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Nymphomaniac de Lars Von Trier

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Un petit billet cinéma pour évoquer la sortie prochaine (le 1er et le 29 janvier 2014) du nouveau film de Lars Von Trier. Intitulé Nymphomaniac, celui-ci met en scène Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard, Willem Dafoe, Jamie Bell, Shia LaBeouf, Uma Thurman, Udo Kier (oui l’homme mystérieux du clip Deeper and Deeper).

Des habitués donc du cinéaste, Lars Von Trier ayant par exemple tourné avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe pour Antichrist, avec Stellan Skarsgard pour Breaking the Waves. En revanche, c’est un nouvel univers pour Shia Labeouf qui avait rencontré le succès avec le premier volet de Transformers.

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Lars Von Trier est loin de laisser indifférent. Le cinéaste danois a réalisé des films qui ont provoqué beaucoup de débats (ce qui est toujours sain) et pas mal de polémiques, la plus spectaculaire d’entre elles ayant sans doute été celle qui a accompagné la conférence de presse à Cannes en 2011, où le réalisateur a indiqué en interview « qu’il comprenait Hitler ».

Gêne assurée de son équipe dont une Kirsten Dusnt abasourdie qui n’osait plus en placer une, laquelle se verra décerné pourtant quelques jours plus tard, en l’absence du réalisateur, le prix d’Interprétation Féminine pour Melancholia par le jury présidé par Robert de Niro. Depuis, après ce scandale cannois, le réalisateur est devenu persona non grata sur la croisette.

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Lars Von Trier à l’époque de Breaking the Waves (1995)

Pour certains, dont mon ami Tom qui considère Melancholia comme un des plus grands films de ces cinq dernières années (facilement dans un top 3) Lars Von Trier est un génie, qui empreinte à la peinture baroque pour décrire des univers mentaux torturés, picturaux, des fresques humaines vertigineuses.

Pour d’autres il est simplement un réalisateur provocateur et peu doué pour le sentiment humain, comprendre un cinéaste calculateur, cynique et pessimiste, trouvant dans sa pose Nietzschéenne, une posture facile « Ce qui ne tue pas l’homme le rend plus fort » en somme pourrait être la thèse de son cinéma et de la noirceur qui le traverse.

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Je me situe personnellement un peu entre les deux, en lui trouvant un talent visuel certain tout en adhérant à un film sur deux au niveau thématique. Je n’aime pas du tout Dancer in the dark et avais pourtant trouvé Les idiots très intéressant par son côté provocateur revendiqué.

Les années 80 sont aussi riches visuellement avec un film comme Element of Crime et le drame Breaking the waves fascine lui aussi ou provoque la répulsion. Antichrist est à mes yeux un tournant une nouvelle fois radical dans sa façon d’aborder le cinéma comme un champs des possibles. 

La caméra plus alerte et plus libre, avec l’abandon de la pellicule, la composition picturale des plans, la recherche plastique continue dans les contrastes et les couleurs, les thématiques qui renvoient à l’imagerie de la sorcellerie (ce dont le personnage de Gainsbourg dans le film est une incarnation moderne, de celles qui comme au Moyen-Age étaient incomprises et donc brûlées, sauf qu’ici la thématique est transportée dans le lieu sacré de la Nature au lieu du village). Je n’ai toujours pas vu Melancholia mais cela me semblait impressionnant.

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Quant à Nymphomaniac, le réalisateur, malin, a multiplié les affiches, les photos, mais pas de façon péremptoire et précipitée. Il a peaufiné l’aspect ludique que peut représenter l’attente, et dévoilé au compte-goutte des extraits par ci, des photos (avec des simulations visuelles d’orgasmes masculins et féminins), des affiches.

