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Films du mois (Juillet 2015)

 Films du mois (Juillet 2015) dans Cinéma Cinema

Film du mois

Darr (Yash Chopra, 1993)

Darr dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Un illustre inconnu (Mathieu Delaporte, 2014)  :  ♦

Un agent immobilier qui mène une vie qu’il juge terriblement terne usurpe l’identité des personnes qu’il croise jusqu’à commettre l’irréparable. Un thème intrigant, celui de l’usurpation d’identité associé au vertige criminel qui ici, se résume essentiellement à voir Matthieu Kassovitz jouer de son grimage sous une direction d ‘acteur qui surligne tous les effets. La postiche, le maquillage voyant rendent difficilement crédibles ses agissements tant on ne voit que la performance d’acteur au détriment de l’émotion. Un essai à moitié raté malgré les intentions louables. BR fr

 

Charlie et ses deux nénettes (Joël Séria, 1973) :   ♦♦♦

Un quadra emmène deux jeunes filles de 20 ans sur les marchés en région parisienne. Un film de Joël Séria qui nous rappelle que les années 70 avaient ce vent de fraîcheur et d’audace dans le ton et la forme même si on peut toujours discuter de l’esthétique de l’époque. Un film léger, sans doute moins abouti que Les Galettes de Pont-Aven, capitalisant sur la jeunesse et la spontanéité de ses jeunes interprètes et et sur l’assurance, royale comme d’habitude, de Jean-Pierre Marielle. Youtube.

 

Toute première fois (Noémie Saglio, Maxime Govare, 2015) :  O

Un homme amoureux depuis plus de dix ans de son compagnon décide de se marier avec lui. Jusqu’au soir où il rencontre une jeune suédoise qui remet tout en question. L’orientation sexuelle est au coeur de ce film dont le personnage principal finit par rentrer dans une forme de « normalité » lors de séquence finale, précédée d’atermoiements incessants entre les blagues d’un associé hétéro beauf et cette volonté de sortir du coming out traditionnel (je suis gay et je le dis à mes proches) pour croquer un personnage homosexuel qui se découvre hétéro, car ici, il suffit d’un soir pour finalement le (re)devenir. Tout ça pour ça ? BR fr

 

Le temps d’aimer et le temps de mourir (Douglas Sirk, 1958)  : ♦♦

Un mélodrame américain tourné en Technicolor et en Scope à la fin des années 50 qui respecte les conventions du genre, parmi lesquelles celle d’une histoire d’amour contrariée dans un cadre qui l’est tout autant, celui de la Seconde Guerre Mondiale. Du travail d’artisan, avec ses figures certes imposées mais aussi une forme de lyrisme emprunte de mélancolie. Je ne suis pas un fervent admirateur du style du cinéaste (je préfère largement les mélos de feu Yash Chopra), mais le film évoque la Guerre, l’amour, la confrontation des sentiments avec une intelligence certaine. Et c’est amusant de revoir en clin d’oeil le débutant Klaus Kinski. DVD fr

 

Main dans la main (Valérie Donzelli, 2011) :  O

Rien de plus triste qu’une comédie que l’on estime pas drôle et qui dilue un pseudo charme surréaliste (ici un coup de foudre qui amène ses deux personnages principaux à restés collés l’un à l’autre) immédiatement après dix minutes qui laissent planer l’interrogation : est-ce possible de tenir devant un film que l’on juge insupportable ? Un long-métrage se voulant dansant, celui-ci m’a surtout paru très fabriqué et joué sur une musique branchée. Bref, à peu près tout ce que je déteste de la comédie française. BR fr

 

