peut-être aux habitant(e)s de Mars, et encore qui nous dit qu’ils ne nous observent pas de très loin, enfin sait-on jamais ?), c’est aujourd’hui la fête dite des amoureux, la fameuse Saint Valentin que l’on voit se profiler traditionnellement des semaines à l’avance, pour permettre aux commerçants de faire une partie de leur chiffre d’affaire du trimestre, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose, loin de là même, surtout pour une économie française bien en difficulté.

Les fleuristes, les bijoutiers, les vendeurs d’accessoires (de la lingerie féminine jusqu’aux sextoys -avec promo, on en profite- en passant par les fabricants de téléphonie mobile) ont trouvé un filon depuis un bail et en soi le fait de voir des gens s’aimer est à la fois heureux et terriblement frustrant pour les personnes célibataires, forcément écartées de ces « festivités » puisque étant par définition seules, alors que la Saint Valentin est par définition la fête du couple.

Ce sujet n’est donc pas une diatribe contre la Saint Valentin, ses effets économiques, ses symboles et son côté commercial clairement voire agressivement affiché. Les gens qui s’aiment c’est tout de même mieux que les gens qui se déchirent, se séparent, se cocufient, etc. Même si en définitive la Saint Valentin c’est (ce devrait être) tous les jours (a priori).

Là où la thématique devient intéressante (et aussi sujette aux débordements philosophiques et psychanalytiques -je n’ai jamais fait d’analyse mais certaines personnes me font peur quand je lis ce qu’elles écrivent et ne me donnent nullement confiance), quand on aborde ce qui est rarement abordé, puisque considéré par le plus grand nombre comme quelque chose de hors normes, donc de difficile à appréhender mais paradoxalement très facile à juger et à montrer du doigt. Ce « hors normes », c’est l’asexualité. Pas l’abstinence, l’asexualité. Au détour de la lecture d’un article sur Le Plus, en réponse à celui d’un psychanalyste de renom (que je ne connaissais pas), les vieux clichés sur la différence, et surtout sur le caractère anormal et par conséquent contre nature, voire malade de certaines relations m’ont effectivement sauté au visage.

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Défilé de personnes asexuées à San Francisco, manifestant pour le droit de s’aimer sans avoir de relations sexuelles. Source Le Plus/Janvier 2014.

L’article écrit sur Le Plus répond à celui du Docteur Ronald Virag (ce pourrait être une excellent jeu de mots sur viagra, un anagramme, mais en fait non, il manque des lettres). Remettre dans le contexte de son analyse du comportement sexuel d’une jeune femme (qui n’a ni l’air d’une psychotique, d’une dégénérée ou d’une malade perverse), une phrase extrêmement maladroite de la romancière Françoise Sagan, ou sur le tapis la psychanalyse de Freud (qui éprouvait de la répulsion envers les homosexuels) ne peut que faire dériver sa réflexion sur le terrain de l’anormalité et de la perversion… Comme trois décennies en arrière lorsque l’homosexualité était considérée comme une maladie/perversion avant qu’elle ne soit dépénalisée en 1981 (!), il y a donc seulement 33 ans de cela (l’âge du Christ).

Je confesse ne pas avoir lu des centaines d’ouvrages sur la question (il existe très peu d’études sur la question), avoir aimé celui d’Ovidie mais le fait est que je ne juge personne pour son orientation sexuelle (alors qu’à l’inverse nombreuses sont les personnes, personnalités comme anonymes qui sont descendues dans la rue, l’année dernière, comme cette année, il n’y a de cela pas plus de deux semaines, pour crier leur dégoût de la différence, de l’homoparentalité, de l’homosexualité. Il faut absolument rentrer dans une case.

Et ce, en visant bien évidemment les personnes de même sexe, en les pointant comme les « anormales », pour leur faire comprendre que quelque chose clochait chez elles, en particulier par rapport à leur sexualité, sinon elles ne seraient pas descendu, tout en prenant soin d’utiliser un langage soutenu pour essayer de faire passer la pilule).

