Archive pour la Catégorie 'Cinéma'

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Pride de Matthew Warchus

Pride de Matthew Warchus dans Cinéma pride

Un de mes récents coups de cœur ciné est le film Pride de l’anglais Matthew Warchus. Il s’agit de l’histoire vraie de la rencontre d’un groupe de mineurs du Pays de Galles et d’un cercle de gays et lesbiennes originaires de Londres qui luttent ensemble durant l’année 1984 pour leurs droits.

Un très beau film, mon film de mois de février, parsemé d’images fortes, de moments d’émotion, comme lors de la scène de la chanson Bread and Roses interprétée dans la salle des fêtes (il vaut mieux d’ailleurs la découvrir dans le contexte du film, car elle prend un sens vertigineux) et le final lors de la Gay Pride de 1985. Un film important pour son sujet, pour ce qu’il dit de l’engagement, le pouvoir des images et des mots dans le cinéma ayant un impact immédiat, avec des comédiens tous épatants et soutenu par une formidable BOF (Bronski Beat, Dead or Alive, Frankie Goes to Hollywood, etc).

maxresdefault dans Cinéma

Il a remporté la Queer Palm au Festival de Cannes en 2014, lors de l’édition présidée par Bruce LaBruce (à qui, et j’en suis assez fier, j’ai pu conseiller le film Pompéi).

A (re)découvrir

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Films du mois (Février 2015)

Films du mois (Février 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

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Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’œuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Kiss Myg, Une histoire suédoise (Alexandra-Therese Keining, 2011) :  O

Pour célébrer son futur mariage, Mia se rend avec son fiancé chez son père au sein d’une famille recomposée. Là elle y tombe amoureuse de  la fille de la nouvelle femme du père de son fiancé. Le sujet de l’infidélité est un terme qui n’a rien d’original en soi, car souvent traité au cinéma, mais ce qui m’a dérangé dans ce film dans lequel on boit dans quasiment chaque scène ou presque, c’est la médiocrité de l’interprétation, la platitude de la mise en scène, et le côté très moralisateur des dialogues et du script. Il pourrait y avoir une étincelle mais je me suis beaucoup ennuyé devant ce film qui se traîne en longueurs, et dont la résolution finale possède ce côté calculé dans la montée progressive de la musique comme celle des sourires. Vraiment une grande déception car je m’attendais à bien mieux. DVD fr

 

Cold Prey 2 (Mats Stenberg, 2008)  :   ♦

C’est un peu mieux que le premier (vraiment mauvais à mon sens), est-ce dû au changement de réalisateur, peut-être ? Avec cette fois-ci une photo digne de ce nom et une atmosphère un peu plus singulière puisque basée uniquement sur l’enfermement dans un hôpital. On n’échappe pas toujours au cliché éculé des portes refermées violemment et du son monté en épingle pour faire peur, mais la mise en scène est plus lisible que dans le premier film. Reste néanmoins une aberration de scénario qui fait que si l’on part du principe que le mystérieux tueur n’est pas réanimé par l’équipe médicale il n’y a plus de film. Sauf qu’il fallait apparemment une suite pour aligner les morts. A défaut d’être convaincant, c’est juste moyen. BR fr

 

Pride (Matthew Wachrus, 2014)  :  ♦♦♦♦♦

La lutte concomitante des ouvriers miniers et des communautés lesbiennes/gays dans l’Angleterre et le Pays de Galles  de 1984 sous le gouvernement de Thatcher pour obtenir plus de droits. L’intelligence suprême du film est de ne pas verser dans le simple film à thèse et de pointer du doigt les hétérosexuels, mais de montrer que la solidarité entre deux communautés a priori sans rapport sur le papier pointe pourtant les mêmes stigmates : ceux d’avoir eu à souffrir d’injustices criantes et de rejet. Tous les comédiens sans exception sont formidables, on voyage dans le passé sans être passéiste, et sous ses airs de feel good movie (ce qu’il est aussi réellement), Pride est un film sur l’initiation (celle du photographe amateur Joe notamment), sur le coming out, l’acceptation (plus que la tolérance), la différence sans jamais forcer le trait. Un film à la photographie pop, pétillant de tous les pores de la pellicule, rafraîchissant avec son casting intergénérationnel. Pas étonnant qu’il ait remporté la Queer Palm au festival de Cannes. Un film qui emporte tout sur son passage par son énergie communicative et qui nous interroge aussi par son militantisme sans tomber dans le prosélytisme sur le regard que certains portent sur d’autres, du fait de leur simple orientation sexuelle, de leur milieu social et professionnel d’origine. Et la BOF est fantastique. BR fr

 

Hercule (Brett Ratner, 2014) :  O

Il y avait pourtant le potentiel pour faire de ce film un film d’aventures/action palpitant, au rythme effréné, soigné visuellement. C’est exactement l’inverse qui se produit avec Brett Ratner aux commandes (je me suis dit que je faisais un dernier essai). Le réalisateur a beau parler de sa passion pour le mythe à longueur d’interviews, la réalité, bien autre, celle de son film, touche au navet friqué. Et c’est bien le plus énervant : avoir des moyens importants au service d’un film à la réalisation aussi terne. Il ne se passe quasiment rien pendant près d’une heure avant l’arrivée des Cerbères. Reste alors le clou du spectacle dans un déluge de SFX au rendu douteux. L’interprétation, le scénario qui laisse les rôles féminins aux abonnés absents, la laideur du rendu HD, tout concourt à en faire un film dont la médiocrité se renouvelle plan après plan. A côté, le Pompéi de Paul WS Anderson, pourtant pas un grand film est un chef-d’oeuvre. BR fr

 

Cold Prey 1 (Roar Uthaug , 2006) :  O

Cinq amis font une excursion dans la montagne norvégienne là où se trouve un tueur à crochet. La seule originalité si l’on peut lui en trouver une de ce film est de nous montrer un décor norvégien balayé par une tempête de neige. Pour le reste le scénario d’une terrible banalité ne fait qu’aligner des poncifs et des effets de terreur vus et revus, déjà entendus mille fois ailleurs, dont le tintamarre sonore finit par saouler au bout de trente minutes, l’effroi supposé ne reposant que sur le volume sonore. Un mauvais slasher qui ne me donne pas forcément envie de voir la suite, et il y en a deux autres. BR fr

 

Légitime Défense (Pierre Lacan, 2011) :  ♦♦

Jean-Paul Rouve que l’on retrouve souvent dans des comédies est ici l’anti-héros au premier plan de cette histoire de manigance, de chantage, de trafics et de combines en tous genres au sein d’un drame familial. C’est bien ficelé, correctement joué, surtout par Olivier Gourmet qui incarne un salaud intégral, mais j’ai regretté l’omniprésence de plans surlignant l’effet dramatique déjà pesant du script par de nombreux plans sur l’eau et le ressac. Au bout de dix minutes on a bien compris, et cet effet est malheureux. Une bonne petite série B à la française. BR fr

 

De President (Erik de Bruyn, 2011) :  ♦♦

Un jeune berger marocain devient par un concours de circonstance Président des Pays-Bas. C’est le synopsis de ce film sorti aux Pays-Bas en 2011 et dont l’histoire nous montre à quel point l’éloquence et l’apparence peuvent jouer un rôle déterminant en politique. Constitutionnellement le film ne respecte pas à la lettre la réalité de la Hollande, puisqu’il s’agit d’un Royaume (le roi étant Willem-Alexander qui a succédé à la Reine Béatrix il y a deux ans). Il montre surtout à quel point l’immigration est un sujet de société et de cinéma fort, ici les marocains croisant les estoniens, les kazakhs et les roumains dans une fable assez bien vue sur l’engagement personnel et politique. On y parle plusieurs langues et surtout cela dédramatise ce qui chez nous fait la une et la polémique presque chaque semaine. Sans doute une question de mentalité. BR hollandais

