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Top cinéma 2013

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Dans quelques jours nous serons en 2014. Le temps de refermer la parenthèse cinématographique de 2013 avec un nouveau top, le dernier en l’occurrence, focalisé cette fois-ci sur les films de l’année. Après les tops musicaux consacrés aux clips, aux singles, aux albums et aux pochettes, voici le cinquième et dernier top annuel. Celui du cinéma.

Contrairement à ce qu’écrit Nio sur son blog, je ne trouve pas que 2013 ait été une très grande année cinématographique (enfin si j’ai bien compris ce qu’il sous-entend, en parlant d’une grande qualité musicale et de grands films, son top ciné venant de faire son apparition). Je ne crois pas que 2013 ait été une très grande année côté septième art contrairement à la musique qui fut servie plus que généreusement en opus de grande et très grande qualité.

Mais ce n’est peut-être qu’un sentiment personnel. En fait 2013 est surtout à mes yeux l’année de trois films qui émergent clairement et qui « sauvent » à eux seuls une production que j’ai trouvée loin d’être fantastique.

Si 2012 avait été l’année de Miss Bala et de Hasta La Vista, 2013 a été celle d’une pluie de supers productions et autres blockbusters qui globalement m’ont laissé de marbre, voire déçu ou carrément insupporté. Je loue l’ambition de Cloud Atlas, notamment sur le plan du script, mais je n’ai pas forcément adhéré plus que cela à la plastique de l’œuvre, et notamment la partie futuriste.

Je n’ai pas encore vu Lone Ranger, mais j’ai été catastrophé par Man of Steel (alors que j’avais beaucoup aimé Sucker Punch) qui est exactement l’opposé de ce que j’aime dans le cinéma américain, et y compris, dans ce cas de figure, celui du grand spectacle. Idem pour Gatsby le magnifique, à côté de la grosse déception A la merveille, et des films détestés comme Maniac, Passion et Only God Forgives.

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Mais l’année 2013, c’est l’année des histoires d’amour qui commencent bien et se finissent mal. Des passions plurielles. C’est l’année des soubresauts amoureux et des premières expériences gravées dans le cœur et la mémoire. Ce sont les premiers pas des débutantes (ou quasi) Adèle Exarchopoulos, Marina Vacth, où les thèmes des films rejoignent les thématiques et les problématiques sociales.

Si l’année s’est ouverte et a continué au Printemps sur les Manifs anti mariage pour tous dans un climat particulièrement tendu et à l’arrière-goût rétrograde, elle s’est refermée sur des polémiques à la pelle qui n’ont pas cessé de relancer les invectives, les pics entre les communautés, montré du doigt les soi-disant personnes « anormales » et ciblé des gens qui n’avaient rien demandé à personne, ou plutôt si : les mêmes droits pour tous. Bref le cinéma social a rejoint les thématiques de la vie de tous les jours en ne faisant parfois qu’un.

Voici le top cinéma 2013, sachant que les trois premières places sont les gros coups de cœur et qu’ils se détachent nettement du reste pour leur audace, leur originalité et leur beauté. Ce n’est pas La Vie d’Adèle qui gravit la première marche mais un film espagnol, venu quasiment de nulle part, intitulé Blancanieves, arrivé dans les salles françaises fin janvier et qui m’a littéralement cueilli.

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Blancanieves de Pablo Berger (Espagne, 2013)

Dès son extraordinaire séquence d’ouverture sur une scène de tauromachie, le film ne dévie jamais de l’objectif qu’il s’est assigné : proposer une relecture moderne du conte de Blanche-Neige (mon film d’animation préféré) avec pour décor Séville et ses héroïnes qui rappellent le cinéma muet des années 20 (en particulier Murnau, car l’on pense à L’aurore -le film préféré de Truffaut- mais aussi dans un autre genre à Soy Cuba pour certains de ses gros plans en grand angle). L’expressionnisme remis au goût du jour, sans forcer le pastiche ou la parodie. Mais en distillant une belle dramaturgie.

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L’aurore de Murnau (1927, Allemagne)

Une réussite exemplaire, portée par Macarena Garcia, un noir et blanc somptueux, Maribel Verdu (déjà l’affiche de Y Tu Mama Tambien en 2001), et surtout une mise en scène qui étonne par l’invention de ses plans et ses idées (environ une toutes les trente secondes). Le film comporte d’ailleurs une des plus belles ellipses vues depuis 2001 L’odyssée de l’Espace avec la scène du linge et le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un film qui reprend les codes du conte (méchante, trajet personnel de vie, aléas, rebondissements, environnement protecteur, etc) et qui met de nouveau du pep dans un cinéma ibérique qui semble se renouveler régulièrement ces dernières années.

Blancanieves, un an après Tabou a relancé une esthétique cinématographique en prenant le risque de tourner dans un format rare, le 1.33, en noir et blanc et muet. La musique d’accompagnement est superbe.

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La Vie d’Adèle, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos (Abdellatif Kéchiche, 2013)

Deux autres cœurs ont battu très fort cette année. Ceux d’Adèle et Léa, récompensées par la Palme d’Or à Cannes. J’en ai lu un peu sur le film mais je me préservais autant que je pouvais et c’est très tard que je l’ai découvert. Un film porté par ses comédiennes et par la force de sa mise en scène.

