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La bouche de Jean-Pierre chez Badlands : Le DVD

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Il fût un temps où la télévision (même payante et cryptée) proposait des moments forts, des moments de découvertes cinématographiques, un espace audacieux, par le biais de ses émissions. Ce fut le cas en 1998, quand Nicolas Boukhrief (futur réalisateur de l’excellent Le Convoyeur) proposait dans le cadre de son Ciné Club sur Canal +, le moyen-métrage de Lucile Hadzihalilovic, La Bouche de Jean-Pierre.

Dix sept ans plus tard, le film est édité pour la première fois de son histoire en DVD, après être sorti sur support VHS. Ce qui lui permet de trouver une seconde vie par le biais de la vidéo. C’est avec une vraie curiosité et une vraie envie de redécouverte que j’ai donc acheté cette version, d’après un nouveau master supervisé par Lucile Hadzihalilovic et Gaspar Noé eux-mêmes. C’est l’occasion de (re)voir ce film emblématique qui marque les premiers pas au cinéma après le court-métrage La première mort de Nono en 1987, de la future auteure et réalisatrice d’Innocence.

Ce qui frappe d’abord en le regardant dans des conditions optimales compte tenu des limites du supports DVD (ici pleinement exploité), c’est l’absolue modernité du propos et la science géniale du montage et du découpage. D’un point de vue technique le film demeure impressionnant. Il n’y a quasiment pas un plan à jeter ou en trop.  Durant le tournage, Gaspar Noé assura le cadre et cela se voit : c’est à la fois techniquement hyper solide et parfois marqué par la propre inspiration du cinéaste sur Carne et Seul contre tous (caméra qui pivote à 360°, raccord dans l’axe, et un plan en début de film qui rappelle ceux de Seul contre tous quand la caméra effectue un pano très rapide).

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Mimi et Jean-Pierre, deux des personnages principaux de La Bouche de Jean-Pierre (1996)

Ce qui marque également et qui m’avait impressionné à l’époque déjà lors du visionnage sur Canal +, c’est la force du propos, l’audace de le mettre en images tout en faisant preuve d’un immense tact et d’une grande pudeur. LA scène entre Jean-Pierre et la petite Mimi, seuls dans l’appartement, cadrés en plan large fait encore son effet, non pas parce qu’elle serait simplement scabreuse, mais parce qu’elle laisse l’horreur de l’acte s’installer dans un cadre banal en osant le filmer sans recourir à une surenchère. C’est le côté pile de Lucile Hadzihalilovic, son regard féminin, lequel comme elle l’explique dans les suppléments, a parfois senti qu’elle était peut-être sur le point d’aller trop loin, mais qu’elle voyait aussi dans le jeu de cette actrice de 10 ans une force de caractère peu commune. La Bouche de Jean-Pierre, drame de la vie ordinaire dans une ville de banlieue parisienne est aussi un des témoignages cinématographiques les plus forts de cette période, le milieu des années 90 qui voit monter la peur xénophobe (la scène incroyable de l’ascenseur pris par Jean-Pierre au milieu de voisines parlant arabe, avec ce gros plan sur une oreille qui dit tout alors que lui reste muet mais rumine déjà son ressentiment, tout en menaçant plus tard physiquement les mêmes qui ne font pas de mal à une mouche), qui décrit cette peur ou ce rejet de l’autre tout comme un quotidien somme toute difficile dans un cadre qui semble pourtant a priori calme et accueillant.

«  Elles sont jolies tes poupées. »

Le personnage de Jean-Pierre dans La Bouche de Jean-Pierre (1996)

Une des scènes-clés du film : Jean-Pierre, le « héros » de l’histoire au milieu de voisines qu’il ne peut supporter du fait de leurs origines.

Mais voilà, le grain de sel dans la mécanique de cette histoire de tentative de suicide d’une mère larguée par son amant, c’est le portrait d’un homme qui refoule dans un premier temps ses pulsions, d’une tante envahissante et maniaque sur les détails et d’un environnement qui n’est pas des plus agréables, en dehors d’un cadre familial déjà étouffant. Le choix du format Scope 16mm a été inspiré par Star Suburb (court-métrage de Stéphane Drouot toujours inédit en DVD), et il propose paradoxalement un étouffement encore plus grand pour la petite Mimi, confinée, seule, à l’écart, que Noé cadre d’ailleurs parfaitement par la lumière verte dans une sorte de petite chambre ouverte sur l’espace minuscule du salon, mais fermée au regard des autres par un léger rideau.

Heureusement Lucile Hadzihalilovic ne cache rien des sentiments vécus, du poids de cette tante sur ses épaules de gamine, et du trouble, immense, prégnant, mais indicible de ces enfants victimes d’abus sexuels. Il était important aux yeux de la réalisatrice d’aborder un sujet tabou. J’ai redécouvert cette scène à la fois détachée de la tonalité du reste, et qui s’inscrit en même temps dans cette logique de rejet viscéral de l’autre : celle des musiciens, quand Mimi sort de l’appartement et s’en va rejoindre des hommes beaucoup plus inoffensifs que ne le sera plus tard Jean-Pierre au moment où la tante part en le laissant seul avec sa nièce une après-midi. Il y a dans La Bouche de Jean-Pierre la force du propos de Carne sans la violence physique et visuelle de ce dernier, et une originalité de ton quasi inédite pour son époque et rarement atteinte depuis. Et bien que le rythme soit volontairement lent, le charme vénéneux de ce film vient en grande partie de la qualité de son interprétation comme de sa mise en scène.