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La première bande-annonce

Un premier extrait

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Un autre

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Un prélude

La nouvelle bande-annonce

Aujourd’hui, la première bande-annonce est dévoilée. C’est un rôle important pour la toute jeune Stacy Martin qui a décidé de jouer avec le feu. Se mettre dans la peau d’une lolita qui y perd sa virginité n’est pas chose aisée, et le traitement pourrait être particulièrement intéressant avec la reprise de certains codes visuels et de fantasmes liés par exemple à la tenue de lycéenne.

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J’ai lu que Shia Labeouf avait apparemment demandé à ne pas être doublé pour ses scènes de sexe, ce qui signifierait qu’il n’y a pas de doublure pour les scènes de sexe explicite, et qu’il a donc véritablement fait l’amour avec la jeune actrice sur le plateau, alors qu’en général, les acteurs ont des doublures pour des scènes en gros plans.  Contrairement à ce que pourraient laisser entendre dans un premier temps les images, je ne crois pas ici à la provocation gratuite et au simple désir de choquer pour choquer. La matière est riche : parler de la nymphomanie d’une femme sous ses formes et à des âges divers avec des interprètes différents tout au long de sa vie. Idée géniale.

Il n’y a qu’un film récent qui avait abordé ce sujet, et c’était le film espagnol Journal intime d’un nymphomane que j’avais beaucoup aimé, sorti en DVD officiel en France, dispo ici mais seulement en français, pas en version originale sous-titrée.

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Affiche promo du film

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Si Lars Von Trier a choisi de parler de sexualité et s’est entouré d’acteurs de confiance, c’est une audace qui pourrait s’avérer particulièrement payante. Pas seulement pour voir des scènes pornographiques dans le cadre d’une narration, du moins d’une fiction dite « traditionnelle », ce n’est pas inédit, plusieurs cinéastes sont passés par là, dont John Cameron Mitchell, réalisateur du superbe Shortbus.

C’est l’investissement des acteurs, leur confiance réciproque (jouer une scène de sexe n’est pas la même chose que simuler une scène de sexe par exemple), la direction d’acteurs (le fait de faire jouer Shia Laboeuf avec un accent anglais en cohérence avec d’autres acteurs), la photographie, le montage son et visuel qui feront le coeur du film.

La bande-annonce ne laisse aucun doute sur le sujet à la fois sulfureux et érotique du film. Verdict bientôt en salles.

EDIT : La vidéo de la bande-annonce a été censurée par Youtube.

 

Nos héros sont morts ce soir

Nos héros sont morts ce soir dans Cinéma nosherossontmortscesoir_1

Je vais vous parler d’un film que je n’ai pas vu mais que j’avais envie d’évoquer. Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’un premier long-métrage. D’un premier long-métrage d’un réalisateur que j’ai été amené à connaître, d’abord « virtuellement » puis à rencontrer à deux reprises.

Ensuite parce que c’est plutôt rare que l’on puisse parler de quelqu’un que l’on connaît et qui a un jour décidé (après avoir mûri ce projet) de devenir cinéaste, et donc de créer une œuvre artistique. Ce n’est pas donné à tout le monde et c’est courageux, surtout vu le sujet et les impératifs commerciaux qui dominent aujourd’hui le monde du septième art.

Petite mise en perspective du contexte. David Perrault est un jeune cinéphile et désormais réalisateur de 37 ans qui il y a de cela un peu plus de dix ans était connecté en ligne (lorsque l’ADSL n’existait pas encore, pas plus que les smartphones, les I-Pad, le Blu-ray ou encore Facebook et twitter) sur un site d’actualités liées au DVD aujourd’hui disparu sous sa forme initiale.  A l’époque, l’info n’était pas aussi immédiate qu’aujourd’hui et les forums de cinéma (au cœur du projet de David Perrault dix ans après) étaient balbutiants.

Il y avait celui de Première, avec un défilement vertical. Il fallait attendre que quelqu’un poste une réponse pour qu’un fil de discussion se développe. Peu de temps après le forum de Dvdrama se créa en 2000 et une petite communauté de cinéphiles vint d’abord prendre le pouls des échanges avant de débattre avec passion de cinéma.

