Archive pour la Catégorie 'Films vus (Août 2013)'

Films vus (Août 2013)

 

Films vus (Août 2013) dans Films vus (Août 2013) bobine-de-film-et-clap-de-cinemaFilms vus en Août

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

Pour son audace, sa liberté de ton, son énergie

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The Band de Anna Brownfield

 

Films vus

 

Sublimes  créatures  (Richard Lacravenese, 2013) :  **

Je n’en connaissais absolument rien (pas vu de BA), mais avais seulement croisé les affiches qui étaient nombreuses au moment de sa sortie. Dans une petite ville bigote des Etats-Unis, l’arrivée d’une jeune femme déclenche une série d’évènements étranges et fantastiques. Cette plongée au coeur de l’adolescence américaine avec en ligne de mire le passage à la vie adulte est intéressante. J’ai aimé le travail sur le son et particulièrement la perception des éléments, de l’environnement visuel, notamment. J’ai à plusieurs moments pensé à deux autres films, à savoir Triangle qui jouait sur la boucle temporelle et le sentiment de lévitation de situations déjà vues qui se répétaient continuellement, et à Donnie Darko, son portrait d’adolescents qui n’arrivent pas (encore) à trouver leur place. Twilight est aussi en filigrane, même si on ne traite pas ici de loup-garou. Le film développe son univers, ses personnages, son mystère, lequel s’évente dès lors que l’on parle de sortilège. Mais cette course-poursuite contre la montre, cette histoire d’amour intemporelle, ce combat entre le bien et le mal, bien que parfaitement balisé, arrive par moments à surprendre, probablement parce que ses acteurs, dont le couple sont des inconnus. BR fr.

 

Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012) : ****

La voyage initiatique de Laurence, professeur dans un lycée de Montréal, qui veut devenir une femme. Le troisième long-métrage de Xavier Dolan à seulement 23 ans, parvient en 2H48 à la maturité et livre un film à la fois intimiste et universel, montrant non pas simplement le travestissement mais l’investissement émotionnel, physique et psychologique nécessaire pour changer lentement de sexe, devenir une femme. Les barrières sociales (le regard des autres) et professionnel (évoluer dans un établissement scolaire à côté de collègues qui ne comprennent pas la démarche initiale) se heurtent à la volonté et à la détermination d’un homme, incarné ici par Melvil Poupaud. L’acteur tour à tour saisissant, touchant, livre une performance mémorable, géniale. A ses côtés, Suzanne Clément n’est pas en reste. Le film, qui est un témoignage sur deux décennies, entre la fin des années 80 (où Laurence ne se voit plus qu’en femme alors que Fred continue de le désirer en tant qu’homme) jusqu’à la fin des années 90 et le début des années 2000 est frappant par sa facture plastique (visuellement très travaillé, conjuguant les couleurs pastels et les fulgurances, un cadre inhabituel en 1.33), est construit sur quatre moments forts : la séquence d’ouverture, le brunch, la séparation et les retrouvailles. Comme dans toutes les histoires d’amour impossible (puisque que c’en est une  à l’image de la séquence finale), il y a quelque chose de fragile, de beau, et surtout une grande sensibilité. Dommage pour les quelques longueurs dans la seconde partie, mais l’ensemble est d’une cohérence absolue. BR fr

 

Soy Cuba (Mikhail Kalatozov, 1964) :  *

Je voulais découvrir ce long-métrage, fruit d’une production cubaine et russe, interdit longtemps dans plusieurs pays, invisible aussi durant près de trois décennies, avant d’être redécouvert par Scorsese et Coppola en 1993 qui militèrent pour sa réhabilitation. Le film a surtout bâti sa réputation non pas sur son script, qui suit l’évolution de la révolution cubaine après la crise des missiles de 1961 avec les Etats-Unis, et l’évolution de la société cubaine en pleine guerre froide, mais bien de sa mise en scène, de son cadrage et de ses plans-séquences. De ce point de vue, le film est un feu d’artifices, et il emporte une énergie de mouvements partout où il passe et où la caméra se faufile. Le cadrage en grand angle, les mouvements de caméra à la grue, les plans-séquences qui durent et s’étirent en voguant au fil de l’eau où en suivant une parade ici ou une procession par là, sont impressionnants dans un premier temps, mais cette manière de filmer finit aussi par ennuyer par son motif même : ça devient répétitif et quasiment interminable. Et surtout, le film enfile les clichés comme les perles, sert sa propagande castriste (fascinant d’un point de vue sociologique et historique moins dans la caractérisation unilatérale des personnages) et finit par devenir usant avec sa cascade de souffrances filmées en gros plan. Ce cinéma a surtout inspiré le faussaire Paul Thomas Anderson, notamment le plan de piscine de Boogie Nights, pompé plan par plan sur celui d’ouverture de ce Soy Cuba. DVD fr