Darr (Yash Chopra, 1993)  :  ♦♦♦♦

Un masala comme en fait plus, qui respecte tous les codes du genre : un amour impossible, un triangle amoureux, une chorégraphie du geste, de la folie aussi, orchestrée de main de maître et de jeunes acteurs qui allaient exploser, ici dans des rôles délicats, notamment Shah Ruh Khan. La mise en scène de Yash Chopra, pape du genre, inventive, scrute la lente déréliction d’un jeune homme amoureux fou (ici au sens littéral) qui s’éprend de Juhi Chawla (sublime dans ses saris). Du cinéma populaire, qui allait en 1993 faire de Shah Rukh Khan une mégastar du grand écran. Bariolé, excessif, romantique. Un classique. DVD UK

 

Metro Manila (Sean Ellis, 2014) : ♦♦

La survie d’une famille de philippins qui quittent la rizière pour la métropole Manille, le père devenant convoyeur de fonds, tandis que la mère s’improvise danseuse dans un stripclub. Une vision noire du monde d’aujourd’hui et un portrait amer de la pauvreté avec des situations difficiles qui obligent certains à faire des sacrifices et ou des choix radicaux. La partie polar est la plus réussie dans ce film qui est tenu en suspens jusqu’à son final. Triste et réaliste. DVD fr

 

Black (Pierre Laffargue, 2009) :  ♦♦

Un gangster du 18ème arrondissement s’envole pour Dakar à la recherche d’un magot constitué de diamants purs. On avance ici en terrain connu et balisé avec les bons et les méchants, mais l’intérêt principal vient du casting, quasi exclusivement composé d’acteurs noirs. On y croises des russes, des mercenaires et des français venus de Paris en plus d’une flic d’Interpol. Un mélange assez efficace, parfois amusant, surtout quand on voit qu’il est réalisé par un metteur en scène blanc qui ressemble à BHL, mais en plus drôle et intelligent. DVD fr

 

La vie rêvée de Walter Mitty (Ben Stiller, 2014)  :  ♦♦♦

Un employé du service négatifs photos du très célèbre magazine Life dont la vie est brinquebalée entre rêveries et réalité décide de tout plaquer pour retrouver la photo qui a bouleversé sa vie et celle de ses collègues. Un film original, décalé, sentimental, mais surtout bercé par le sentiment de mélancolie et d’atermoiement dans ce film réalisé par Ben Stiller, de tous les plans. Soit le mix de Photo Obsession, La Magicien d’Oz et David Bowie, avec une pincée de Frank Capra. Un exercice d’équilibriste réussi et évocateur.  BR fr

 

L’aube Rouge ( Dan Bradley, 2012) :  ♦♦♦

Un remake d’un film de 1984 tourné au moment où le Mur de Berlin n’était pas encore tombé. Deux décennies plus tard, ce remake tendu dès sa séquence tient ses promesses : de l’action quasi non-stop sur fond d’invasion des USA par des militaires nord-coréens décidés à les faire vivre sous leur joug. Le film est très premier degré, martial et militariste (c’est son sujet même), mais c’est aussi pour cela qu’on le regarde, et de ce côté là il ne ment pas sur la marchandise. Une très bonne surprise.  BR fr

 

Wolverine, le combat de l’immortel (James Mangold, 2013) :  ♦♦

Un spin-off de X-Men avec le personnage de Wolverine ici au coeur de l’histoire (et de l’image). Un film qui repose sur le charisme et la gouaille de Hugh Jackman, ici dans un rôle qui lui intime de jouer avec les répliques mais aussi avec le spectre de la mortalité. Un voyage au Japon mené tambour battant, avec des effets spéciaux qui tiennent la route et un certain humour. Tao Okamoto est sublime. BR fr

 

Exodus : Gods and Kings (Ridley Scott, 2014 ) : O

Le film de Ridley Scott est un peu l’archétype de ce qu’est devenu une partie du cinéma dit à gros spectacle hollywoodien : celui d’un cinéma lissé à l’extrême qui engloutit des millions de dollars dans son visuel et sa recherche du spectaculaire à tout prix au détriment de l’implication émotionnelle. Acteurs en roue libre, cabotinage des acteurs principaux, tout tend ici vers l’exposition puis le déroulement d’une intrigue inspirée des Dix Plaies d’Egypte (Ramsès ordure intégrale, Moïse pieux et dévoué à son peuple) et des Dix Commandements purement illustrative. Un spectacle sans aucune saveur. BR fr 3D.

