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Top Albums 2014 (4ème partie)

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Nous y sommes, dans la dernière ligne droite, celle de mes 10 albums préférés de l’année 2014. Je n’ai pas compté les heures d’écoute, mais cela a été un plaisir de découvrir chaque jour ou presque un nouveau titre, puis un EP, puis un album. Les promesses des uns ont été tenues, les révélations pour d’autres aussi.

L’année musicale 2014 se referme donc laissant derrière elle les espoirs réunis d’une scène suédoise qui se développe à vitesse grand V et n’en finit pas de séduire et d’étonner. Sur la formidable inspiration française aussi, déjà présente dans les EPs, avec à titre d’exemple, ceux remarquables, frais, audacieux de Grand Blanc et The Pirouettes pour citer deux parmi ceux que j’ai adorés.

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Christine and The Queens

2014 ce fut aussi, et c’est souligné en ce moment même par les bilans de la presse professionnelle, notamment Les Inrocks qui la consacrent comme l’artiste française de l’année, celle de Christine and The Queens qui passait en février en live pour Les Victoires de la Musique, et se retrouve dix mois après comme l’une des révélations majeures de cette année électro pop. Son disque Chaleur Humaine a fait quasiment l’unanimité critique, ses concerts bénéficient d’un excellent bouche à oreille et l’artiste impose une patte personnelle en puisant dans des influences diverses, dont celle évidente de Michael Jackson.

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Future Islands

C’est aussi le son pop rock de Future Islands, bercé par cette pochette énigmatique, cette robe sans visage, et cette mer qui semble porter les notes mélodiques à l’infini. Un excellent disque porté par la voix rocailleuse, mix atypique de Joe Cocker et Henry Rollins, la chaleur de la voix rauque montant très haut dans les graves ou les aigus. Les chansons sont très accrocheuses, les singles bien sûr, soulignés par ces lignes de basse enveloppantes quasi charnelles mais aussi des morceaux qui portent le disque vers une dimension très poétique comme Sun in the morning ou comment déclarer sa flamme en musique…

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Tennis

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Alvvays

Deux autres groupes se classent aussi parmi les 10 meilleurs disques : celui du duo américain Tennis et le premier album de Alvvays. Dans les deux cas un sens inné de la pop, bourré de compositions qui entrent dans la tête (sans la prendre), bénéficiant là aussi de belles voix féminines en accord avec des accords griffés.  On retrouve d’ailleurs la même chose chez les Dum Dum Girls, qui ont porté ce même flambeau d’une pop aux mélodies très simples et donc parfaitement accessibles, telles que Too True ou Rimbaud Eyes un des plus beaux singles de l’année.

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Clean Bandit

J’ai été étonné par la variété du disque de Clean Bandit qui mixe jazz, fusion, funk, hip-hop, électro, pop, rock, avec pas moins de douze collaborations, ce qui en fait le disque sur lequel il y en a eu le plus cette année. Largement plus que sur un disque de rap, genre qui n’en est pourtant pas avare en général.

J’ai adoré le single Espada (mon préféré) de Javiera Mena. Son album synthpop est aussi très bon. Le gros regret que j’ai concerne le choix de cette pochette en noir et blanc, alors que je me disais qu’elle choisirait peut-être des couleurs en accord avec le côté pétillant, décalé, camp, ouvertement gay friendly et même clairement lesbien de ses clips. Une artiste chilienne que je suis toujours avec autant de plaisir depuis deux ans.

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Javiera Mena

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Sky Ferreira

Les premières places reviennent à Sky Ferreira pour son premier album. Elle a su et pu condenser en douze titres, de la pop, du post grunge, du rock, une dose d’électro dans un disque qui convoque les démons de l’adolescence, les affres et les atermoiements de cet âge difficile, et en même temps une maturité étonnante qu’on pourrait penser un peu hautaine si l’on en jugeait par les seules photos. Mais il y a derrière la personnalité de l’artiste que je devine un peu provocatrice, quelque chose d’attachant dans sa façon d’aborder la musique : comme une vitalité première et une ironie, un détachement qui lorgnent du côté de l’enfance tout en restant dans les pas d’une adulte. Un excellent disque.

