Archive pour la Catégorie 'Films vus (Mars 2013)'

Films vus (Mars 2013)

 

Films vus en Mars

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

Au diable Staline, vive les mariés ( Horatiu Malaele, 2008)

Films vus (Mars 2013) dans Films vus (Mars 2013) 1984812235

 

Films vus

 

Au diable Staline, vive les mariés (Horatiu Malaele, 2008) :  ****

Pour son premier film, le réalisateur nous replonge au début des années 50, sous la domination de l’empire soviétique de Staline. Dans un petit village roumain deux amoureux sont sur le point de célébrer leur union. L’humour picaresque du début m’a rappelé un petit peu le cinéma de Kusturica, mais très vite le film prend ses distances avec le cinéaste serbe pour livrer sa propre fable sur fond de critique du totalitarisme. Les acteurs sont tous épatants, même si le premier quart d’heure est une farce à la grimace avec un côté un peu besogneux. Mais le film prend son envol à la trentième minute grâce à l’arrivée du burlesque. Le clin d’oeil à Chaplin est évident, le film prend de l’ampleur et se décline alors sur une narration avec deux moments forts : l’arrivée du cirque de nuit qui instaure une ambiance quasi fantastique, puis le banquet, séquence incroyable de plus d’un quart d’heure, entièrement muette et portée sur un cinéma du geste, du mime et du second degré. En apprenant le jour de leur noce que Staline est mort, toutes les festivités sont interdites. Comment alors célébrer l’amour ? Par l’absurde, l’humour et le tragique grâce à la puissance et à la poésie de la mise en scène. DVD fr.

 

The life and death of a porno gang (Mladen Djordjevic, 2010) :  **

Après avoir vu le film, on peut légitimement être déboussolé et se demander ce que l’on vient de voir. Une comédie à l’humour extrêmement noir ? Un road-movie allant dans la frange la plus extrême ? Une performance grandeur nature filmée en DV ? Sans doute tout cela à la fois et plus encore. Je dois dire que ce film serbe est l’un des films les plus extrêmes, dérangeants et directs qu’il m’ait été donné de voir. Le type même de film qui peut susciter un rejet total. C’est une ballade d’une sauvagerie intense et un film sur lequel plane l’ombre de deux autres long-métrages jugés eux aussi scandaleux au moment de leur sortie : C’est arrivé près de chez vous et Cannibal Holocaust. L’humour et la tension permanente pour le premier, le simili de reportage et l’aspect documentaire filmé sur le vif pour le second. The life and death of a porno gang place ses protagonistes dans la Serbie de la fin des années 90, celle de Milosevic, de la guerre au Kosovo. Une troupe d’acteurs, un étudiant en cinéma, une actrice de second voire troisième rang s’embarque dans une aventure sans issue, d’abord largement portée sur la fesse, puis l’irruption à mi-chemin d’un personnage mystérieux, Franz, ancien soldat, vendeur de snuff oriente le film vers une violence visuelle beaucoup plus explicite qui teste les limites du spectateur. Le film en filigrane s’engage dans plusieurs genres et plusieurs sujets : le travestissement, l’hermaphrodisme, la zoophilie, l’homosexualité, l’art, la vie, le sexe, la mort. Posés comme cela, ça fait très conglomérat d’idées, mais le film, volontairement tourné en DV a ce quelque chose d’un art brut qui n’a aucune peur des tabous et des interdits, transgresse tout, secoue fort et livre une oeuvre protéiforme, curieuse, parfois souriante, parfois glauque, animée et portée totalement par ses acteurs. Cela m’a fait penser à A Serbian film, pour le sujet, la question des snuff movies, mais aussi au mouvement artistique Fluxus, qui lui aussi faisait de ses performances en direct devant public quelque chose d’animal, voire de bestial. Un film à ne pas mettre dans toutes les mains, mais qui ne peut aussi que titiller la curiosité des amateurs de pellicules décalées, jusqu’au-boutistes, et tout simplement les curieux de cinéma. Le film est toujours inédit en France, mais sorti en Blu-ray import sans zonage chez Synapse Films qui le propose ici en version intégrale. BR américain.