 

The Thing (Matthijs Van Heijingen, 2011) :  ♦♦♦

Le premier film sorti en 1982 est resté un classique de l’horreur et même un classique tout court. Il était à son époque visionnaire et utilisait des techniques d’effets spéciaux/maquillage qui ne sont plus utilisés de nos jours, remplacés par les CGI. Le remake de 2011 est très respectueux du scénario et de l’évolution du film original. L’intérêt vient de l’originalité de prêter les traits du personnage principal à une femme au milieu d’un casting exclusivement masculin. Les scènes-clé du premier sont reproduites, mais le film sait aussi se montrer accrocheur quand il filme la peur surgir de l’arrière-plan, d’un détail, d’une zone d’obscurité. Un film prenant, pas aussi définitif que le premier, mais très convaincant et habile et se refermant là où commençait le film original. La boucle est bouclée  BR fr

 

Votre Majesté/ Your Highness (David Gordon Green, 2013)  :  O

Je n’étais déjà pas forcément convaincu par l’humour de Delire Express, là le réalisateur pousse encore son délire (qui se veut absolument drôle mais ne l’est à mon sens que très rarement) du temps des chevaliers, avec un anachronisme qui leur fait parler le verlan. C’est voulu c’est certain, ça ne fonctionne pas c’est le constat que j’en fait. Surtout, le film après une intro catastrophique semble s’amuser à jouer sur le registre de la laideur le sommet étant atteint par la séquence des abeilles géantes. J’ai zappé au bout de 50 minutes quand Natalie Portman arrive. Pas du tout ma tasse de thé. BR fr

 

Action ou vérité/ Truth or dare (Robert Heath, 2012) :  ♦

Le jeu de l’action/vérité ici poussé dans ses limites. Une série B britannique qui s’appuie sur un scénario sadique et tortueux dont l’enjeu est explicité en toute fin après de nombreuses râles de douleurs, exactions et sévices. On a un peu envie de prendre une douche après tant de violence physique et visuelle, mais le film tient par sa dynamique propre et l’interprétation de David Oakes qui affiche une étrange et frappante ressemblance avec ‘acteur danois Mads Mikkelsen. DVD fr

 

Cockneys Vs Zombies (Matthias Hoene, 2012) :  ♦

Les films de zombies ont pullulé sur les écrans depuis la sortie en 1968 du film genèse du genre, un certain La Nuit des Morts-Vivants (Night of the living dead). Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et l’humour anglais est venu apporter sa pierre à l’édifice sans toutefois toujours me convaincre (je n’aime pas l’humour de Simon Pegg et encore moins celui de Shawn of The Dead). Ce film-ci a la particularité de faire parler des acteurs à l’accent cockney de l’East End de Londres. Lesquels défouraillent du zombie. C’est sa seule petite originalité, le film étant somme toute assez conventionnel sans être mauvais. Un film un peu amusant sans plus. BR Fr

 

Gooische Vrouwen ( Will Koopman, 2011) :  O

Une comédie néerlandaise qui décrit les états d’âme de quatre amies (inséparables) dans leur quotidien. Ce n’est pas vraiment du Sex and the City (série +films) qui avait déjà plus de charme, pas vraiment non plus une comédie ludique à la Alles is Liefde, triomphe aux Pays-Bas lors de sa sortie en 2007. On est dans un registre plus amer, mais le film ne m’a pas convaincu malgré la beauté de l’actrice Susan Visser. J’ai trouvé le ton banal et prendre Paris pour unique décor de carte postal (et mensonge sur la marchandise vu la pochette du film) est un peu léger. DVD Benelux.

Films du mois (Janvier 2015)

Films du mois (Janvier 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 affiche-les-chaussons-rouges dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’œuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Wrong Cops (Quentin Dupieux, 2013) :  ♦♦♦♦

Trois flics plongés dans une histoire absurde autour d’un sac contenant des milliers de dollars, le quotidien de l’un d’entre eux qui deale et un homme sur le point de passer l’arme à gauche. Le tout dans un Los Angeles cauchemardesque. Au delà de la thématique absurde du film (vendre de l’herbe dans des poissons, un flic qui s’entête à vouloir faire produire son unique morceau composé au synthé, l’obsession mammaire pour un autre), c’est un film qui tient non pas miraculeusement mais grâce à sa technique, son inventivité et surtout son originalité folle. Peut-être plus encore que Steak, tourné en France, ici avec l’aide impériale d’un Eric Judor dans un rôle de flic qui rappelle le meilleur des Monthy Python, le film pousse toujours plus loin son délire. On se demande ce qui peut bien arriver d’une scène à l’autre. Le bébé dont aurait pu accoucher la rencontre entre Monty Python et un clip d’Aphex Twin. Tv

 

Divergente (Neil Burger, 2014) :  ♦♦

Dans un monde post apocalyptique (dont la description est inquiétante), ultra catégorisé et laissant deviner une menace totalitaire, une jeune femme tente de s’imposer dans une série d’épreuves. Le scénario fait beaucoup penser à Hunger Games même si l’univers visuel est ici fort différent (moins de couleurs flashy, moins de coiffures et costumes délirants). En fait le film a le défaut d’arriver un peu trop tard par rapport à Hunger Games auquel cas il aurait pu rencontrer le même succès fulgurant même s’il n’a pas été un échec au box-office. Il est judicieux d’avoir choisi une inconnue pour incarner le rôle d’une fille qui doit apprendre dans l’épreuve et la difficulté à être soi-même, c’est-à-dire différente. Le travail sur ce sujet, le regard des autres, l’acceptation de soi sont des sujets qui parlent aux adolescents. C’est ma nièce de 14 ans qui se construit en ce moment sa cinéphilie qui me l’a conseillé. C’est un divertissement bien réalisé et joué, agréable à suivre.  DVD fr

 

 Journal intime d’une call-girl (Saison 1, Sue Telly, 2007) :  ♦♦♦♦

Hannah jeune secrétaire devient Belle, une escort girl de luxe le soir (et la nuit) venus, par choix. Une série britannique qui porte la marque des grandes séries : esprit vif, humour à la fois tendre et ironique, le fameux tongue-in-cheek. Ce qui fait l’originalité de cette série, outre son sujet (souvent abordé au cinéma mais pas si souvent à la télé) c’est la dédramatisation sans tomber dans l’angélisme, la démystification sans écorner l’image d’une profession dont tout le monde parle avec parfois plus ou moins de gêne, l’utilisation aussi du regard-caméra prisé dans le cinéma qui donne un sentiment vertigineux d’immersion et de prise de parole avec le spectateur comme témoin. C’est bien une femme indépendante, libre et la tête sur les épaules dont le portrait nous est croqué ici, avec la révélation fracassante de Billie Piper, stupéfiante de naturel dans un rôle pas si simple que cela. On y parle de sexe (tarifé) bien sûr, d’amour, d’amitié, de plaisir aussi, de GFE, de SM, de tendresse également. Je ne suis habituellement pas très série (c’est un cadeau) mais là j’ai regardé la première saison d’une traite complètement emballé par le ton, l’énergie et le dynamisme de cette petite perle de série british. Un futur grand classique. DVD fr