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L’atmosphère devenant pourtant irrespirable, une poignée de ces mêmes cinéphiles s’en alla vers d’autres contrées du net et se retrouvèrent sous la bannière du site DVDClassik, qui compte aujourd’hui des milliers de membres, a multiplié les partenariats avec les éditeurs -dont l’excellent Carlotta dirigé par Vincent Paul-Boncour- mais qui au départ reposait sur la passion d’une cinquantaine de membres…issus du forum DVDrama alors en pleine implosion.

Les contributions et les débats parfois homériques qui ont jalonné la courte vie du forum DVDrama (fin 2000-fin 2002) sont désormais perdus dans l’immensité du web, il n’y a, à ma connaissance plus de traces de ces grands moments d’échanges cinéphiles français. Le site DVDRama étant maintenant devenu cinema.jeuxactu.com, sous l’égide de TF1

David Perrault comme moi étions parmi les premiers forumeurs qui s’inscrivirent sur le forum de DVDclassik en 2003 (site dont le design original fut la signature de Xavier Jamet, lequel lui donna sa première patte et identité visuelle), devenu depuis une référence dans l’analyse du cinéma pré années 70, du cinéma classique de tous horizons. Les débats commencèrent à prendre de l’ampleur, sous l’œil d’une équipe technique et de modérateurs/contributeurs qui ont toujours agi en qualité de bénévoles pour assurer une ligne éditoriale claire et cohérente.

Capture d’écran d’une chronique du film Les temps modernes de Chaplin sur DVDclassik.

Un an plus tard, je participais avec ce même David Perrault à une table ronde organisée par Les cahiers du cinéma autour du DVD, de son utilisation et de son avenir avec la venue exceptionnelle de Jean-Claude Brisseau réalisateur de Noce Blanche et plus récemment de Les Anges Exterminateurs. C’était un samedi après-midi. Nous étions en 2004 et le DVD était alors à son zénith en terme d’exploitation commerciale : les éditions collectors se multipliaient, le marché était en plein développement après une première vague d’éditions en 16/9 ème respecte -aujourd’hui ça pourrait tendre à faire sourire mais en 2000 c’était loin d’être évident-.

La table permit des échanges constructifs et je fus assez impressionné de me retrouver autour de personnalités aussi charismatiques, et avec des forumeurs que je rencontrais pour certains pour la première fois dont Michaël Lellouche qui allait devenir le scénariste de Hello Goodbye de Graham Guit avec Fanny Ardant et Gérard Depardieu. David Perrault continuait de lancer des sujets et de débattre avec l’intelligence, le style, et surtout l’humour caractéristique qui étaient les siens sur DVDclassik sous le pseudo de Simone Choule. Une belle époque animée par des avis parfois très contradictoires, mais beaucoup de respect entre les intervenants.

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Jean-Pierre Martins dans Nos héros sont morts ce soir (2013)

Dix ans plus tard, David Perrault a couché sur papier son rêve de cinéma à lui, pris une caméra et a tourné son film dans un noir et blanc qui malgré certaines critiques, notamment celles émises dans l’émission Le Cercle (fin d’émission vers 43 min) me semble pourtant parfaitement justifié : à l’époque à la fin des années 50 début des années 60, alors qu’arrivait la télévision dans les foyers, qui ne comptait alors qu’une chaîne, il n’y avait que le noir et le blanc. La vie autour ne l’était pas mais la télé elle si.

Je le répète, je n’ai pas encore vu le film, mais de ce que j’ai vu de sa bande-annonce a l’air tout à fait passionnant, sur un sujet quasi inédit dans le cinéma français (sauf dans Carne qui l’évoque, réalisé en 1991), mais qui a connu ses figures légendaires, dont le fameux Santo à l’origine d’une série de films (dont Santo contre les Bêtes de la terreur/ Santo contra las Bestias del terror). Ces films tournés dans un esprit de série B à l’ancienne étaient très appréciés au Mexique avec ces affiches incroyables qui rappellent celles du cinéma populaire hindi et tamoul.

