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Archive pour la Catégorie 'Films vus (Novembre 2013)'

Films vus (Novembre 2013)

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Films vus en Novembre

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

Tournée de Mathieu Amalric

tournee-mathieu-amalric dans Films vus (Novembre 2013)

 

 

Films vus

 

World War Z (Marc Foster, 2013) :  ***

Un début tonitruant qui nous place tout de suite dans le contexte d’une horreur d’abord indicible, qui bientôt contamine les derniers survivants d’une espèce humaine décimée. C’est presque trop brillant tant cela va vite, ne laisse que peu de répit au spectateur et s’envole durant vingt cinq minutes dans un déluge d’action. Une fois la narration posée, on se rend compte que les enjeux sont très basiques, mais il y a une belle photo, des interprétations convaincantes et suffisamment de suspens pour maintenir le suspens jusqu’au bout. Une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout, étant donné que je n’en connaissais rien. Br fr

 

Man of steel ( Zack Snyder, 2013 ) : O

J’étais plutôt surpris par l’annonce d’un remake de Superman en 2013. Pas pour l’unique raison de la présence d’Henry Carvill (transparent dans Les immortels) et de Zack Snyder (dont je déteste un film sur deux), mais parce qu’il me semble que tout a déjà été dit, il y a de cela plus de trente ans. Le résultat va au-delà de ce que j’attendais de pire : l’intro interminable et visuellement laide, le surjeu constant de Michael Shannon (intéressant dans L’échange, son meilleur rôle mais depuis abonné au rôle d’homme inquiétant à l’instar de Take Shelter, un film qui m’est passé au dessus de la tête), la vacarme incessant de la deuxième moitié de film, la volonté d’en mettre plein la vue, devenue constante dans les grosses productions hollywoodiennes, la médiocrité des dialogues et le manque de lisibilité de l’action ont fini de faire de ce Man of steel un spectacle pénible. L’émotion est totalement absente, Superman n’a quasiment plus de faiblesse (outre un misscasting impressionnant dans le rôle principal je n’ai senti aucune alchimie entre Amy Adams et Henry Carvill) et fonce tête baissée sur tout ce qui bouge. Il suffit de revoir la scène durant laquelle Superman, désolé de la mort de Loïs dans le premier volet fait le tour de la terre pour inverser les évènements. C’était simple comme idée, et l’émotion était là. Ici, c’est un déluge d’effets spéciaux pour une série Z croulant sous les dollars. Je préfère encore, et de loin Sucker Punch. Br fr

 

L’inconnu du lac (Alain Guiraudie, 2013)  :  ***

Dans un lieu de dragues homo, un homme tombe amoureux d’un autre homme auteur d’un crime.  Le minimalisme du script ne doit pas cacher la précision de la mise en scène et la qualité de la direction d’acteurs qui laisse littéralement les acteurs se délester du poids parfois trop lourd du costume. C’est donc quasiment tout le temps nus qu’ils apparaissent à l’image, qu’ils s’adonnent aux plaisirs de la chair, entre fellation et pénétrations diverses, scrutées là par un voyeur, ailleurs par par d’autres badauds se promenant au gré des rencontres, des flirts et des ébats. Le fait d’avoir tourné dans le sud, dans un cadre naturel permet au film de lui donner un cachet à la fois naturaliste et fantastique, par l’immersion de l’inquiétude au sein d’un récit d’aventures sexuelles. Le film est splendidement croqué dans son format large, et suit les mouvements de nages (avec clapotis de l’eau), du vent dans les arbres, de ce calme avant la tempête et la venue, littérale, de la nuit (à l’image de la scène finale). Un film de tension et de sentiments, clairement destiné à un public averti par son contenu mais qui vise aussi au sentiment de l’amour universel. Le fait que son affiche originale ait été censurée montre à quel point la France a encore un problème avec la représentation de l’homosexualité dans l’art, mais aussi dans la vie (et je ne suis pas convaincu en revanche que deux femmes s’embrassant sur des couleurs pastels auraient provoqué une levée de boucliers de certains élus). Qu’un tel film puisse exister à un moment de crispation aussi intense que l’on a connu au début de l’année avec la Manif pour tous est salvateur en soi. Un film soigné, érotique, mystérieux, imparfait aussi, c’est ce qui fait sa beauté (des longueurs notamment)  qui n’a malheureusement pas le droit à une édition Blu-ray, mais dispose d’un double DVD collector richement fourni en bonus. DVD fr