 

Mea Culpa (Fred Cayé, 2014) :  O

Pourtant amateur des films d’actions/noir de Fred Cavayé qui ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu, je suis complètement resté en dehors de son dernier, Mea Culpa, qui lorgne beaucoup trop dans son ambiance sur le cinéma de Olivier Marchal et Michael Mann pour la tentative de montrer les natures taciturnes et les renoncements. Un portrait de deux flics (je ne crois pas avoir vu Vincent Lindon plus mauvais récemment)  qui baigne dans les clichés, le déjà-vu et bien sûr le portrait de mafieux originaires d’Europe de l’Est (c’était croqué de façon beaucoup plus dynamique dans Taken). Non, vraiment, une déception. BR fr

 

Sea, NO Sex and Sun (Christophe Turpin, 2012) :  ♦♦♦

Les parcours croisés de trois hommes (un jeune homme de 17 ans, un trentaine et un cinquantenaire) qui se retrouvent au même endroit, à Carnac, en Bretagne pour les vacances de juillet. L’un essaie de séduire une fille de son âge, l’autre vit avec nostalgie sa paternité et le dernier tente de retrouver ses émois de la vingtaine. L’intérêt du film, qui propose de sortir de Paris pour aller se promener en Bretagne est de montrer des hommes mûrs qui séduisent des femmes qui pourraient être leurs filles et des jeunes filles qui flirtent avec des hommes qui pourraient être leurs pères. Çà m’a rappelé, et c’est touchant, mon été 94 avec un flirt d’Été qui m’a marqué pour toujours, de ces moments qu’on oublie jamais. Une belle réussite comique, drôle, bien croquée avec de bons acteurs. BR fr

 

American Sexy Phone (Jamie Travis, 2012) :  ♦

Une jeune femme se fait plaquer par son mec, retrouve une ancienne connaissance de fac et se lance dans l’aventure du téléphone rose. Si American Pie abordait à sa manière la perte de la virginité, ce American Sexy Phone essaie plus de quinze ans après de faire parler les filles sur leur sexualité, avec en fil conducteur le téléphone rose. Malgré sa volonté initiale de parler franchement de sexe (à moins que non en fait), le film est surtout très prude notamment par la caractérisation des personnages secondaires, restant totalement à la surface des choses et flirtant avec un ton moralisateur (oh mon dieu, un téton dans une scène de bain, le téléphone rose au final c’est quand même un peu sale). Bref, une comédie potache et peu emballante. Reste le génial numéro über gay d’un Justin Long qui s’amuse et qui mériterait presque à lui seul le visionnage. BR fr

 

L’odyssée de Pi (Ang Lee, 2012) :  ♦♦

L’histoire d’un jeune indien qui quitte son Inde natale pour tenter de rejoindre le Canada par la mer. L’histoire, celle du conte nous ramène aux récits de notre enfance faits d’émerveillements, de faunes sauvages, de destins personnels et universels. Ce que montre cet Arche de Noé moderne qui fait croiser l’univers de Robinson Crusoé à celui de Seul au monde (2001), c’est l’acte de foi quand le ciel tombe littéralement sur la tête (ici avec deux tempêtes), le courage face à l’épreuve et la toute puissance de la croyance (en l’autre, en Dieu). Un film qui n’est pour autant absolument pas prosélyte, bénéficie de beaux effets spéciaux et de décors travaillés. Seul reproche : une deuxième partie moins exaltante que la première, et un rendu HD auquel je ne m’habitue décidément pas. Un beau film auquel il manque cependant une étincelle pour m’emballer . BR Fr

 

It’s a wonderful afterlife (Gurindher Chada, 2011) :   ♦

Une comédie assez amusante dans son premier tiers qui convoque la comédie romantique et le fantastique. Mais la mise en scène peu inspirée ne permet pas vraiment au film de décoller. Il reste Shabana Asmi (qui fit scandale dans le ciné indien des 70′s), le bhangra bien sûr et la description d’une petite communauté punjabie dans le quartier Southall de Londres. On est tout de même loin de la meilleure veine comique du cinéma d’outre-manche même si le film se permet un petit hommage à Carrie dans le final. DVD UK

 

Anna M (Michel Spinosa, 2008) : ♦♦♦♦

La lente et délirante déréliction d’une jeune femme persuadée d’être aimée par un médecin qui a pris soin d’elle après un accident. Dans le rôle titre, Isabelle Carré dépasse non seulement l’entendement mais aussi les superlatifs, avec une interprétation digne de Isabelle Huppert à son sommet et même Patrick Dewaere au moment de Série Noire. Le film, davantage qu’un mélo, est un vrai film d’horreur qui traite de cette incapacité à regarder la réalité des choses, la faculté démentielle de s’inventer une histoire d’amour qui ne peut être que platonique. C’est aussi un film qui traite du harcèlement au féminin, renversant la thématique de l’homme harceleur et ce jusqu’au vertige, notamment dans le plan final. Un film terrifiant par rapport à ce qu’il raconte. DVD fr.

 

All in good time (Nigel Cole, 2011) :  ♦♦

Une comédie so british avec cet accent caractéristique que j’adore, sur un couple de jeunes gens NRI( les Non Resident Indians), qui vivent en Angleterre et célèbrent leur mariage (d’amour, contrairement au sujet de nombre de films en hindi qui montrent des mariages non désirés et une romance avec deux personnages principaux et un tiers) dans un environnement bruyant. Plus que le sujet du choc entre modernité et tradition, entre aînés et jeunes générations, c’est surtout la perte de virginité dans l’acte d’amour qui contrarie nos héros. Jusqu’à la toute dernière scène, dernier plan, où le visage du père montre une émotion non feinte. BR UK

 

Mais qui a (re)tué Pamela Rose ? (Baroux/Meard, 2011) :  ♦♦♦

Je trouvais déjà le premier très bon. Le duo Baroux/Meard se donne une fois de plus en spectacle dans cette comédie qui sacre le non-sens, l’absurde pendant une heure trente. L’absurdité se retrouve dans les dialogues, la mise en scène et aussi les sous-titrages, le film étant une avalanche de running gag qui fonctionnent très bien à partir du moment où l’on accroche au ton singulier du duo.  Et contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord faire un film qui se base autant sur le délire dans le non sens demande une grande rigueur d’écriture, de direction d’acteurs. BR fr

La porte du Paradis/Heaven’s Gate  (Michael Cimino, 1980) :  ♦♦♦

Une évocation de l’histoire des Etats-Unis, où se mêlent  le syndicalisme, une romance à deux contrariée par un tiers, la vague d’immigration en provenance d’Europe et le massacre qui en découle, le tout sous la caméra de Michael Cimino qui sortait du triomphe public et critique de Voyage au bout de l’enfer. J’avais entendu parler du film depuis 15 ans et attendais de pouvoir le découvrir en version intégrale, l’œuvre ayant été régulièrement charcutée, présentée dans des versions remontées, en VF, etc. La première partie du film est fascinante tant par l’ampleur de son ambition (visuelle et du point de vue du scénario), avec une des plus belles séquences d’ouverture de l’histoire du cinéma (les quarante premières minutes avec Le beau Danube Bleu) que par la maîtrise de sa mise en scène. La dernière heure m’a un peu moins emballé, trouvant quelques longueurs et langueurs. C’est aussi l’histoire d’un échec public monumental et un cas atypique d’un film dépassé par ses ambitions au point de faire tourner définitivement une page d’un mode de production hollywoodien. On peut le voir comme un chef-d’œuvre : je l’ai vu comme un très bon film mais pas un film qui m’a bouleversé, même si sa première partie est admirable. Superbe travail éditorial et de restauration de Carlotta. BR fr (Version restaurée intégrale de 217 min)