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La Bouche de Jean-Pierre par la rigueur de sa mise en scène annonce Seul contre tous (Gaspar Noé en cadrant un jour sur le film de Lucile Hadzihalilovic sera amené à cadrer pour le sien le jour d’après), par la précision de son montage, de son éclairage (Dominique Colin à l’oeuvre chez les deux cinéastes, est un directeur de la photo génial) surprend, continue aussi d’étonner par sa force tranquille, par sa douleur sourde, son angoisse et une forme de beauté aussi mystérieuse que conquérante : il est de ces moyens-métrages qui changent le cinéma français, le modernise instantanément.

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Bande-annonce proposée par Badlands (et 1kult).

Le DVD de Badlands.

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La jaquette du DVD, en tous points fidèle à celle d’origine (©Badlands)

318768956_640Capture d’écran du générique de début du film.

C’est la jeune et enthousiaste équipe de Badlands qui prend l’initiative heureuse et plus que bienvenue de sortir ce moyen-métrage en DVD, dans une édition limitée à 1000 exemplaires (qui deviendra par conséquent forcément collector à un moment ou un autre). Le site 1Kult et Sylvain Perret en particulier se sont associés pour promouvoir la sortie de ce premier DVD qui en appelle d’autres. Comme Le Chat qui fume il y a quelques années, voici un éditeur à suivre. En regardant les bonus présents sur le disque, on voit très nettement la différence entre les images originales (celles de Canal à l’époque de sa diffusion télé ?) vues dans le document Les amis de Jean-Pierre et celles du DVD qui ont profité d’une restauration, avec retouches à la palette et autres dispositifs visant à gommer certains artefacts, points blancs, tout en conservant le grain caractéristique d’un format déjà très original en soi. Le film se lance à partir d’un menu animé et sonore. C’est aussi une belle présentation, après celle permettant de lire le synopsis original présenté sous un format rectangulaire de couleur jaune (en respectant l’affiche originale). D’ailleurs, la jaquette du DVD elle-même reprend le visuel d’époque (typographie et design). Quand on voit le nombre de films qui sortent en DVD et Blu-ray avec des nouvelles compositions graphiques, parfois beaucoup moins heureuses, c’est déjà un excellent point.

Image : Un format 2.66:1 Scope 16 mm d’origine respecté. Un format proposé ici en 16/9, plus large encore que ne le sont les films qui furent tournés dans les années 50 et 60 en 2.55:1 dont Brigadoon par exemple, avant que le format 2.35:1 ne le remplace, donnant un aspect de confinement vertigineux alors même que ce format ferait des miracles pour filmer des grands espaces. C’est un choix technique et artistique qui convenait surtout parfaitement aux deux auteurs que sont Hadzihalilovic et Noé, en référence à Star Suburb, mais aussi parce que c’était une solution économique. Le rendu de l’image est saisissant, compte tenu une fois de plus des limites techniques du support. L’image conserve bien heureusement son grain d’origine, mais surtout la compression est invisible, le détail est là (textures, profondeur de champ, rendu naturaliste ou impressionniste des couleurs, particulièrement le jaune et le vert mis très largement en avant durant tout le film et qui ne bavent jamais). On ne peut pas faire mieux, à moins de passer en HD, mais en l’état c’est la meilleure copie du film à ce jour et c’est un excellent travail de restauration.

Son : Le mixage en 2.0 d’origine français a été conservé lui aussi et il est d’une clarté parfaite. Son cristallin, spatialisation riche et principalement mise en avant lors des passages les plus planants du film (arrivée finale à l’hôpital, panoramiques rapides, bruits éparses ou insistants d’éléments de décor). Là encore, du travail d’excellente facture qui permet de mettre principalement à l’honneur les dialogues et l’ambiance sonore. Seul bémol : pas de sous-titres français pour sourds et malentendants mais des sous-titres anglais. Les deux auraient été encore mieux.

Les bonus sont très intéressants et montrent un véritable investissement en terme de politique éditoriale. Il ne s’agit pas véritablement de sortir un film de l’oubli dans lequel il aurait été plongé depuis des années, mais de permettre au public de le (re)découvrir aujourd’hui dans les meilleures conditions, accompagné d’anecdotes croustillantes, techniques, amicales et parfois même touchantes.