Un film sur la passion, sur l’amour, sur les rencontres déterminantes et sur le passage, fragile, délicat de l’adolescence à l’âge adulte, cœur de tous les vertiges, des découvertes et des blessures qui les accompagnent, quand les chimères se heurtent à la réalité du quotidien. Kéchiche filme le passage de relais, l’amour du verbe et des sens, avec ces deux jeunes femmes qui se découvrent, s’aiment et se séparent. C’est un film qui peut facilement bouleverser, surtout si on le découvre à l’âge qu’ont les héroïnes issues du quotidien, et pourtant venues d’univers sociaux différents, ce qui est en filigrane, l’une des thématiques récurrentes du cinéma du réalisateur (L’Esquive, La Graine et le Mulet, entre autres).

Le film doit ses respirations, sa beauté plastique, au jeu de lumières, aux contrastes qu’offre la photographie du film, solaire et mordorée au début, puis un peu moins chaude quand pointe l’automne. Mais il y a les sentiments, cette relecture du marivaudage (Kechiche cite Marivaux comme une de ses principales influences), en liant la fiction littéraire (La Vie de Marianne) et ce que vit Adèle dans la « vraie » vie, cette découverte de l’amour avec un grand A, celui qui donne le vertige et envie de connaître l’autre par tous ses pores et toute son âme. Certains ont été gêné par les scènes de sexe. Je les ai trouvées, surtout la première, charnelle, crue, vive, avec ce quelque chose d’effréné, cet appétit qui ne parvient jamais tout à fait à être satisfait, qui ne parvient pas à satiété. Le plus beau texte que j’ai pu lire sur le film, outre celui de rêveur, reste celui de Tristana (que je salue au passage) et que je reproduis ici :

J’ai été complètement embarquée par ce film.

Déjà, j’ai trouvé Adèle EXTRAORDINAIRE, cette nana est d’un naturel effarant, elle est de quasiment tous les plans et Kechiche a été bien malin de réaliser son film comme ça, parce qu’elle illumine l’écran, elle est absolument incroyable. Léa Seydoux face à elle est très fade, ce qui n’est pas un gros problème puisqu’en fait ce qui compte c’est Adèle, sa vie, sa passion pour Emma ; il est vrai que la scène de la dispute est un peu ratée, c’est dommage car je trouve que les deux actrices étaient bien dans le ton, mais les dialogues sont complètement décalés par rapport au reste du film (« petite traînée » etc). Après, je me dis aussi que Kechiche a peut-être fait exprès de faire de cette scène de dispute une scène un peu artificielle car au fond, Emma se sépare d’Adèle pas parce qu’elle l’a trompée, mais parce qu’elle ne l’aime déjà plus (on voit bien lors de la soirée avec les amis d’Emma qu’elle est déjà trèèèrs proche de Lise) et qu’elle a besoin de ce prétexte pour se débarrasser d’elle. Du coup elle feint la colère et utilise un vocabulaire qui sonne faux…

On a beaucoup parlé des scènes de sexe, trop longues ou gratuites, trop réalistes ou pas assez… Moi je les ai trouvées tout à fait justes, je pense déjà qu’il était important voire essentiel de montrer la sexualité de leur couple, parce que Kechiche voulait certainement se démarquer de l’image de l’homosexualité qu’on voit souvent au cinéma ou à la télé : des couples qu’on voit s’embrasser mais jamais baiser, alors que pour les hétéros c’est le passage obligé de n’importe quel film (ou presque) ; ensuite, il y avait aussi probablement l’envie de montrer que la sexualité lesbienne, ce n’est pas ce qu’on voit dans les pornos, et même si on peut toujours rétorquer que les scènes de cul ne représentent pas la « réalité », le fait est qu’on ne peut jamais représenter franchement la réalité dans une scène de sexe, parce que chacun baise différemment… Au moins là aussi Kechiche s’est écarté du cliché des lesbiennes qui s’effleurent en gémissant comme des chaudasses : là, les nanas y vont, se touchent, se claquent, se pétrissent, se lèchent, se doigtent, bref : on est dans du vrai, du concret, voire quelque chose d’assez animal. Et puis d’ailleurs, j’ai trouvé que les deux scènes de sexe entre les actrices permettait de donner un côté concret à la passion qu’elles vivent : on le ressent bien dans le regard d’Adèle, mais c’est vraiment à ce moment-là qu’on ressent ce truc assez dévorant qui les habite, cette envie de se bouffer l’une l’autre, et l’incapacité à être satisfaites (on ne les voit jamais jouir, ou alors ça dure trèèèès longtemps : leur histoire c’est une jouissance permanente qui, paradoxalement, n’explose jamais vraiment). Vraiment, pour moi ça fait totalement sens dans l’histoire.

En fait, je ne les ai pas trouvées spécialement excitantes, les dites scènes : ce n’est pas franchement filmé comme quelque chose de sensuel, on est plutôt dans un truc un peu cru, réaliste, et donc qui ne donne pas franchement envie. A la rigueur la scène de la masturbation d’Adèle est la plus excitante ; mais les scènes à deux, je les trouve « cliniques », en fait, on voit bien que Kechiche n’a pas cherché à esthétiser le truc, ni à l’érotiser : ce sont deux corps qui s’entrechoquent parce qu’ils le doivent, pas pour satisfaire le spectateur.

