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Le FN dans la politique française

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Autrefois parti honni, conspué, le FN est devenu le 25 Mai le premier parti à émerger de la liste des européennes 2014. Entre 1974 et sa première participation à l’élection présidentielle, et 2014, soit quarante plus tard, le parti a explosé son score et son nombre d’adhérents.  Jean-Marie le Pen n’en est plus à la tête mais en reste la président d’honneur et une de ses personnalités de premier rang.

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Retour en arrière. Il y a quarante ans. Le FN ne représente qu’ 1% des voix. Mais à l’époque, dans son tract il évoque « l’Indépendance du Pays liée à l’Europe ». Changement de discours radical en 2014 puisque c’est exactement l’inverse qui est exprimé, l’Europe étant pour le FN « la base de tous les maux ». Pas un mot en 1974 sur l’immigration alors que dans la campagne de 2014 il s’agit d’un des chevaux de bataille.

A la Présidentielle de 1974, Valery Giscard D’Estaing qui indiquera que Mitterrand n’a pas « le monopole du coeur » devient Président de la République. Voir à ce propos le film de Depardon intitulé « Une partie de Campagne » qui est le premier documentaire politique à montrer les coulisses d’une Présidentielle avec ses nombreux enjeux. Giscard a 46 ans et il restera jusqu’en 1981 et la victoire de Mitterrand.

En 1974, je n’étais pas né, la France connaissait son premier choc pétrolier, alors même que le plein emploi faisait encore ressentir ses effets sur la croissance française, le travail et bientôt le droit accordé aux femmes d’avorter. Quarante ans plus tard, le FN est arrivé en tête des listes des Européennes avec 25% des voix, provoquant ainsi ce que la presse s’est immédiatement empressée d’appeler un « séisme politique ».

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Le mariage pour tous a été adopté, la lesbophobie, la biphobie, l’homophobie se sont violemment exprimées, par le biais de la Manifpourtous, et dans la vie quotidienne, avec une augmentation inquiétante des agressions, insultes.  Le PS a laissé tomber (alors qu’il s’agissait d’une promesse de campagne), la PMA pour les couples de lesbiennes, reléguant cette partie de la population à une citoyenneté n’ayant pas les mêmes droits que les autres.

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Le jargon journalistique s’est amusé à reproduire les mêmes totems que ceux qu’il avait mis en une de ses publications au lendemain du 21 avril 2002, autrement dit à l’aube de la génération 2000, celle qui allait connaître l’explosion d’Internet, du DVD puis du Blu-ray, de la consommation de produits ludiques, dont le Smartphone allait être une des caractéristiques les plus prégnantes (on en voit partout aujourd’hui).

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Unes alarmistes, gros titres, accroches toutes plus catastrophées les unes que les autres dans une typographie pensée en termes quasi publicitaires, pas de prénom, juste un « NON » par exemple pour celle de Libération alors même que le choix était déjà fait, puisque pour une partie de la population c’était clairement « OUI » au FN au second tour face à Jospin (et sa fameuse phrase « J’ai décidé de me retirer de la vie politique »).

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Le FN diabolisé c’est une facilité qui se reproduit d’année en année, de générations en générations. Je n’ai jamais voté FN et  je ne le ferai pas mais je comprends que des électeurs qui ne sont ni racistes, ni homophobes, ni riches votent pour le FN par rejet des politiques actuelles, alors même que le FN surfe allègrement sur le populisme, la démagogie, les peurs primaires, etc.

Dire que le FN est raciste reviendrait à l’interdire derechef, puisqu’un parti raciste n’a semble-t-il pas de droit de cité en France. Alors pourquoi des milliers (millions) de personnes se mobilisent et votent pour un partir dit xénophobe ? La réponse est tellement complexe qu’un clip de Noah ne suffira pas à l’expliquer. Le peuple qui s’exprime ici légitimement peut déplaire, agacer, horrifier.   On peut le contester. Mais dire que l’on se sent « honteux de l(s)a France », c’est rejeter une partie de cette France qui donne son opinion et surtout remettre en cause le choix des électeurs, leur choix légitime et éclairé, même si de nouveau on peut trouver des dizaines de raisons de ne pas voter FN, mais aussi d’autres de voter pour. 

