Archive pour la Catégorie 'Cinéma'

Quand Luchini danse

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Quatre talents réunis à l’écran. C’était en 1984 dans le film d’Eric Rohmer Les nuits de la pleine lune. J’ai pensé à écrire ici après avoir lu le texte de mon ami Tom Peeping sur son excellent blog (sniff and puff, lisez le vous ne le regretterez pas !). Ce n’est pas mon préféré du cinéaste (même si je le préfère de loin à La Collectionneuse le seul que je déteste) mais il est des films qui marquent toute une génération.

Je ne l’ai pas vu à sa sortie (j’étais un gamin de 5 ans), ni même en VHS, mais en DVD il y a six ans. On y voit quatre talents réunis à l’écran : Fabrice Luchini qui se déhanche pour l’occasion, Pascale Ogier, une très jeune actrice qui allait remporter le Prix d’Interprétation à Venise avant de disparaître à seulement 25 ans, Elli du duo Elli &Jacno et puis Rohmer bien sûr derrière la caméra.

Ces instants suspendus, de danse, cette chorégraphie d’une minute 50, un moment qui capte l’essence même des années 80. Il faut laisser les gens s’exprimer devant la caméra, les diriger aussi mais sans en faire trop, laisser respirer le mouvement, les silhouettes. Voir des gens danser, quand ils aiment cela et le font bien c’est toujours un plaisir.

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Les nuits de la pleine lune/ Elli & Jacno

Man on the moon

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Dans ce film de Milos Forman, Jim Carrey incarne le comique américain Andy Kaufman. Dans cette scène, l’acteur joue dans un des registres dans lesquels Andy Kaufman excellera, brouillera les pistes jusqu’au vertige : faire patienter, titiller l’audience et charrier ses émotions dans un subtile mélange de dérision et de provocation. Il fit de faux combats de catch contre des femmes, bouscula certaines conventions. Et repris même du Elvis Presley. Ici le génie de Jim Carrey est d’incarner l’acteur dont il s’inspire tout en parodiant à la perfection le vrai Elvis avec la description du bide total et le triomphe qui suit, le côté versatile d’un jeu axé sur l’intuition et la mimique. Vertigineux, comme le film qui est un miroir tendu vers le spectateur sur le monde du spectacle, de l’artifice et du jeu. Le plus beau rôle de Jim Carrey.

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Films du mois (Octobre 2015)

Films du mois (Octobre 2015) dans Cinéma Cinema

 

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

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King of New York (Abel Ferrara, 1990)

 

Films vus

 

Mental (PJ Hogan, 2012) :  ♦

Une comédie australienne réalisée par PJ Hogan (Muriel) à laquelle il est un peu difficile de s’accrocher, malgré le visuel bardé de couleurs, une Toni Colette convaincante et quelques belles idées de mise en scène. Mais l’aspect volontairement déjanté du script sur l’histoire de ces soeurs mal aimées  finit par devenir lassant au bout de quarante minutes tant le film ne repose que sur cela. Un film très particulier, au ton parfois original mais à la forme trop envahissante pour permettre à l’émotion de percer. BR US.

 

Themroc (Claude Faraldo, 1973) : ♦♦

Cousin de La Grande Bouffe sorti la même année, Themroc est l’évocation sur un ton résolument anarchiste du pétage de plomb d’un ouvrier dans la France du début des années 70. Entouré de la troupe des comédiens du Café de la Gare, Piccoli joue avec avec le feu, ses pulsions et le spectateur. La qualité du film est d’aller jusqu’au bout de son idée mais c’est aussi sa limite : une heure quarante de borborygmes et autres grognements c’est un peu long. Mais reste la démarche, originale, explosive même. Une curiosité. Youtube.