 

Only God Forgives (Nicholas Winding Refn, 2013) :  O

Le même Nicholas Winding Refn tout auréolé du succès public et critique de son Drive s’en va cette fois-ci planter sa caméra en Thaïlande sur fond de trafics de drogues, de meurtres sordides et de jeunes femmes délaissées sur les trottoirs de Bangkok. Beaucoup plus chiadé dans sa forme, Only God Forgives n’en demeure pas moins un sommet de prétention arty qui se regarde filmer, sans aucun humour, porté par sa caméra déambulant dans des décors éclairés aux néons sur lesquels se jettent les taches d’hémoglobine. Sans script, et sans émotion (une nouvelle fois après Drive) et avec un jeu d’acteur cantonné au monolithisme absolu (Ryan Gosling une nouvelle fois) ou à la cruauté (Kristin Scott Tomas insupportable) le cinéaste fait penser au pire du cinéma de Park-Chan Wook dont il retrouve ici le sens de l’esbroufe, de l’épate et du goût pour le sensationnel. C’est sans doute pensé comme une expérience sensorielle mais ça n’en a certainement ni le vertige ni l’originalité. Je n’aimais déjà pas beaucoup les Pusher et ses autres films, là je crois que je vais tourner la page de son cinéma. BR fr

 

Drive (Nicholas Winding Refn, 2011) :  O

Un cascadeur le jour pour des plateaux ciné (Ryan Gysling, monolithique), et une jeune femme (Carey Mulligan, trop minaude) se rencontrent au 4ème étage de leur immeuble. Nicolas Winding Refn a traversé l’Atlantique pour tourner sur le sol américain cet exercice de style récompensé à Cannes par le Prix de la Mise en Scène. Après un prologue intéressant (comment semer la police), le film, qui base sa structure sur ses seuls effets techniques (pivotement de la caméra à 180° degrés/travellings/plans à la steadycam), ne va jamais au-delà de son postulat de départ, lequel explose en quelques séquences de violence soudaine. Il y avait bien mieux à faire, y compris distiller un soupçon d’émotion dans un film qui en est totalement dénué, mais qui en revanche se regarde complaisamment filmer. BR fr

 

Zinedine Zidane, son parcours (Alix Delaporte, Stéphane Meunier, 2012) :  **

Un documentaire avec pour fil rouge l’année 2006, dernière année professionnelle pour Zidane qui mettra un terme à sa carrière au lendemain de la finale de la Coupe du Monde. Sans être véritablement un documentaire avec un portrait chronologique, c’est surtout l’occasion de voir comment le joueur célébré en France et dans le monde entier se pose des questions sur son statut, rappelant qu’il n’est pas un héros, tout en étant le centre d’intérêt de ses coéquipiers, de ses fans mais aussi sa famille. On sent un être affable, posé, qui regrette certains gestes (la fameuse expulsion en finale de 2006) et qui laisse surtout apparaître des traits de personnalité attachants. Un génie du ballon rond, passionné de musique, capable de gestes techniques incroyables (une reprise de volée en Champions League qui offre le titre au réal, une panelka en finale en 2006, des dribbles à répétitions), proche des siens et discret. En ces temps difficiles pour le foot français, le documentaire montre surtout à quel point un homme peut insuffler un esprit et une dynamique dans un groupe. Youtube