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Un mot sur le titre. Il peut paraître à rallonge, mais il dénote aussi un certain amour pour une poésie réaliste, à la Jacques Becker et surtout au polar noir, comme un roman qu’on découvrirait au fin fond d’une bibliothèque en passant la main sur une fine couche de poussière tout en ayant la révélation à la lecture du titre. Comme une évidence. Ce que rappelait d’ailleurs David Perrault dans ses interviews, et dont Telerama a brossé un joli portrait intimiste de cinéphile

Le synopsis du film

À Paris, dans les années 60. Victor, un soldat qui a été renvoyé de la Légion étrangère, se fait engager grâce à son ami Simon comme catcheur. Il sera « l’Équarisseur de Belleville » et devra combattre contre Simon, le « Spectre. » Les combats sont truqués et répétés pour être plus spectaculaires. Mais Simon, sentant le besoin de reconnaissance de Victor, lui propose d’échanger les rôles lors de leur premier combat, car sous leurs masques personne ne les reconnaitra.

Vous en avez lu beaucoup des synopsis comme celui-ci dans le cinéma français de ces cinq/dix dernières années ?

Je ne décrirai donc pas ce qui m’a plu ou non dans ce film, mais je relèverai cependant ce qui me semble être soigné visuellement, à savoir cette photo aux tons virant parfois au sépia, non pas par pur nostalgie (je ne le crois pas), mais pour montrer les deux faces d’une même pièce, et le jeu sur les images et les icônes qui semble en être tiré. Voici la bande-annonce du film

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Nos héros sont morts de ce soir (David Perrault, 2013)

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L’affiche lors de la présentation du film à Cannes, à la semaine de la critique en 2013

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David Perrault en interview à Cannes

Le film a eu l’honneur d’être présenté à Cannes et il recueille actuellement les avis d’une presse plutôt enthousiaste,  certains papiers étant  dithyrambiques comme celui de Critikat qui fait d’ailleurs référence à Georges Franju et au classique Les yeux sans visage dans son titre même s’il existe évidemment quelques canards qui n’aiment pas le film, ce qui est compréhensible. La presse généraliste et celle du sud en a aussi parlé dont La République des Pyrénées.  Il renvoie à une cinéphilie gorgée de références aux années 50, et même à la décennie précédente celle de The Set Up (Nous avons gagné ce soir)  par exemple, le film du genre préféré de David Perrault.

Mais aussi à Belleville, avec le personnage de l’Équarrisseur, et donc à l’univers ouvrier, au travail qui lui est rattaché et qu’ a bien connu le cinéaste. Le documentaire sur les abattoirs de la Villette, lieu hautement symbolique du monde ouvrier français de la seconde moitié du XXème siècle, aujourd’hui fermé,  intitulé Le sang des bêtes de Georges Franju est à ce titre particulièrement impressionnant. Ce film est visible en ligne et réservé à un public averti. On n’a jamais rien fait d’aussi puissant dans le genre ensuite.

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Une scène issue du film

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Un extrait du film

Un billet donc pour lancer un petit coucou à un jeune homme plein de promesses et lui souhaiter le meilleur pour l’avenir (je verrai ton film, je l’espère en Blu-ray) !

 

 

 

Fantasmes scopophiles

Fantasmes scopophiles dans Cinéma thedevilsfrench

La scopophilie est le plaisir ressenti à regarder des images, et donc in extenso des films. Pour cette raison, j’ai trois-quatre fantasmes scopophiles, c’est-à-dire des fantasmes liés à des films dont l’existence n’est plus à prouver mais dont la diffusion a été soit très limitée, y compris en vidéo, soit la sortie repoussée à maintes reprises, soit tombée dans la confidentialité ou coupée par la censure.