 

Les enchaînés / The Notorious (Alfred Hitchcock, 1946) :  ♦♦♦

Derrière la trame sur l’espionnage (tourné après la Guerre), une belle histoire d’amour contrariée entre une femme dont le père a été lourdement condamné et un agent des services secrets. Le glamour des stars de l’époque et du couple principal, l’élégance de la mise en scène et sa virtuosité dans les moments clé (notamment toute la dernière partie avec les bouteilles de vin) sont la marque d’un réalisateur ici dans sa période avec la RKO. Hitchcock n’a pas son pareil pour faire naître le suspens, cadrer sur les visages en créant le doute, l’émotion. Pas son film le plus essentiel mais une belle démonstration de maîtrise technique et narrative. DVD fr

 

Planes (Kay Hall, 2013) :  ♦

L’itinéraire d’un avion rookie qui gravit petit à petit les échelons lors d’une course organisée aux quatre coins du monde. En compagnie de vieux « routiers » et de comparses parfois retors. Pixar nous a habitué à mieux avec ses précédentes productions. Ce n’est pas tant la faute à la technique (même si Dreamworks avc les deux Dragons le surpasse), mais plutôt à l’histoire ici narrée, loin d’être originale avec rebondissements et bons sentiments prévisibles. Un petit Pixar qui fait parfois sourire mais qui n’impressionne guère. BR fr

 

 The Tempest (Julie Taymor, 2011) :  ♦♦

Adaptation par Julie Taymor (qui avait déjà adapté Titus) de la dernière pièce de Shakespeare. Le film mêle effets spéciaux et rêverie/bizarrerie poétiques, en mettant surtout en avant un personnage principal féminin à la place de celui de la pièce. Le film part parfois dans délires visuels qui jurent avec le texte, mais il reste justement l’essentiel, le texte du dramaturge, comme souvent, superbe. BR fr

 

Les Chaussons Rouges/The Red Shoes (Michael Powell/Ernest Pressburger, 1948) : ♦♦♦♦♦

L’exigence dans l’art, la figure du Pygmalion qui façonne son égérie jusqu’au vertige amoureux délirant, les contraintes liées à la passion, qu’elle soit professionnelle, artistique et/ou personnelle. D’une richesse thématique étourdissante, Les chaussons rouges fait montre de la même splendeur par son traitement visuel, l’utilisation d’un Technicolor qui est selon Scorsese et il n’a vraiment pas tort, le plus beau de l’histoire. La montée en crescendo de l’intrigue accompagnée par l’alchimie entre la musique et le son, la mise en scène, la direction d’acteurs et les séquences de chorégraphies conduit à un final qui rappelle le Black Swan de Daronofsky, ou plutôt c’est ce dernier qui s’en est copieusement inspiré pour son film. Le plus stupéfiant c’est de constater que ce film a quasiment 70 ans et qu’il n’a pas pris une ride. La restauration est superbe, mais il y a aussi le film en lui-même : une déclaration d’amour au cinéma et au-delà à tous les artistes et à leur investissement. BR fr

 

Robot (Shankar, 2010) :  ♦♦♦

La première heure et demi est formidable, voire même magistrale. Il y a une véritable alchimie entre Rajnikanth (superstar en Inde du Sud, dont la seule évocation à l’écran met en transe des millions d’indiens dès que le générique apparaît, c’est le Amitabh Bachchan de l’Inde du Sud)) et Aishwarya Rai (qui a tourné pour le ciné hindi et aussi tamoul). Les deux semblent s’amuser comme des petits fous avec cette histoire d’intelligence artificielle, d’émancipation de la machine face à son créateur. L’univers est riche (les chorégraphies superbes), l’humour est là, la narration est fluide. Et puis, petit à petit le film lorgne du côté de Terminator 1 et 2, perdant un peu de son originalité au profit d’un déferlement d’action bigger than life (le final de vingt minutes qui ressemble à Transformers). C’est un peu dommage de céder à ce trop plein, mais la première partie est tout de même sacrément pêchue. BR UK (ici version hindie sous-titrée anglais, le film ayant été tourné en tamoul)

 

Outback (Jonathan Norton, 2009) :  ♦♦♦

Un film sorti de nulle part ou plutôt tout droit de l’Australie et du bush profond. Une histoire terrible sur une famille qui dégénère dans le meurtre gratuit et qui renferme de lourds secrets. Une oeuvre qui rappelle ce que donnaient Poursuite Mortelle et Sirens deux séries B elles aussi ultra efficaces : c’est sec comme un coup de trique, cadré au cordeau, assez frontal et bénéficiant d’une très belle photo avec tournage en décors naturels. Percutant, même si on sent que certains acteurs sont moins dirigés ou moins bons que d’autres. Probablement le BR le plus limité du marché français : une simple choix de versions et…c’est tout. Même pas de chapitrage, et encore moins de bonus. BR fr

 

Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) :  ♦

Godard filme une femme mariée qui hésite entre deux hommes. Une parabole sur la fidélité, le mariage, l’amour au style très aride, filmé en noir et blanc où des images parfois superbes côtoient des moments frôlant la démonstration de poseur avec tout un discours sur l’art, la création porté par une voix off qui se veut dissonante (images ne correspondant pas à ce qui est raconté). Le noir et blanc est beau, certaines images sont fortes, mais je préfère le Godard de Vivre sa vie, Le Mépris ou Pierrot le Fou, plus colorés, plus fous, plus créatifs aussi. Là je sens trop le théoricien cinéaste.  DVD Uk

Films du mois (Décembre 2014)

Films du mois (Décembre 2014) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

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Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

Vivre pour vivre (Claude Lelouch, 1967) :  ♦♦

A la fin des années 60, Lelouch croque la vie d’un couple qui ne s’aime plus et surtout le portrait d’un reporter doué dans son métier mais lâche en amour, trompant sa femme et multipliant les aventures au gré des reportages. Pas le film le plus essentiel de son réalisateur, mais une chronique douce-amère qui parle de manière franche d’un sujet délicat. Très beau DVD. Et une interview intéressante en bonus. DVD fr

Maléfique/Maleficent (Robert Stromberg) : ♦♦♦

Une version de la Belle au bois dormant dominée par la présence fascinante d’Angelina Jolie qui ne fait pas que vampiriser l’écran mais porte une très large partie du film sur ses épaules. L’univers convoque le merveilleux, l’imaginaire et l’onirisme et si l’on peut regretter certaines créatures qui ont un côté un peu trop plastique, c’est l’évasion qui prédomine soulignée par une action bien menée. Un conte très réussi. Br fr 3D