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L’asexualité dérange, comme l’homosexualité, comme les sexualités hors-normes qui s’écartent du sempiternel duo amoureux hétéro (et pourrais-je préciser de tradition judéo-chrétienne traditionaliste tant cela a été remis sur le tapis, au goût du jour comme la norme supérieure à toutes les autres, de justice et d’héritage quasi divin). Ce qui m’a dérangé et choqué dans la tribune du psychanalyste, c’est qu’il mette au service de son argumentation, un discours sur la peur du sexe alors qu’il n’en est pas question. Comme si l’amour ne signifiait pas autre chose que devoir de pénétration. Comme si l’amour était indifférencié de la sexualité. Ou confondre asexualité et chasteté.

Marie A indique qu’elle pratique le sexe oral et qu’elle aime à sa façon son compagnon, il ne s’agit ici nullement de rejet viscéral de l’idée même du sexe et de la sexualité, elle n’est pas bigote, mais elle exprime une façon de concevoir sa vie amoureuse autrement que par les relations sexuelles lambda que l’on peut imaginer dans un couple hétérosexuel/homosexuel/bi.  Je n’ose imaginer ce qu’aurait pu prononcer le psychanalyste si Marie A était en couple avec une fille ou si un jeune homme avait parlé de son asexualité avec un autre homme.

En définitive, le visage de Marie A visible de tous, de la blogosphère (article paru sur Le Plus rattaché au Nouvel Observateur) comme du Monde (au sens large), photo à l’appui, est à mes yeux une prise de risque et un acte courageux. Elle aurait pu choisir l’anonymat total, à savoir celui d’être publiée sans photo. Le visuel change tout. On peut retrouver son identité, et jugée de cette façon à l’aune de son intimité qu’elle expose à des millions de gens fait entrer l’asexualité dans l’ère du web 2.0 mais aussi dans celui d’un jugement moral, sexuel et psychanalytique par une tierce-personne, étrangère à ses motivations profondes (qu’il explique par une forme de comportement déraisonné, limite à risque), alors qu’il n’en est rien.

Marie A va aussi fêter la Saint Valentin avec son compagnon, l’embrasser, sans doute pratiquer une nouvelle fois le sexe oral parce qu’elle le souhaite, qu’elle le partage, qu’elle le fait pour son plaisir à elle et à lui (et pas uniquement pour lui parce qu’il le demande ou l’exige). Cela dérange certainement certains. Mais c’est aussi cela l’amour : quelque chose de très complexe que l’on ne peut parfois pas résumer qu’avec des mots, qui échappe parfois aux analyses. Les sentiments existent et ils ne demandent jamais d’être jugés, juste à s’exprimer.

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La « Manif pour tous » de retour

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Ce pourrait être drôle et être le titre d’un film. Une comédie. Mais ça ne l’est pas vraiment. Ou plutôt si. Le spectacle de rue, par la voie de la manifestation de milliers de personnes, qui continuent, huit mois après leur dernière escapade parisienne à scander « qu’un papa et qu’une maman ça permet de ne pas mentir aux enfants » (combien de couples séparés ? D’enfants issus du divorce parmi ces mêmes manifestants ? Là pas de réponse, c’est sans doute plus problématique de les poser justement ces questions) est de retour.

Je pensais très honnêtement mais sans doute trop naïvement (la naïveté a parfois ses raisons que la raison ignore, vous vous rappelez Pascal, tout ça ? Bon ok, lui c’était à propos de l’amour) que c’en était fini. Mais les opposants ne lâchent rien. La loi votée, l’insistance du parlement et des ministres d’affirmer pourtant que la GPA et la PMA n’étaient pas au programme de la loi (déjà votée) n’a semble-t-il rien changé à leur détermination, même si les amendements (ce qui semble aujourd’hui faire frémir une large majorité des opposants au mariage pour tous et intrinsèquement l’UMP et d’autres partis de l’opposition) seront discutés puisque présentés.