Mais surtout ce qui m’a transpercée, c’est le côté social du film, cette incompatibilité entre deux mondes qui ne se rencontreront en fait jamais : Adèle est une prolo, elle prend le bus le matin, va au lycée, bouffe des spaghettis et rêve de devenir instit, alors qu’Emma vient d’une famille d’artistes qui mangent des fruits de mer et pour qui exister, c’est se réaliser artistiquement. La tête des parents d’Emma quand Adèle leur dit qu’elle veut devenir instit, comme si c’était naze, comme si vouloir un boulot stable et qui a du sens (parce que ça a du sens pour Adèle de vouloir passer le flambeau : en bonne prolo, elle sait ce qu’elle doit à l’école, son goût pour la lecture notamment) était une ambition minable. On peut penser que tout ça est un peu cliché, mais je trouve ça finalement tellement bien vu : le problème entre Adèle et Emma, ce n’est pas qu’elles sont homosexuelles et que leur relation doit être cachée (aux parents d’Adèle uniquement), mais bien que leurs mondes sont trop opposés pour qu’elles puissent envisager quelque chose de sérieux. D’ailleurs, ce que ressent Adèle pour Emma n’est pas de l’admiration, ça n’a rien à voir avec quelque chose de rationnel, c’est purement animal, passionnel (quand elles se revoient, Adèle lui dit : « j’ai envie de toi, tout le temps »), et qu’elle peigne des toiles et qu’elle expose, elle s’en moque : ce n’est pas ça qui l’a séduite.

Emma reste bloquée dans son monde où ne pas connaître Schiele et ne pas rêver à un destin artistique sont des hérésies, quand Adèle reste bloquée dans le sien où, même en couple avec une femme, elle se satisfait d’être la gentille soumise qui fait à manger (jusqu’à un certain point, ceci dit, puisque le fait qu’elle trompe Emma montre bien que leur union ne fonctionne pas pour elle non plus).

Dans le climat actuel en tout cas, c’est un film qui fait un bien fou, qui parle de l’amour entre femmes avec beaucoup de réalisme et de lucidité, et qui surtout porte un oeil juste et sensible sur les différences sociales qui restent, encore aujourd’hui, des freins à la passion, la vraie, celle qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie.

(Et définitivement, les regards qu’envoie Adèle à Emma alors qu’elles ne sont pas encore ensemble, notamment dans la scène sur le banc où Emma la dessine pour la première fois, font partie des plus belles choses que j’aie jamais vues au cinéma. Il y a une vérité là-dedans, une fragilité qui m’a réellement bouleversée.)  Tristana, 22 octobre 2013, dvdclassik.com

J’ai trouvé cela très beau et picturalement maîtrisé. J’ai juste été surpris par l’enchaînement des deux autres, plus courtes et s’enchaînant un peu trop rapidement. Menu défaut, pour un film porté par ce sens du cadre (le gros plan ne m’a nullement dérangé), et cette narration qui file à cent à l’heure. On peut aussi dire, on pourrait en tout cas, qu’il porte ce secret charnel qu’est celui du désir amoureux, de l’éveil à la sexualité, et pas simplement un film sur les amours homosexuelles, saphiques en l’occurrence, puisque le film aurait aussi pu s’intituler La Vie de Bertrand ou La Vie de Bertrand et Stéphanie.

Ce qui a fasciné vraisemblablement le peintre des mœurs et du quotidien (se lever, aller en cours, discuter avec ses copines, s’interroger sur ses choix de vie, sa sexualité, ses désirs) c’est l’alchimie entre les deux actrices, et puis les scènes-clés qui font clairement monter en intensité avec lequel je n’ai pas vu le temps passer : la scène des escaliers juste avant le cours d’anglais durant laquelle Adèle a un déclic et se voit offrir son premier baiser amoureux lesbien (léger flirt) avant de connaître presque immédiatement sa première déception, celle de la première dispute durant laquelle l’homophobie latente et maladroite s’invite, la rupture avec les longs sanglots et la bulle qui soudain explose, laissant deviner une rupture alors inévitable, et enfin la scène, magnifique, du café, durant laquelle Emma a cette phrase inouïe :

J’aurai toujours une infinie tendresse pour toi  »

Emma à Adèle dans La Vie d’Adèle

Il ne s’agit plus d’amour physique, on le sait, on le sent, mais cette phrase-là, il faut la resituer dans le contexte antérieur, et dans ce sentiment puissant qui est qu’être aimé(e) est sans doute plus fort qu’aimer.

C’est amusant enfin de voir que deux films se soient répondus (nombreux Prix à Cannes, bouche à oreille positif) en traitant tout deux de sexualité et de diversité, l’un sur le ton du portrait initiatique l’autre en calquant des codes de la tragédie grecque (un lieu, un temps, une unité, un drame), avec d’un côté des femmes qui s’aiment et de l’autre des hommes qui s’aiment aussi, se draguent, en côtoyant Eros et Thanatos.