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Beatrice Eli

Deuxième place pour Beatrice Eli dont on entend parler davantage en Suède (nommée dans le top de Gaffa) et dans les pays scandinaves qu’en France où elle est quasiment ignorée pour le moment. D’un certain point de vue cela me fait plaisir, car j’aime aussi m’attacher à des artistes dont on entend pas forcément le titre toutes les 15 minutes à la radio. Je ne peux que souhaiter du succès à quelqu’un en général, de vendre des albums dans le cas présent, elle n’en vendra pas des millions et c’est aussi pour cela que j’aime sa musique.

Une artiste assez brut de décoffrage, piercing au nez, cheveux mi-rasés mi lissés, yeux bleus éclatants et surtout jolie voix qui fait penser à Courtney Love, Gwen Stefani et elle-même. Parce qu’il y a le grain Beatrice Eli, sa petite touche de folie girl power, ouvertement homosexuelle, qui parle d’amour, de sexe entre filles tout en pouvant évidemment intéresser les garçons (gays, hétéros, bi). J’en parle en détail ici

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La Féline

Première place enfin pour la chanteuse La Féline. Révélation pour cette artiste, normalienne, agrégée de philosophie, qui convoque les beautés de la langue française, l’interroge, joue avec, comme le faisaient en leur temps, avec cette poésie de l’évidence et de l’instant présent, Apollinaire et Mallarmé. Il y a quelque chose de très beau, de très profond dans le texte, et la mélodie accompagne toujours, pour souligner l’émotion, une voix qui ne ressemble à aucune autre ce qui devient de plus en plus rare.

C’est un disque très accessible, ce qui le rend attachant, que l’on peut conseiller au plus grand nombre. Pas de théorisation du genre (le sens premier de la pop c’est d’être populaire), pas d’élément qui en ferait un album conceptuel ou un eden impossible à atteindre, se regardant composer sans livrer ses secrets. Il y a quelque chose de très humain et chaleureux dans cette façon de raconter le quotidien, l’amour, l’enfance (d’où le titre éponyme du disque). Un brin de mystère et le mystère en général, surtout quand il est féminin, me fascine, a fortiori avec une artiste féminine.

Un univers varié et original, porté par 11 titres, dont un premier enchaînement de 5 titres mémorables, préambule à des plages plus calmes (Rêve de terre, Moderne). On peut parler de prodige quand on peut écrire, composer et interpréter un tel album à 20 ans.

La donne est aussi vraie quand on le fait avec une guitare électrique, une inspiration de tous les instants, une écriture et un visuel cinématographiques,  une façon de croquer la banlieue d’une manière onirique comme peu l’ont fait dernièrement, avec Les Fashionistes (au loin), et cela à 35 ans.

C’est Rimbaud qui écrivait « Il faut être absolument moderne ». Dans la vie comme en art, certains mettent du génie dans leur vie et du talent dans leur art. Il y a cela chez La Féline, qui s’appuie sur une production épurée qui n’étouffe ni la technique, ni les compositions, les laissant au contraire s’exprimer. En même temps celle-ci est parfaitement dans l’ère du temps, du moins de celle qui réjouit parce qu’elle satisfait la curiosité. La ligne de basse mémorable, sublime de l’intro de Zone porte ce morceau parmi les plus beaux de l’année.

Mais ce n’est pas tout. Le disque porte la même marque de fabrique : celle d’une beauté qui mûrit doucement et tranquillement, qui ne se jette pas à l’oreille de l’auditeur comme s’il fallait jouer les dernières notes le plus rapidement possible. La Féline construit son œuvre sans se précipiter, patiemment.