 

Expérience Cannabis (Nicky Taylor, 2011)***

La journaliste de télévision anglaise Nicky Taylor fait une expérience cannabique pendant quelques jours en se rendant dans le coffeeshop Dampring à Amsterdam dans lequel elle se retrouve employée. Un documentaire drôle, intéressant, avec beaucoup d’humour et un bon recul sur la consommation de cannabis et d’herbe. Elle s’entoure également de spécialistes, dont des médecins traitant des problèmes d’indépendance et jauge sa propre résistance au non à l’ingestion des substances qui lui sont proposées au cours de son voyage. Le ton décontracté jure parfois à l’image avec les symptômes ressentis : elle peut être à la fois hilare lorsqu’elle se rend au musée du cannabis en interviewant le propriétaire, comme céder à une crise de panique et de paranoïa lors de sa première expérience, où manquant de recul, elle fume beaucoup trop et en ressent les effets vingt cinq minutes après la première inhalation. L’effet coup de massue est inéluctable. Comme le dit la maxime, c’est en dosant et en consommant avec modération que les choses sont plus simples et que les problèmes se posent moins. Un regard aussi sur une société qui a assimilé la consommation du cannabis comme une pratique courante depuis 1973 et le premier coffee ouvert (Mellow Yellow), dans un pays où paradoxalement (lorsque l’interdit est levé et que la consommation est encadrée) il y a moins de fumeurs qu’en France. Un reportage qui permet de dédramatiser le sujet.  Youtube

 

Belle épine (Rebecca Zlatowski, 2012) :  **

Comment filmer la solitude et l’ennui adolescent ? C’est à cette question épineuse que la réalisatrice répond en filmant une belle épine (incarnée par Léa Seydoux vue dans Les adieux à la reine). Premier film et déjà la réalisatrice montre un sens certain du cadre, de l’ambiance, et de la direction d’acteurs. Certes le sujet peut décontenancer (montrer de jeunes personnages de fiction qui passent leur temps à rouler sur le circuit alternatif de Rungis sur leurs cylindrées), mais il y a aussi et surtout en filigrane cette question de la fille dans le groupe, et plus largement dans la société à l’âge des possibles mais aussi des doutes. Un film torturé, supporté par une belle BOF.  DVD fr

 

 

Cold Blood (Stefan Rusowitsky, 2012) :  **

Rien de très nouveau dans ce polar se situant à la frontière américaine avec le Canada dans une ambiance de blizzard (il neige tout le temps), rappelant surtout un peu le Fargo des frères Coen. On y notera la présence sûre d’Eric Bana, les yeux bleus qui peuvent facilement hypnotiser d’Olivia Wilde (Tron, l’héritage), mais aussi Sissy Spacek ou encore Kris Kristofferson, dans le rôle du père de famille, trente ans après La porte du Paradis de Cimino. C’est un film d’après casse classique, avec son décor enneigé, ses visages burinés, et qui montre aussi en filigrane un certain machisme notamment du côté des sherifs dont pas un seul ne prend au sérieux la figure féminine, la seule, de l’équipe d’intervention. BR fr.

 

Black Lightning (Timur Bekmambetov, 2010) : **

Empruntant (un peu) à Retour vers le futur et beaucoup plus à Spiderman (la perte d’un proche, le trauma originel qui pousse le héros à devenir un justicier), ce film d’aventures russe tourné sur place à Moscou garde ce charme et cette naïveté du conte slave avec ses acteurs non chevronnés et un visuel plutôt séduisant. Un bon film d’aventures qui n’en fait pas des tonnes du côté de l’action,  joue avec les clichés du jeune âge adulte (ses rencontres de fac qui aboutissent à un amour naissant entre deux étudiants) et se suit avec un certain plaisir. BR allemand.

Julia X (PJ Petiette, 2011)  :  **

Le principal intérêt du film vient de l’inversion des rôles qui y est opéré : la victime devient ici très rapidement le bourreau. Le film commence comme une comédie romantique très sage avant de tourner au film d’horreur sur le modèle des films rape and revenge chers aux années 70 à l’époque où ils ont éclos. La jeune femme est ainsi séquestrée et marquée au fer rouge d’un « X » qui sert de justification au titre. Mais très vite, la victime se venge à sa manière et le film est alors un jeu du chat et de la souris grandeur nature, porté par un humour assez réjouissant. Surtout voir le héros de la série Hercule, Kevin Sorbo jouer ainsi avec beaucoup de dérision sur son image est très drôle. Une bonne série B horrifique et humoristique. Internet.