 

Elmer le remue-méninge/Brain Damage (Frank Henenlotter, 1987) : ♦♦♦

Une créature entre dans la vie d’un garçon sans histoire et lui fournit de la drogue en immisçant un liquide hallucinatoire dans son cerveau à la condition qu’il lui fournisse des cerveaux humains. Un souvenir de la pré-adolescence avec ce film que j’avais découvert en VHS en français il y a plus de vingt ans. Le revoir, c’est le redécouvrir, avec ses scènes mémorables (la première apparition d’Elmer, la scène de la pipe, extrêmement osée pour l’époque, celle du lavabo). C’est une série B comme on en fait plus, culottée qui raconte de façon originale l’addiction. Amusant et surtout fait avec de l’animatronique et beaucoup d’imagination. Youtube.

 

Peur Bleue/Deep Blue Sea (Renny Harlin, 1999) :  ♦♦♦

Sur une base maritime où des scientifiques ont fait des expériences sur des requins les rendant très agressifs, ces derniers se révoltent. Un scénario qui lors des séquences d’ouverture rappelle Les Dents de la Mer, mais très vite, cette production vire au film de divertissement non-stop à une époque charnière où le CGI commence à faire sa place après celle du numérique. C’est donc un tournant dans l’histoire du blockbuster américain, ici dévoué corps et âme à l’action et à son sens de la pyrotechnie avant qu’il ne cède à la facilité et aux remakes  à la chaîne. Et puis c’est l’occasion de revoir Saffron Burrows. Une série B diablement efficace. BR UK

 

Grand Piano (Eugenio Mira, 2013) :  ♦

Un pianiste paralysé par le trac, qui n’a pas donné de concert depuis 5 ans se voit obligé de sauver sa femme et surtout de ne pas faire une seule fausse note. Une intrigue tarabiscotée pour ce film inédit en salle sorti directement en vidéo, dans lequel Elijah Wood interprète un pianiste sur le retour menacé par la présence en voix off de John Cusack. Soit un film aux rebondissements téléphonés jusqu’à un final grotesque qui verse dans la série Z. BR fr

 

Le magicien d’Oz/ Wizard of Oz ( Victor Fleming, 1939) :   ♦♦♦

Un classique américain du film fantastique et du cinéma tout court que je n’avais jamais vu. Outre sa performance technique (surimpressions, trucages optiques, dynamique de la mise en scène et des mouvements de caméra), Le Magicien d’Oz est un trip dans la tête d’une ado qui quitte (involontairement) son Kansas natal pour rejoindre un monde féerique où les rêves peuvent se réaliser. Si certaines chansons, le jeu du Lion, certains décors tendent vers le kitsch et le criard, la bonhomie, l’enthousiasme général (c’est une comédie musicale) emportent l’adhésion d’un film qui a marqué des générations entières. BR fr

 

Préparez vos mouchoirs (Bertrand Blier, 1978) :  ♦♦♦

Un des Blier des 70 que je n’avais pas encore vu. Une histoire d’amour entre un homme et une femme qui ne peuvent avoir d’enfant, avec l’iruption d’un inconnu, et surtout la présence d’un ado de 13 ans qui vient chambouler tout ce petit monde et dont l’héroïne tombe amoureuse. Après la provoc’ misogyne de Calmos, Blier aborde le thème de la lassitude et de l’incapacité de se parler dans le couple qui amène au malentendu. Depardieu, Dewaere sont étonnants mais c’est surtout Riton, en gamin surdoué, qui découvre sa sexualité (et celle des adultes) qui vole la vedette. Un film ancré dans son époque, quand on pouvait provoquer alors qu’aujourd’hui un tel film aurait du mal à être produit, moralisme à tous les étages oblige.  DVD fr