La beauté de ce disque qui montre le travail d’évolution artistique d’un groupe qui existe depuis 2008 mais dont on entend vraiment parler maintenant via ce premier album,  c’est sa fantastique qualité d’écriture, son ambiance, ses plages de synthé hypnotiques, cette façon aussi de convoquer une cold wave des années 80 (on pense énormément à The Cure sur Midnight, morceau exceptionnel) tout en restant très français dans la production et le choix justement de la langue de Molière. Il se trouve qu’Agnès Gayraud alias La Féline écrit aussi sur la musique. Pari risqué, osé, et parfaitement réussi dont elle parle ici . Grand disque.

Les places 10 à 1

10) Christine and The Queens / Chaleur Humaine (France)

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9) Clean Bandit / New Eyes (Angleterre)

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8) Alvvays / Alvvays  (Canada)

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7) Tennis / Ritual in repeat (Etats-Unis)

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6) Javiera Mena / Otra Era (Chili)

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5) Future Islands / Singles (Etats-Unis)

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4) Dum Dum Girls / Too True (Etats-Unis)

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3) Sky Ferreira / Night time my time (Etats-Unis)

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2) Beatrice Eli / Die another day (Suède)

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1) La Féline / Adieu l’enfance (France)

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Top EPs 2014 (2ème partie)

Top EPs 2014 (2ème partie) dans Top EPs 2014 (2ème partie)

Suite du classement des meilleurs EPs de l’année et il y en a eu de très marquants, parfois même révélateurs d’un certain génie de composition, d’une capacité à émouvoir, à distiller de l’émotion ce qui est, pour l’essentiel ce que j’attends de la musique, même si je la prends aussi et souvent comme un moyen de divertissement et d’évasion. Dans cette deuxième et dernière partie du top EPs 2014 on retrouve des premiers EPs justement mais aussi l’expression de la confirmation d’un talent. Un talent vocal, un talent de composition, d’orchestration. Bref tout pour nous faire voyager en mettant le LA.

On se focalise donc sur la deuxième partie des places 16 à 1, avec les anglais de Boynames, un groupe britannique dont  je suis, il faut le dire tombé amoureux avec la mélodie accrocheuse de Slow. Pour son rythme langoureux, sa voix sensuelle, son intro, sa ligne de basse. Boynames a sorti l’EP Instant Ambition, ils sont aussi cette année avec certains autres artistes (comme Lykanthea) parmi ceux à avoir privilégier un support qui n’est quasiment plus exploité dans le monde de la musique de nos jours, à savoir l’édition et la commercialisation d’un EP sur cassette audio. Pour un ou deux titres ça garde tout son intérêt puisque cela rend l’édition rare et donc précieuse. Ce serait différent pour un 12 titres.

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Astra the 22′s

Suivent les deux comparses lettons de Astra the 22′s et notamment leur titre Blue Venom avec un visuel qui rappelle les années 80 tout comme la coiffure ébouriffée platine de son chanteur, une vraie et excellent surprise musicale. L’australienne et amie de Kate Boy, Chela elle, se trouve aussi dans le top avec sa casquette vissée, ses danses élastiques et surtout son incroyable groove. Une place d’honneur une nouvelle fois pour la très charmante Cléa Vincent qui vient nous bercer d’un peu de mélancolie dansante, c’est tout l’intérêt, en mariant les paroles où pointe l’amertume à des rythmes joyeux et un clip travaillé dans les moindres détails. Un EP très accrocheur. 

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Chela

Si l’année dernière fut celle de Chvrches avec leur premier album, cette année est celle de X priest X dans le genre de la synthpop avec leur EP Samurai curieusement très sous-estimé.  Vraiment un EP à découvrir

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X Priest X

Mettre des jupes, regarder sous celles des filles (et des garçons), inviter des gens à danser, à manger de la crème chantilly sur un air électro virevoltant et vous obtenez la recette d’un des meilleurs singles LGBTQ de l’année avec le duo Sans Sebastien. Rien de mieux pour palier certains propos réactionnaires comme on a pu encore les entendre cette année, notamment au sujet du mariage pour tous, tout en étant, c’est aussi son intérêt et sa raison d’être, non excluant. Merci vraiment à vous deux pour la bonne humeur et la qualité de la composition. Très belle révélation que l’artiste slovène Demetra Malalan.