 Crazy Night (Shawn Levy, 2008) :  O

L’humour et surtout sa réception c’est quelque chose de subjectif. On peut adorer Louis de Funès pour les mêmes raisons qui font que d’autres le détestent. Ici, un couple qui se dit lui même banal décide de sortir dîner à Manhattan dans un restaurant très huppé. Ils s’incrustent et s’ensuit une série de péripéties qui se veulent drôles voire hilarantes. Je n’ai rien contre le duo d’acteurs, mais j’ai trouvé l’histoire très conventionnelle (le rendu vidéo HD horrible)  et surtout j’ai décroché peut-être un ou deux sourires en 1H40. Je préfère largement l’humour absurde d’un Dumb and Dumber, car ce Crazy Night se passe effectivement de nuit, mais n’a absolument rien de Crazy. BR fr

Predestination (Les Frères Spierig, 2014 ) :  

Les réalisateurs d’Undead, une pétite série B horrifique sorti il y a dix ans se retrouvent à Hollywood pour filmer une aventure de science fiction sur les passages temporels, épaulé par Ethan Hawke. Le plus intéressant dans ce film, ce n’est pas le voyage dans le temps, les failles spatio-temporelles et le visuel, c’est cette étrange ressemblance qu’entretient son héroïne principale avec Léonardo Di Caprio, tout du moins le Di Caprio du milieu des années 90. Pour le reste c’est assez sommaire dans sa réalisation et j’ai trouvé le temps un peu long. BR fr

Poltergeist (Toobe Hooper, 1980) :  ♦♦♦

Je ne l’avais jamais vu mais ce film était lié à un souvenir d’enfance en passant devant le vidéoclub et me demandant ce qui se cachait derrière la mystérieuse jaquette d’une enfant devant un poste de télé. C’est une oeuvre bicéphale qui est un exemple de collaboration artistique entre deux artistes aux univers différents, à savoir Spielberg et Hooper. Ce n’est pas la même chose que le duo Pressburger/Powell, mais l’un et l’autre se complètent avec l’horreur pure de l’un (Hooper) et la sens du merveilleux, du conte chez l’autre (Spielberg). C’est en somme la matrice contemporaine du film de maison hantée, après l’original de Wise en 1959. Un poste de télévision, une famille et des interventions surnaturelles. Il n’en faut pas plus à Spielberg pour écrire un script sur la peur enfantine, sur les revenants. Hooper nous gratifie de quelques plans gores inattendus (qui justifient l’interdiction aux moins de 16 ans). Un film qui possède ce charme fou des films à effets spéciaux bricolés avant l’arrivée une décennie plus tard du tout CGI. Le DVD est très minimaliste : chapitrage, choix des langues, et c’est tout. DVD fr

Lucy (Luc Besson, 2014) :  ♦

Luc Besson voit large et ambitieux dans son script new age (les pouvoir infinis,  l’intelligence artificielle, la terre, l’expansion de l’univers) mais combine curieusement le minimum syndical dans le traitement visuel de son film qui convoque le cinéma contemporain coréen, le blockbuster américain et les franchises françaises (dont Taxi pour les poursuites). Un film hybride, au ton solennel et moralisateur (les stock shots documentaires appuient cette idée), naïf et roublard. Et surtout dénué d’émotions. BR fr

Ishaqzaade (Habib Faisal, 2012) :  ♦

L’opposition clanique, les élections, la jeunesse confrontée à l’aspect réactionnaire des doyens, c’est le cœur du film de cette œuvre indienne produite par Aditya Chopra qui met en scène deux jeunes comédiens débutant peu convaincants. Dès l’intro le film hurle son souhait de différence tout en s’adressant à un public conquis d’avance : les jeunes locaux dynamiques de Mumbaï, mais aussi les NRI qui souhaitent s’embrasser sur la bouche sans complexe (ce qui n’était pas le cas dans les 70’s). Très inégal, un peu hystérique et déjà vu. BR indien

Nos Meilleures Vacances (Philippe Lellouche, 2013)  :  O

C’est pire que ce que je craignais au regard de la jaquette retouchée jusqu’à l’excès, mais j‘étais curieux. Les vacances en Bretagne d’une bande d’amis parisiens garde justement ce côté énervant de parisianisme regardant le villageois avec une certaine condescendance dans le propos (tout ce qui n’est pas parisien est étranger). Seuls demeurent assez bien croqués ces moments de découverte pré adolescente, premiers baisers doux, innocence et heureuses découvertes. Tout sonne faux à commencer par les postiches et les costumes qui ont ce côté « reconstitution » forcée. BR fr

Le cerveau (Gérard Oury, 1969)  : ♦♦

Cela commence comme une comédie façon swinging London, puis la comédie déroule son intrigue s’affichant le luxe de se faire côtoyer Bourvil, Belmondo et Niven au casting. C’est un film assez entrainant qui lorgne même du côté de La Panthère Rose de Blake Edwards, avec un comique de situation qui émerge de l’énormité du détail (ici la panthère et le décor de la maison qui s’écroule). Un film ancré dans les 60’s, mélangeant bonne humeur, détente et divertissement. Du cinéma d’artisan en somme. Admirable restauration HD.

Seuls Two (Eric et Ramzy, 2008) : ♦♦

Paris, deux hommes. Seuls au monde ou presque. Le scénario est amusant mais pas sur toute la longueur, avec une histoire qui est surtout prétexte à l’abattage du duo principal qui reprend le comique de péripéties et le sens de la répartie. Sympathique mais un peu trop long pour tenir la distance.
BR fr

Les Gardiens de la Galaxie (James Gunn, 2014) :  O

Ce n’est pas tant l’humour, l’ironie, le ton au second et troisième degré qui m’ont agacé dans ce film de science fiction mais davantage son esthétique, ses costumes et sa soif d’en mettre plein la vue. Au bout d’une demi-heure je savais que cela ne me plairait pas tant j’ai trouvé le bestiaire vite repoussant. Idem pour le choix des couleurs et ces incessants changements de format vidéo passant du Scope au 1.85:1 lors des scènes d’action. Je préfère largement les originaux de Star Wars dont l’univers et l’imaginaire me parlaient beaucoup plus. BR fr 3D

La planète des singes (Matt Reeves, 2014 :  O

L’intérêt de la nouvelle version de 2010 résidait dans la multitude de rebondissements, l’affinement des caractéristiques des personnages, un rythme soutenu. Tout l’inverse ici, d’abord dans le choix d’un format 1.85:1, d’une 3D quelconque et surtout d’une mise en place d’intrigue s’étirant au-delà de l’heure. Un blockbuster qui contredit l’effet de surprise du premier volet et qui  provoque l’ennui. Très oubliable. BR fr 3D

Stars 80 (Frédéric Forestier, Thomas Langmann, 2012)  :  ♦

La troupe des années 80 composée, entre autres de Desireless, Jean-Pierre Madère, François Feldman, Début de Soirée, Emile et Images se reconstitue pour une tournée à travers toute la France. L’ironie du début qui veut qu’elle soit refusée partout – y compris par le producteur Valery Zeitoun- laisse ensuite la place à un film très lisse, comme en pilotage automatique. Jean Luc Lahaye semble être celui qui s’amuse le plus de son image. Divertissant même si très mineur, racontant en filigrane cette gageure de ne pas se moquer des artistes et du public qui les aime tout en montrant des chanteurs qui apparaissent en playback et chantent toujours le même tube.  BR fr

Kebab Connection (Anno Saul, 2005) :  ♦♦

Une comédie allemande qui décrit les relations entre une jeune fille allemande et un jeune homme turc dont elle est amoureuse et dont elle attend un enfant. La peur de l’engagement, la responsabilité de la paternité, les tensions inter-religieuses sont au cœur de cette sympathique comédie allemande tournée à Hambourg. Avec une dose d’humour, des répliques amusantes, un peu de karaté et surtout du döner. Acheté il y a quelques années à Amsterdam sur un marché je le gardais bien au chaud en attendant de le découvrir. DVD Benelux.