 

Des hommes et des Dieux (Xavier Beauvois, 2010 ) :  *

C’est sans doute un très bon film mais je n’ai pas accroché à cette histoire tragique des moines de Tibéhirine, enlevés et exécutés en Algérie en 1996. Le regard de Beauvois qui s’est considérablement assagi depuis N’oublie pas que tu vas mourir, remarqué à Cannes en 1995, convient à la description de l’univers des moines, dont la vie est rythmée par les paroles et les prières quotidiennes. Photo sobre, jeu sobre, tout est sobre dans ce film sur la croyance en une foi irrépressible, qui affronte l’ennemi tapi dans l’ombre, ne bouge pas et condamne pourtant ceux qui la portent, frappés dans leur cœur comme dans l’enceinte sacré de leur chapelle. L’interprétation est bonne, surtout celle de Lambert Wilson mais j’ai trouvé le jeu de Lonsdale très curieux, comme s’il prenait tout cela avec trop de légèreté. Un film grave, sérieux, papal en l’occurrence. Trop peut-être à mes yeux. Non, pas convaincu. BR fr

 

Straw Dogs ( Rod Lurie, 2011) : O

Du film original, tourné en 1971 par Sam Peckinpah qui valut à son réalisateur des critiques acerbes avant d’entrer dans la postérité parce qu’il s’agit d’un film remarquable sur la violence faite contre soi et les autres, Rod Lurie qui réalise ici le remake, a conservé le dernier tiers avec l’assaut dans la maison et aussi la scène de viol dont Amy est la victime. Mais c’est tout. La mise en scène épurée à l’extrême et en même temps sophistiquée (un montage alterné époustouflant, un mixage sonore qui ne l’était pas moins) de Peckinpah laisse ici sa place à un film plat, sans relief, sans aucune imagination, qui se contente de transcrire la violence sous la forme de tensions au sein d’une petite ville du Sud de l’Amérique. Bien sûr l’intello écoute du Beethoven et les gars rustres du heavy metal. Les Cornouailles avaient aussi ce petit plus, qui rajoutait à la dramaturgie : l’endroit était beau et les pires horreurs s’y déroulaient parce que Sumner faisait preuve d’une certaine lâcheté (ce qui est ici répété sans la moindre nuance dans le Lurie), tandis qu’Amy était aussi un personnage trouble. Dustin Hoffman jouait un personnage naïf, complexe ici remplacé par un gars pédant sorti d’Harvard. La montée de la violence finale dans le film de 1971 tendait à l’insoutenable, ici on regarde les règlements de compte avec désintérêt voire lassitude. Du chef-d’oeuvre de 1971, Lurie a fait un film ni fait ni à faire, un navet estampillé années 2000. Triste. BR FR

 

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria, 2012) :  **

Que faire alors que l’apocalypse menace et qu’il reste 14 jours à vivre ? Doit-on et peut-on rire de cette même apocalypse et a fortiori de la mort ? Ce sont les questions que pose cette comédie de Lorene Scafaria. Une comédie volontairement lente, de prime abord presque neurasthénique à propos de personnages qui semblent l’être aussi, observant, d’abord en tant que témoins puis acteurs, le lent dérèglement de la vie quotidienne, de ses aspects les plus communs aux plus loufoques. La mise en scène a choisi d’isoler deux personnages principaux (Steve Carell et Keira Knightley), au milieu d’un chaos organisé où l’émeute le dispute aux scènes de repas familial, où la moindre étincelle peut tout faire partir en eau de boudin. Cette comédie est volontairement triste, mélancolique à plus d’un titre, et l’on y parle d’amour autant que de perte de repères avec un ton oscillant entre la peinture de moeurs débridée et une volonté affichée de ne jamais en faire de trop, de mesurer chaque dialogue. Le film vaut d’être vu rien que pour sa scène du Friendly’s, un restaurant dans lequel les gens semblent vivre leurs derniers instants en s’embrassant (ça m’a rappelé les free hugs que l’on peut voir épisodiquement à Paris, quand des personnes se proposent de vous serrer dans leurs bras gratuitement), en fumant des joints et en faisant l’amour dans une ambiance totalement délurée. Une comédie atypique, et beaucoup plus grave qu’elle ne le laisse présager.  Br fr