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Le duo français Sans Sebastien

Beau trio avec les Jagaara anglaises et leur très bon 1er EP, une autre révélation suédoise avec Kate Boy et son superbe single Open Fire porté par son rythme et cette voix énergique. Le duo Duo Diamonds est peut-être ce qui s’est fait de mieux en matière d’EP électro cette année notamment avec le titre Our Land. L’Ukraine a elle aussi un beau vivier de talents (NuAngels n’est pas en reste, tout comme NikitA)

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Kate Boy

Enfin impossible de passer sous silence les cinq artistes qui referment ce top EPs pour les premières places. D’abord Verité et son génial single Week-end, le groupe français Grand Blanc et son stupéfiant EP éponyme, griffé par des guitares électriques qui entrent dans la tête immédiatement, une voix masculine posée et habitée mais aussi et surtout un sens étourdissant du rythme et de la composition qui emprunte à la fois à la cold wave comme à la pop électro d’un glorieux début des années 80, on peut penser notamment à Elli & Jacno. Mood Robot ou comment proposer une synthpop intelligente et là aussi très créative, avec une très belle voix féminine. 

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Grand Blanc

Linda Guilala est un groupe espagnol promu par Elefant Records qui a beaucoup de choses à dire et les dit bien. Un groupe de rock alternatif au son de guitare brut comme j’en ai rarement entendu ces dernières années, qui pourrait signer chez Sub Pop s’il était américain. 

Et la 1ère place à Vicky et Léo de The Pirouettes pour leur superbe EP L’importance des autres. Sentiments, amour, quotidien, tout cela est narré en chansons, en 6 titres (c’en est presque trop court), où se conjuguent un présent et une maîtrise étonnante de la composition, avec des moments de calme voluptueux et un chant à deux parfaitement assumé. Un très bel exemple de cette continuité de la pop française héritée elle aussi d’Elli et Jacno, de Berger/Gall et d’Etienne Daho qui les a d’ailleurs porté jusqu’à la salle Pleyel.  Vite, un album !

 

15 ) Boynames /  Instant Ambition/ Single Instant Ambition (Angleterre)

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14) Astra the 22′s / Blue Venom/ Single Blue Venom (Lettonie)

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13) X Priest X / Samurai/ Single Samurai (Etats-Unis)

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12) Chela / Zero EP + Single Handful of gold (Australie)

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11) Cléa Vincent / Non mais oui/ Single Château Perdu (France)

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10) Sans Sebastien / Sous ma jupe/ Single Sous ma jupe (France)

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9) Demetra Malalan / Danes si tu / Single Danes si tu (Slovénie)

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8) Jagaara / Faultline / Single Faultline (Angleterre)

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7) Kate Boy / Northern Lights/ Single Open Fire (Suède)

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6) Duo Diamonds/ Single Our Land (Ukraine)

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5) Vérité / Echo / Single Week-end (Etats-Unis)

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4) Grand Blanc/ Grand Blanc / Degré Zéro  (France)

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3) Mood Robot/ Mood Robot / Stupid Cowboy (Etats-Unis)

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2) Linda Guilala/ Xeristar / Single Verano (Espagne)

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1) The Pirouettes / L’importance des autres / Single Briller comme des étoiles (France)

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Pénaliser les clients de la prostitution

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Depuis dix ans, et la loi sur le racolage passif inventée sous l’ère Sarkozy (un oxymore, comme discrimination positive ou soleil noir), les client(e)s de la prostitution sont dans le collimateur de la justice. Aucune loi ne s’est officiellement engagée à règlementer une activité que l’on dit vieille comme le monde mais qui semble plus que jamais aujourd’hui titiller une conscience et une morale judéo-chrétienne à son pic d’activisme alors même que Zurich vient d’ouvrir ses Sex Boxes (avec des points positifs et négatifs).