Qu’ils aient aussi déclenché l’ire des censeurs (pour l’affiche de l’Inconnu du lac, au XXIème siècle, c’est tout de même incroyable), et des réfractaires aux droits des homosexuels au mariage et à l’adoption. Dans les deux cas, on se lèche et on se suce, on jouit et on se cherche, on se sépare aussi, comme tous les couples finalement, enfin de ceux là qui vivent aussi leurs passions, leurs espoirs et leurs désillusions, comme n’importe quel couple hétéro.

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L’inconnu du lac (Alain Guiraudie)

Et puis il y a eu les rencontres de jeunes hommes au milieu du lac, un lac clément d’abord puis théâtre d’un crime mystérieux. Alain Guiraudie a filmé frontalement la nudité, le désir, le sexe entre hommes avec un naturel confondant (se plaisant lui aussi à apparaître dans le plus simple appareil lors d’un plan inaugural). Un film qui sous son apparente légèreté laisse traîner un parfum de danger anxiogène, où les corps après s’être étreints se font violence.

Là encore, une bien belle utilisation d’un décor unique, des personnages qui se frôlent ou font clairement l’amour, se sucent et se masturbent et se pénètrent en gros plans, dans l’ombrage, avec paradoxalement une pudeur certaine.

Et puis c’est formidable qu’un film d’une telle liberté puisse être tourné aujourd’hui, loin du cadre parisien, avec cette ambiance ouatée et travaillée dans les moindres détails grâce à un excellent travail sur la lumière et le cadre.

 Le top 10 Cinéma 2013

1) Blancanieves (Pablo Berger, Espagne)

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2) La vie d’Adèle, Chapitres 1 & 2 (Abdellatif Kechiche, France)

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3) L’inconnu du lac ( Alain Guiraudie, France)

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4) Hansel et Gretel (Tom Wirkola, Etats-Unis)

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5) Spring Breakers ( Harmony Korine, Etats-Unis)

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6) Evil Dead ( Fede Alvarez, Etats-Unis)

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7) World War Z  (Marc Foster, Etats-Unis)

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8) Django Unchained (Quentin Tarantino, Etats-Unis)

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9) After Earth (M Night Shymalan, Etats-Unis)

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10) Max (Stéphanie Murat,  France)

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Paris, une visite, une journée

Paris, une visite, une journée dans Actualités 20_full

Même si je ne retrouve plus l’étonnement qui pouvait accompagner les sorties dans Paris de mon adolescence, qu’elles soient le samedi ou le dimanche, c’est toujours un plaisir que d’emprunter quelques rues du quartier latin, de remonter ensuite dans le 1er arrondissement, et ce en compagnie de rêveur. Même si la ville me semble avoir perdu de son charme, elle reste une destination incontournable pour nombre de touristes, et sans Tour Eiffel, la ville perdrait (énormément) de son prestige.

Cela fait un bout de temps maintenant que je ne suis pas retourné aux Puces de Saint-Ouen mais entre 2003 et 2008, c’était un quartier et un arrondissement que je fréquentais avec assiduité ainsi que celui du 10ème, depuis Chateau d’Eau et la Rue Jarry jusqu’à la rue Cail dans le 18ème vers la Chapelle.

A l’époque, le Blu-ray n’avait pas encore fait son apparition, et même s’il devenait déjà un peu difficile de marchander, j’aimais m’y promener, en prenant mon temps, déambulant au milieu des allées, des stands, prenant une édition collector d’un DVD par ci (depuis devenue introuvable parce qu’épuisée), des CDs par là.

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Puces de Saint Ouen

Virgin ayant fermé ses portes, cela fait aussi quelques mois que je ne suis pas retourné dans le coin, et je suis donc passé à côté des décorations de Noël lancées depuis le début du mois, mais si vous avez des retours, des expériences, des avis, ça m’intéresse.

Le but de la visite parisienne hier était de pouvoir m’acheter les cds des musiques que j’ai le plus écoutées cette année et qui constituent pour beaucoup sinon l’intégralité, les tops albums 1 et 2 de l’année. Depuis quelques années j’ai pris pour habitude d’écouter sur Internet les musiques que j’achète plus tard sur support physique.

Je n’ai jamais rien téléchargé, ce qui peut sembler étonnant voire incompréhensible (d’autant qu’autour de moi, la majeure partie des personnes que je connais le font), mais c’est ainsi et le CD reste pour moi sacré.

Petite visite matinale (ou plutôt fin de mâtinée) dans Gibert d’abord. Pas mal de monde, mais rien en comparaison de la Fnac des Halles, dont l’intérêt principal est la présence de plusieurs rayons de livres bien garnis et quelques rayons de cds en promos qui valent le coup. J’avais un petit espoir de trouver le cd de Marnie intitulé Crystal World, mais finalement je n’ai pu mettre la main dessus.

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 En revanche j’ai pris celui de Level 3, sur la foi d’une très belle pochette, laquelle a aussi immédiatement tapé dans l’œil de rêveur. L’affaire était dans le sac. Je verrai bien quant à la qualité de l’opus…  Mais si c’est dans la même veine que 1mm, leur single, ça peut le faire, sachant que la J-pop s’exporte très peu en France, à l’inverse de la K-pop.