Avec l’explosion d’Internet certains films que l’on pensait perdus ont pu être récupérés et sont même visibles gratuitement. D’autres n’ont pas connu autre chose que l’exploitation commerciale en vidéo VHS, avant qu’un éditeur ne se décide à leur redonner une belle jeunesse (comme c’est le cas avec La Bouche de Jean-Pierre chez Badlands).

Mes trois fantasmes scopophiles sont A Gun for Jennifer, No Skin Off My Ass et Lola Montés. J’ajouterai un autre film, mais il me semble aujourd’hui difficile d’avoir la version intégrale, celle de Les Diables de Ken Russel qui semble perdue.

Le premier a encore redoublé ma curiosité quand j’ai lu dernièrement que Johell (qui a très récemment rendu un très bel hommage humide et explicite à Zara Whites, naturellement interdit aux moins de 18 ans) était parvenu à trouver un DVD en édition allemande sans sous-titres sur un site suisse. Cela signifie que ce film n’est donc pas introuvable, même s’il n’est toujours pas sorti en Zone 2 fr, et ce quasiment plus de quinze ans après sa première exploitation en salles, car le film est bien sorti dans la première quinzaine de janvier 1998 en France au cinéma.

Et depuis… rien, aucune annonce de DVD officiel (toujours en France), encore moins de Blu-ray. Ce film est donc particulièrement dur à trouver.  Plus récemment, le film de Todd Morris est passé à l’Etrange Festival de Paris, en anglais sous-titrée VF comme l’explique dans son papier Nio. Le film a provoqué une polémique à sa sortie en raison de son sujet et de sa violence (je ne l’ai pas vu je ne peux donc confirme ou infirmer)

Après avoir tué son mari psychopathe en Ohio, Allison fuit vers New York. La elle est sauvée d’un viol par un groupe de féministes activistes qui ont décidé de lutter contre les incessantes agressions envers leurs « sœurs » en assassinant ou castrant leurs cibles.  »

Il est question d’un style et d’un scénario radical, un film qui rappelle la mouvance initialisée au début des années 70 par les fleurons du cinéma dit de violence et vengeance illustré par La dernière maison sur la gauche de Wes Craven en 1973 jusqu’à I spit on your grave en 1978 qui connut  un excellent remake en 2009 .

L’affiche est assez provocante, surtout pour son accroche (« Les hommes morts ne violent pas »).

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Je suis quasiment certain que le film avait eu droit à un sujet sur Canal+, à une époque où le Quartier Interdit était la vitrine des expérimentations et des audaces de programmation de la chaîne dans la seconde moitié des années 90.

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Une image d’un DVD (officiel, collection Midnite Xpress Collection ?)

Le sujet et la crudité du propos me rappellent en tout cas un film français quant à lui, sorti en 2000 (au moment où fut révisée la loi X en France, le film ayant finalement été interdit aux moins de 18 ans après une première interdiction aux moins de 16), imparfait, bancal, mais qui soufflait aussi quelque chose de nouveau ou avec les intentions de faire dans le cinéma avec peu de moyens, de façon ostensiblement provocatrice, avec un jeu d’acteurs semi-amateur et beaucoup d’entrain : Baise-moi de Virginie Despentes. Film choc, que j’ai découvert en DVD avec une image bien granuleuse.

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Baise-moi de Virginie Despentes (2000)

A Gun for Jennifer (Todd Morris, 1997)

A Gun for Jennifer est sorti à peu près à la même période que d’autres films assez emblématiques d’un cinéma américain qui voulait s’éloigner des carcans de production hollywoodiens, indépendants dans l’âme, voire expérimentaux : Nowhere de Gregg Araki, deuxième volet de sa Teen Apocalypse Trilogy (trilogie de l’Apocalypse adolescente) après The Doom Generation, et Kissed (sur l’amour nécrophile). J’ajouterais aussi la belle curiosité hispanique Killer Tongue. Et dire que ces films sortaient peu de temps après le magistral Crash de David Cronenberg en 1996

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Nowhere

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Kissed

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Killer Tongue

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Crash

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Le deuxième film c’est No Skin Of My Ass de Bruce LaBruce qui a excellente réputation dans le cinéma indé/underground depuis sa sortie en 1991. Il s’agit de son premier film.