  • Les souvenirs de Jean-Pierre (35 min) est un documentaire dans lequel les actrices et acteurs du film se souviennent de l’ambiance de tournage beaucoup plus chaleureuse que ne l’est le film dans sa teneur. Des anecdotes nombreuses, et surtout le sentiment que le film les a marqué individuellement, pour des raisons parfois personnelles (Sandra Sammartino n’avait que dix ans et tourner une scène comme celle de la douche devant un adulte était loin d’être évidente) ou collectives (la projection à Cannes comme récompense de trois années d’efforts, l’obtention du Prix Très Special). Surtout, ce bonus nous permet de voir des images du tournage du film, Noé manipulant la caméra, Colin s’occupant de la lumière tandis que les acteurs se meuvent dans le décor loué pour l’occasion. Indispensable.
  • Les amis de Jean-Pierre (52 min) est essentiellement axé sur les réflexions de journalistes, amis et techniciens de cinéma qui sont devenus par la suite réalisateurs comme c’est le cas pour Fabrice du Welz. Boukhrief fut en effet le premier à le programmer et il indique qu’il s’agit pour lui d’un film qui a changé le cinéma français à sa sortie. Le film était également sorti au Japon comme un long-métrage, chose qui serait rarissime de nos jours, surtout à une époque où les cinémas affichent vingt films par semaine. Intéressant, bien que les Souvenirs me semble être un document fondamental par ses rares archives et les interventions de la réalisatrice et des techniciens autour du film.
  • Le DVD propose également le court-métrage pornographique Good boys use condoms (6 min). L’histoire, cadrée toujours en Scope par Noé d’un jeune homme qui se retrouve au lit avec deux sœurs jumelles. Il changera de préservatif entre chaque rapport jusqu’à la montée de l’orgasme. Conçu à l’époque pour une campagne de promotion du préservatif et de lutte contre le Sida. De son côté, Noé réalisera Sodomites avec Coralie et Marc Barrow.  Un film toujours aussi beau et sensoriel, qui mettait en avant deux jeunes actrices de la fin des années 90, célèbres pour avoir tourné dans quelques productions Private.
  • On retrouve également la Bande-annonce du film Innocence, film que j’avais vu et apprécié à sa sortie en salles en 2004. Les prémisses de ce film sont déjà là dans La Bouche de Jean-Pierre.
  • Dommage qu’il n’y ait pas le document qu’avait réalisé 1kult montrant la restauration sur le film à l’oeuvre. 1kult l’avait pourtant mis en ligne sur son site.

Une excellente première galette et un galon d’essai qui mérite les éloges pour permettre aux fans et aux curieux de découvrir ce moyen-métrage qui a compté et continue de le faire, en influençant de jeunes cinéastes.

 

 

 

 

 

 

Le cinéma d’Eric Rohmer

Le cinéma d'Eric Rohmer dans Cinéma affiche-conte-d-ete

J’ai découvert le cinéma d’Eric Rohmer une première fois en 2006 avec un de ses films les plus connus, en tout cas un de ses plus célébrés, Ma nuit chez Maud sorti en 1969. Tourné en noir et blanc avec  Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian qui interprètent les rôles principaux, il s’agit d’un de mes films français préférés avec La règle du jeu de Jean Renoir et Vivre sa vie de Jean-Luc Godard.

RulesChristineOctaveGeneraa%255B1%255D dans CinémaJean Renoir, second à partir de la gauche, dans La Règle du Jeu (1936)

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Anna Karina dans Vivre sa vie (1962) de Jean-Luc Godard

 Ma Nuit chez Maud convoque le philosophe Pascal, la religion, et le thème universel de l’amour en un époustouflant croisement de destins personnels. Je n’ai découvert la suite de sa filmographie que trois ans plus tard, non pas par hasard, mais en allant rechercher quelques infos sur le net et découvrant ainsi des titres qui me donnaient tout simplement envie d’en connaître plus après la première rencontre très forte de son univers.

ma-nuit-chez-maudMa nuit chez maud (1969)

La première chose à faire, c’est peut-être celle de désacraliser l’idée d’un cinéma inaccessible au commun des mortels, trop verbeux, voire sombrant dans le verbiage dès les premiers dialogues. Ce n’est pas du tout le cas, et si Ma nuit chez Maud est peut-être (sans doute ?), le plus philosophique de ses films, il n’est pas pour autant dur d’accès, et ce sans même avoir lu une ligne d’un texte de Pascal. Le cinéaste français est souvent dans ses films allé à l’essentiel, celle de la rencontre, celle de la fameuse maxime Hitchcockienne qui consiste à dire qu’un garçon rencontre une fille (boy meets girl). Sur cette thématique principale, le cinéaste au long d’une carrière d’une cohérence absolue, a vogué entre le marivaudage (Marivaux n’est jamais très loin), la candeur de ses jeunes interprètes, la tentation de l’adultère (rarement consommée à l’écran car les personnages sont tentés par l’adultère mais reviennent souvent leurs décisions et leurs amours premières), le triangle amoureux, les rencontres fortuites en apparence qui révèlent pourtant des personnalités et changent le cours de la vie.

Marivaux une des influences de Rohmer

Rohmer a comme Balzac, dans une moindre mesure, dépeint la Comédie humaine qui fait du genre humain, à la fois quelque chose de fascinant et de fondamentalement complexe. Les exégèses sont trop nombreuses sur ce cinéaste pour que je m’y risque, ce n’est pas mon intention première. Son cinéma a néanmoins au cours de sa longue et riche carrière posé les bases de La Nouvelle Vague à laquelle il a appartenu (comme Truffaut, Godard et Rivette), en inventant son langage formel et cinématographique à lui, littéraire par bien des aspects, mais jamais hermétique, pédant ou sophistiqué pour le seul plaisir de l’être et de l’être pour une seule élite. Je reste convaincu que le cinéma de Rohmer est accessible au plus grand nombre. Du cinéma populaire même si au premier abord on pourrait être amené à penser le contraire.

gerard-depardieu-dans-les-valseusesLe duo terrible Depardieu-Dewaere dans Les Valseuses (1974).