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Les prix de Gibert ont tendance à être plus élevés que ceux de la Fnac ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans. J’ai pu mettre la main sur le coffret Gremlins en Blu-ray et faire une économie de près de 20 euros par rapport au prix de la Fnac justement, comme quoi.

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Gremlins est un souvenir d’adolescence. Je l’ai découvert à 12 ans à la télé et cela va me faire plaisir de le revoir sur support HD, avec la très belle Phoebe Cates en compagnie de Gizmo. Tout un charme d’époque, et toute une époque du cinéma populaire américain.

A Gibert, entre la musique japonaise, américaine indie, écossaise ou encore française, le choix était pas mal, même si pas moyen de trouver Kadebostany, Anamanagushi, Carpenter Brut et d’autres. Mais pour ces derniers, l’édition est confidentielle en terme de tirages, ce qui explique cela. Il m’est déjà arrivé par le passé d’acheter un cd complètement par hasard, parce que sa pochette me plaisait ou par souci de satisfaire une curiosité de l’instant au risque de déchanter plus tard.

Les CDS achetés

Après cela un déjeuner à Le Grand Bistrot, situé rue Saint-Séverin dans le 5ème arrondissement, au coeur du quartier latin, juste à côté d’un restaurant que j’aime beaucoup, Le Vieux Paris. Le Vieux Paris est toujours en travaux et devrait ouvrir de nouveau en début d’année prochaine.

Le Grand Bistrot propose un bon lapin à la moutarde et une bonne soupe d’oignon gratinée. Le rosée au pichet est aussi pas mal, moi qui ne suis pas du tout connaisseur et apprécie très peu le vin en général, ce rosé m’a vraiment semblé goûteux sans être trop fort. Et c’était sympa de voir arriver deux jeunes femmes ukrainiennes à la table vers 15H30 alors que le service était sur le point de s’arrêter, lesquelles en ont profité pour prendre en photo le restaurant sous quasiment tous les angles, principalement pour ces (faux) animaux empaillés, dont une tête de vache et un âne.

La visite à la Fnac des Halles était l’occasion de retrouver une FNAC prêt à imploser par sa fréquentation qui connaît souvent une influence, et ce jour là en particulier, donc un samedi, un pic avant le dernier rush d’avant Noël où il sera très difficile de se frayer un chemin. L’occasion de prendre là aussi quelques CD et Blu-ray, dont celui, édition 50ème anniversaire de Le Mépris de Godard. Et de dire bonjour à une très charmante et posée hôtesse de caisse.

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Le soir au moment de prendre le train, ce fut l’occasion de croiser les sosies respectifs de Lorde et Johnny Clegg à la station RER C de Saint Michel. Amusant !

 

Top clips 2013 (5ème partie)

Top clips 2013 (5ème partie) dans Top clips 2013 (5ème partie) Balqees+1

Voici la cinquième et dernière partie du top des clips 2013. Lors des sélections précédentes, la France a déjà été mise à l’honneur avec les clips de Sébastien Tellier, Etienne Daho, et Aline (je choisis ici volontairement un autre clip), entre autres. 

Cela a aussi été l’occasion de faire un tour en Europe du Nord et de l’Est en passant par le continent américain et aussi en Océanie, du côté de la Nouvelle-Zélande, avec les membres du groupe Tahuna Breaks.

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Puss in Boots

Pour cette dernière sélection, on retrouvera la chanteuse hongroise Szilvia, très populaire (tout comme Henna dans un autre registre) depuis le groupe Nox qui avait connu le succès il y a dix ans avec le titre Százszor ölelj meg ! , une présence nordique une nouvelle fois avec Jenni Vartianien qui a dévoilé un des clips les plus mystérieux de l’année.

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Christina Stürmer

Les français d’Indochine avec un clip réalisé par le talentueux Xavier Dolan, clip qui a d’ailleurs été à l’origine d’une des polémiques de l’année, un clip d’un vidéaste danois versatile, une star slovaque qui se ballade dans la très belle ville d’Amsterdam, le Brésil et Brenda, entre autres…

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Nyusha

35 clips pour parachever le top et ainsi constituer un top 100.

Evidemment les commentaires sont toujours les bienvenus.

 

Szilvia

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Soha ne mondd

Jenni Vartianien

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Junat Ja Naiset

Indochine

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College Boy

Kristina Pelakova

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Rozchodový reggaeton

Orties

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Paris Pourri

Eivor

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True love

Puss in Boots

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Razzle Dazzle

Brenda

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Pa sempre

Soldout

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94

Deap Vally

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Baby I call hell

Solstafir

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Fjara

Thao and the get down stay down

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The feeling kind

Oh Land

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Renaissance girls

Christina Stürmer

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Millionen Lichter

Sky Ferreira

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You’re not the one

Annie

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Back Together

Intergalactic lovers

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Delay

Nyusha

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Наедине

Animal Collective

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Apple sauce

Tame Impala

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Mind Mischief

Anvil Fx

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Psych Mood

Logo

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Cardiocleptomania

Travis

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Where you stand

California X

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Spider X

Balquees

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Red Galbi

Wavves

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Afraid of Heights

Lafayette

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La Glanda

MarieMarie

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Under the neon sky

Helmut Fritz

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Métro Boulot Disco

Margaux Avril

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Lunatique

Sisters Only

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Hello Sunshine

Aleksandra Dzwigała

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Nie Poddaję Się

Sugar Free

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Hey Hey Hey

Cat on trees

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Sirens call

Eglé Jatkstyté

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Skrendi

 