La Belgique autorise les maisons closes depuis des années,  l’Espagne fait de même (avec toutefois un cadre législatif très flou), l’Allemagne a règlementé en 2002 les Eros Centers et FKK, les Pays-Bas ont aussi légalisé en 2001 ainsi que le Danemark avec des lieux dédiés. En France jusqu’en 1946 et la loi Marthe, les maisons closes faisaient partie du paysage culturel, social, politique et économique de la France. Georges Brassens contait avec acuité la complainte des filles de joie. Les bordels n’avaient pas forcément pignon sur rue, mais certains avaient grande réputation. C’était l’un des propos du superbe L’Appollonide.

A ce sujet, je crois fermement que c’est aux prostitué(e)s de décider de leur propre choix et non pas d’imposer un système unique. Certain(e)s prostitué(e)s ne souhaitent absolument pas travailler dans la rue quand d’autres n’imaginent pas le faire ailleurs, certain(e)s préfèreraient travailler en indépendant dans des maisons auto-gérées (pourquoi pas un statut à l’instar d’autoentrepeneur, système lui-même remis en cause ces derniers temps par un lobby artisanal), d’autres non.

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L-Apollonide-Souvenirs-de-la-maison-close-2010-2L’Appollonide de Bertrand Bonello (2011)

Il y eût d’abord un rapport remis à l’Assemblée Nationale le 7 décembre 2011 par Danielle Bousquet et Guy Geoffroy (qui interviendra aussi dans l’émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddei, le même qui réitèrera son opposition au mariage pour tous en décembre 2012 puis en avril 2013, rappelons d’ailleurs au passage que les enfants de couples homosexuels ne sont pas devenus tarés, ou irresponsables mais ont au contraire une vie pleine et entière, comme le racontent si bien Louise, Modelene et Pablo, ) lequel visait un projet de loi autorisant la pénalisation des clients qui recouraient à la prostitution en créant de fait un nouveau délit, puisque à ce jour, la prostitution n’est pas une activité illégale, et seul le proxénétisme est punissable pénalement.

Sauf, qu’avec le projet de loi remis à l’Assemblée le 16 septembre 2013 par la députée PS Maud Olivier, le/la cliente devient de fait responsable pénalement et encourt jusqu’à six mois de prison en cas de récidive ainsi que 7500 euros d’amende. Le ou la cliente surpris(e) en flagrant délit (le cas échéant le délit ne pouvant être prononcé) une fois, lui ou elle aura à verser la somme de 1500 euros. Les articles se multiplient. De France24 à Libération, en passant par Le Monde qui publie une tribune sur l’action nécessaire, celle qui consiste à abolir (pour de bon) ce mal (nécessaire ?) qu’est la prostitution.

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Vu l’état actuel des prisons en France et le tohu-bohu crée par les récentes interventions de Christiane Taubira sur les peines planchers et la remise en liberté de certains condamnés pour des peines entre 1 à 5 ans (dans lesquelles se trouvent le petit fumeur de joint comme le violeur qui écoperont de la même sentence pour des faits qui n’ont rien à voir au tout moins à la gravité extrêmement fluctuante), cela laisse songeur. Vous imaginez des prisons remplies de délinquants que l’ont dit sexuellement répréhensibles pour le fait d’avoir eu deux relations sexuelles avec un(e) prostitué(e) ? En vertu de la pédagogie ?

Volonté de faire comprendre aux personnes prostitueuses (le mot prostitueur qui n’existe évidemment pas dans le Larousse a été crée de toutes pièces pour désigner cette partie de la population qui s’en va non pas conter fleurette au ou à la prostituée mais avoir une relation tarifée avec lui ou elle) que leur action est par définition mauvaise (notion de morale) et qu’elles doivent être éduquées dans le bon sens ? Étrange conception des notions qui ornent pourtant le frontispice des mairies de chaque commune de France, à savoir celles de liberté, égalité, fraternité réunies.