 

Siren (Andrew Hull, 2011) :  ***

Premier et unique long-métrage d’Andrew Hull disparu en 2010, Siren comme son titre l’indique est une relecture du mythe de la sirène. Quatre personnages se retrouvent ainsi à bord d’un voilier de plaisance et reçoivent l’appel désespéré d’un homme échoué sur une plage. Le mystère et le doute s’installent dès les premières minutes d’un film qui contrairement à sa jaquette parfaitement mensongère (un réel exploit marketing pour un film qui ne propose aucune femme en bikini armée d’un couteau) prend le temps pour laisser l’atmosphère anxiogène et fantastique s’installer. Aidé par un cadrage millimétré (une séquence d’ouverture mystérieuse qui rappelle presque Lynch), le film se meut en conte et en fable sur les rapports hommes-femmes derrière l’argument du film d’horreur. L’idée du fantôme, la peur de l’inconnu et le mystère des femmes impriment la pellicule. La sirène elle, Silka de son prénom apparaît et fait basculer le film dans l’onirisme et l’épouvante. J’ai pensé en le voyant à un film dans lequel les femmes prennent une place de plus en plus importante en essayant de pousser les hommes hors de leur territoire. Les cadrages serrés sur les épaules, les mains, les visages, les cheveux des personnages féminins ont quelque chose du cinéma sensitif et tactile, un conte de fée cruel, avec cette dose de poésie macabre bienvenue. Une relecture excellemment orchestrée, bénéficiant d’une belle mise en scène, une belle surprise. L’image finale nous rappelle à la place de la femme, littéralement au dessus des hommes, de la mer, face à l’horizon. BR Fr

 

Catrun (John Stockwell, 2011) :  O

Tout le film repose essentiellement sur les épaules de Paz Vega (Lucia y el sexo) incarnant ici une call-girl de luxe qui récupère l’enregistrement d’une soirée privée fortement arrosée ayant terminé dans plusieurs assassinats en règle. Le scénario archi rebattu et surtout l’humour très lourd du duo constitué des deux acteurs principaux empêchent le film de décoller et d’être autre chose qu’un téléfilm de luxe. Certes le lieu de tournage est original et la carte postal sympathique (le Monténégro), mais c’est vraiment trop peu pour un film très décevant au final.  BR benelux.

 

Les paradis artificiels (Marcos Prado, 2012)  : **

Le film vaut sans doute mieux que sa réputation désastreuse (un papier cinglant d’Ecranlarge). Il a été en réalité peu défendu sur la toile, sauf par filou49 qui sur son blog baz’art en parle comme d’une oeuvre à laquelle il faut donner une chance. Ce que j’ai fait. J’ai beaucoup aimé la musique, la BOF  étant excellente, un peu moins le film en lui-même qui a de gros défauts et quelques qualités néanmoins. Pour l’aspect positif, un visuel assez soigné (même si les séquences de prise de drogues sous lampes UV caractérisées comme étant une parodie d’Avatar ne sont pas les plus réussies), et des moments techniquement intéressants : le choix du ralenti et d’un côté planant pour les séquences de rave, et une volonté d’aller filmer au plus près des corps lors des ébats, qu’ils soit hétéros ou lesbiens. La narration en flashbacks est elle aussi plutôt bien vue, et les interprètes jouent assez bien. Reste que le sujet méritait peut-être quelque chose de plus fort, de plus sensuel encore pour ce film brésilien qui a bien marché au BO. DVD fr.

 

Dora, la frénésie du plaisir (Willy Rozier, 1975) :  O

Le titre est beaucoup plus amusant que ne l’est le film, qui lorgne davantage vers du Max Pécas que du Tinto Brass. La comédie de vaudeville qui introduit le film laisse ensuite place à une comédie de moeurs sur fond d’Afrique et de néocolonialisme aux dialogues, au tempo et à l’amateurisme plus indigestes qu’autre chose, peut-être amusante en 1975 (mais à quel degré ?) qu’aujourd’hui. La post-synchronisation, les scènes de comédie de situation navrante (et les dialogues petit nègre dans le texte) ont finit par me faire perdre patience et c’est en accéléré que j’ai terminé le film. Le film ne vaut même pas pour ses quelques scènes de sexe non simulé, qui en font une comédie pornographique d’un assez mauvais goût au final.   DVD fr.

 

Les Saphirs (Wayne Blair, 2012) : *

Le portrait de quatre jeunes femmes aborigènes dans l’Australie raciste des années 50 et 60 qui tente de rendre blanches des femmes qui étaient noires ou métisses, le tout sur fond de guerre au Vietnam. Le dynamisme et l’entrain des chansons ne peuvent combler les clichés et autres stéréotypes d’un scénario se contentant d’illustrer la différence à l’intérieur même d’un groupe duquel surnage une chanteuse en leader, et ses acolytes qui ont chacune leurs  blessures. Entre deux chansons, la narration est plutôt banale, le propos laissait pourtant matière à faire un film très fort, et l’on apprend rien de vraiment nouveau. Reste un certain charme, aussi évanescent que ne l’est le film lui-même qui ne peut rivaliser avec le classique Priscilla Folle du Désert, tellement plus délirant, fou, romantique et audacieux. Et difficile de battre une BOF composée des tubes d’ABBA.  A noter que les chansons du BR ne sont pas sous-titrées en français. Pas cool. BR fr