Je pensais que la page était tournée, mais les députés me donnent tort. Lire un député écrire qu’il se lève à 6h du matin pour rejoindre la capitale depuis sa Vendée un Dimanche comme s’il s’agissait d’un véritable effort (effort contenu dans la défense d’une certaine idée de la famille aux dépends d’autres) m’a fait quelque peu sourire (jaune). Pensez-vous à ces milliers de personnes qui le font chaque jour pour tenter de garder leur emploi, et qui elles tentent de garder certains acquis en étant bien moins rémunérées ?

Qu’est-ce qui peut me faire lever à 6H un dimanche matin et quitter ma ? La défense de LA FAMILLE ! J’arrive les amis.

Alors qu’il y a un an, c’est-à-dire, hier à l’échelle du temps et de la politique, on parlait de droits donnés à des « pédés qui feraient mieux de rester dans leur chambre au lieu de vouloir manifester leurs droits » selon les commentateurs les plus radicaux, ceux-là même qui appartiennent au cortège d’aujourd’hui, allié avec les courants d’une extrême-droite traditionaliste comme Civitas , aujourd’hui l’histoire montre qu’elle est un éternellement recommencement,  l’homophobie, la transophobie et plus généralement la peur manifeste de la différence en sexualité ont pu largement s’exprimer à l’hiver dernier. Et cela peut se représenter.

Évidemment qu’il y a des gens qui viennent manifester leur simple opposition avec enfants (bien que l’on puisse être critique ce point précis), main dans la main, sans vouloir que cela dérape. Mais il y eût également un terrain de l’amalgame outrancier autour de la pédophilie et de la zoophilie. Ou cette peur obsessionnelle, irrationnelle de la destruction de la famille, du modèle familial. Une destruction qui se vérifie par les chiffres, puisque 1600 unions ont été signées. Tremblez dame patrie !

Si certains visages ont changé (plus de Frigide Barjot, pas davantage de Béatrice Bourges , d’autres qui ont pris le relais du grand « élan démocratique  » que représente la manif pour tous, sont désormais très médiatisés. Notamment celui de Ludovine de la Rochère, ancienne professeure de collège d’Histoire et Géographie, aujourd’hui Responsable de communication, issue d’une famille catholiquedixit wikipedia, mais aussi selon ses propres mots; elle me rappelle au souvenir d’une certaine Béatrice Bourges. Avec cette façon de se sentir implicitement et parfois même explicitement dans son bon droit, oserais-je dire, divin ?
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Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour tous

Ce qui est amusant (au second degré) quand on analyse le discours et le comportement des organisateurs et des membres des cortèges de la « Manif pour tous » c’est la dichotomie qui subsiste entre le verbe et l’action, entre la pensée, la théorie et la réalisation sur le terrain, lors des manifs, lesquelles ont été égrenées par des incidents, notamment le 23 avril 2013 .

L’obsession sémantique pour assurer que le langage ne contient aucun signe discriminant et homophobe on la retrouve systématiquement, alors même que les actes trahissent les paroles, puisque « libérée », cette parole laisse tout passer, souvent l’exact inverse de ce qui était annoncé comme étant parfaitement pacifique, raisonnable et raisonné. On en revient à « Je n’ai rien contre les pédés », tout en affichant par son attitude, sa gestuelle, ses mots exactement l’inverse, parfois même souhaiter qu’ils restent, ces mêmes pédés, « invisibles », « au placard ».

Pour peu, il y a quelques mois, des bûchers auraient pu être dressés, à la fois symboliquement et concrètement, contre ces personnes de même sexe, qui osent d’une part s’aimer, et pire le revendiquent aux yeux des personnes hétérosexuelles, tout en demandant les mêmes droits.

Les questions de la PMA et de la GPA au cœur des motivations de cette journée de mobilisation et cristallisant aussi toutes les préoccupations,  ne sont pas prévues dans l’état actuel de la loi (qui rappelons-le a été votée et adoptée à une large majorité). Personnellement je trouve que la loi  n’a pas été assez loin par rapport à ses deux points, étant favorable à l’une et l’autre pour les couples de même sexe.