Crawlspace (Justin Dix, 2010) :  ♦♦

Depuis Alien et plus récemment Cube, enfin il y a de cela déjà une quinzaine d’années l’enfermement est propice à décrire toutes les peurs, qu’elles soient de nature biologique et ou guerrière. Ici on se retrouve avec une troupe de soldats coincés sous la terre. Ambiance poisseuse, cadrage au cordeau qui en font un film loin d’être original mais correctement ficelé. Je me suis aussi demandé si l’orange des costumes de certains personnages n’étaient pas au regard du film une métaphore sur les prisonniers de Guantanamo et le sort qui leur est réservé. BR fr.

20 ans d’écart (David Moreau, 2013) :  ♦♦♦

Une comédie romantique qui met en scène un jeune étudiant en architecture et une rédactrice de mode de vingt ans son aînée. Un film drôle, enlevé sur les dessous (impitoyables, mais ce n’est pas une suprise, ils étaient bien  décrits dans Le Diable s’habille en Prada) de la mode et sur le sentiment amoureux entre un homme naïf, maladroit mais touchant qui met du peps et de l’originalité dans la vie d’une future (quadra) incarnée par une pétillante Virginie Efira. Il est d’ailleurs amusant de la voir jouer à ce point sur son image, tandis que Pierre Niney excelle dans son rôle (et a tout le talent pour devenir un grand acteur). DVD fr

La Belle et la Bête ( Christophe Ganz, 2014) :  ♦

Au mystère et à l’onirisme du film de 1946, Christophe Ganz préfère la toute puissance des CGI et des décors (époque oblige). Si je ne n’aime pas trop le film de 1946 je lui reconnais un très beau maquillage et une belle utilisations des trucages d’optique. Ici, cette relecture du film de Cocteau propose plus de rebondissements et d’action mais moins de mystère. Léa Seydoux m’a paru trop jeune pour le rôle et Vincent Cassel grimé par  les effets spéciaux ne fait pas peur. Je n’ai compris la présence des géants de pierre qui ajoute du spectaculaire là où ce n’était pas nécessaire. Br FR

Reflets dans un œil d’or (John Huston, 1967) :  ♦

Deux heures ou presque de frustrations sexuelles, de sous-entendus et d’énergie érotique (négative) dans ce film qui convoque la psychanalyse en décrivant les relations entre trois personnages : une femme, un soldat voyeur et un officier gradé. La photo est belle, Marlon Brando ne fait rien mais reste monstrueux de charisme, mais le film est d’une langueur qui a finit par me décourager au bout d’une heure. Et le Blu-ray affiche une image au contraste trop mou, donnant l’impression de voir le film avec un voile constant.. BR fr

Stuck (Stuart Gordon, 2009 : ♦♦

L’enchaînement de péripéties, la tension nerveuse, l’ironie cinglante qui culmine dans le final grand guignolesque font de cette série B un conte métaphorique sur l’horreur quotidienne celle qui s’immisce et qui montre une certaine forme de lâcheté derrière le masque apparent de la tranquillité et la sociabilité. C’est signé Stuart Gordon un maître du genre à qui l’on doit Re-Animator.  Je me demande néanmoins ce que ça aurait pu donner avec Brian Yuzna aux commandes (réalisateur du formidable Society). BR fr

 

Supercondriaque (Dany Boon, 2014) :  ♦♦

Dany Boon s’appuie sur un sujet (l’hypocondrie) pour dérouler sa mécanique comique qui fonctionne bien dans le premier tiers et rebondit ensuite avec la fausse usurpation d’identité. C’est rythme, assez drôle parce qu’il en fait des tonnes, tout en mimiques, expressions et joue aussi avec la représentation des Balkans, de la guerre civile et des imbroglios. Le film rappelle un peu par moment et j’ignore s’il l’a vu Rab Be Bana Di Jodi sur la thématique de l’identité usurpée ou plutôt du masque que l’on porte pour éviter d’être soi-même tout en désirant l’amour de l’autre. Et Alice Pol est vraiment très charmante. BR fr

Made In USA (Jean-Luc Godard, 1966) :  ♦

Godard signe un film conceptuel comme il a souvent eu l’occasion de le faire, s’appuyant sur la puissance visuelle de son film pour entraîner son héroïne et égérie Anna Karena aux U.S.A. Le film mêle politique (en plein conflit du Vietnam et avant Mai 68), discours sur l’image et le son -avec cette voix-off omniprésente-, trouvailles visuelles (le mot liberté criblé de balles), et ces panneaux typographiques qui seront plus tard par Gaspar Noé. C’est visuellement beau (photographie superbe), très pop, mais le propos peut paraître aussi un peu obscur et laisser de marbre d’autant que l’héroïne n’a pas vraiment le beau rôle. DVD UK

La Chasse (Thomas Vinterberg, 2011) :  ♦♦

Le film de Thomas Vinteberg remarqué et salué à Cannes en 1998 avec Festen (son meilleur film),  est l’histoire d’un mensonge perpétré par une enfant qui met en vrac la vie d’un adulte travaillant auprès des enfants dans une crèche. Quelque peu prévisible, le film fait lentement monter une pression qui concentre l’énergie du désespoir de l’anti-héros vers une conclusion percutante. C’est bien interprété, cela rappelle aussi Les risques du métier de Cayatte, a photo est superbe (et le Blu-ray tout autant), mais au final je préfère la noirceur de Festen et le propos de ce dernier. BR f

Films du mois (Novembre 2014)

Films du mois (Novembre 2014) dans Cinéma Cinema

Film du mois

 Dog Pound

DogPound dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

The Raid 2 (Gareth Evans, 2014) :  ♦

L’exemple typique du film survendu sur son soi-disant potentiel spectaculaire. Ou comment le marketing prend la place sur la qualité. J’aurais pu mettre O mais le film possède deux ou trois scènes (dont la dernière) qui relève un peu le niveau d’un film interminable, d’une irrationnelle durée de 2H30 pour raconter finalement peu de choses et prendre la pose quasiment tout le temps. La surprise du premier venait de la reprise des codes du jeu vidéo pour aller d’une scène à une autre (affrontements multiples jusqu’au boss final). Ici, le scénario rajoute une couche sur l’autre dans le film de mafia, et l’interprétation globalement mauvaise n’arrange rien. Le recours à la caméra portée devient aussi un peu énervant à la longue. Bref, un film qui aurait pu être bien plus efficace s’il avait duré 1h30.  Apparemment il est dit qu’il s’agit déjà d’un film culte, ah bon ? BR fr

 

GO (Doug Liman, 1998) : ♦♦♦

Un film générationnel qui m’a permis de revoir avec presque vingt ans de recul les seconds pas au cinéma de Katie Holmes, Sarah Polley (sortie de De Beaux Lendemains) ou encore James Duval (Nowhere, The Doom Generation,) ainsi que Nathan Bexton qui jouait lui aussi dans le film Nowhere de Gregg Araki. C’est le premier film de Doug Liman, et la structure qui montre la même histoire avec trois points de vue différent possède une certaine originalité. La musique collait à l’esprit et à la bande-son de l’époque, c’est à la fois fun et assez bien ficelé, on parle beaucoup de drogues et l’on en consomme, de sexe aussi. Ca m’a permis de voir un vieux DVD que je gardais donc au chaud, sorti en 1999, avec menu fixe, mais déjà format 16/9 ce qui n’était pas toujours le cas des premières galettes sorties en France en 1997/1998. Toute une époque. DVD fr