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Les gens qui se retrouvent déclassés, licenciés du jour au lendemain, voilà une des cibles du FN, une des catégories sociales, depuis longtemps délaissées par la gauche, cette gauche là, qui il y a plus de cinquante ans, avec le Front Populaire instaurait les congés payés, alors que le PC aujourd’hui noyé dans les soubresauts du Front de gauche (6%) n’a plus de voix politique, et ne représente quasiment plus ceux qu’il était censé représenter : les classes populaires, les ouvriers, les cheminots, les travailleurs. Ces mêmes catégories qui aujourd’hui votent massivement (en plus des jeunes) pour le FN, parce que l’Europe ne leur promet rien d’autre qu’une cristallisation de la crise économique et des lendemains qui ne chantent plus.

Après les élections de 1974, le FN s’est retrouvé à chaque scrutin majeur. Petit à petit, en délaissant le langage direct et agressif du début et jusqu’au milieu des années 80( avec la terrible séquence du « détail » de l’histoire en 1987), le parti depuis le début des années 2010 avec l’arrivée de Marine Le Pen a tenté et réussi un lissage de son discours, de son action, en visant la jeunesse comme les populations plus âgées.

Il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des jeunes gens se revendiquer de l’extrême droite qu’ils ne considèrent pas comme un parti extrême d’ailleurs, c’est-à-dire répréhensible pénalement, auteur d’un discours rance ou ouvertement xénophobe, mais d’un parti populaire et patriote, de ce patriotisme que l’on admire parfois dans la fiction américaine et que l’on retrouve dans les frontières hexagonales comme le moindre mal à la crise sociale, économique, politique que traverse la France. 

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Les jeunes et le FN

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Marine Le Pen a parfaitement su surfer sur cette vague de relents patriotiques, en visant les technocrates de Bruxelles, avec une Europe qui ne protège plus les peuples mais crée immanquablement une fracture sociale selon elle, liée à l’immigration massive, à l’absence de frontières, au traité transatlantique, bref à la mise en péril des valeurs refuge : patrie, Etat providence, monnaie nationale, nationalisation. En 1988, ce document avait été réalisé à Lille, à propos de l’immigration justement

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Sur ces problématiques, le FN a trouvé sa réponse dans le vote d’adhésion (et donc de rejet de l’UMP et du PS) à sa politique, ou tout du moins à son souhait de politique consistant à revenir à une monnaie nationale (puisque l’Euro est trop cher, et que l’Allemagne mène seule la barque des politiques européennes d’austérité et de critères de diminution de dépenses publiques), des frontières, une préférence nationale. Le racisme, la xénophobie ?

Ce n’est pas cela qu’ont a priori vu les électeurs (dont la majorité à moins de 35 ans,) quand ils ont voté le 25 Mai. Il ont dit non à l’Europe de Bruxelles, de Schulz, de la finance. Comme en 2002, au lendemain du tremblement de terre de la Présidentielle, un tremblement de terre qui était pourtant prévisible (et à l’époque il n’y avait ni Facebook, ni twitter, pas même d’ADSL), une partie de la jeunesse de France se mobilise, descend dans la rue (à Lyon, comme à Paris) pour manifester contre le racisme, contre la xénophobie. Certains crient à l’ »antirépublicanisme » du parti ? Pourquoi diable le FN n’est-il pas interdit alors ? Pourquoi, depuis 40 ans, aucune instance républicaine ne s’est prononcée sur cette interdiction ? Pour quelles raisons ce parti compte de plus en plus d’adhérents s’il n’est pas digne des valeurs de la République ? 