Ce qui me séduisit puis me frappa dans Ma nuit chez Maud, c’est la direction d’acteurs au millimètre, et la diction qu’il fait prendre à ses comédiens. Je ne connais que très peu d’autres exemples de cinéastes dont l’univers au niveau des dialogues est reconnaissable immédiatement à la façon qu’ont les acteurs de se mouvoir dans le cadre (son cinéma est un cinéma du mouvement, de la parole mais aussi des voyages, que ce soit en Bretagne comme sur Paris et sa couronne ou sa banlieue, à l’image de Cergy) et de dialoguer. Des dialogues ciselés, riches, qui font monter la sauce Rohmérienne. Parfois de façon volontairement théâtrale, parfois de façon intime. Les films étaient très écrits, les comédiens s’appropriaient le texte. Il n’y a guère que chez Bernard Blier que je retrouve cela. Le métré, la rythmique, le phrasé, et bien sûr les interprètes qui sont symboliques de l’univers de l’un et l’autre. Depardieu, Dewaere, Carmet, Blier père chez Blier. Depardieu n’est jamais aussi bon que chez lui, jamais aussi volubile tout en ayant sa capacité à faire claquer, valser, danser les mots et les verbes. Pour moi le verbe Rohmérien danse, caresse, puis stupéfait par sa beauté. Blier lui me faire rire aussi pour d’autres raisons dont celle de l’insolence.

conte-d-eteAmanda Langlet aux côtés de Melvil Poulpaud dans Conté d’Eté (1995), le chef-d’oeuvre des années 90 d’Eric Rohmer

Après ce coup de foudre pour Ma nuit chez Maud, il y eût les errances de Gaspar dans le solaire, lumineux, enthousiasmant Conte d’Eté qui permet à Amanda Langlet d’avoir un de ses plus beaux rôles au cinéma (actrice qu’il retrouve des années plus tard avec Triple Agent). Il y a ces longues ballades sur la plage filmées en plans-séquences ou en longs-travellings. Il y a ces figures féminines que Rohmer se plaît à croquer avec la science du metteur en scène qui sait découvrir des talents précoces, et cette énergie de fin d’adolescence, début de l’âge adulte qui rappelle forcément quelques souvenirs adolescents qui nous sont propres : l’indécision éternelle de ce Gaspard (admirable Melvil Poulpaud jamais aussi beau que dans ce film) qui ne sait choisir entre deux filles, attiré vers l’une puis l’autre tout en continuant à jouer de la musique. Paroles et musiques se combinent et se fondent dans ce qui est sans doute le film le plus rafraîchissant de sa période années 90. Les atermoiements de Sophie Renoir dans L’ami de mon amie en 1987 m’ont tout autant séduit.

conte-d-ete-1996-tour-01-gEric Rohmer entouré de ses comédiens sur le tournage de Conte d’Eté (1995)

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Un livre sur le film Conte d’Eté

ami-de-mon-amie-87-tou-01-gUne image de tournage de L’ami de mon amie (1987)

18395963Sophie Renoir à gauche, une des deux principales comédiennes du film l’Ami de mon amie (1987)

Cergy ville nouvelle y est croquée par l’œil d’architecte du cinéaste. En une semaine, en 2009, au printemps, je dévorais quelques sept ou huit films, sans me lasser de cet univers. Rohmer avait réussi son pari : nous intéresser puis nous émouvoir quant aux histoires sentimentales de ces jeunes femmes de la vie parisienne mais pas que. Car Rohmer tourne en région, en Province, quitte la capitale et nous embarque en vue subjective dans les voitures, filme la campagne, les villages, tourne très vite entouré d’une petite équipe technique et d’assistants. C’est le cas par exemple avec L’arbre, le Maire et la Médiathèque, très bonne comédie avec Fabrice Luchini. Un Fabrice Luchini auquel Rohmer fut le premier à véritablement lui donner sa chance, lorsqu’en 1970 il tourne Le genou de Claire, un de ses films que l’on peut aisément recommander pour se familiariser avec le cinéaste. Il y incarne un jeune homme blond insaisissable qui joue dans une courte séquence. Mais le style, le verbe de l’acteur sont déjà là, prêts à éclore. Le cinéma de Rohmer lui permettra de les parfaire, de les rendre uniques. Il rendra célèbre les comédiens Pascal Greggory, Arielle Dombasle, Béatrice Romand, qui ont démarré chez lui.

 » Tout être vit dans l’incomplétude. Et c’est seulement l’amour qui lui permet de se réaliser pleinement « .

Eric Rohmer, Pauline à la plage (1983)

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Jean-Claude Brialy aux côtés du débutant Fabrice Luchini dans Le Genou de Claire (1971).