La France, les yeux dans ses Bleus

La France, les yeux dans ses Bleus dans Billets d'humeur Ukraine-France-Supportrice_full_diapos_large

Face aux moments difficiles, face aux crises (politiques et sociales), la France a souvent essayé de se raccrocher à un élément fédérateur. Cela a parfois pu être la musique (pendant quelques années Yannick Noah était la personnalité française préférée des français, au moins sur le plan sportif, depuis sa victoire à Roland-Garros en 1983 et la Coupe Davis en 1991, au moment où sortait son triomphe commercial Saga Africa), mais surtout le sport.

En 1998, la France black-blanc-beur descend dans la rue et crie « Zizou Président ! ». Le joueur français venait de marquer deux buts décisifs en finale de Coupe du Monde de football face à l’équipe rêvée : le Brésil. En 2013, c’est IAM qui parle de xénophobie et les bonnets rouges qui défilent contre l’écotaxe.

La France a une tradition footballistique très forte. C’est le sport roi dans l’hexagone, lequel compte le plus de licenciés. C’est un sport que beaucoup de gamins pratiquent. C’est un sport qui n’a jamais attiré ma sympathie, ni même mon enthousiasme, bien que j’ai eu ma période foot, comme la majorité des gamins de mon âge entre 10 et 14 ans. Juste avant de tomber amoureux du handball, suite à la première victoire des Barjots au Mondial de 1995. C’était il y a presque vingt ans. Le foot est très populaire (voire le nombre de magazines, d’émissions, de reportages, de films aussi qui le décrivent, à l’instar de l’excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud ou encore A mort l’arbitre ! de Jean-Pierre Mocky).

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Le cliché associe souvent le foot à la consommation de pizzas et de bières, à un univers très masculin où règne la mode du tuning. Ce cliché  est de plus en plus mis à mal. C’est aussi un sport qui affiche de plus en plus de fans féminines (il n’y a qu’à voir l’arrière-plan des émissions vedettes dont le Canal Football Club de Canal +, où il n’est pas rare de voir apparaître une blonde ou une brune certainement pas placée là innocemment). Certaines filles se passionnent pour ce sport, inutile de lutter (et pourquoi d’ailleurs ?) c’est un fait.

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Hier soir, je n’ai pas regardé le match éliminatoire contre l’Ukraine. J’espérais une victoire, je ne vais pas décemment me dire que je souhaite la défaite d’une équipe qui représente tout de même mon pays, même si on peut critiquer les joueurs, certains de leurs comportements et attitudes (le naufrage Ksnyna, l’interview d’Evra, etc). J’aime bien Didier Deschamps, et si je dois confesser ne pas connaître un tiers des joueurs qui évoluent sur le terrain, il m’arrive de regarder certains matchs du championnat anglais ou allemand. Ce qui m’intéresse c’est le jeu qui peut être produit, et je n’ai pas trouvé celui-ci particulièrement alléchant ces derniers mois/dernières années avec l’équipe des Bleus.

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N’ayant pas vu le match mais sentant que l’Ukraine n’avait contrairement à la France rien à perdre, celle-ci, au regard des résumés a livré le match parfait, celui qui déjoue les pronostics, et aussi les attitudes un peu faciles voire méprisantes du type « L’Ukraine ? Une équipe très prenable, certainement la plus faible du groupe…« . Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et surtout ne jamais sous-estimer son adversaire. Une équipe de France qui se cherche, qui n’a pas de milieu offensif de la stature d’un Zidane, ne peut pas décemment jouer la suffisance. Et bien, de ce que j’ai vu, elle n’a nullement sorti les tripes, et le premier but ukrainien (ce pays que l’on dénigrait tant l’année dernière au moment de l’Euro en parlant d’un sinistre état dictatorial)  est juste splendide dans sa construction.

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Il semblerait que l’équipe ukrainienne joue avec des offensives collectives, organisées et agressives (dans le bon sens du terme). Juste après le premier but, le joueur s’en est allé mettre deux droites dans le poteau de corner. C’est amusant, c’est une anecdote, mais c’est surprenant de voir autant de rage dans le fait de vouloir gagner, s’imposer, dans le respect de l’adversaire (sauf sur un tacle TRÈS appuyé, qui vaudra l’expulsion de Koscielny), pour aller en Coupe du Monde. C’est plus simple de jouer à domicile, il y a le public qui pousse (il suffit d’en toucher deux mots à des supporters barcelonais pour en avoir la confirmation). Hier le stade de Kiev était en ébullition, littéralement. 2-0, score sans appel.