 

Lola Montés ( Max Ophüls, 1955) :  ***

Film curieux sur la déchéance mettant en scène une Martine Carol dont le rôle dans la fiction rejoignait celui qu’elle tint dans sa vie réelle, ce qui donne au film des allures de tragédie. Mis en scène de façon virtuose par un Max Ophüls qui réalise ici son chant du cygne, le film est tourné dans un format Scope qui fut abandonné par la suite s’étalant sur une largeur inédite pour l’époque qui lui donne le cachet des grandes fresques. Sauf que le drame se joue dans l’intimité des édredons d’une chambre à coucher ou dans le portrait d’une femme au fait de sa gloire des années auparavant qui joue ensuite son propre rôle devant des spectateurs médusés. C’est là la principale audace de ce film qui semble mettre en scène une poupée de cire au charme réel mais évanescent, au jeu limité alors que la caméra ne cesse de se faufiler partout. C’est surtout l’occasion pour le réalisateur de marier le théâtre, le cirque et le cinéma par la grâce d’une technique hors pair au sein d’un film pourtant assez froid sur le fond, mais grandiose dans sa forme. Il fût un échec cuisant. BR fr

 

Max (Stéphanie Murat, 2013):  **

Max, 6 ans ramène une prostituée à son père pour Noël qui vit seul depuis la disparition de sa femme. Nick, un vieil homme qui vit de petits trafics fait aussi partie du cercle familial qui accueille cette nouvelle venue. Derrière la comédie, et derrières les frasques d’un Jean-Pierre Marielle qui joue comme un gosse, le film pose une question sur la façon de cacher les choses aux enfants par rapport au monde des adultes et à leur sexualité, ici tarifée. Car derrière l’humour qui pourrait être celui d’une cinéaste simplement potache, il y a aussi la réalité : celle d’une femme qui n’a a priori rien à voir avec l’univers de Max la gamine à qui il faudra bien un jour dire la vérité, comme lorsque les enfants passent devant des camionnettes qui s’agitent à leur passage. Amusant et plutôt bien vu avec un Joey Starr aussi à l’aise devant la caméra qu’il l’était dans Polisse mais un François Berléand qui n’en finit plus de toujours jouer le même rôle.  BR fr

 

 Les lolos de la pompiste (John Love, 1991) :  **

J’aime le porno des années 80-90, en particulier celui de la réalisatrice Laetitia. Elle allait chez des amateurs, des couples souvent et laissait tourner sa caméra. Elle a aussi lancé quelques stars dont Julia Channel ou Draghixa. En 1991, Alain Payet aka John Love tournait des films en vidéo en dehors du circuit traditionnel dans lesquels il mettait en scène ce que les éditeurs réputés ne voulaient pas voir apparaître dans leurs vidéos : des personnes naines, Giant Coco (salut !) des femmes rondelettes, de la bisexualité (masculine), et une bonne dose d’humour. Comme pour les films de Laetitia, l’imprévu s’invite parfois et surtout les actrices et acteurs prenaient leurs rôles avec pas mal de second degré. Dans ce film comme dans nombre d’autres d’Alain Payet signant John Love la gauloiserie est mise en avant, d’autant que les dialogues sont pris sur le vif sans doublage en post-production avec une musique au synthétiseur intéressante. Il en résulte un film mine de rien assez excitant. Et puis quel titre ! Le film est sorti en vidéo en VHS dans la collection Penguin Vidéo (ce n’est pas une blague). Internet

 