 

Amsterdamned (Dick Maas, 1988) :  ♦♦♦

Dans la ville d’Amsterdam, un tueur en série décime ses victimes dans les eaux des canaux. L’idée, ici géniale, de transposer les actions du requin de Les Dents de la Mer dans les canaux de la Venise du Nord prend tout son sens grâce à la ciné-génie très particulière de la capitale de la Hollande. Une enquête rondement menée, doublée d’un bon film à suspense de la fin des années 80, qui n’a pratiquement pas pris de rides et atteint son sommet lors de l’hallucinante séquence de poursuite en bateaux. Amusant hommage (ou clin d’oeil) à Freddy les griffes de la nuit, l’original, lors du meurtre de la jeune femme dans sa bouée. Intéressant également de revoir la ville à cette période, de jour comme de nuit. Youtube

 

Situation amoureuse, c’est compliqué (Manu Payet, 2014) :  ♦♦

Les affres, atermoiements d’un jeune trentenaire réalisateur de films de mariage qui hésite à se marier avec la fille qu’il aime quand celle dont il était fou amoureux au collège et lycée débarque de nouveau dans sa vie. Une comédie, une rom-com à la française, avec des situations et des dialogues parfois bien vus,  un jeu d’acteurs prenant et un rythme soutenu. Pas un chef-d’oeuvre mais une comédie assez pétillante avec les jolies Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui. BR fr

 

Die Menschenfresserin/Cannibal (Benjamin Viré, 2010)  :  O

Un club de golf, une jeune femme évanouie qui se révèle être cannibale, un gang de mafieux. Ce film belge, au script sinueux est certes atypique, mais il en joue tellement avec son image délavée tournée en numérique, qui passe sans raison dans sa dernière moitié au noir et blanc, sa volonté affichée de perdre le spectateur, qu’il en devient rapidement pénible. La démarche tient la route trente minutes avant de tomber dans les travers du film indépendant qui se veut très décalé. BR allemand

 

Jack au royaume des filles ( Riad Sattouf, 2014) :  ♦♦

Dans un royaume de type dictatorial, les garçons portent la burqa, les filles l’uniforme et les armes. Un jeune homme tente d’approcher son Excellence, la fille de la Générale afin de l’épouser. Le vernis de bande dessinée du film, le second de Riad Sattouf prête plus à sourire par rapport à ce qu’il montre (l’image de la toute puissance dictatoriale, l’inversion des rôles, le plan final en pied de nez) qu’à ce qu’il raconte dans les dialogues. Une oeuvre originale et amusante sur la forme donc, moins sur le fond, avec une Charlottte Gainsbourg inspirée et géniale qui s’aventure dans des registres très différents. BR fr

 

Thriller, a cruel picture/ Crime à froid (Bo Arne Vibienus, 1974) :  ♦

Il faut sans doute prendre le film tel qu’il est : un film matriciel dans le genre du rape & revenge (de l’original de I spit on your grave à son remake en 2012). Avec une actrice principale qui incarne l’innocence avant la prise d’armes, la belle Cristina Lindberg dans un rôle ici uniquement muet. Pour le reste, le film a pris un sacré coup de vieux esthétique, même s’il inspira Kill Bill, et je mettais sans doute imaginé une oeuvre toute autre depuis le temps que j’en entends parler, beaucoup plus radicale, extrême sans doute. En soi il n’est pas mauvais, le choix du ralenti dans les scènes d’explosion de violence étant une idée intéressante, mais il y a aussi bien mieux. Youtube.