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Le réalisateur a tourné par la suite Super 8 1/2 puis Hustler White en 1996 qui reste un de ses films sinon son film le plus connu, diffusé lui aussi sur Canal +. Un film sur un prostitué de Santa Monica dont le héros tombe amoureux. Un des meilleurs films gay que j’ai vus.

5c3fa55d923c5d04d14b3017d58634cbHustler White (Bruce LaBruce, 1996)

Les avis à propos de son nouveau film Gerontophilia sont apparemment très enthousiastes, parlant de son plus beau film

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Gerontophilia

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No Skin off My Ass

J’ai vu plusieurs fois la VHS (s’agissait-il de la version originale sans sous-titres ?) au Virgin des Champs-Elysées, en 1998, mais je ne l’ai jamais prise. Il s’agit sans doute aujourd’hui d’une cassette collector.

Il est sorti en combo en Angleterre en DVD

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Le troisième film est celui de Max Ophüls, mondialement reconnu pour Le plaisir. Il est intitulé Lola Montés. C’est à lui que Jacques Demy rendra hommage en tourna son propre Lola en 1961, avant le triomphe populaire de Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort. Il a tourné Lola Montés qui devait sortir il y a plus d’un an en Blu-ray avant d’être repoussé de mois en mois. Cela tombe bien, il vient de sortir chez Gaumont, en Blu-ray.

Pas de test à l’heure actuelle de ce disque à ma connaissance, mais s’il reprend les mêmes caractéristiques techniques que celui édité par Criterion (au visuel superbe), ça annonce un grand disque, pour un film qui utilisa le format 2.55:1 abandonné peu de temps après au profit du Scope plus classique de ratio 2.35:1 utilisé couramment de nos jours.

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Il est question d’un des plus grands rôles de la carrière de l’actrice française Martine Carol qui connut bien des peines et des chagrins durant sa vie privée. Elle joua au théâtre et au cinéma et Lola Montés était pour elle le rôle d’une carrière. Un film apparemment emblématique dont je me suis réservé pour le moment la surprise des images, car je n’ai pas regardé de BA.

 

 

 

 

Irréversible, plus de dix ans après…

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Il y a un peu plus de dix ans sortait sur les écrans français un des films les plus décriés du cinéma contemporain, intitulé Irréversible, projeté pour la première fois à Cannes (où il était en compétition officielle) et dans les salles, le 24 mai 2002. Quand on se replonge dans le contexte politique et social de l’époque, on voit que le film sortait trois semaines seulement après le choc politique de l’élimination de Jospin au premier tour de la Présidentielle, et l’arrivée de Jean-Marie Le Pen pour la première fois de son histoire au second.

La France se réveillait alors avec la peur au ventre, l’artillerie lourde de la contestation descendant dans la rue une semaine plus tard, jugeant aussi en filigrane certains qui avaient voté FN en les considérant comme des fachos alors qu’ils étaient sans doute déçus du PS, du RPR et certainement pas racistes.

 dans FranceIrréversible, Gaspar Noé, 2002

Le film de Gaspar Noé reste un condensé de l’époque, un film symbolique de l’évolution d’un cinéma, de sa grammaire à son support (les effets spéciaux innombrables ont depuis permis au cinéma d’évoluer, les lettres utilisés dans le générique de début et de fin ont depuis été maintes fois réutilisées, etc) qui n’est nullement politique mais qui a généré des réactions absolument contrastées. Le film était en une des journaux, annonçait un parfum de scandale, était décrit comme parfaitement insoutenable, et surtout pointait du doigt la prétendue irresponsabilité du metteur en scène, et de ses comédiens, complices selon certains papiers et déclarations, d’une « immondice cinématographique ». Ce dont il se défendit.