Ce n’est pas parce que Noah chante sa colère qu’il faut prendre pour agent comptant ses paroles, je doute d’ailleurs que les électeurs du FN se réjouissent du fait qu’un chanteur les juge à ce point dans leur légitimité, ces mêmes personnes qui se sentent sans doutent abandonnés par ce même PS moralisateur… On ne fait pas de politique pour être honnête et lorsque l’on est honnête il est difficile de se lancer en politique, tant celle-ci me semble être à l’opposé de son expression, cela dit le vote a ceci de puissant qu’il représente à un instant T (et parfois pour des années) l’expression d’un sentiment qui peut être celui de l’exaspération, du rejet d’une idée, d’un programme. Ou son adhésion complète.

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En votant massivement (malgré l’absention) pour un parti qui se dit europhobe (tout en voulant rassembler et devant rassembler au moins 7 partis à travers l’Europe), le FN a fait exploser le clivage bipartite en France : la gauche ou la droite. Le FN s’est lentement mais sûrement imposé sur la scène politique locale, nationale et désormais européenne. Pour mieux combattre son ennemi, il vaut mieux le connaître plutôt que le repousser, le trouver illégitime dans son action quand cette illégitimité se manifeste plutôt que de conspuer systématiquement celles et ceux qui votent pour lui. 

En 1989, le groupe punk Berurier Noir chantait que la jeunesse française emmerdait le Front National dans son tube « Porcherie ». J’aime beaucoup Berurier Noir. Presque trente ans plus tard, il semblerait que ce ne soit néanmoins pas aussi vrai, tant l’image de la société, les crises qui la traversent, la change, la modifie, la radicalise parfois. Plus l’on dit aux gens pour qui il ne faut pas voter, plus ils font l’inverse. Ce sont aussi les mêmes forces en présence qui s’affrontent, comme un éternel recommencement : l’extrême gauche et droite. Non le FN ne résoudra pas les problèmes, mais il en arrive en temps de cristallisation des colères, des frustrations, des rejets au moment toujours opportun pour parler à certaines personnes et en horripiler d’autres. C’est son rôle politique.

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Journée de lutte contre l’homophobie

Journée de lutte contre l'homophobie dans Actualités lgbt-flag

Aujourd’hui, 17 Mai était organisée la journée internationale de lutte contre l’homophobie, mais aussi car ce sont d’autres versants, la lesbophobie, la transphobie, la biphobie. Il y avait des manifestations un peu partout en France, à Paris, à Chatelet, mais aussi dans de grandes villes de province. L’ordre du jour était de promouvoir pacifiquement le combat quotidien contre les propos et les actes homophobes qui ont connu une recrudescence inquiétante sur la dernière année écoulée.  

Les reculades successives du gouvernement (qui pensait pouvoir faire passer une loi sur le mariage en écartant la PMA pourtant inhérente comme celle de l’adoption) sur la question de la PMA, après la promulgation il y a an, dans un climat particulièrement tendu durant laquelle se sont multipliées les manifestations de la Manif pour tous de la loi sur le mariage pour les couples de même sexe n’ont pas non plus aidé à faire retomber un climat parfois délétère. 

Une journée de lutte contre l’homophobie, sur le papier ça peut paraître un peu juste. Mais la cause reste évidemment louable et surtout elle ne doit pas rester cantonnée à l’expression d’une parole citoyenne, engagée, volontariste de seulement vingt quatre heures, elle se perpétue après et elle se prépare avant, en amont des festivités. Car la journée du 17 mai connue sur le plan international sous l’acronyme IDAHOT est l’occasion de célébrer l’amitié, l’union, la compréhension mutuelle entre les homos et les hétéros, sans distinction de religion, de sexe et évidemment de nationalité.

C’était aussi la Gaypride à Bruxelles dans la rue de la monnaie. Une belle occasion de porter haut et fort certaines revendications et certains souhaits de réalisation sociale, en France notamment par la possibilité de pouvoir recourir à la PMA, ce qui n’est toujours pas possible pour les couples de lesbiennes et les femmes homosexuelles célibataires mais possible pour les couples hétéros stériles. En 2014, tous les citoyens ne sont donc pas égaux dans ce domaine.