 

La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher, 2010) :  ♦

Ancien journaliste de Mad Movies et Positif, Yannick Dahan passe derrière la caméra pour son 1er long. Une histoire basique, saupoudrée de dialogues blindés d’insultes dont l’intérêt principal est de voir le délitement d’un groupe au sein d’un immeuble infesté par des zombies. Soit un argument de série B qui aurait pu être jubilatoire sans l’utilisation abusive de ralentis chichiteux et d’une caméra qui vire à l’hystérie alors même qu’elle n’en aurait pas besoin car le sujet, la forme et le principe même du zombie ici c’est déjà de courir vite et de mordre tout ce qui bouge. Une occasion ratée de faire un film entraînant même si intrinsèquement la démarche est louable et la passion palpable. BR fr

 

Gemma Bovery (Anne Fontaine, 2014 ) :  ♦♦♦

La raison principale de voir Gemma Bovery c’était celle de découvrir, réunis pour la première fois deux de mes acteurs préférés : Fabrice Luchini et Gemma Arterton. La jeune actrice anglaise fait des merveilles et parle un français avec cet accent britannique qui me fait fondre, dans cette relecture contemporaine, un poil cynique et amère de Madame Bovary de Flaubert. Certes le personnage d’Elsa Zylberstein est insupportable, mais la narration de cet amour adultère est assez savoureuse et constitue même le meilleur film d’Anne Fontaine depuis longtemps. DVD fr

 

Taken 3 (Olivier Mégaton, 2015) :  ♦♦

La mécanique est désormais bien (trop?) huilée dans ce troisième volet qui déroule son intrigue faite d’invraisemblances en tous genres pour le seul plaisir de voir son personnage principal se sortir des situations les plus compliquées. Le film repose essentiellement sur le charisme de Liam Neeson, le montage hystérique et le côté bâclé des séquences d’action le rendant moins attachant que les deux précédents. Mais c’est tout de même rondement mené. BR fr 

 

Colt 45 (Fabrice du Welz, 2014) :  ♦♦

Un jeune armurier du Quai des Orfèvres devient tireur d’élite en intégrant l’unité spécialisée de la BRI. Ce n’est peut-être pas le film que Welz désirait au fond de lui-même, notamment en raison des conflits avec la production (Warner en bâcla la sortie),mais il tient relativement bien la route même si son schéma classique d’ascension lui permet tout sauf l’originalité. Un polar assez tendu, notamment dans son dernier tiers avec un casting assez impressionnant (Prestia, Nahon, Lanvin, Starr, Arkabian, etc). BR fr

 

Garde à vue (Claude Miller, 1981) :  ♦♦♦

A partir d’un scénario qui convoque le pire de l’horreur (les viols et meurtres de deux fillettes), Claude Miller réalisé un huit-clos -la quasi intégralité du film- dans lequel s’affrontent deux monstres sacrés : Michel Serrault (génial) et Lino Ventura (tout autant). Un suspens basé sur la confrontation verbale, les joutes et une exploration de la psychologie de personnages dans un bras de fer tendu comme un arc. Seul regret, le côté un peu pénible du personnage de Guy Marchand. Youtube

Films vus (Août 2013)

 

Films vus (Août 2013) dans Films vus (Août 2013) bobine-de-film-et-clap-de-cinemaFilms vus en Août

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

Pour son audace, sa liberté de ton, son énergie

e7CAc8OadcUoKNPIX86SEPSX7f dans Films vus (Août 2013)

The Band de Anna Brownfield

 

Films vus

 