 

Robocop 2 (Irvin Kershner, 1990) :  ♦♦♦

Le plus étonnant quand on voit le film avec le recul (25 ans), c’est de constater à quel point le rôle du gamin, qui ne doit pas avoir plus de 13 ans est central et au cœur de quasiment toutes les actions dans lesquelles il ne devrait pas être impliqué à cet age. La suite du Robocop de Verhoeven est hargneuse, violente, mais un peu moins cynique et virtuose dans ce genre. Un film de série B, qui décrit un Detroit en pleine déliquescence, probablement très ardu à financer de nos jours (la place du gamin encore une fois) dans un Hollywood de plus en plus lissé. DVD fr

 

Necronos, Tower of Doom (Mark Rhonstock, 2010) : ♦♦

Une production teutonne réservée à un public averti, avec des hectolitres d’hémoglobine et de la nudité gratuite qui n’hésite pas à verser dans l’excès et ce durant près de deux heures. Sur un canevas ténu (un sorcier recherche une jeune femme vierge pour régner sur les Ténèbres), le film accumule les scènes gore, le tout non sans un certain sens de l’humour (très noir). Un film amateur visuellement daté années 2000 qui m’a surtout rappelé qu’il est (encore) possible de faire ce genre de film, extrême, radical, et aussi qu’il y avait une époque où Canal en montrait à l’antenne avec le Quartier Interdit, lorsque Premutos sortait en vidéo. DVD fr

 

Mad Max Road Fury (George Miller, 2015)  :  ♦

Trente cinq ans après le premier épisode de Mad Max (le meilleur, le plus sec, le plus violent et le plus emblématique), George Miller remet le couvert en mettant en avant le personnage de Furiosa au détriment d’un Max quasi transparent. Le problème du film c’est qu’il repose sur une action totalement hystérique, hystérie qui ne tient pas tant dans sa mise en scène que dans son montage frénétique, multipliant les plans de coupe. Ajoutée à la musique, à la grandiloquence des maquillages, au surjeu de certains acteurs (avec en prime la présence d’un guitariste heavy metal), le film en devient pénible (particulièrement toute la partie au filtre bleue de nuit). Bref, il ne fait pas mieux ou pire que ce que se fait dans l’action pétaradante et mal filmée hollywoodienne, il fait quasiment la même chose. L’enthousiasme débordant dont il a bénéficié m’étonne plus qu’autre chose. Tout ça pour ça… BR fr

 

Blood Creek (Joël Schumacher, 2008) :  ♦

Cette série B réalisée par Joël Schumacher, sortie en catimini directement en vidéo souffre d’un design visuel trop pauvre pour convaincre avec des effets spéciaux, notamment les chevaux inaboutis. L’histoire de ce nazi perdu en Alabama qui ressuscite un cheval mort pour tuer les héros a tout du film d’exploitation, mais l’idée, un peu barrée se perd en longueurs et scènes de tension approximatives. Pas un nanar (les moyens sont trop importants), ni un navet, mais une œuvre beaucoup trop bancale pour convaincre. BR fr

 

La Bête Humaine (Jean Renoir, 1938)  :  ♦♦♦

La France de l’immédiat après 36 dans ce film de Jean Renoir qui traite de l’infidélité, de la jalousie, du monde ouvrier aussi, celui des locomotives à charbon dans le Paris de l’époque, où les petites gens croisent les industriels et hommes d’affaires. Le superbe noir et blanc, l’interprétation au cordeau de Jean Gabin et le charme de Simone Simon permettent de passer outre le sentiment de voir un film beaucoup moins définitif que ne l’est La Règle du Jeu. Un beau drame certes, mais pas un chef-d’oeuvre impérissable à mon sens. DVD fr

 

Everly (Joe Lynch, 2015)  :  ♦♦♦

Un étonnant croisement, réussi entre Charlie’s Angels et Les Nuits du bourreau de Jade avec une Salma Hayek de tous les plans, mangétique dans le rôle d’une call-girl piégée par une bande de tueurs et des filles enragées. Le ton est volontairement parodique, ça ne se prend pas au sérieux et malgré le côté numérique surligné (tourné en vidéo HD) le visuel se tient. Une série B très énergique, dont la surprise vient du fait qu’elle ne soit pas sortie en salles mais directement en DVD et Blu-ray. BR fr

 