 

Dredd (Pete Travis, 2012) : *

Bien que se présentant comme un remake (une relecture ?) du Dredd de 1995, l’univers rappelle à la fois Banlieue 13 et Blade Runner, l’univers cyberpunk  côtoyant ici l’art de rue, en particulier le hip-hop et le graffiti. Simplement, le film alors qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin dans le fond, se contente d’illustrer l’attaque d’un tour centrale sans apporter quelque chose de foncièrement original. Hormis les séquences au ralenti qui donne un côté fantasmagorique à la violence très graphique du film, il n’y a aucune surprise et le Dredd et sa coéquipière ne font qu’avancer d’étage en étage sans la violence au corps à corps exacerbée d’un The Raid auquel le film fait penser. Surtout j’ai été surpris dans le sens négatif du terme par tous les changements de filtres et une esthétique de la violence très caricaturale, très premier degré. Un ensemble moyen. BR fr

 

Devil (John Erick Dowdle, 2012) : *

Cinq personnages (introduits par un plan séquence dans un hall d’entrée) se retrouvent coincés dans un ascenseur. La panique, la folie et un zeste de fantastique se mêlent ensuite dans ce huit-clos sur lequel M Night Shyamalan pose son empreinte, puisqu’il a écrit l’histoire. C’est assez efficace pendant quarante minutes, la pression montant crescendo. Malheureusement le film se referme sur une parenthèse ultra moralisatrice et culpabilisante avec des explications tirées par les cheveux et une morale très appuyée. C’est dommage car le film aurait pu rebondir sur le mystère initial et peut-être arrêter d’en dévoiler beaucoup trop. Le film rappelle aussi L’ascenseur, beaucoup plus chiche par sa photographie mais sur lequel il planait un petit grain de folie ici absent. BR fr.

 

Jitters (Balvin Zophoníasson ,  2012)**

Un groupe de lycéens, et particulièrement deux d’entre eux reviennent d’un voyage scolaire à Manchester. Les deux garçons s’embrassent mais ne disent rien à leur proches tout en se revoyant une fois en Islande. Les atermoiements de la jeunesse, les non-dits, le portrait pas toujours facile de la famille, les silences et les secrets. Ce sont les sujets principaux de ce premier film islandais, qui rappelle par ses petites touches d’humour Fucking Amal mais aussi Les Roseaux Sauvages. Malgré ses maladresses et ses longueurs, le film affiche une sobriété dans le traitement du coming out, à l’âge où celui-ci est assez difficile à faire. Les comédiens sont naturels, la caméra plutôt alerte. Un bon film, sans prétention, qui montre aussi une jeunesse comme beaucoup d’autres dans le monde : elle ne peut s’empêcher de boire pour draguer, et l’on sent cette frustration et cette colère grandissante de cette adolescence pas toujours simple à vivre. BR fr

 

Iron Sky (Timo Vuorensola, 2011) :  O

Il paraît que le film est devenu culte et qu’il a fait le tour du monde. L’idée sur le papier est assez amusante bien que loin d’être innovante : on imagine des nazis échappés de la terre et ayant trouvé refuge sur la face cachée de la lune revenant sur terre pour la dominer. Ca aurait pu être drôle dans le registre de la parodie (ce qu’est le film en définitive), mais l’humour du film, le ton empesé, les situations beaucoup trop téléphonées et les portraits qui le sont tout autant (la journaliste nymphomane et tyrannique, le black transformé en aryen) ont eu raison de ma patience. De plus l’écran vert (le film a été intégralement tourné comme ça) hurle sa présence dans chaque plan. J’étais plus saoulé que conquis à la fin de ses 90 minutes d’interminables palabres qui ont quelque chose d’un Kevin Smith transposé dans un contexte européen (le III ème reich). BR fr.

 

Dirty Diaries (Collectif suédois, 2009) : *

Sous-titré « Repenser la pornographie en 12 courts-métrages », Dirty Diaries est une compilation de films suédois censés effectivement repenser la pornographie par la voie féminine. Les réalisatrices ont chacune leur point de vue et leur fantasme. Mais hormis deux excellents courts-métrages (ce qui est très peu sur 12), l’ensemble m’a paru plus qu’inégal : moyen voire médiocre. Dommage que le fil conducteur, celui du plaisir (même s’il s’entend sur Brown cock, un court-métrage entièrement focalisé sur le fist au féminin) et de sa représentation filmée autrement que par des hommes pour des hommes (le public majoritaire de la pornographie) soit absent à l’écran, ou si platement illustré. Il n’y a guère que Dildoman tout en animation (et en bruitage explicites, pour le coup plus naturels que les autres filmés avec des acteurs !), inventif et original ainsi que Skin, celui qui ouvre le film, très joliment chorégraphié et dans lequel on sent un réel plaisir associé à l’image par la salive, les fluides, la sécrétion de cyprine. Le reste, en vidéo granuleuse (il y a un côté Dogme), avec une musique branchée ne m’a pas du tout convaincu. DVD fr