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Jusqu’à son dernier long-métrage Les amours d’Astrée et de Céladon adapté d’un des plus vieux et longs romans français (3400 pages) Rohmer ne cessera de filmer la jeunesse aventureuse, la jeunesse capricieuse, avec malice et attachement. La dernière séquence du film en porte la signature dans la désinvolture comme dans l’insouciance  insolente. On jurerait qu’un jeune metteur en scène de 30 ans a signé ce film alors qu’à l’époque il en a 86. Il n’y a guère que deux moments que je n’aime pas dans sa filmographie : La colllectionneuse en 1967, un film que je déteste pour ses interminables palabre et de goût étrange de pédanterie exacerbée qu’il me laisse, et dans une moindre mesure Les nuits de pleine lune que je trouve très moyen ainsi que Le Rayon Vert auquel je n’ai pas accroché. Il me reste à découvrir Triple Agent, La Marquise d’O, L’anglaise et le Duc, Perceval le Gallois. Il nous a quitté au début du mois de janvier 2010 à 89 ans, en laissant une empreinte indélébile dans le cinéma français et dans le cinéma tout court.

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18784858Le superbe testament de Rohmer, Les amours d’Astrée et de Céladon (2007).

 

Mes films préférés du cinéaste :

  1. Ma nuit chez Maud
  2. Le genou de Claire
  3. Conte d’Eté
  4. Les amours d’Astrée et de Céladon
  5. L’ami de mon amie
  6. Quatre aventures de Reinette et Mirabelle
  7. Les rendez-vous de Paris
  8. La femme de l’aviateur
  9. Le signe du Lion
  10. La Boulangère de Monceau
  11. Conte de Printemps
  12. Le beau mariage
  13. Pauline à la Plage
  14. Conte d’Automne
  15. Les nuits de la pleine lune
  16. Le Rayon vert
  17. La collectionneuse

Vanishing waves : en salles le 29 Mai

Vanishing waves : en salles le 29 Mai dans Cinéma a

Parmi toutes les sorties cinéma du mois de Mai (en France), et alors que celles-ci devraient être plus nombreuses encore en raison de l’évènement Cannois avec des projections simultanées à la présentation au festival, une a retenu mon attention. Toute mon attention. Ma curiosité a vu tous ses compteurs exploser quand j’ai découvert les images du premier long-métrage de Kristina Buozyte, lituanienne, qui parvient donc à se créer un chemin dans les salles obscures françaises. Rappelons qu’il y a un film lituanien (La légende de Tadas Blinda) qui est sorti en vidéo, DVD et Blu-ray, mais que les films à sortir en salles eux sont extrêmement rares. Et vous pouvez découvrir la musique lituanienne par ici également

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vanishin-620x435Images tirées du film Vanishing Waves (2012)

Le film de Kristina Buozyte s’intitule Vanishing Waves ou Aurora en version originale. Je ne le découvrirai qu’en Bu-ray, mais il m’a tout l’air d’être un film très atypique, à la photo, ambiance, bande-son très travaillées. Une œuvre de science-fiction et comme je l’ai lu quelque part sur le net, la rencontre entre Kubrick et Noé. Espérons que le poids des références ne soit pas trop lourd à porter, mais il y a références moins prestigieuses.

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Aurora_int-1La réalisatrice du film Kristina Buozyte

Il y a deux bandes-annonces avec deux bandes sonores différentes. Sur la première, il s’agit de la musique du film Sunshine de Danny Boyle, composée par John Murphy. Sur la deuxième celle de la BO originale composée pour la sortie lituanienne.

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L’interview de la réalisatrice

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Le voyeur (1960) de Michael Powell : A quand le Blu-ray ?

Le voyeur (1960) de Michael Powell : A quand le Blu-ray ? dans Cinéma Peeping%2BTom7

Tout a été dit sur ce film emblématique de la carrière du cinéaste Michael Powell associé à Pressburger durant la fin des années 40 et qui réalisèrent ensemble des films aussi célèbres que Les Chaussons rouges (qui inspirera Darren Aronofsky et son Black Swan) ou Le Narcisse Noir. Ensemble ils ont tout simplement contribué à moderniser le cinéma par les histoires et la réalisation, comme Hitchcock. Leurs films furent reconnus en leur temps, aujourd’hui de nouveau célébrés, projetés à la Cinémathèque, bref dans tous les temples de la cinéphilie mondiale. Oui mais voilà, il y a un manque en France, un oublié (question de droits ?), et cet oublié, c’est ce film que Martin Scorsese contribua très largement à faire connaître, alors même qu’il fut interdit en Angleterre des années (tout comme le sera après lui Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper). Ce film, c’est Le Voyeur, Peeping Tom en version originale, réalisé en 1960. Tout a été dit sur ce film, qui précipita la fin de la carrière de Powell, qui réalisait ici un chef-d’œuvre. Le chef-d’œuvre maudit de sa carrière. La presse massacra le film dès sa sortie, traitant le réalisateur de tous les noms et son film n’échappa pas à la même virulence, en étant tout simplement censuré et non diffusé.