Sublimes  créatures  (Richard Lacravenese, 2013) :  **

Je n’en connaissais absolument rien (pas vu de BA), mais avais seulement croisé les affiches qui étaient nombreuses au moment de sa sortie. Dans une petite ville bigote des Etats-Unis, l’arrivée d’une jeune femme déclenche une série d’évènements étranges et fantastiques. Cette plongée au coeur de l’adolescence américaine avec en ligne de mire le passage à la vie adulte est intéressante. J’ai aimé le travail sur le son et particulièrement la perception des éléments, de l’environnement visuel, notamment. J’ai à plusieurs moments pensé à deux autres films, à savoir Triangle qui jouait sur la boucle temporelle et le sentiment de lévitation de situations déjà vues qui se répétaient continuellement, et à Donnie Darko, son portrait d’adolescents qui n’arrivent pas (encore) à trouver leur place. Twilight est aussi en filigrane, même si on ne traite pas ici de loup-garou. Le film développe son univers, ses personnages, son mystère, lequel s’évente dès lors que l’on parle de sortilège. Mais cette course-poursuite contre la montre, cette histoire d’amour intemporelle, ce combat entre le bien et le mal, bien que parfaitement balisé, arrive par moments à surprendre, probablement parce que ses acteurs, dont le couple sont des inconnus. BR fr.

 

Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012) : ****

La voyage initiatique de Laurence, professeur dans un lycée de Montréal, qui veut devenir une femme. Le troisième long-métrage de Xavier Dolan à seulement 23 ans, parvient en 2H48 à la maturité et livre un film à la fois intimiste et universel, montrant non pas simplement le travestissement mais l’investissement émotionnel, physique et psychologique nécessaire pour changer lentement de sexe, devenir une femme. Les barrières sociales (le regard des autres) et professionnel (évoluer dans un établissement scolaire à côté de collègues qui ne comprennent pas la démarche initiale) se heurtent à la volonté et à la détermination d’un homme, incarné ici par Melvil Poupaud. L’acteur tour à tour saisissant, touchant, livre une performance mémorable, géniale. A ses côtés, Suzanne Clément n’est pas en reste. Le film, qui est un témoignage sur deux décennies, entre la fin des années 80 (où Laurence ne se voit plus qu’en femme alors que Fred continue de le désirer en tant qu’homme) jusqu’à la fin des années 90 et le début des années 2000 est frappant par sa facture plastique (visuellement très travaillé, conjuguant les couleurs pastels et les fulgurances, un cadre inhabituel en 1.33), est construit sur quatre moments forts : la séquence d’ouverture, le brunch, la séparation et les retrouvailles. Comme dans toutes les histoires d’amour impossible (puisque que c’en est une  à l’image de la séquence finale), il y a quelque chose de fragile, de beau, et surtout une grande sensibilité. Dommage pour les quelques longueurs dans la seconde partie, mais l’ensemble est d’une cohérence absolue. BR fr

 

Soy Cuba (Mikhail Kalatozov, 1964) :  *

Je voulais découvrir ce long-métrage, fruit d’une production cubaine et russe, interdit longtemps dans plusieurs pays, invisible aussi durant près de trois décennies, avant d’être redécouvert par Scorsese et Coppola en 1993 qui militèrent pour sa réhabilitation. Le film a surtout bâti sa réputation non pas sur son script, qui suit l’évolution de la révolution cubaine après la crise des missiles de 1961 avec les Etats-Unis, et l’évolution de la société cubaine en pleine guerre froide, mais bien de sa mise en scène, de son cadrage et de ses plans-séquences. De ce point de vue, le film est un feu d’artifices, et il emporte une énergie de mouvements partout où il passe et où la caméra se faufile. Le cadrage en grand angle, les mouvements de caméra à la grue, les plans-séquences qui durent et s’étirent en voguant au fil de l’eau où en suivant une parade ici ou une procession par là, sont impressionnants dans un premier temps, mais cette manière de filmer finit aussi par ennuyer par son motif même : ça devient répétitif et quasiment interminable. Et surtout, le film enfile les clichés comme les perles, sert sa propagande castriste (fascinant d’un point de vue sociologique et historique moins dans la caractérisation unilatérale des personnages) et finit par devenir usant avec sa cascade de souffrances filmées en gros plan. Ce cinéma a surtout inspiré le faussaire Paul Thomas Anderson, notamment le plan de piscine de Boogie Nights, pompé plan par plan sur celui d’ouverture de ce Soy Cuba. DVD fr