 

Demain, quand la guerre a commencé (Stuart Beattie, 2012)*

Un groupe d’amis partis en randonnée dans le bush australien reviennent chez eux et doivent faire face à une armée inconnue qui vient de déclencher une guerre. On en saura pas beaucoup plus sur les motivations de ces soldats, ni d’où ils viennent. Cette production australienne sortie directement en vidéo chez nous est assez bien réalisée, malgré une première demi-heure consacrée au portrait d’adolescents avec tous les clichés inhérents du genre. Les scènes d’action sont lisibles, et si le film se poursuit de façon linéaire, son seul intérêt est de décrire cette adolescente croyante fervente qui rappelle au Décalogue de Kieslowski et notamment à Tu ne tueras point. La voir faire l’exact inverse est le petit grain de sel dans un film somme toute assez sage.  BR Fr

 

Jonah Rex (Jimmy Hayward, 2010 :   **

La lutte entre un chasseur de primes et un homme qui a assassiné sa famille sur fond de célébration des cent ans de l’existence des Etats-Unis donne naissance à ce film que je ne connaissais pas. Sous ses allures de western, le film est aussi assez expérimental dans sa forme, laquelle sous ses airs de blockbuster est en fait plus sombre et radical que ce qui est sorti dernièrement des studios d’Hollywood : visages burinés, odeur de Far West, scènes d’action assez brutales, musique heavy metal, personnages secondaires énigmatiques (dont Michael Fassbender). Plus surprenant encore la durée très courte (73 minutes) d’un film qui ne passe pas par quatre chemins et se termine comme il avait commencé : dans un éclat de fureur. BR Allemand.

 

Oh My God ! (Tania Wexler, 2011) ***

Dans l’Angleterre victorienne et prude du 19ème siècle, un jeune médecin soigne des patientes dites atteintes d’hystérie. En réalité, il traite leurs symptômes par des caresses manuelles qui leur permet de se procurer du plaisir. Un soir, par un concours de circonstance, il soulage sa douleur articulaire à la main et utilise alors un procédé inédit qu’il expérimente sur les patientes. Ce film plein de fougue et d’esprit est une comédie anglaise comme seuls eux savent les faire. L’année dernière était l’année de We want sex equality, superbe fable sociale sur les premières syndicalistes anglaises dans une usine de confection. Cette fois-ci la réalisatrice s’intéresse au plaisir féminin et aux avancées sociales portées par les premières féministes anglaises. En filigrane c’est aussi un film sur le plaisir, plaisir donné ici par ce qui s’apparente au premier vibromasseur, vibromasseur qui de nos jours est le premier accessoire sexuel vendu. La photo, les décors, les costumes, les dialogues, l’interprétation tout est au diapason de cette comédie enlevée et réussie. BR fr

 

 Excision (Richard Bates Jr, 2012) :   **

Le quotidien d’une jeune adolescente ballottée entre une mère ultra possessive, un père immobile, une soeur cadette souffrant de problèmes pulmonaires et la découverte de sa sexualité, avec le désir de perdre sa virginité dans un environnement de lycée exclusivement hétérosexuel qui le lui rappelle chaque jour. Le premier film de Richard Bates Jr en fait beaucoup dans le domaine de l’étrangeté, avec une histoire qui en filigrane rappelle The Woman de Lucky Mckee, Carrie de Brian de Palma et un zeste de Blue Velvet de Lynch. L’univers feutré, très propre de la famille jure avec les fantasmes et les rêves de la jeune Pauline (interprétée par AnnaLynne McCord, au naturel blonde et pimpante, ici volontairement enlaidie), faits de cisailles, de dissection, de corps baignant dans l’hémoglobine. Surtout le film repose essentiellement sur les épaules d’une Traci Lords (ancienne star du porno des années 80 américain, qui tournait alors qu’elle était encore mineure, ce qui déclencha un scandale) géniale en mère agressive, possessive. Pas aussi fort que The Woman ou Carrie, même si le final qui parle lui aussi d’une libération (mais en est-ce vraiment une ?) a de quoi faire frissonner. Un premier film prometteur.  Youtube




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