Je l’ai découvert en salle, et cela a été une chance unique. Une chance de voir les réactions des spectateurs à mes côtés, y compris de celles et ceux qui partirent en cours de route. Je ne vais pas me lancer dans une analyse filmique de ce que je considère toujours comme un de mes cinq films préférés des années 2000, tous cinémas confondus. Je me rappelle comme si c’était hier de l’ambiance absolument électrique et de la nervosité qui parcourait l’atmosphère de cette petite salle à l’écran pas plus grand que trois ou quatre mètres, confinant néanmoins à une sorte d’intimité bienvenue.

De la polémique qui enflait quelques jours avant sa présentation à Cannes, et rares sont les films qui aient suscité autant d’attentes que d’inquiétudes. Pour l’anecdote, alors que j’étais devant le cinéma Montparnasse, à la station du même nom ce 24 mai 2002, je vis que la séance de 17 heures était annulée, pour une raison que j’ignore encore. Il me fallut donc me rabattre sur un petit cinéma de quartier dans la banlieue parisienne.

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J’avais écouté quelques interviews du cinéaste données le jour même. J’avais vu la bande-annonce, mais je n’oublierai je crois jamais ce moment où j’ai pénétré dans la salle, allant à trois rangées avant le dernier rang occupées par deux adolescentes qui plus tard, allaient déguerpir au bout de vingt minutes. Quand les lumières se sont éteintes j’ai su instantanément qu’un grand moment m’attendait, mais je ne m’attendais pas à être bousculé de la sorte.

J’ai connu finalement peu d’expériences aussi incroyables que celle-là, je dirais principalement Nowhere en octobre 1997, puis Salò en Juin 2002 au cinéma La Bastille avec un débat organisé autour du film en 1996, et Enter the void à Opéra en 2010 (séance durant laquelle un couple s’adonna à des plaisirs oraux et intimes à quelques mètres de moi au dernier rang).

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Le couple Cassel/Bellucci, couple à l’écran et à la ville en Une des Inrocks en Mai 2002

Irréversible est un film violent, ou plus exactement un film sur la violence. La violence faite aux femmes et aux hommes, avec ces instants durant lesquels tout bascule. Plastiquement c’est un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir, avec ce grain particulier (le tout numérique n’était pas encore utilisé, et la pellicule argentique était encore privilégiée) du 16mm Scope gonflé pour la sortie salles.

Le viol, à l’origine de la polémique (curieusement la séquence de l’extincteur a fait couler moins d’encre, même si elle est d’une violence inouïe) est en effet montré avec une caméra posée au sol qui tourne et montre l’horreur. Mais il n’y a pas de parti pris chez Gaspar Noé. Sa caméra est témoin et filme ce crime odieux en choisissant de ne pas couper.

C’est sans doute de cela que viennent les commentaires les plus enragés et les plus violents à propos du film, propos qu’on retrouvera sur les micro-trottoirs d’anthologie qui firent la une des journaux télévisés de 2002 alors que le film est lui-même anti-violent. La même polémique agita le film Les chiens de paille en 1971, film qui depuis est passé à la postérité. Ce qui était intéressant à voir et écouter, c’était les réactions des gens, de celui qui jurait de s’occuper personnellement de Gaspar Noé en le traitant littéralement de « merde », à celle qui était émue et trouvait le film grand par sa forme et son ambition. L’émotion l’emportait facilement devant la raison, surtout à la sortie d’une projection Cannoise aussi houleuse et mouvementée.

http://www.dailymotion.com/video/x8nyhp

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45622_17151Vincent Cassel, Monica Bellucci, Gaspar Noé et Albert Dupontel, lors de la projection officielle à Cannes, en 2002