 

Une soirée d’enfer (Michael Dowse, 2011) :  **

Alors que les productions américaines (et celles de Judd Apatow en particulier) s’attachent à décrire les états d’âmes des trentenaires ancrés dans les années 2000, ce film sur une petit groupe de jeunes adultes sevrés à la musique 80′s montre plutôt les années 80, en particulier sous la présidence Reagan juste avant l’arrivée de Bush Senior, dans une Amérique des arrivistes, des consommateurs de coke et de voitures rutilantes. A l’origine le film est construit sur le coup de coeur d’un jeune homme épris de la belle blonde du lycée dont il est amoureux. Le hasard fait qu’il la rencontre quelques années après dans un vidéoclub pour lequel il bosse. Elle l’invite à une soirée, et commence alors une nuit où tout ou presque est permis, surtout conquérir le coeur de la belle. Après un démarrage plutôt lent, le film n’est pas avare en répliques sympas, mettant surtout à l’honneur les épaulettes, les brushing permanentés, la musique pop de la fin des années 80. On aime ou on déteste ce style et l’humour du film, mais je l’ai trouvé plutôt agréable à défaut d’être inoubliable. A noter une séquence croustillante avec une MILF rousse entre lignes de coke, ami voyeur en cuir et fuite en avant du meilleur pote qui ne s’attendait pas à un tel spectacle. Br fr

 

Ma bonne étoile (Anne Fassio, 2012) :  ***

Le parcours d’une jeune femme éprise de chevaux, qui affronte les épreuves de la vie et fait grandir une jument au point d’en faire une championne. Le deuxième film de la réalisatrice est particulièrement réussi. Le sujet n’est certes pas très original, mais tous les amoureux des chevaux (et même ceux qui ne le sont pas), seront sensibles à la sensibilité féminine du film, non seulement incarnée par la juvénilité de Fleur Lise Heuet, l’héroïne, mais aussi son sentimentalisme et son romantisme qui font du département de la Normandie, un lieu de tournage hautement cinégénique. C’est bien simple il s’agit d’une des plus belles photos du cinéma français récent que j’ai vue. Sympa de revoir Brasseur et Lambert, et aussi de découvrir une nouvelle génération de talents montants. J’avais adoré Flicka, un film sur les grands espaces américains et sur les chevaux. Idem pour ce Ma bonne étoile. BR Fr

 

Revenge City (David Ren, 2012) :  **

La typographie du titre film et des lieux rappellent Sin City. Mais la comparaison s’arrête sans doute là. Il s’agit d’une histoire somme toute très classique de garde du corps qui tente de retrouver le meurtrier d’une jeune femme qu’il a appris à connaître, sans famille, et qui s’est faite une place dans le milieu des escorts, en espérant se faire une autre vie. Néons, lumière tamisée, bars et stripclubs font partie du décor de ce tout petit film réalisé avec un mini budget mais non sans un certain sens visuel et surtout un attachement à multiplier les scènes d’action et d’affrontements à mains nues (le héros étant dans la vie un champion de kick boxing) ou avec des armes, reprenant même la scène d’Old Boy avec le couloir et le marteau, ici en quasiment mieux. Le casting met surtout à l’honneur une distribution asiatique et un monde interlope qui ne l’est pas moins, avec la présence de Sasha Grey ou encore Dominique Swain dans un tout petit rôle (elle était à l’affiche du Lolita de 1997 avec Jeremy Irons). Divertissant. BR fr

 