Le 36 Quai des orfèvres dans l’actualité

Le 36 Quai des orfèvres dans l'actualité dans Actualités 36quai

C’est une affaire grave qui concerne le 36 quai des orfèvres, considéré comme l’élite de la police française dans le domaine judiciaire avec les affaires de grand banditisme, crime organisé, etc. Vous en avez forcément entendu parler, la nouvelle ayant fait les une des médias et des journaux durant une semaine. Les faits se sont produits dans la nuit de 22 au 23 avril. Une jeune canadienne de visite en France (la première pour elle), accompagnée d’un ami avocat, visite la capitale et se rend dans des pubs durant son séjour.

Dans la soirée du 22 au 23, elle se rend dans le pub irlandais fréquenté par des habitués, des flics du 36 qui l’abordent.  S’ensuit une visite des locaux, dont la jeune femme de 34 ans ressortira selon des témoins « en pleurs, sidérée, sous le choc ». Elle dit avoir été violée par des policiers, ceux-là mêmes qu’elle avait rencontré dans le pub quelques heures plus tôt et qui lui avaient indiqué qu’elle pourrait visiter le lieu mythique.

C’est une histoire de viol. La France en connaît malheureusement de très nombreuses. Certaines sont exposées, font la Une, à l’instar de celle du coach sportif de Levallois-Perret accusé par des jeunes femmes (toutes mineures à l’époque des faits incriminés,  âgées de 12 à 17 ans), ainsi que celle du métro de Lille. D’autres sont tues, parce que les victimes n’osent pas porter plainte. Celle du 36 quai des orfèvres, cette histoire sordide à l’exposé des faits du procès-verbal, pose une nouvelle fois certaines problématiques en mettant en exergue des réflexes qui visent à décrédibiliser les victimes et à les rendre coupables de leurs agissements, de leurs comportements.

Ce n’est pas pour rien que Stopharcèlement de rue a vu le jour au début du mois de février et qu’il est déjà contesté par Causeur notamment, ce n’est pas pour rien que des femmes et des hommes se portent en faux par rapport à certaines accusations de provocation face aux agressions verbales, mais aussi physiques et sexuelles dont sont victimes les femmes dans la vie quotidienne. De la remarque sexiste, au geste déplacé, jusqu’au passage à l’acte comme le rapportait la journaliste Jack Parker agressée dans le métro, laquelle a reçu des messages de soutien comme d’insultes suintant la misogynie, le sexisme et la haine de l’autre à plein nez, sous couvert de relatif anonymat bien entendu.

L’affaire du 36 quai des orfèvres m’a mis très mal à l’aise, par la gravité des faits relatés, qui relèvent de la cour d’assise pour crime, et le fait qu’ils se soient déroulés dans un lieu « extraordinaire », même si un viol, par définition est une horreur qui peut être commis n’importe où, par des gens que les victimes connaissent souvent très bien. La première question que je me suis posée en lisant ces faits, c’est comment il était possible, alors même que tous les voyants sécuritaires sont au rouge (plan Vigipirate actif depuis au moins dix ans) que trois policiers (un interrogé à titre de témoin assisté n’a pas été inculpé après sa garde à vue) aient pu entrer ainsi avec une parfaite inconnue, en passant deux « barrages » à savoir les gardiens postés à l’entrée, en indiquant à ces mêmes gardiens qu’ils connaissaient la future agressée ?

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Comment envisager que des inconnus puissent rentrer ainsi au 36 sans faire l’objet d’un contrôle de sécurité et d’identité rudimentaire ? On nous rappelle ad nauseam chaque jour avec les annonces radio de menace de vol dans les transports, de pickpockets, on dit qu’il faut être vigilant dans ses déplacements, et là on fait entrer une parfaite inconnue à 0h sans se soucier le moins du monde des tenants et aboutissants. Ne serait-ce que sur ce point, les policiers me semblent être en situation de faute professionnelle lourde. Il s’agit du QG de la police judiciaire, et il est effrayant de voir que sous prétexte de présence féminine, on puisse y entrer aussi facilement.