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griselidis3Grisélidis Réal

Une des grandes dames de la prostitution qui avait choisi de disposer de son corps comme elle le voulait, Grisélidis Réal laquelle s’avérait plus affable, loquace et rieuse que bien des députées sans doute frustrées de ne pas voir leur grand rêve de la parité s’appliquer dans tous les domaines de la politique et de la vie sociale, résumait parfaitement dans Prostitution (1976) de Jean-François Davy, ici et   l’état d’esprit qui aujourd’hui (après les manifestations contre le mariage pour tous) prend de plus en plus d’importance dans les rapports hommes-femmes : celui d’une génération qui est prête à en découdre justement avec la gente masculine en retournant le rapport de force qui dominait avant les années 70.

A l’époque du tournage du film se tenaient Les Premières assises de la Prostitution, dans la ligne droite des pensées progressistes du MLF, du droit à l’avortement, de ces droits fondamentaux de la liberté de conscience et de disposition de son corps, que l’on peut appliquer également à la prostitution.  Comment interpréter autrement cette charge anti-mecs, « anti-prostitueurs » (qui est un des créneaux de l’activisme des FEMEN) qui finit aussi par dégoûter certaines femmes de s’engager dans le féminisme à force de dire que l’homme est un mal et qu’il est partout ?

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Le MLF dans les années 70

Tout a commencé en 2012 dans le durcissement de ton, lorsque Nadjat Belkacem -Vallaut se prononce dans une interview au JDD (devenue symbolique de sa propre politique encouragée par des lobbys féministes vindicatifs) sur son souhait d’abolition de la prostitution. Ni d’une, ni de deux, elle balaie l’idée d’une possible (mais hypothétique) règlementation de la prostitution et se réclame d’un féminisme qui tend à lutter contre toutes formes de violences faites aux femmes (et aux hommes dans tout ça, si l’on va au bout de sa logique ?). La messe est dite.

Quelles que soient les opinions pro-prostitution ou œuvrant pour la reconnaissance du et de la prostitué(e) en tant que travailleur/se du sexe, la prostitution – et cette idée est portée par de nombreux courants et continuant d’être portée à bras le corps, telle que l’entend le Mouvement du Nid, Osez le féminisme !, Christine Le Doaré et beaucoup d’autres étant par définition – est (et ne peut être considérée autrement) une violence faite aux femmes.

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http://www.dailymotion.com/video/xmtdwg

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De fait, elle écarte le choix opéré par les plus anciennes prostituées des rues de Paris et d’autres de faire ce métier soit par conviction personnelle, soit par choix, soit par nécessité (un mari parti, des enfants à charge, un loyer et des impôts à payer, etc), de travailler en qualité de travailleuse du sexe (un terme honni par les abolitionnistes et les prohibitionnistes) comme le montre par exemple le documentaire de Jean-Michel Carré ou certaines récentes manifestations de celles à qui l’on donne finalement rarement la parole.

Lorsque les associations abolitionnistes parlent de 90% de prostituées forcées à travailler par des réseaux, d’origine étrangère, ces faits s’appuient sans doute sur les arrestations opérées,  en écartant les témoignages de professionnelles françaises ou d’origine étrangère qui ont choisi ce métier de façon personnelle et libre, y compris quand il s’agit aussi d’hommes. Que pensent-elles de ces hommes et de ces femmes qui exercent en tant qu’escorts à domicile en passant sinon pour la majorité au moins une très large partie par Internet pour promouvoir leurs activités ?

Lorsque le Nid, des psychiatres, des « experts » se réunissent, les prostituées sont absentes du débat et pourtant stigmatisées. D’ailleurs, lors des débats « officiels », lors des commissions, rare est la parole accordée directement aux intéressé(e)s. Et lorsque c’est le cas c’est forcément pour victimiser un peu plus des hommes et des femmes qui savent pourtant parfaitement ce qu’ils font et pour quelle(s) raison(s) ils et elles le font.