Fear (James Foley, 1996) :  ♦♦♦

Un thriller qui a gardé la saveur des 90′s avec un Mark Wahlberg avant Boogie Nights qui joue ici le rôle du méchant loup derrière la gueule d’ange. Le scénario m’a surtout fait penser à une fable un peu satirique sur la bourgeoisie confrontée à une bande de rednecks qui s’attaque à la jeune fille innocente dont Wahlberg s’entiche. C’est carré, efficace, d’une tension psychologique prégnante et débouche sur un très bon final, même si dans le genre, celui de Les Chiens de Paille reste inégalé. DVD fr

 

King of New York (Abel Ferrara, 1990) :  ♦♦♦♦♦

Le style de Ferrara porté ici à son sommet, appuyé évidemment par la puissance hallucinante d’un Christopher Walken habité, dont la prestation (une tranquillité apparente qui est sans cesse sur le point d’imploser) est l’une des plus grandes de l’histoire du ciné, dans un film âpre qui lorgne du côté de Scorsese (Les Affranchis) tout en possédant sa patte très atypique. Une œuvre remarquable et surtout extrêmement moderne qui s’achève sur une étonnante résolution finale, tranchant avec la violence qui a précédé. DVD fr

 

L’ange de la vengeance (Abel Ferrara, 1981) :  ♦♦♦

Malgré ses défauts (un rythme parfois indolent, une photographie inégale), un film étonnant pour ses partis pris, d’autant qu’il mêle violence et religion. Le film est porté par l’interprétation de Zoé Tamerlis (qui écrira plus tard Bad Lieutenant), extraordinaire actrice qui n’avait pas encore vingt ans et devient dès les premiers plans immédiatement une icône du cinéma de genre. Et l’idée géniale est celle d’utiliser le ralenti pour le carnage final qui se termine sur une note de morale. DVD fr

Films du mois (Septembre 2015)

Films du mois (Septembre 2015) dans Cinéma Cinema

Film du mois

La Traque (Serge Leroy, 1975)

  dans Cinéma

 

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

Kill Dead Zombies (Erwin van den Eshof, 2012) :  O

J’ai beau adorer Amsterdam, cette comédie ni faite ni à faire, qui prend sa source d’inspiration dans Shawn of the dead (que je trouve déjà médiocre) n’est ni drôle ni effrayante. L’exploitation de la figure du zombie (qui ici gerbe vert) reprend même le cliché de l’époque soviétique et curieux choix éditorial, ne propose que la VF. Une énième comédie horrifique qui s’essaie au genre sans rien proposer d’amusant. BR fr

 

Michel Onfray, La Vie Philosophique (Virginie Verrier, François Thalaud, 2015) : ♦♦♦

Un portrait de l’essayiste, penseur, philosophe français qui est aujourd’hui à l’honneur en raison de ses engagements et opinions. Un document biographique qui nous permet de comprendre les motivations, l’éducation, l’initiation  à la philosophie d’un des intellectuels les plus connus et reconnus. Même si on peut avoir des opinions différentes sur certains sujets/certaines problématiques (et heureusement d’ailleurs), la contextualisation du propos est importante pour cet héritier d’Albert Camus, fait ici de réflexions riches sur la démarche créatrice, le rapport au monde, à l’économie, à la politique venant d’un homme qui vient de tout sauf du sérail parisien. Youtube

 

Sissi (Ernst Marischka, 1955)  :  ♦♦

Je ne l’avais jamais vu. Du cinéma enrubanné comme un sucre d’orge, à la façon d’un roman-photo animé, suranné, daté mais qui possède un certain capital sympathie, dû en grande partie à la présence d’une débutante qui allait devenir une formidable actrice : Romy Schneider. Étonnant aussi de voir Karl Boehm dans ce rôle juste avant l’inusable Le Voyeur de Powell. Et puis la fin renvoie au gigantisme pictural de David et Poussin. Une œuvre artisanale dont je comprends l’influence. DVD fr

 

La Traque (Serge Leroy, 1975) :  ♦♦♦♦♦

Dans la campagne et les marécages de Normandie, deux hommes parmi un groupe de chasseurs commettent un crime en violant une touriste anglaise et la poursuivent afin de l’empêcher de parler et de les dénoncer. Une fiction peu reluisante, sèche comme un coup de trique d’une certaine France, ici au vitriol, sous la direction d’acteurs de Serge Leroy. Un film tout entier tendu vers sa résolution pessimiste, portrait de salauds ordinaires (casting exceptionnel) dont un Jean-Pierre Marielle impérial dans son rôle d’ordure. On pense à Dupont Lajoie, à Calvaire et Les Chiens de paille. Étonnamment le film est toujours inédit en DVD et encore plus en Blu-ray. Une sortie ne serait pas de refus pour ce chef-d’oeuvre. Youtube.