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En définitive, je pense que certaines personnes (et elles sont nombreuses à en croire les premières estimations de la manif d’aujourd’hui et plus globalement celle qui s’expriment autour d’une idée de la famille traditionnelle française), n’admettent pas et pire, n’acceptent pas, que la vie aujourd’hui, dans un couple, dans la vie, ne puisse pas se définir aussi facilement qu’un homme et une femme et deux enfants.

Les couples, les familles recomposées, les familles mono-parentales, les couples homosexuels, les couples hétéros avec une personne transsexuelle (dont on ne parle quasiment pas), des couples de transsexuels de même sexe, des couples homosexuels qui souhaitent avoir recours à la GPA et la PMA, qui aujourd’hui vont à l’étranger pour cela à défaut de le faire en France, la patrie dite des droits de l’homme.  Ne faîtes pas comme en Espagne avec ce gouvernement qui souhaite revenir sur la liberté de disposer de son corps pour une femme, de choisir de pouvoir avorter en son âme et conscience.

Ne faîtes pas revenir la France quarante ans en arrière, quand des femmes mourraient d’avortement illégaux, risquaient leur vie et celle de leur enfant. La France vaut mieux que cela.

 

 

La France, les yeux dans ses Bleus

La France, les yeux dans ses Bleus dans Billets d'humeur Ukraine-France-Supportrice_full_diapos_large

Face aux moments difficiles, face aux crises (politiques et sociales), la France a souvent essayé de se raccrocher à un élément fédérateur. Cela a parfois pu être la musique (pendant quelques années Yannick Noah était la personnalité française préférée des français, au moins sur le plan sportif, depuis sa victoire à Roland-Garros en 1983 et la Coupe Davis en 1991, au moment où sortait son triomphe commercial Saga Africa), mais surtout le sport.

En 1998, la France black-blanc-beur descend dans la rue et crie « Zizou Président ! ». Le joueur français venait de marquer deux buts décisifs en finale de Coupe du Monde de football face à l’équipe rêvée : le Brésil. En 2013, c’est IAM qui parle de xénophobie et les bonnets rouges qui défilent contre l’écotaxe.

La France a une tradition footballistique très forte. C’est le sport roi dans l’hexagone, lequel compte le plus de licenciés. C’est un sport que beaucoup de gamins pratiquent. C’est un sport qui n’a jamais attiré ma sympathie, ni même mon enthousiasme, bien que j’ai eu ma période foot, comme la majorité des gamins de mon âge entre 10 et 14 ans. Juste avant de tomber amoureux du handball, suite à la première victoire des Barjots au Mondial de 1995. C’était il y a presque vingt ans. Le foot est très populaire (voire le nombre de magazines, d’émissions, de reportages, de films aussi qui le décrivent, à l’instar de l’excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud ou encore A mort l’arbitre ! de Jean-Pierre Mocky).

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Le cliché associe souvent le foot à la consommation de pizzas et de bières, à un univers très masculin où règne la mode du tuning. Ce cliché  est de plus en plus mis à mal. C’est aussi un sport qui affiche de plus en plus de fans féminines (il n’y a qu’à voir l’arrière-plan des émissions vedettes dont le Canal Football Club de Canal +, où il n’est pas rare de voir apparaître une blonde ou une brune certainement pas placée là innocemment). Certaines filles se passionnent pour ce sport, inutile de lutter (et pourquoi d’ailleurs ?) c’est un fait.

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Hier soir, je n’ai pas regardé le match éliminatoire contre l’Ukraine. J’espérais une victoire, je ne vais pas décemment me dire que je souhaite la défaite d’une équipe qui représente tout de même mon pays, même si on peut critiquer les joueurs, certains de leurs comportements et attitudes (le naufrage Ksnyna, l’interview d’Evra, etc). J’aime bien Didier Deschamps, et si je dois confesser ne pas connaître un tiers des joueurs qui évoluent sur le terrain, il m’arrive de regarder certains matchs du championnat anglais ou allemand. Ce qui m’intéresse c’est le jeu qui peut être produit, et je n’ai pas trouvé celui-ci particulièrement alléchant ces derniers mois/dernières années avec l’équipe des Bleus.