 

Dragons 2/ How to train a Dragon 2 (Dean DeBlois, 2014) : ♦♦♦

On prend les mêmes et on recommence. Certes l’histoire n’est pas aussi originale que le premier volet qui apportait son lot de surprises dans le genre du film d’animation largement dominé par Pixar, mais ce second volet reprend les forces du premier film et nous emmène dans des sphères peu explorées ces dernières temps, à l’exception du médiocre Rio 2 (le vol, la voltige et l’humour). A l’inverse de Rio 2, ce film-ci ne se base pas uniquement sur sa technique et prend le temps de développer ses personnages ainsi sur les intéractions. On se prend d’émotion pour ce récit initiatique (un gamin qui devient chef), parcouru, et c’est l’essentiel, d’une maestria technique de tous les instants. C’est beau, virevoltant (la 3D en met plein la vue mais sans aucun effet de gratuité), et lorsque le film pourrait basculer dans le piège de la surenchère, il distille des pauses, des moments de silence et de contemplation. Une réussite, d’autant plus impressionnante qu’elle laisse imaginer des possibilités encore plus grande d’évasion par le cinéma. BR 3D fr

 

De guerre lasse (Olivier Panchot, 2013)  :  ♦♦

Un ancien de la Légion (Jalil Lespert), déserteur, revient à Marseille dans le milieu. Un scénario qui n’a rien d’original et une réalisation qui l’est tout autant, mais ce film sur le retour au milieu d’un jeune homme dont l’avenir semble tracé d’avance est habilement conduit, avec en ligne de mire la mafia locale, ses actions, sa main mise sur la vie quotidienne. On n’est certainement pas dans un Marseille de carte postale, et la description de la violence ordinaire a quelque chose des films de Coppola (sans l’envergure dramatique et le sens de la tragédie). Pas mal. BR fr

 

Alceste à Bicyclette (Philippe le Guay, 2013) :  ♦♦

Un acteur de fictions télé va rendre visite à un ami acteur sur le départ, retiré en Province. C’est autour de la pièce Le Misanthrope de Molière, que se développe cette fable sur la solitude, la mise à mal de l’amitié entre deux acteurs (Luchini génial, Wilson également) qui lorgne aussi du côté de la petite critique du monde du cinéma, de ses idéaux et surtout de ses faux-semblants/fausses amitiés/trahisons. Si le style formel est simple, c’est surtout la jubilation du verbe, le geste de comédien, le plaisir de la répartie dans des décors naturels (la Rochelle, l’Ile de Ré, le vélo, très photogéniques) qui l’emportent. Et les acteurs de se régaler. BR fr

 

Les Trois Mousquetaires (Paul W S Anderson, 2010) :  O

On peut faire fi de l’anachronisme (éhonté) qui fait faire du karaté à des mousquetaires au XVIIème siècle, aux tics de langage et à une certaine désinvolture, notamment lors de la scène d’ouverture, la seule qui provoque un semblant de stimuli. Pour le reste, représenter le roi sous les traits d’un jeune con, Richelieu à la ramasse, une galerie de personnages secondaires sans intérêt, avec ce côté potache, tordant le cou à l’histoire avec un grand H pour servir une soupe hollywoodienne indigeste finit par devenir lassant. Y compris dans un film de divertissement. Avant son Pompéi, Paul W S Anderson s’amusait donc avec ses histoires et ses ralentis. Mais la sauce ne prend jamais. BR fr 3D

 

Dog Pound (Kim Chapiron, 2010) :  ♦♦♦♦

Le quotidien dramatique (dans tous les sens du terme) de prisonniers adolescents incarcérés pour des crimes et délits. Pour son deuxième film, Kim Chapiron change de fusil d’épaule et laisse de côté le ton potache de Sheitan qui a révélé Olivier Barthélémy (une de mes comédies préférées de ces quinze dernières années). Il faut saluer l’investissement de l’acteur principal; Adam Butcher, extraordinaire. Son personnage vit tout du long une colère contenue qui contribue à électriser un film qui ne cesse d’être sur la corde raide entre la douleur et le sublime. Ce sont ces adolescents qui se frappent, se violentent et finissent aussi par s’accepter que filme la caméra d’un Kim Chapiron impressionnant de maîtrise.  Tout le film, tendu comme un arc, file vers sa résolution, explosive et irréversible. BR Fr

 

A bout portant ( Fred Cavayé, 2010) :  ♦♦

Fred Cavayé est sans doute le meilleur réalisateur français de polar aujourd’hui. Comme Pour elle, il va droit au but, et réalise avec sècheresse des films qui se suivent sans temps mort. Ici l’histoire d’un aide-soignant pris dans un engrenage et qui tente de retrouver sa femme enceinte kidnappée. Un scénario loin d’être original, mais la réalisation fait -et bien- le boulot. Gérard Lanvin est génial en vieux loup cynique de la PJ. Très efficace en somme. BR fr

 

Pompéi (Paul W Anderson, 2014)  :  ♦

Le début du film est un croisement entre Gladiator (que je déteste) et Spartacus (que j’adore). En général plus le méchant est réussi meilleur est le film comme le disait Hitchcock, sauf qu’ici Kiefer Sutherland cabotine plus que de raison dans son rôle de Sénateur. Les quarante premières minutes sont parasitées par des tunnels de dialogues et des jeux d’arène où se confondent souffrance et violence à l’épée. Le clou du spectacle, attendu, arrive avec l’éruption du volcan et la destruction de Pompéi. Le film prend alors des airs de film catastrophe, gonflé par ces CGI en cascade et ses décors fondant sous la lave. Dommage qu’il y ait ce rythme inégal, cette musique pompière et ses ralentis incongrus. Le film vaut le coup d’être vu en 3D, laquelle est très aboutie. BR Fr 3D

 

Timber Falls ( Tony Giglio, 2007) :  ♦♦

Ce petit film d’horreur qui commence comme une ballade champêtre se transforme très vite en cauchemar. Point de maison hantée, de démon, mais une gémellité avec le film de Kevin Smith, le remarquable Red State : celle de mettre en lumière des bigots obsédés par la pureté et qui ici tentent de trouver le couple idéal pour les forcer à copuler et ainsi procréer, ce que la femme du shérif (troublante ressemblance avec Ségolène Royal) n’a jamais pu faire. Si le film dérange c’est pour son côté viscéral, avec ces scènes de torture (morale et physique). Un film radical, qui met mal à l’aise et qui laisse malheureusement une pointe de suspens s’installer dans le tout dernier plan alors que ce ne n’était pas nécessaire. BR fr

 

Massacre à la tronçonneuse 3D (John Luessenhop, 2013) : ♦

Le premier demeure le plus grand film d’horreur de ces cinquante dernières années, un maitre étalon de l’horreur viscérale,parce qu’elle s’inspire justement de faits réels. Cette petite série B qui reprend le schéma narratif du premier, avec les mêmes péripéties, décline la peur sous l’angle de la jeunesse et de l’héritage familial. Les bimbos sont de sortie, on fume et on boit, puis vient Leatherface, un personnage monstre (par son influence et son impact dans le cinéma d’horreur) et la petite musique gore se met en route. Le film est plutôt rigolo et ne fait pas peur (le premier si, justement parce qu’il ne montrait presque rien de l’horreur graphique hormis dans le dernier quart d’heure mais reposait sur une mécanique de la tension inégalée). La 3D est spectaculaire, une des meilleures que j’ai vues. C’est cela : l’effet d’un grand huit  oublié sitôt vécu. BR fr 3D