 

Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964) :  ♦

Autant j’ai adoré et adore toujours autant Les demoiselles de Rochefort, autant Les Parapluies de Cherbourg pas du tout. La raison en est assez simple : le principe de faire chanter aux acteurs l’intégralité du texte, donc des dialogues, sonne ici curieusement faux, tandis que lorsque les dialogues sont joués et qu’ensuite les comédiens chantent (doublés ou non) cela passe bien mieux. C’est dommage, et rageant à la longue, car le procédé Eastmancolor, l’interprétation de Deneuve (à l’époque de Belle de Jour, Viridiana, Peau d’âne) est convaincante et les couleurs acidulées (qui cachent une trame dramatique) sont de la partie. Pour le coup c’est beaucoup trop « en chanté » BR fr

 

Funny Games US (Michael Haneke, 2007) : O

Deux jeunes hommes séquestrent un couple et leur enfant sur un motif futile. La mise en scène de Haneke joue à double tranchant sur la mise en scène de la violence et, soi-disant, sa dénonciation. Le jeu des acteurs qui cabotinent dès le début n’aide que peu à investir l’émotion du spectateur face à l’absurde des situations. Le film repose essentiellement sur le ton moralisateur du cinéaste embarqué dans une histoire de sadisme psychologique dont l’issue est connue dès le début. Pesant, pénible et lourd dans ses effets. Et surtout un des plus mauvais rôles de ses acteurs principaux. BR fr

 

A coup sûr (Delphine de Vigan, 2014) :  ♦♦♦

Une comédie portée par son duo de comédiens principaux, Eric Elmosnino (génial en journaliste post soixante-huitard) et Laurence Arné (aussi forte que dans la série télé Working Girls) qui tend à dédramatiser le sexe tout en portant un regard lucide, amusé et un brin interrogateur sur le désir de performance à tout prix. Le personnage génial de l’escort étudiante, ceux assez imbus d’eux-mêmes et retors de la rédaction, les dialogues qui font mouche en font une très bonne comédie française, dans l’air du temps, mais pas que… BR fr

 

Oldboy (Spike Lee, 2013) :  ♦♦

Le remake d’un film coréen, primé à Cannes en 2004 que je déteste profondément. Il n’était par conséquent pas difficile de faire mieux à mon sens, et le film de Spike Lee y parvient sans mal. Plus concis, plus ironique, plus grinçant, plus technique aussi, avec la fameuse séquence de baston dans le couloir, ici sur trois niveaux. On peut regretter un méchant beaucoup trop caricatural, un surjeu affiché de Brolin dans le dernier tiers mais ce film-ci est un concentré de violence plutôt bien fichu. BR fr

 

Cerise (Jérôme Enrico, 2015)  :  ♦♦

Etrangement ignoré par la presse, ce film de Jérôme Enrico convoque les clichés du film d’ado en devenir, du coming of age, avec la présence de l’étincelante Zoé Adjani dans son premier rôle. C’est original, avec l’insertion de clips et de ballets dans une dramaturgie qui se concentre essentiellement sur le clash parents/ado , occident/Europe de l’Est, capitalisme/communisme, reliques et souvenirs tout en accentuant sa comédie de situation sur le langage actuel.  DVD fr.

Laurence Arné

Laurence Arné dans Cinéma laurence-ARN%C3%89

Un petit clin d’œil à l’actrice française Laurence Arné, sarcastique dans la série Working Girls, amusante et touchante dans A coup sûr.

 

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En impro

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A coup sûr

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Working Girls

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Working Girls

 

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