 » Mark Lewis (Carl Boehm) est un jeune homme profondément perturbé. Armé d’une caméra, il arpente les ruelles de Soho à la recherche de prostituées et celles qui acceptent de monter avec lui malgré son évident penchant scoptophile, deviennent ses nouvelles victimes. En effet Mark continue à les filmer et enregistre leurs cris de détresse alors qu’il approche de leurs gorge l’un des pieds de l’appareil transformé en pointe acérée. Il se projette ensuite en boucle les images de ces films, observant attentivement les regards effrayés de ses actrices d’infortunes, leurs bouches béantes criant la peur et la souffrance lorsque la pointe de la caméra s’approche de leur chair. »

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Le dispositif révolutionnaire de mise en scène conçu par Powell : la vue à la première personne avec un format carré. Réalisateur et acteur se confondent. Le même type de format sera de nouveau utilisé dans la séquence finale de Salò ou les 120 journées de Sodome (1975)

Le public ne pourra juger sur pièce, privé de l’œuvre d’art. S’introduire dans la pensée, en appeler à Freud et confronter l’univers paternel à celui de l’enfance, ce sont parmi les richesses phénoménales de ce film aux qualités plastiques renversantes, qui invite dès sa séquence d’ouverture, à partager  le point de vue intérieur. On suit le personnage principal avec une caméra embarquée filmant à la première personne. Nous sommes à la place du voyeur et nous voyons ce qu’il fait comme si nous le faisions à sa place. Trente ans plus tard, le jeu vidéo inventera le FPS, jeu de tir à la première personne, mais c’est ce film qui l’inventera. Une séquence d’ouverture qui suit le personnage principal, le dit Mark Lewis, suivre une prostituée de rue jusqu’à sa chambre et la tuer. Le ton est donné : la névrose le dispute au sexe et à la violence. Un cocktail explosif qui laissera suite à une exploration profonde, raffinée, troublante, érotique de la personnalité de cet anti-héros de ce cinéma qui fait de Michael Powell le réalisateur de l’angoisse mais aussi celui de la peinture des mœurs de son époque. Le coup d’éclat vient également de l’interprétation habitée de Carl Boehm, habitué des productions autrichiennes, en particulier Sisi  ! Difficile de penser virage artististique plus radical  !

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Je me rappelle précisément la première fois que j’ai découvert Le Voyeur. Le film passait sur Arte, en deuxième partie de soirée, et j’avais été attiré, du haut de mes quinze ans et demi par le sigle rouge (restriction aux moins de 16 ans) de Télé Poche. Et j’avais très envie de le découvrir, en cachette évidemment. A la fin du film, je n’avais pas aimé et étais totalement passé à côté des thématiques du film, plus riches qu’elles n’en ont l’air, de l’esthétique, du côté ambivalent du personnage, de sa relation à son père. Bref, j’étais sans doute trop jeune et avec le recul, je suis certain que je n’étais pas disposé à le voir et à l’aimer tout de suite. Aujourd’hui il fait partie de mes dix films préférés toutes époques confondues. J’en admire chaque plan, chaque mouvement de caméra, et chaque scène. Le Voyeur est un film de fou de cinéma (Powell, cinéaste exigeant et perfectionniste, dont Scorsese rendra hommage en sortant ce film de l’oubli et du mépris dans lesquels il avait été plongé durant des années), que certains ont aussi vu comme une bobine scoptophile : le plaisir des images et la nécessité d’en regarder pour obtenir une satisfaction, qui pour certains vire au fétichisme. Le voyeur est un immense film non seulement sur le regard, un portrait admirable d’un homme à double tranchant, mais aussi et surtout une leçon de mise en scène et de mise en abîme du cinéma : ce que vous voyez est mis en scène mais le réalisme le fait passer parfois pour du documentaire.

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Peeping-Tom-3-1024x619L’objet des fascinations et de certaines névroses de Mark Lewis : la caméra et son utilisation.

Hier, je regardais l’émission La grande librairie sur Arte durant laquelle les invités parlaient de Proust, de son influence, de son génie, du chef-d’œuvre A la recherche du temps perdu (Goncourt 1919 avec A l’ombre des jeunes filles). Ils expliquaient en quoi la lecture de Proust pouvait aider à la lecture de Freud, et en quoi les deux parlaient du même thème (l’enfance) avec des expressions et une approche différentes : la psychanalyse pour l’un, la littérature pour l’autre, tout en révolutionnant les deux disciplines. Powell avec Le Voyeur révolutionne le cinéma en faisant de son film un film de genre et une œuvre immensément universelle (la filiation, le désir, la pulsion de vie et de mort, l’amour). Il a été analysé, décortiqué, maintes et maintes fois. Ce n’est pas l’objet de ce papier. Il y a dans ce film deux scènes fantastiques, parmi d’autres. Elles ont pour personnages principaux deux prostituées. Tout les oppose : physique et sort. L’une est assassinée, l’autre non. On pourrait se dire que Powell déteste la prostitution, la porte en horreur au point de faire de son premier crime un crime à la fois passionnel et revanchard. La prostituée y meurt sous l’assaut fatal d’une caméra armée d’une pointe (idée géniale), durant laquelle Mark Lewis filme l’agonie d’une personne censée lui procurer du plaisir sexuel. Mais Powell inverse ce constat lorsqu’il parle et filme une autre prostituée, brune quant à elle, cicatrice à la lèvre supérieure de la bouche que Mark Lewis écoute, et qu’il laisse en vie, parce qu’elle le touche par ses mots. Il ne la tuera pas et l’aimera intérieurement, non pas de cet amour physique, mais de celui d’une personne envers une autre, pour ce qu’elle est, une femme avant tout. C’est une des plus belles scènes du cinéma.