Father’s day (Astron 6, 2011):  **

Les productions TROMA ne sont pas connues pour leur goût de la modération et de la finesse. Mais Father’s Day est l’illustration qu’en assumant un très mauvais goût on peut aller loin dans les excès. Ce n’est pas tant la façon de filmer, le rajout en post-production des rayures et des points blancs (qui rappellent donc une vieille pellicule) que l’abattage des comédiens, l’ahurissante succession de scènes gore et cette façon de jouer avec les limites qui font la force et la faiblesse de ce film. La force parce que depuis Premutos, je crois n’avoir pas vu un tel déluge d’hémoglobine. Sa faiblesse parce que le film accuse des longueurs et sacrifie parfois une certaine originalité de ton à un rythme inégal. Néanmoins, par ses excès (éviscérations, arrachage de sexe masculin, tronçonnage, inceste, religion tournée en dérision) Father’s Day raconte les délires de cinéastes et d’auteurs qui semblent s’être bien amusés à tourner cette série Z au 3ème degré. Même s’ils courent le risque d’écœurer. BR fr

 

Tournée (Mathieu Amalric, 2010) :  ****

Je ne suis d’habitude pas friand du cinéma de Desplechin et pas plus de celui de Mathieu Amalric qui est son acteur fétiche. Pourtant avec Tournée ( qui porte très bien son titre) il a trouvé un sujet en or (le new burlesque et la façon de le représenter à l’écran) qui a suscité immédiatement mon adhésion et ce dès la séquence d’ouverture qui montre les préparatifs en coulisse d’une troupe de strip-teaseuses (qui jouent leurs propres rôles) avant un spectacle. Et c’est bien le sujet principal de ce « road movie » : celui du spectacle et de ses coulisses, la façon dont le jeu des acteurs rejoint celui des personnages que l’on incarne lorsque l’on est acteur et que l’on se grime pour interpréter un autre…ou soi-même. Passionnant parce que focalisé sur l’attention portée sur les détails, sur les visages, les portraits, sur le corps en mouvement, sur l’inattendu qui jaillit comme une rencontre dans une station service ou un chant improvisé à la guitare dans un hôtel. Avec cette façon dont on peut filmer sans jamais tomber dans la vulgarité, le film a touché une corde sensible en moi, car je suis amateur de new burlesque et je connais des personnes qui en ont fait leur métier et leur art, dont Victoria Romanova. Les actrices sont formidables et constituent une troupe truculente, rieuse, drôle, enjouée, vibrante à laquelle on s’accroche très vite. Le spectacle sous les feux des projecteurs est autant sur scène qu’en coulisses. Et c’est cet équilibre constant que trouve Amalric. BR fr

 

Populaire (Régis Poinsard, 2012) :  *

Ça aurait pu faire un excellent court-métrage voire moyen-métrage. Parce que si le début a quelque chose de séduisant, j’ai trouvé cette comédie sur l’entêtement d’un assureur à faire de sa secrétaire (jolie et pétillante Déborah François déjà à l’honneur dans L’enfant des frères Dardenne) une championne du monde de vitesse de dactylographie très répétitive et (trop) classique. Oui il y a les couleurs, l’ambiance, l’atmosphère et le visuel des années 50. Mais très vite, derrière ce vernis, je n’ai pu m’empêcher de voir qu’un pastiche, parfois bien réalisé et soigné, mais surtout trop long et empesé au final car manquant d’humour. Moins rafraîchissant que sa réputation. BR fr

 

Annalisa (Pippo Mezzapesa, 2011)  :  **

Une chronique d’une adolescence italienne au début des années 90. Le premier film du réalisateur est un portrait parfois inégal (quelques longueurs dans sa deuxième partie) mais aussi assez touchant sur les premiers émois érotiques causés par l’apparition d’une jeune fille dont deux garçons sont tombés amoureux. On parle beaucoup de foot (avec les crampons qui bataillent dans la boue, la figure de la Vierge dans les vestiaires, les maillots sales et les matchs gagnés dans la lutte) et aussi d’amitiés entre jeunes garçons qui apprennent à se connaître eux-mêmes. Un film d’initiation qui nous montre une Italie loin des cartes postales, plus proche d’Ettore Scola et de Luigi Comencini.  DVD fr

 

 




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