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Gaspar Noé n’en était pas à son coup d’essai, et son cinéma est intrinsèquement marqué par la violence, mais aussi par une forme de romantisme, avec un arrière-plan social, économique dont celui de la France des ouvriers, des artisans confrontés à la séparation, comme dans le moyen-métrage Carne et surtout Seul contre tous, dont les dialogues autant que la mise en scène restent en mémoire durablement sur le quotidien d’un boucher chevalin seul tenté par les pulsions incestueuses, remarqué en 1998 à sa sortie et qualifié comme du Céline au cinéma.

Ce qui n’est pas le moindre des compliments quand on sait à quel point Céline a fait bouger les lignes dans la littérature et instauré un langage nouveau. La force d’Irréversible vient aussi de la bande-son, du travail sur les textures, sur le plan-séquence (le film est composé de plans-séquences qui se succèdent les uns aux autres avec des raccords invisibles), sur les matières, sur les couleurs (le rouge du tunnel utérin, le vert, le gris). Un film expressionniste qui cite Godard dans ses séquences de couple à la fin du film ou Etienne Daho et sa reprise de Mon manège à moi.

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http://www.dailymotion.com/video/x8mo3l

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Gaspar Noé multiplia les interviews sur place à Cannes, avec un premier reportage à la voix-off totalement à charge, et bien sûr en conférence de presse

http://www.dailymotion.com/video/x8nx8y

Journal télé France 3

http://www.dailymotion.com/video/x5grop

Conférence de presse 2002

http://www.dailymotion.com/video/x9kv4j

Photocall à Cannes

http://www.dailymotion.com/video/x36cdz

Réactions à la sortie de la projection officielle

La bande-annonce du film

http://www.dailymotion.com/video/xpwgta

Irréversible

Quand le film est sorti en DVD -le Blu-ray n’était qu’un fantasme-, un an plus tard (à l’époque la sortie d’un film après son exploitation en salles était de huit à douze mois minimum), j’ai eu beaucoup de mal à revoir la scène de l’extincteur qui m’avait terrorisé en salle à la première projection au point que j’avais failli sortir de la salle et m’étais agrippé  à l’accoudoir de mon siège. J’ai mis six mois avant de pouvoir la revoir en entier.

Idem pour celle du viol. Mais l’intelligence de la mise en scène est de commencer dans les ténèbres avant de se conclure par la lumière des rires et des jeux d’eaux aux côtés des enfants dans un parc, sorte d’Eden perdu mais qui le temps d’un instant fige un moment de grâce. Et rétrospectivement, savoir qu’aujourd’hui un des couples les plus célèbres du cinéma français, célébré à la sortie d’Irréversible puis des années après, vient de se séparer redonne rétrospectivement un goût assez étrange, comme un absolu qui ne peut durer éternellement.

Pour mieux comprendre les motivations et les influences diverses de Gaspar Noé, Arte avait consacré un très bon numéro au cinéaste en deux parties

http://www.dailymotion.com/video/xb2ua

http://www.dailymotion.com/video/xb2ou

Et aussi le Cabinet des Curiosités exercice auquel il se prêta volontiers

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La vie d’Adèle : la première bande-annonce

La vie d'Adèle : la première bande-annonce dans Cinéma la-vie-d-adele

Le film d’Abdellatif Kechiche (La faute à voltaire, L’esquive, La graine et le Mulet, Vénus noire) sortira en salles le 9 octobre, avec une interdiction aux moins de 12 ans. Il sera ensuite distribué aux Etats-Unis où le comité de classification américain lui a réservé une interdiction aux moins de 17 ans, en raison de son « contenu sexuel explicite ».

La Palme d’Or 2013 du festival du Cannes avait su séduire le jury présidé en mai dernier par Steven Spielberg.

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La vie d’Adèle

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