Zombie Lover (Deagal Brothers, 2009) :  O

Deux frères jumeaux ramènent le corps d’une femme qu’ils aiment tous les deux. Elle est devenue zombie. En voulant réécrire la thématique du zombie sous l’angle féminin, les cinéastes pensent actualiser cette thématique et la rendre plus sensible. C’est plutôt rare que cela m’arrive mais j’ai fait un rejet total en regardant ce film. Je n’ai pas tenu au-delà de 50 minutes, tant l’esthétique (cette photo aux teintes parfois fluo a fini par m’exaspérer, ce qui ne m’était pas arrivé depuis Smiley Face de Gregg Araki)) m’a été rédhibitoire et la direction d’acteurs épouvantable. J’essaie toujours de me raccrocher à quelque chose quand je regarde un film, trouver ici ou là une qualité, un détail qui le sauverait, après tout un final réussi par exemple peut nous permettre de tout reconsidérer, mais là, je l’ai trouvé tout simplement insupportable. Après avoir vu les éloges prononcés sur ce film, une interrogation surgit : est-ce moi ou bien il s’agit d’un des plus mauvais films que j’ai vus ? Br Fr

 

Django Unchained (Quentin Tarantino, 2013) :  **

Quentin Tarantino rend hommage à sa façon à tout un pan du cinéma des années 70, en particulier au western et à Sergio Léone l’un de ses maîtres. Comme dans Inglorious Basterds, le ton est à la parodie et à l’humour, panaché au second degré. Le talent de dialoguiste du film se ressent une fois de plus ici dans les dialogues sur mesure qu’il offre à un Christoph Waltz largement au dessus du reste du casting. Les aventures de cet esclave noir qui retrouve sa liberté et va jusqu’à risquer sa vie dans la plantation d’un ignoble négrier pour sauver sa femme a quelque chose de touchant immédiatement désamorcé par la violence tapie dans l’ombre. Tarantino mâtine en effet son film d’une insolence et d’une ironie qui peut agacer par moments, d’autant que le film s’appesantit dans sa dernière partie juste après le carnage. Dicaprio s’amuse bien, mais le personnage de Samuel L Jackson m’a lui semblé totalement à côté de la plaque avec ses meuglements intempestifs. La photo est superbe, le montage et le montage son aussi. Un bon film qui aurait pu être excellent. BR Bénélux

 

Sur le chemin des dunes (Bavo Difurne, 2012) :  *

L’éveil à l’amour, les premiers flirts et le premier attachement sentimental d’un garçon pour un autre sont les sujets magnifiques (tout comme la photo et la direction artistique), de ce film ancré dans la fin des années 60, début des années 70. La ville d’Ostende où est né et vit le réalisateur donne aussi un cachet romantique à ce premier long-métrage qui promet plus sur le papier que ce qu’il donne à l’image. Le film est porté par la symbolique de l’amour naissant, et la métaphore de la découverte du plaisir est parfois bien vue, mais il y a une certaine monotonie qui s’installe après la première demi-heure, à la fois juste et belle. Il manque une dose de folie sans doute, un rythme plus soutenu aussi pour transcender tout cela. On est assez loin de l’énergie bouillonnante et communicative de Hasta La Vista, grande réussite flamande de l’année 2012. C’est dommage, mais j’avais peut-être d’avance trop envie d’aimer ce film après l’attente (le Blu-ray, à la tenue technique impeccable ayant été repoussé puis indisponible longtemps à la vente). C’est à la fois très prometteur et très frustrant. BR fr

 

Les invisibles (Sébastien Lifshiftz, 2012) :  *****

Des hommes et des femmes se livrent sur leur vie intime et privée, mais aussi sociale et professionnelle des années après la découverte de leur propre sexualité entre les années 50 et 70. La caméra de Sébastien Lifshitz se fait discrète, cadrant souvent en gros plan ou plan américain, parfois aussi en extérieur les émotions de ces protagonistes qui n’ont rien de fictionnel et qui narre l’histoire de la reconnaissance par le militantisme de leur propre vie, de leurs amours autrefois considérées comme interdites, puis maladives, avant d’être définitivement dépénalisées en 1981. Ce n’est pas seulement l’histoire de ces vies, prises individuellement ou dans leur totalité qui est touchante. C’est aussi l’occasion de voir l’évolution même de la société (avec des images d’archives et des photos d’albums ou films 8 mm/16 mm d’époque) entre le début du XXème siècle où le mot homosexualité était tabou jusqu’à la reconnaissance et l’inscription dans la loi de la possibilité pour deux personnes de même sexe de faire valoir légalement leur amour par le mariage. Et d’amour, en filigrane, perçant la lumière comme la vidéo de ce film documentaire au soin photographique assuré (une des plus belles photos de l’année 2012, tous genres confondus), il en est question, tant il ruisselle, tant il transpire dans chaque témoignage. Le choix d’avoir coupé les questions initiales (je suppose qu’il y en avait) du réalisateur permet de construire un dialogue intéressant, les intéressé(e)s se livrant à des confessions, des anecdotes avec un ton libre et très optimiste, employant même le tutoiement. Il est rare qu’une fiction puisse atteindre ce degré d’authenticité et c’est aussi très beau de voir ces gens livrer des confidences de cette manière, manifestement en partageant une confiance réciproque. Superbe. DVD fr