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Rachel Wotton aka Scarlett Road, une prostituée australienne spécialisée dans les relations avec les client(e)s handicapé(e)s.

Le mouvement abolitionniste s’active donc ces dernières semaines pour essayer de faire passer une loi fin novembre, coïncidant ainsi avec La Journée Mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. La pénalisation du client doit devenir une priorité, dans la lutte contre la prostitution, appuyant ainsi toute l’argumentation de la violence, de la contrainte, en confondant allégrement, de façon suspicieuse parfois, le viol et le rapport sexuel tarifé. Comme si la violence de l’un était comparable à l’autre et les conséquences physiques, psychologiques, sociales identiques. Il y a des femmes victimes de la traite, ce serait stupide de nier le contraire, des femmes victimes de réseaux. Le mépris affiché envers les prostituées est à ce titre effarant : elles sont forcément bêtes, peu éduquées, malhonnêtes et surtout vénales.

Cela dit, le ou la prostituée du mouvement du STRASS qui milite activement pour la reconnaissance de ses droits lorsqu’il ou elle a une relation sexuelle avec un ou une cliente est donc victime d’un viol sans le savoir à chaque fois qu’elle offre un service sexuel contre rémunération ? Dans mon lexique, la prestation tarifée et négociée n’est pas un viol. Mais sans doute ces députés et autres féministes sont plus intelligents que moi et que la moyenne ?

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Ce projet de loi risque de paupériser davantage les prostituées qui avaient du mal à vivre de leur activité (punir le client ne protège pas forcément la prostituée de certains comportements violents sur lequel ce projet de loi ne dit rien). Les clients s’ils sont récidivistes (au moins deux prestations sexuelles) devront effectuer des stages un peu à la façon des alcooliques anonymes. Sauf que là il sera question de sexe : comment générer encore plus de victimisation et de culpabilisation auprès d’une population qui n’a peut-être pas le physique de Brad Pitt et l’assurance dialectique des grands orateurs ?

L’influence de la loi suédoise est criante. Depuis 1999, la Suède a interdit la prostitution. Les clients sont sanctionnés, mais peu d’amendes ont été prononcées. Sauf que la prostitution par Internet a explosé (donne sur laquelle ferme bizarrement les yeux les auteurs du projet de loi actuel, sans doute conscients de l’impossibilité de s’y attaquer, nombre d’hébergeurs se trouvant à l’étranger, avec des textes juridiques locaux).

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Si demain, l’on supprimait la pornographie, que l’on pénalisait les clients de ce marché mondialement fructueux, qu’adviendrait-il ? Serait-ce moralement plus confortable ? Quid également de la clientèle féminine, étonnamment absente du débat ? Je n’ai pas lu un seul témoignage (en France, car il se trouve que j’ai connu une fille qui payait pour avoir des relations sexuelles avec des filles aux Pays-Bas et qui n’avait aucune honte, gêne à en retirer du plaisir) de femmes qui recouraient aux services d’un ou d’une professionnelle, et pourtant il y en a. C’est étonnant, non ? Et cela supposerait aussi qu’une femme qui a deux relations sexuelles tarifées puisse aussi être punie pénalement et envoyée dans une cellule ? Et surtout qu’elle n’ait pas droit comme les hommes, à des relations sexuelles tarifées en dehors du cadre de la vie de couple hétéro, bi ou lesbien lambda ?

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Des employées locales de la ville d’Amsterdam apportent préservatifs et nourriture aux prostituées de l’allée Goldbergersteeg.

Demain, si la prostitution est abolie, et punie par la loi, on autorisera donc les femmes et les hommes à recourir seulement à la masturbation pour réfréner leur besoins sexuels ? Intrinsèquement, n’est-ce pas aussi là, la plus belle publicité pour le Thalys à laquelle on puisse penser ? Après tout, une heure et demi de transport pour Bruxelles et le double pour Amsterdam, n’est -ce pas mieux qu’une amende qui coûterait bien plus cher ?


 




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