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N’ayant pas vu le match mais sentant que l’Ukraine n’avait contrairement à la France rien à perdre, celle-ci, au regard des résumés a livré le match parfait, celui qui déjoue les pronostics, et aussi les attitudes un peu faciles voire méprisantes du type « L’Ukraine ? Une équipe très prenable, certainement la plus faible du groupe…« . Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et surtout ne jamais sous-estimer son adversaire. Une équipe de France qui se cherche, qui n’a pas de milieu offensif de la stature d’un Zidane, ne peut pas décemment jouer la suffisance. Et bien, de ce que j’ai vu, elle n’a nullement sorti les tripes, et le premier but ukrainien (ce pays que l’on dénigrait tant l’année dernière au moment de l’Euro en parlant d’un sinistre état dictatorial)  est juste splendide dans sa construction.

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Il semblerait que l’équipe ukrainienne joue avec des offensives collectives, organisées et agressives (dans le bon sens du terme). Juste après le premier but, le joueur s’en est allé mettre deux droites dans le poteau de corner. C’est amusant, c’est une anecdote, mais c’est surprenant de voir autant de rage dans le fait de vouloir gagner, s’imposer, dans le respect de l’adversaire (sauf sur un tacle TRÈS appuyé, qui vaudra l’expulsion de Koscielny), pour aller en Coupe du Monde. C’est plus simple de jouer à domicile, il y a le public qui pousse (il suffit d’en toucher deux mots à des supporters barcelonais pour en avoir la confirmation). Hier le stade de Kiev était en ébullition, littéralement. 2-0, score sans appel.

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Ce qui m’intéresse, au-delà de l’absolue contre-performance d’hier, c’est la rapidité avec laquelle la presse (et cette fois-ci en général) s’est emparée de l’affaire. Difficile pour moi, voire impossible de ne pas y voir une forme de bashing, terme anglo-saxon décrivant la façon dont on affuble du pire, avec le vocabulaire le plus hargneux qui soit, les victimes désignées d’un échec individuel ou collectif. Le cas Hollande est particulièrement évocateur bien qu’il ne soit pas le seul. Ici, le dit naufrage d’une équipe de France hagarde, hier celui d’une odyssée en Afrique du Sud désastreuse. Les titres de presse sont explicites. Il y a plus de 3300 commentaires (!) dans l’article de l’Equipe, « Alerte Rouge« , « La France sombre à Kiev » pour Libération, « Les bleus s’enfoncent » pour Le point, etc.

Si la France ne se qualifie pas pour le Mondial ce sera non pas un drame humain (il ne s’agit pas d’un cyclone), mais l’histoire d’un échec qui peut peser lourd sur la psychologie d’un Etat, sa représentation nationale et ses acteurs, aussi riches, jeunes et bien accompagnés soient-ils. Et puis il y a des enjeux financiers, et l’on sait qu’en période de manifestation sportive, les ventes repartent à la hausse même momentanément. Cela ne peut être que positif, même si ça ne règle pas les problèmes afférents. Néanmoins, pensons aussi à relativiser, même si la presse, en cas de défaite trouvera ses coupables et ses boucs-émissaires. Il ne s’agit que d’un sport et donc d’un jeu au final.

Je me rappelle du 17 novembre 1993 pour le match de barrage contre la Bulgarie de Kostadinov. C’est ce même homme qui en cette soirée de novembre a propulsé sa nation, la Bulgarie en Coupe du Monde (au Brésil) et enterré les espoirs de la France en marquant le deuxième but synonyme d’élimination, alors même que le match nul suffisait. Sur une erreur de relance, il venait marquer, d’un ballon tiré en transversale rentrante sur son coté gauche, crucifiant Bernard Lama. Si, exactement vingt ans plus tard, la même chose se reproduisait mardi 19 novembre 2013 au stade de France, ce serait une première depuis 1994.

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France- Bulgarie (1993)

 

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