 

Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières (Tommy Wirkola, 2013):  ***

Le conte traditionnel est ici adapté à une sauce qui peut en laisser sur le carreau mais qui personnellement m’a tout de suite embarqué dans son délire second degré. J’ai essentiellement regardé ce film pour Gemma Arterton et j’ai eu bien plus que ce que j’attendais. A base de scènes d’actions en cascade, de répliques bien senties, de direction d’acteurs laissant libre cours à un jeu dé(b)ridé, ce Hansel et Gretel revisite l’horreur enfantine, la peur du noir, les souvenirs d’enfance et nous donne sa version moderne de la sorcellerie dans un registre certes très différent du Antichrist de Von Trier, mais tout aussi radical par rapport aux attentes qu’il suscite. En fait, j’ai surtout adoré cette façon de revisiter la Belle et la bête (la relation entre Gretel et Edward le troll), saupoudré d’une influence Carpenterienne dont j’ignore si elle est consciente ou pas mais qui m’a sauté aux yeux durant les vingt dernières minutes qui partent dans un pur délire pyrotechnique. On se croirait dans Ghosts of Mars à l’époque des sorcières, avec lune rouge et carnage à la mitrailleuse. Surtout, loin des canons parfois trop sérieux d’un cinéma Hollywoodien qui se perd dans une action surdécoupée, ici les scènes sont lisibles, et le fun présent à chaque seconde. On adore ou on déteste. Moi j’ai jubilé à plusieurs moments. Et ça me donne encore plus envie de voir Byzantium. BR fr.

 

The Band (Anna Brownfield, 2009) : *****

Les pérégrinations d’un groupe de punk-rock dans l’Australie contemporaine. Sur fond de sexe, de drogues et de rockn’roll, la réalisatrice n’invente rien. Mais son film est d’une audace rare de nos jours, puisqu’elle parvient, par le traitement frontal de son sujet, son audace et sa franchise absolues à parler aussi bien aux hommes qu’aux femmes, en évoquant la sexualité des membres d’un groupe dont le succès (d’estime et local) tend à péricliter. C’est très bien vu, très drôle, très sexuel, donc explicite et réservé à un public averti, et cela dégage un vent de fraîcheur dans la production, faisant de The Band un film important, dans le sens où il est produit avec un budget minuscule tout en bousculant des conventions qu’Hollywood n’est pas prêt de remettre en cause. Les acteurs sont tous très épatants, et la façon de filmer et de mettre en scène, façon brut de décoffrage à ce côté documentaire et pris sur le vif qui apporte une touche très intéressante dans le sens où tout le monde se livre totalement et semble véritablement prendre du plaisir durant les scènes de sexe non simulé. De ce point de vue, c’est un peu l’antithèse de The life and death of a porno gang. DVD fr