 

Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertolucci, 1972) :   ♦♦

Je l’avais vu une première fois il y a dix ans en DVD. Je pensais avoir affaire à un film très érotique et l’avais trouvé beaucoup moins bon que sa réputation ne le laissait penser. Le revoir dix ans après me permet de le reconsidérer par rapport à l’histoire du cinéma, au cinéma des 70′s, avec un autre œil. C’est une œuvre qui tourne autour d’une relation impossible, qui pourrait être banale s’il n’y avait pas cette différence d’âge et le propos parfois cru, direct, d’un homme quinquagénaire envers une très jeune femme. En 1972, juste avant la libération des mœurs et avant le mouvement MLF, c’est un film qui était en droit de choquer. Parler de sexualité, du sexe et de la mort ici intimement liés crée une sorte de malaise diffus et la relation intime est ici montrée sous un jour tout sauf reluisant. C’est un amour impossible, une histoire triste qui se conclut tragiquement. Marlon Brando est impressionnant sans presque rien faire, mais l’audace vient de la jeune Maria Schneider, confondante de spontanéité, ici littéralement à nue. Un film de son époque et une vision crue d’un amour presque bestial. BR fr

 

Piégé (Yannick Saillet, 2014)  :  ♦

Une mission en Afghanistan se transforme en carnage. Un soldat se retrouve piégé, le pied posé sur une mine. C’est le synopsis de ce film minimaliste (cinq personnages, un lieu unique, le désert afghan, la chaleur implacable) dans sa durée et sa forme. Pascal Elbé joue aux côtés d’un Laurent Lucas qui vocifère pendant vingt minutes. Cadré minutieusement et jouant sur le suspens (survivra ? survivra pas? ), le film fait un peu penser à du Katherine Bigelow, sans la shaky camera et la production hollywoodienne. Je ne comprends pas pourquoi certaines scènes n’ont pas été sous-titrées en français quand on passe à l’anglais ? BR fr

 

 A perdre la raison (Joachim Lafosse, 2012)  :  ♦♦♦

Joachim Lafosse confirme après Elèvre libre la singularité de son cinéma. Le film est entièrement tendu vers sa conclusion dramatique en faisant lentement monter une pression tant interne (le personnage de Murielle bout sans crier garde), qu’externe (les rapports difficiles, parfois tendus avec son mari, ses proches). L’interprétation de Niels Arestrup, de Tahar Brahim et bien sûr d’Emilie Dequenne (mémorable scène de voiture sur la chanson « Femmes je vous aime » de Clerc) et très bonne, et le réalisateur scrute le délitement progressif, structuré, du cadre familial, la folie qui bruisse. DVD fr

 

Rio 2 (Carlos Saldanha, 2014) :  ♦

On prend les mêmes et on recommence, cette fois-ci au coeur de la jungle. L’animation est belle et fluide, le visuel travaillé, mais en 2014, à l’inverse d’un Toy Story en 1995, cela n’a plus rien de révolutionnaire. Le hic du film c’est de se baser sur un rythme effréné rendant l’ensemble très vite cacophonique. Les séquences musicales m’ont vite tapé sur le système, sauf celle qui reprend les codes visuels de Bubsy Berkeley. Pour le reste, l’humour, trop lourd, tombe à plat, il n’y a aucune nouveauté, l’originale paraissant beaucoup plus recherché et vif. Une vraie déception.

 

Sueurs Froides/Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958) :  ♦♦♦

J’ai moyennement accroché à la première partie du film (que je découvre maintenant), laquelle pose pourtant les bases ce qui va suivre, le mélange d’obsession (pour une femme, par rapport à la peur du vertige) et de sentiments forts (l’amour d’un homme pour une femme qui ne cesse de poursuivre), mais j’ai beaucoup aimé la seconde à partir de l’apparition du personnage de Judy, où le romantisme exacerbé se marie bien avec le fantastique et l’inventivité visuelle. Plastiquement le film est superbe, avec sa photo travaillée et l’on sent une méticulosité de tous les instants, portée par la maestria technique. Hitchcock invente le plan réutilisé plus tard dans Les dents de la mer quand Brody s’aperçoit qu’il y a un danger au loin, la séquence du rêve a inspiré cinquante ans de cinéma, et l’histoire se suit avec un plaisir manifeste de manipuler. Un très bon Hitchcock mais pas mon préféré.  BR fr

 

3 Days To Kill (Mcg, 2013) :  ♦♦

Un agent de la CIA buriné et souffrant s’engage dans une ultime mission. Revoir Kostner sur grand ou petit écran est toujours sympathique. L’acteur promène ici son allure fatiguée comme le veut son personnage mais s’amuse aussi, à la manière d’un Liam Neeson à jouer avec son image. Le film s’ouvre sur une extraordinaire séquence d’action (c’était déjà le cas il y a quinze ans avec le premier volet de Charlie’s Angels). Ensuite le film trouve ses marques, use et abuse de certains clichés, livre un film d’action parfois inégal, à la photo assez dure dans ses tons, filmée en HD dans un Paris très touristique. C’est efficace, carré, avec un scénario très léger. Une série B assez bien fichue en somme, mais sans l’étincelle qui en ferait un grand film d’action. BR fr

 

 Scream 4 (Wes Craven, 2011) :  O

J’aurais pu mettre ♦ pour Neve Campbell qui quinze ans après se remet à jouer dans le film qui a fait d’elle une star. Mais ce type de cinéma de l’horreur entièrement voué à l’exercice de style virant au métacinéma,  interrogeant le spectateur sur un ton un peu hautain, se parodiant lui-même, et ressassant toujours les mêmes formules a quelque chose d’agaçant à la longue. Le cinéma américain est connu pour aimer les remakes, en faire régulièrement. Ce quatrième volet en est un énième, avec une conclusion facile, des portes qui se claquent et un couteau qui fend la chair. Mais il lui manque le côté trivial du premier, et c’est beaucoup trop long. Mais bon j’aurais essayé. BR fr

 

Les Kaira (Franck Gastambide, 2012) :  ♦♦♦

L’exagération volontaire du dialogue et des situations qui en découlent provoquent un rire franc, Les Kaira étant une comédie qui revient sur tous les clichés du film de banlieue (phrasé, musique, tenues, communautés) depuis l’explosion de La Haine (dans un registre beaucoup plus dramatique) en 1995 que le film cite en hommage  tout en se reposant sur une exceptionnelle alchimie dans son interprétation, grâce à son formidable trio d’acteurs. C’est un premier film et pourtant il y a là un sens du cadre, du tempo qui reposent sur le comique de situation (dont les scènes drôlissimes du karaoké, de la prostituée entourée de chats, le final sur la musique r’n'b, le -faux-casting porno avec François Damiens) et de verbe. Un verbe qui fuse, court, ne se tarit jamais. Un film qui  joue sur la dérision et l’autodérision réinventant mine de rien, à sa manière, la façon d’aborder le genre de la  comédie populaire française. BR fr

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