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Peeping_Tom(2000)Le personnage de la jeune prostituée dans Le Voyeur (1960) de Michael Powell

peeping-tom-LST080714L’arme fatale du voyeur : sa caméra.

La bande-annonce :

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La séquence d’ouverture du film avec les célèbres répliques :

« Pour quel journal travaillez-vous ? »

« Je vous demande pardon ? »

« Pour quel journal travaillez-vous ? « 

« Oh, pour..The Observer« .

Toujours réservé à un public averti en raison de la violence de certaines scènes, Le Voyeur ne connaît toujours pas d’édition Blu-ray en France, alors que Studio Canal avait sorti un DVD remasterisé. L’ironie veut que ce soit en Angleterre qu’il soit sorti. C’est un des films que j’attends le plus sur ce support. Les chefs-d’œuvre sont éternels.

J’ai pleuré !

J'ai pleuré ! dans Cinéma 261834_large

Selon la formule consacrée, il ne faudrait pas que les jeunes garçons voire les adultes masculins pleurent. On entend encore des mères de famille indiquer aux garçons qu’ils doivent rester forts et que pleurer est le signe d’une faiblesse, que cela est réservé aux filles. Je m’insurge ! Pleurer est une émotion naturelle, et pour quelle raison devrait-on la blâmer et la brimer à 5, 15 ou 55 ans ?

En me remémorant les souvenirs de cinéma, j’ai identifié dix films qui avaient fait forte impression en moi et m’avaient donc laissé les larmes aux yeux. Pour des raisons majoritairement positives : j’avais adoré, avais été touché, et avais trouvé ces films tout simplement beaux. Les larmes n’avaient pas forcément la même signification, mais elles répondaient au seul sentiment que j’espère ne pas éprouver quand je découvre un film, une musique, une pièce de théâtre ou lit de la littérature : être indifférent.

Et surtout j’espère qu’il y en aura d’autres !

 dans CinémaLove Story

Voici une liste non exhaustive des films qui m’ont fait pleurer, chronologiquement parlant. Je n’en ai nulle honte. Et j’espère être touché de la sorte dès qu’une occasion se présente, qu’elle soit artistique ou non.

  • Love Story
  • Carrie au Bal du Diable
  • Fucking Åmål
  • Irréversible
  • Massacre à la tronçonneuse
  • Kuch Kuch Hota Hai
  • Harvey Milk
  • Rab Ne Bana Di Jodi
  • Defendor
  • Hasta la Vista

J’ajoute que je n’ai pas pleuré à la fin de Lost in Translation, mais que j’ai entendu des raclements de gorge et quelques nez mouchés à la fin de la séance.

rab-ne-bana-di-jodiRab Ne Bana Di Jodi, 2008

Love Story (Arthur Hiller, 1970)

L’histoire est connue. Celle de deux jeunes gens que tout oppose (elle est pauvre, il est issu d’une famille aisée). Elle est touchée par la maladie et lui l’accompagne jusqu’à son dernier souffle. Les parents s’interposent, les relations sont compliquées. Le roman et le film ont remporté un immense succès. Ali McGraw est formidable, le jeune débutant Ryan O Neal (qui explosera dans Barry Lyndon trois ans plus tard aussi) tout autant. L’air de piano inoubliable. Le film s’ouvre sur un banc, dans une des scènes les plus célèbres du cinéma. Le romantisme à fleur de peau (fleur bleue mièvre pour les détracteurs) est là et imprime le film. C’étaient mes premières larmes de spectateur, j’avais 13 ans, et je l’avais vu en VF sur un petit moniteur d’ordinateur Amstrad 6128. Souvenirs, souvenirs…

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Carrie au bal du diable (Brian de Palma, 1976)

Le film est passé sur M6 en deuxième partie de soirée dans Les Jeudis de l’Angoisse, un soir de 1996. Je l’ai enregistrée sur VHS et l’ai regardé le lendemain en rentrant du lycée. A la fin de la soirée, j’avais les yeux embués de larmes. C’est une histoire du vilain petit canard de la classe qui encaisse toutes les vexations et se découvre un don de télékinésie qui fera à la fois sa puissance et sa chute m’avait bouleversé. L’interprétation habitée de Sissy Spacek, l’introduction dans les douches avec ce plan-séquence au ralenti,  la musique de Pino Donnaggio, le split-screen et la scène du bal de fin d’année, des moments de cinéma très forts !