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Ce qui m’intéresse, au-delà de l’absolue contre-performance d’hier, c’est la rapidité avec laquelle la presse (et cette fois-ci en général) s’est emparée de l’affaire. Difficile pour moi, voire impossible de ne pas y voir une forme de bashing, terme anglo-saxon décrivant la façon dont on affuble du pire, avec le vocabulaire le plus hargneux qui soit, les victimes désignées d’un échec individuel ou collectif. Le cas Hollande est particulièrement évocateur bien qu’il ne soit pas le seul. Ici, le dit naufrage d’une équipe de France hagarde, hier celui d’une odyssée en Afrique du Sud désastreuse. Les titres de presse sont explicites. Il y a plus de 3300 commentaires (!) dans l’article de l’Equipe, « Alerte Rouge« , « La France sombre à Kiev » pour Libération, « Les bleus s’enfoncent » pour Le point, etc.

Si la France ne se qualifie pas pour le Mondial ce sera non pas un drame humain (il ne s’agit pas d’un cyclone), mais l’histoire d’un échec qui peut peser lourd sur la psychologie d’un Etat, sa représentation nationale et ses acteurs, aussi riches, jeunes et bien accompagnés soient-ils. Et puis il y a des enjeux financiers, et l’on sait qu’en période de manifestation sportive, les ventes repartent à la hausse même momentanément. Cela ne peut être que positif, même si ça ne règle pas les problèmes afférents. Néanmoins, pensons aussi à relativiser, même si la presse, en cas de défaite trouvera ses coupables et ses boucs-émissaires. Il ne s’agit que d’un sport et donc d’un jeu au final.

Je me rappelle du 17 novembre 1993 pour le match de barrage contre la Bulgarie de Kostadinov. C’est ce même homme qui en cette soirée de novembre a propulsé sa nation, la Bulgarie en Coupe du Monde (au Brésil) et enterré les espoirs de la France en marquant le deuxième but synonyme d’élimination, alors même que le match nul suffisait. Sur une erreur de relance, il venait marquer, d’un ballon tiré en transversale rentrante sur son coté gauche, crucifiant Bernard Lama. Si, exactement vingt ans plus tard, la même chose se reproduisait mardi 19 novembre 2013 au stade de France, ce serait une première depuis 1994.

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France- Bulgarie (1993)

 

Le cannabis en France

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Un petit historique d’abord, histoire de replacer ce sujet dans un contexte.

1973. A Amsterdam, le Mellow Yellow ouvre ses portes. Il s’agit du premier coffeeshop rencontrant une clientèle, locale majoritairement qui pendant une heure ou deux, parfois moins vient s’installer sur ses chaises pour fumer un joint. Depuis plus de quarante ans, le Mellow Yellow continue d’accueillir des clients venus du monde entier. Avec sa devanture jaune, il est facilement reconnaissable. Et ce même si la ville compte plus de 230 coffeeshops.

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Le célèbre coffeeshop Mellow Yellow à Amsterdam, ouvert en 1973.

Quarante ans plus tard, la France n’a pas bougé d’un iota et aucunement fait avancer sa législation autour du cannabis et de l’herbe. Je ne suis pas fumeur (de cigarette, ni de joint) mais je comprends que cette position puisse légitimement agacer.  La vente est toujours prohibée, de même que sa consommation, alors même que le nombre de fumeurs est toujours croissant, ce qui place la France parmi les premiers consommateurs de cannabis en Europe, même si les Tchèques avec 8,6 millions de consommateurs sont les champions d’Europe.

Bien que les Pays-Bas n’aient jamais légalisé la vente et la consommation de cannabis, le pays a choisi la tolérance et a inscrit dans l’imaginaire collectif le fait de différencier la consommation de drogues dures et douces par le fait d’ouvrir un endroit dédié à la consommation de drogues dites douces, dont le cannabis. Endroit dans lequel la vente d’alcool est strictement interdite, ce qui se comprend aisément.

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D’ailleurs à ce propos il me semble important de distinguer le cannabis de l’herbe. Le cannabis est la résine (haschisch, shit, hasch) alors que l’herbe sont les feuilles et les tiges. C’est le THC de cette dernière qui varie selon la « pureté ». Et l’Amnesia Haze par exemple commence à faire beaucoup parler d’elle en ce moment en France alors que cela fait des années qu’elle est consommée aux Pays-bas.

Les coffeeshops sont des lieux dédiés, et la consommation à l’extérieur, bien que dans les faits non réprimée, n’est aucunement encouragée. Le pragmatisme l’a emporté face à la prohibition, même si le sud du pays pour cause de tourisme uniquement cannabique destiné à renflouer les affaires de certains dealers en est venu au wietpas, autrement dit un « pass » pour l’herbe qui réserve l’usage du cannabis aux seuls résidents néerlandais. Et donc pas aux français. Depuis la criminalité de rue a augmenté, les dealers de rue menant aussi leurs affaires dans un cadre illégal. Et un article montre que les propriétaires de coffeeshop se sont plaints des effets économiques

Pendant un moment donné, certaines voix à Amsterdam s’étaient élevées pour proposer la même chose mais le discours du Maire (Bourgmestre) a été clair et il a tranché à ce sujet : il n’était pas question de réserver les coffeeshops aux seuls résidents locaux. Et je n’ai jamais vu aucune pub dans la rue pour cette consommation ni même pour l’alcool d’ailleurs. Dans un pays où le cannabis est toléré et non encadré par une loi spécifique, le nombre de fumeurs est moins important qu’en France où est il prohibé et le nombre de fumeurs supérieur. Et ce alors que se procurer de l’herbe et du cannabis sur Internet est très facile (et non il n’y aura aucun lien dans cet article vers les sites en question).