La deuxième chose qui m’a interpellé, et profondément agacé c’est un article publié sur le site Metronews parce qu’il a d’une part été le premier à qualifier la victime en des termes qui ne peuvent que provoquer la confusion et donner le sentiment qu’en étant une fille légère voire facile elle ne pouvait que s’attendre à être victime d’une agression sexuelle. Si une femme s’habille en jupe courte, qu’elle porte des talons et sourit, elle est dans l’esprit de certains facile et ne doit donc pas s’étonner d’être caressée voire beaucoup plus. La jupe, la robe, le décolleté seraient ainsi des invitations à disposer du corps de l’autre, puisqu’ils indiqueraient que la personne qui les portent est à disposition, consentante de fait.

En agissant de la sorte, c’est à dire en draguant une femme dans le but de l’emmener au 36, les policiers ont manifestement abusé de leur pouvoir et autorité même si elle demandait elle-même de les visiter. Rien ne présuppose qu’y entrer était uniquement dans le but d’avoir des relations sexuelles, aussi consenties-soient-elles ce qui ne semble pas du tout être le cas, alors même que la personnalité de la victime est davantage mis en avant que ce qu’elle dit avoir subi et que des examens médicaux tendent à prouver.  Les détails sur la scène du crime, qui évoque « beaucoup d’alcool », et en particulier « un grand verre de whisky ingurgité par la victime » laisse entendre un comportement visant à griser une tierce personne dans le but d’abuser d’elle.

Que cette femme soit de nature avenante, souriante, qu’elle ait un « tatouage à l’épaule » (ce qui n’a strictement aucun intérêt d’ailleurs pour la décrire, notamment sur le plan du comportement, auquel cas l’article sous-entendrait-il que les femmes tatouées, à qui il arrive de boire, sont plus enclines à avoir des relations sexuelles que les autres, et donc à rechercher les aventures faciles ?) n’est pas une raison pour justifier une agression sexuelle pas plus qu’un viol. Il est fait état d’une « fellation imposée » (ce qui sur le plan pénal est caractéristique d’un viol) et de « pénétrations » par au moins deux personnes. Ces mêmes personnes, policiers, qu’elle avait rencontré au pub irlandais.

La troisième chose qui m’a sidéré est de lire que du personnel avait entendu des « bruits aigus de jouissance » sans s’inquiéter le moins du monde de qui en était l’auteur, et surtout pourquoi ? Pourquoi à 1h du matin dans des bureaux censés être déserts ? L’enquête se poursuit, tandis qu’une femme est aujourd’hui considérée comme légère, parce qu’elle a bu, suivi deux policiers qui étaient eux parfaitement au fait de ce qu’ils faisaient, tout en donnant une fois de plus une étranger image de la France vue hors de ses frontières.

Achats (musicaux) de Printemps

Achats (musicaux) de Printemps dans Actualités 7052031-video-exotica-rejoue-les-annees-80-en-vhs

Hier était l’occasion avec rêveur de passer une journée sur Paris. Et d’aller faire un tour du côté des enseignes musicales pour y trouver quelques CDS. Voici donc la liste des achats printaniers. Avec le souhait initial de trouver des albums vus et écoutés sur le net, mais aussi de laisser un peu la place au hasard et d’acheter sur des paris. En espérant que ce soit payant.

rêveur a trouvé en Lucius sa plus belle pochette de l’année et je découvre le duo, la musique est belle et c’est une découverte très intéressante. Personnellement j’ai jeté immédiatement mon dévolu sur le CD de musique pop/synth/électro « Bad Case of Fabulous » de Junksista, mais aussi sur Billie, dont c’est le premier album. J’ai flashé sur le single et sur le clip. Une jeune artiste française qui a eu les honneurs d’une interview récente par Amalgame Musical.

J’ai pris le CD de la chanteuse espagnole Luz totalement au hasard,  j’aimais bien la pochette. Idem pour HeartsRevolution même si j’ai écouté un peu leur disque à la Fnac. Et puis j’ai aussi pris des albums que je n’avais pas encore (Lilly Allen, le Blur, Wanderlust de Sophie-Ellis Bextor, etc). Je ne connais absolument pas 54 Nude Honeys, mais ça m’intrigue.