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Fucking Åmål (Lukas Moodysson, 1998)

Le quotidien dans une petite ville de Suède d’un groupe d’adolescentes, et en particulier de deux copines attirées l’une vers l’autre. Evidemment ça fait jaser, et la brune timide se frottant à la blonde piquante suffit à véhiculer les ragots d’un groupe d’adolescents majoritairement hétéros pour qui ça ne passe pas. L’interprétation, le grain vidéo prononcé, le côté brut de l’image et du jeu en font un film original, traitant des conflits avec les parents comme de l’amour adolescent naissant. Il m’avait beaucoup plu et j’ai pleuré, lorsque la dernière chanson intitulée Underground interprétée par Border Daniel(pas celle de Robyn lors du générique de fin) déboule lors de la scène clé.

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Irréversible (Gaspar Noé, 2002)

Je m’installe dans la salle de cinéma et une heure quarante après, je ressors en pleurant submergé par l’émotion, déboussolé et encore abasourdi par ce que je viens de voir. Sept à huit personnes sont sorties durant la séance, dont deux hommes criant que ce film est « un scandale et une merde ». Je suis pourtant resté dedans jusqu’à la fin, non pas pour m’infliger une peine, mais parce que je trouvais le film hypnotique, terriblement sauvage et beau, à la fois tétanisant et accrocheur sur le plan pictural. C’est une des plus grandes expériences de ciné que j’ai connues.

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Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974)

J’ai mis beaucoup de temps à le découvrir. Je ne l’avais pas vu à la télé, je ne l’avais pas en VHS. Je l’ai découvert en 2003, et j’ai été retourné par la violence du film et particulièrement sa chorégraphie, sa mise en scène et son montage sonore, stupéfiant. Par le jeu amateur des comédiens qui collait tout à fait à la volonté du cinéaste de montrer un Texas sous une chape de plomb, quelque chose de putride duquel sort une mystérieuse beauté : Marilyn Burns. Son jeu, son effroi, la scène du dîner, et son escalade dans la terreur jusqu’à la libération (?) finale, cris de larmes et de joie mêlées m’ont atteint en plein coeur. J’ai pleuré, évidemment…

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Kuch Kuch Hota Hai (Karan Johar, 1998)

Découvert en DVD indien, avec des sous-titres français parfois un peu fantaisistes (mais ça en fait le charme), acheté dans le quartier spécialisé de Paris en 2005. La quintessence du cinéma commercial hindi des années 90, avec ses deux superstars emblématiques : Kajol et Shahrukh Khan. Une histoire de triangle amoureux, un amour impossible, beaucoup de danses, de larmes et de chants. Et un final revigorant qui vous met sur un petit nuage, porté par les couleurs, les saris et les bruits des dhols. C’est aussi avec la Famille Indienne, le meilleur film de son réalisateur Karan Johar.

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Harvey Milk (Gus Van Sant, 2008)

Gus Van Sant s’est mis à hauteur d’homme pour montrer comment l’évolution des moeurs et le courage d’un politique ont pu faire changer certaines choses. Le cinéaste fait preuve d’humilité devant la figure d’un homme qui a milité toute sa vie pour l’égalité des droits hétérosexuels/homosexuels et en a même payé de sa vie. Un film superbe, incarné avec génie par un acteur qui peut se montrer habituellement cabotin jusqu’à l’excès, Sean Penn, ici parfait et auréolé d’un Oscar. La vie de Milk a inspiré de nombreux militants.

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Rab Ne Bana Di Jodi (Aditya Chopra, 2008)

J’ai vu Rab Ne Bana Di Jodi (Un couple crée par Dieu), en salle, dans un cinéma du 93 qui le projetait en version originale avec des sous-titres anglais fin 2008. Il faisait un froid polaire, il n’y avait pas de chauffage, il y avait des coupes de son intermittentes (une ou deux sur trois heures). Et pourtant malgré ces conditions, j’ai adoré ce film qui est pour moi jusqu’à l’heure actuelle la dernière production hindie qui m’ait enthousiasmé. Il y a l’histoire, ce double, entre le personnage timoré et celui fantasque, le premier rôle d’Anushka Sharma, ShahRuh Khan impérial, la musique, les chansons, les couleurs, la poésie du film aussi.

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Defendor (Peter Stebbings, 2009)

J’ai été cueilli par ce film. En raison de son sujet original, qui fait d’un type ordinaire un anti super-héros, réellement anti-héros, parce qu’il ne dispose d’aucun pouvoir et s’échine à vouloir faire la justice partout. Le rôle de perdant magnifique hérite à Woody Harrelson (Tueurs-nés), qui joue ici un homme un peu désabusé, à fleur de peau, conscient de ses limites, mais voulant aussi protéger une jeune femme. Le film m’a fait verser de grosses larmes à la fin. Car il y est question d’une promesse respectée.

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Hasta la Vista (Geoffroy Enthoven, 2011)

Le périple à travers la Belgique d’abord puis l’Espagne de trois personnes souffrant d’ handicap divers et qui vont perdre leur virginité dans un bordel en Espagne. L’humour, la chaleur humaine, le second degré, l’autodérision de ce road movie belge, le virage dramatique de la dernière partie m’ont transporté. Le final lui, m’a fait pleurer. Une pépite de cinéma comique qui aborde des questions sociales et familiales avec intelligence.

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