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Consommation de cannabis parmi les jeunes de 15 à 64 ans. Plus de 20% de fumeurs en Hollande dans leur vie, contre plus de 30% chez les français. Elle a augmenté de 15 à 24% chez les jeunes entre 2007 et 2011.

Il y a 3, 8 millions de consommateurs de cannabis en France dans l’année, 1,2 millions de personnes en fument régulièrement (avec dix joints par mois) et 13 millions d’expérimentateurs.

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 L’un des problèmes du cannabis en France c’est qu’il a toujours été question d’un débat enflammé, et d’un sujet sur lequel est difficile d’être dépassionné alors qu’il le faudrait pour pouvoir entendre les arguments des uns et des autres, et ainsi éviter les amalgames qui consisteraient à dire qu’il s’agit d’une substance comme une autre, qu’elle n’a pas d’effets à long terme,  pour ne pas la diaboliser non plus à l’excès d’un autre côté, comme cela est souvent le cas.

Le cannabis pose des enjeux majeurs en terme de politique, d’économie, d’enjeux de santé publique et sociale. Devant la recrudescence des règlements de compte (des faits divers réguliers à Marseille, des interpellations, des cités laissées à l’abandon par les politiques dans lesquelles s’organisent des trafics), aucune alternative n’a été trouvée.

1810165_5_4fbd_dominique-broc-representant-des-cannabis_d28043b11241c21fe939defcf1a8c927Coopérative cannabique en France. Un de ses instigateurs, conformément  à la loi a été condamné par la justice

Pour contrer les chiffres de la délinquance croissante et des trafics en tous genres, Manuel Valls n’a pour le moment rien trouvé de mieux que de déclarer la guerre aux trafiquants et, in extenso à la consommation de cannabis. Il peut difficilement faire autrement, en rappelant le pacte républicain et l’exigence de résultat face à la criminalité. En s’attaquant aux conséquences plutôt qu’aux causes, comme cela est fait, de majorité de droite comme de gauche depuis plus de quarante ans, en fait depuis la loi de 1970, toujours en vigueur.

La politique de prohibition s’accompagne d’une seule réponse, celle de la répression (envoi de forces de police supplémentaires, consommateurs visés, etc). Et quand un Ministre essaie de faire entendre une voix différente, en l’occurrence Vincent Peillon, c’est pour se faire rappeler à l’ordre le lendemain et être obligé de démentir ses propos en invoquant la réflexion personnelle.

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Réactions

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Petit résumé : on a donc le droit d’ouvrir des débats mais surtout pas quand ils vont contre le sens de la majorité. Intéressant.

Face à cela des associations s’organisent pour essayer de faire entendre leurs voix, une voix différente qui mise sur les clubs de cannabis. Un article récent de Le Figaro (pourtant marqué à droite) relevait l’argumentaire principal des intéressés qui serait le contrôle de la qualité de la marchandise (le cannabis étant de plus en plus coupé avec des matières comme le verre et le pneu ce qui en augmente sa toxicité et sa dangerosité à la consommation, mais faute de structure légale encadrant son contrôle et sa vente, il peut difficilement en être autrement aujourd’hui). Autre comportement à risque : celui du mariage entre le cannabis et l’alcool évidemment explosif, et pourtant pratiqué par la majorité des jeunes fumeurs aujourd’hui.

Le cannabis conserve donc une image négative, alors même que l’alcool semble être tellement ancré dans les mœurs et culturellement beaucoup plus acceptable, que la publicité ne gêne apparemment plus personne, quand moi elle m’agace prodigieusement (pas moins de six colonnes Morris sur le quai de gare pour les pubs Desperados, je trouve cela hallucinant, mais le lobby est bien actif et intouchable).

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Il y a deux ans, le Maire de Sevran Stéphane Gatignon lance un cri d’alarme et un cri d’alerte. Il demande un large débat, pesant le pour et le contre, les avantages et les inconvénients de la dépénalisation du cannabis, lui qui est Maire d’une ville dont il voit chaque jour les effets des trafics illégaux et l’impact que cela a sur sa ville. Ses cris sont laissés lettre morte (ce qui est ironique quand on sait qu’aujourd’hui reviennent sans arrêt dans la bouche des politiques, et ce tous bords confondus les mots  « courage » et de « vérité »),  même si Daniel Vaillant ancien Ministre de l’Intérieur, puis Jean Michel Baylet candidat à la primaire socialiste de 2012 s’étaient eux aussi lancés dans l’idée d’une dépénalisation et de la vente de cannabis en pharmacie (idée qui me paraissait farfelue, sauf à titre médical et thérapeutique dans certains cas de figure).

Les débats télévisés ne datent pas d’hier. Les reportages non plus, dont celui, passé ensuite dans l’oubli et uniquement visible sur les chaînes satellite dont Planet, réalisé en 1998 dont la teneur reste étonnamment d’actualité

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