 

Luz

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 Luz

54 Nude Honeys

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54 Nude Honeys

Lily Allen

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Alright Still

Sophie Ellis-Bextor

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Wanderlust

The Runaways

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And now… The Runaways

Heartsrevolution

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Ride or Die

Mustang

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Ecran Total

Sky Ferreira

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Night Time, My Time

Eagle Death Metal

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Death by Sexy

Exotica

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La Vierge et le Lion

The Pirouettes

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L’importance des autres

BIPPP

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French synth pop 1979/1985

The Corrs

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Talk on Corners

A-Ha

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Hunting High and Low

Billie

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Le Baiser

Blur

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Leisure

Owlle

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France

Junksista

Bad case of fabulous

Future Islands

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Singles

Dum Dum Girls

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Too True

Twitter,sexisme,féminisme,engagement

Twitter,sexisme,féminisme,engagement dans Actualités le-renouveau-du-feminisme,M56667

L’engagement en politique, dans la vie sociale, associative existe depuis très longtemps. Pour défendre une cause, un idéal, un projet de société et bien d’autres choses encore. La visibilité sur Internet permet de rassembler autour d’un cercle qui s’élargit et devient alors une communauté. La sociologie des rapports humains, des sciences sociales l’a analysé et il ne s’agit pas ici de la questionner de nouveau ou de pondre une thèse à son propos.

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De la même manière que les associations font appel aux dons des bienfaiteurs, Internet a pu ces dernières années monter des projets autour d’une idée qui rassemble. C’est le cas avec la plateforme ulule sur le principe du crowfunding, c’est-à-dire la participation financière par les citoyens. Dernièrement, et parce que je trouvais que cela collait à une de mes préoccupations, j’ai participé financièrement au projet de la revue lesbienne Well qui a trouvé les fonds nécessaires pour pouvoir couvrir ses frais de fabrication et de distribution. J’en ai fait de même pour Le Refuge et Actup Paris. Si un sujet me touche je suis prêt à investir à mon niveau et faire tourner l’info.

Il y a quelques semaines également, la blogueuse CrêpeGeorgette avait écrit un article repris par les médias parce que les mots « safe » « rue » rapportés au harcèlement de rue avaient été mis en avant en maniant l’amalgame comme l’explique un article de Le Plus signé Ana Guiroux.

 Il n’est pas évident de parler de féminisme et encore moins de le faire en tant que garçon parce que le harcèlement de rue, sur twitter, sur les blogs et dans la vie quotidienne, au bureau comme ailleurs est essentiellement ressenti et vécu par les femmes et il est difficile de parler en leur nom, même si le désir se fait sentir de le faire. Pas parce qu’on est un féministe convaincu, mais parce que le quotidien nous le rappelle quasiment chaque jour et qu’il nous saute au visage. Je ne vais pas jouer au père la pudeur. Il y a le fait de regarder une fille, de regarder sa poitrine discrètement et le fait de mater et/ou d’insister lourdement.  020439-498df0ce-a895-11e3-9dd3-54db44ed2f71

L’actrice américaine Belle Knox

Il n’y a pas si longtemps, l’actrice de X américain Belle Knox s’est aussi expliquée dans les colonnes du journal de son université, dire pour quelles raisons elle avait décidé de se lancer, avec une attitude pro-sexe et féministe qui avait fait enrager un certain nombre de garçons, parmi lesquels sans doute, certains se masturbent sur des vidéos pornographiques avant de cracher leur venin et leur dédain face aux actrices, et ce de façon beaucoup plus anonyme ou presque. Si en plus cette jeune femme explique qu’elle a pris du plaisir et s’était sentie plus libre que jamais en tournant, cela dépasse un certain entendement.

A Hollywood, Ellen Page a pu révéler son homosexualité au grand public en étant invitée à une convention nationale pour les droits LGBT.