Spring Breakers (Harmony Korine, 2013)  : ***

J’étais curieux de savoir jusqu’où iraient les vedettes de l’écurie Disney, à savoir Vanessa Hudgens et Selena Gomez stars du petit et grand écran. Il ne manque que Miley Cyrus. Effectivement elle sa lâchent dans ce qui est une histoire somme toute assez banale sur le papier, mais qui est ici transcendée par le travail sur le son et l’image (signée Benoît Debie, le directeur photo attitré de Gaspar Noé depuis quelques films). L’impression d’assister à un long trip, planant, parfois angoissant, qui combine gangsta rap, figure angélique (Selena Gomez s’appelle Faith et ce n’est pas pour rien), bruits et fureurs, filles en bikinis, et surtout une prépondérance donnée à la consommation de toutes sortes de substances illicites. Je crois n’avoir pas vu dans un film récent autant de fumette, de bang et de joints à l’écran en aussi peu de temps. James Franco est magistral en petite frappe de la côte Ouest, mais le film vaut surtout pour le décalage entre le romantisme de certaines situations et l’expression du vide qui en entourent d‘autres. Un film qui vaut donc essentiellement pour son travail plastique, de montage et musical. Harmony Korine a déjà fait mieux (avec Kids ou Gummo), mais il s’approprie aussi les techniques contemporaines de mixage des images et des sons par la culture populaire pour en faire un film dans lequel sa patte surnage. BR fr

Maniac (Serge Khalfoun, 2013) :  *

Une nouvelle fois le cinéma hollywoodien se revisite et se lance dans une autre relecture d’un classique de 1980. Pas de Joe Spinell, une ambiance moins poisseuse, et surtout une caméra subjective qui colle aux basques d’Elijah Wood. L’idée peut sembler originale au départ, et elle l’est pendant un quart d’heure le temps d’une intro quasi parfaite. Malheureusement, le film est dépourvu de la moindre émotion par l’utilisation même de ce procédé qui nous fait entrer dans l’esprit du tueur en série, et surtout il s’ingénue à développer un trauma d’enfance archi rebattu avec beaucoup trop de tentatives d’explications psychologiques. Le casting et principalement celui d’Elijah Wood n’a pour moi pas fonctionné : je n’ai pas cru une seconde qu’il pouvait s’avérer être un tueur mystérieux et je n’ai cessé de penser à la figure de Frodon, comme quoi ce rôle lui colle toujours à la peau. Travail sur le son parfois intéressant mais BOF bien en dessous de celle de l’original. Un film original qui avait bien plus d’impact tout en gardant justement son côté effrayant pour lui sans trop se révéler. Br fr

I love you Philip Morris (Glen Ficarra, John Requa, 2010) :  **

La vie et l’œuvre, tout en escroqueries, faux-semblants, jeux de dupes, arnaques, courses-poursuite et périodes d’enfermement d’un homme qui n’était jamais là où on l’on attendait et qui bernait son monde, principalement par amour pour un autre prisonnier du nom de Philipp Morris. Les tons pastels, le jeu outrancier de Jim Carrey nous replongent dans une époque à la fois adorée et honnie, celle des années 80 où tout semblait possible, que ce soit dans la ridicule comme dans le sublime, auquel le film répond par sa mise en scène et son jeu d’acteurs. En filigrane il m’a surtout rappelé Man on the moon, sur le comique américain Andy Kaufman qui s’amusait aussi à faire croire et son inverse et avait transformé le canular en jeu proprement génial. Ce I love you Philipp Morris n’a pas la même force et la même complexité. C’est un premier film, parfois un peu lourd dans ses effets, mais le ton enlevé emporte l’adhésion.  BR Fr

Evil dead (Fede Alvarez, 2013) :  ***

L’original est devenu un classique de l’horreur et a fait de Bruce Campbell une figure icônique. Cette relecture de 2013 reprend la trame du film de 1981, tout en proposant des variations qui en relancent l’interêt : il n’y  pas plus de Ash, donc de figure masculine forte, mais une héroïne. Il n’est plus question d’une ballade romantique en fôret mais d’une cure de désintox. Malgré ces variations minimes mais importantes au regard de la progression horrifique du film, le film dAvarez reprend certains plans d’anthologie, dont celui du « We gonna get you », la tronçonneuse, ou encore le plan inaugural dans la descente aux enfers de la découvert du livre des mort. Techniquement le film multiplie les plans ardus, tournoyants, avec beaucoup plus de moyens que le premier mais avec un sens aiguisé aussi de l’économie de scènes, pour aller très vite à l’essentiel. Si les personnages sont unidimensionnels, l’intérêt est ailleurs : dans l’explosion de la violence qui culmine lors du final. Je m’attendais à un déluge gore et le film n’en est pas avare, mais pas autant que j’ai pu le lire. Une relecture qui tient vraiment plus que la route et qui s’inscrit dans les meilleurs remakes.  BR US




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