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Aujourd’hui, rebelote, en surfant sur twitter, je découvre ce que l’on pourrait appeler le twitter hassling, ou le harcèlement sur twitter. La raison ? Une twitteuse, @maryboobins poste en PP (photo de profil) son décolleté. La gent masculine s’affole et affiche des commentaires sexistes, insistant sur le fait que de poster pareille photo est à la fois provoquant et surtout loin d’être innocent selon l’avis exprimé ainsi majoritairement par des garçons.

Hasard ou pas, hier, j’apprenais que Apple Store avait censuré la couverture du livre de Bénédicte Martin, sur laquelle trône les seins nus d’une jeune femme. Atteinte à la pudeur, et surtout puritanisme au rendez-vous chez le géant américain exprimé ici sans rougir. Cela dit, d’une certaine manière, la France et une partie de l’Europe sent un vent de puritanisme souffler avec insistance depuis quelques mois. La morale judo-chrétienne se porte comme un charme, relayée qui plus est par des réseaux d’influence, dont la Manif pour tous qui milite activement contre l’égalité des droits, en particulier sur la PMA pour les lesbiennes.

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Apple Store ne veut pas de cette couverture de livre.

Là où les choses sont également intéressantes c’est de voir se souder auprès d’une personne d’autres personnes, hommes et femmes confondus pour défendre ce qui au fond est le droit le plus strict d’une personne, sur le web comme dans la rue : celui de pouvoir porter une jupe ou un décolleté indépendamment du fait de savoir si cela va réveiller certains instincts (clairement sexuels) ou des attitudes ouvertement sexistes (« Elle l’aura bien cherché si elle est agressée, elle n’avait qu’à pas le faire »).

Le fait d’afficher en profil non pas un visage seul, mais un visage et un corps (en particulier sa poitrine ici recouverte par un soutien-gorge, ou un pull, bref non dénudée, on ne parle pas des jeans pour mecs qui descendent très bas sur les fesses laissant ressortir les caleçons et autre boxers lesquels ne semblent souffrir d’aucune attaque), montre à quel point l’idée que les réseaux sociaux qui sont censés être ouverts, respectueux se rapporte tout de même à celle préconçue de ce que doit être dans un certain esprit masculin la représentation correcte de la féminité, au risque de se lancer dans l’invective. Le sein est ramené à un objet de vulgarité, à son expression même, et aussi à la sexualisation toute entière du corps féminin qui n’en demande pas tant.

En signe de soutien à cette jeune femme, plusieurs femmes ont arboré et arborent toujours une photo de profil de leur poitrine. Je me rappelle avoir été très choqué il y a quelques années de la phrase de Ségolène Royal (qui avait déjà démontré qu’elle avait son idée de ce que devaient être les dessins animés diffusés à la télévision) au sujet du port du string, en prétextant à son caractère sexualisé et à l’imprudence commise par les jeunes femmes d’en porter un au risque de devoir se faire agresser sexuellement. Je n’en croyais tout simplement pas mes oreilles. Sauf qu’elle était très sérieuse. Et que le string représent(e)ait une certaine idée de la perversion sexuelle au féminin.

Cela m’a rappelé à cette image issue d’un article de Atlantico.

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C’est la twitteuse @Myroie, laquelle s’étonne que de nombreux garçons font partie de ses nouveaux abonnés, qui alerte sur la nature des échanges et des insultes (comment les qualifier autrement) à l’encontre de @maryboobins. @BlackMagentaCat arbore un PP de poitrine tout comme @_MarquiseSG parmi d’autres. Le féminisme au sens de défense des droits des femmes à s’habiller comme elles l’entendent trouve ici un autre terrain d’expression, non pas nouveau, mais solidaire par son effet instantané (pas besoin d’organiser une manifestation, de la préparer et d’en assurer le bon déroulement). Comme pour les JO de Sotchi avec les coeurs sur l’avatar, Twitter est ici utilisé dans son sens premier : celui de diffuser une information, de la défendre, de dénoncer certains actes par le mouvement et la cohésion de groupe.

 

 

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