 

Des hommes et des Dieux (Xavier Beauvois, 2010 ) :  *

C’est sans doute un très bon film mais je n’ai pas accroché à cette histoire tragique des moines de Tibéhirine, enlevés et exécutés en Algérie en 1996. Le regard de Beauvois qui s’est considérablement assagi depuis N’oublie pas que tu vas mourir, remarqué à Cannes en 1995, convient à la description de l’univers des moines, dont la vie est rythmée par les paroles et les prières quotidiennes. Photo sobre, jeu sobre, tout est sobre dans ce film sur la croyance en une foi irrépressible, qui affronte l’ennemi tapi dans l’ombre, ne bouge pas et condamne pourtant ceux qui la portent, frappés dans leur cœur comme dans l’enceinte sacré de leur chapelle. L’interprétation est bonne, surtout celle de Lambert Wilson mais j’ai trouvé le jeu de Lonsdale très curieux, comme s’il prenait tout cela avec trop de légèreté. Un film grave, sérieux, papal en l’occurrence. Trop peut-être à mes yeux. Non, pas convaincu. BR fr

 

Straw Dogs ( Rod Lurie, 2011) : O

Du film original, tourné en 1971 par Sam Peckinpah qui valut à son réalisateur des critiques acerbes avant d’entrer dans la postérité parce qu’il s’agit d’un film remarquable sur la violence faite contre soi et les autres, Rod Lurie qui réalise ici le remake, a conservé le dernier tiers avec l’assaut dans la maison et aussi la scène de viol dont Amy est la victime. Mais c’est tout. La mise en scène épurée à l’extrême et en même temps sophistiquée (un montage alterné époustouflant, un mixage sonore qui ne l’était pas moins) de Peckinpah laisse ici sa place à un film plat, sans relief, sans aucune imagination, qui se contente de transcrire la violence sous la forme de tensions au sein d’une petite ville du Sud de l’Amérique. Bien sûr l’intello écoute du Beethoven et les gars rustres du heavy metal. Les Cornouailles avaient aussi ce petit plus, qui rajoutait à la dramaturgie : l’endroit était beau et les pires horreurs s’y déroulaient parce que Sumner faisait preuve d’une certaine lâcheté (ce qui est ici répété sans la moindre nuance dans le Lurie), tandis qu’Amy était aussi un personnage trouble. Dustin Hoffman jouait un personnage naïf, complexe ici remplacé par un gars pédant sorti d’Harvard. La montée de la violence finale dans le film de 1971 tendait à l’insoutenable, ici on regarde les règlements de compte avec désintérêt voire lassitude. Du chef-d’oeuvre de 1971, Lurie a fait un film ni fait ni à faire, un navet estampillé années 2000. Triste. BR FR

 

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria, 2012) :  **

Que faire alors que l’apocalypse menace et qu’il reste 14 jours à vivre ? Doit-on et peut-on rire de cette même apocalypse et a fortiori de la mort ? Ce sont les questions que pose cette comédie de Lorene Scafaria. Une comédie volontairement lente, de prime abord presque neurasthénique à propos de personnages qui semblent l’être aussi, observant, d’abord en tant que témoins puis acteurs, le lent dérèglement de la vie quotidienne, de ses aspects les plus communs aux plus loufoques. La mise en scène a choisi d’isoler deux personnages principaux (Steve Carell et Keira Knightley), au milieu d’un chaos organisé où l’émeute le dispute aux scènes de repas familial, où la moindre étincelle peut tout faire partir en eau de boudin. Cette comédie est volontairement triste, mélancolique à plus d’un titre, et l’on y parle d’amour autant que de perte de repères avec un ton oscillant entre la peinture de moeurs débridée et une volonté affichée de ne jamais en faire de trop, de mesurer chaque dialogue. Le film vaut d’être vu rien que pour sa scène du Friendly’s, un restaurant dans lequel les gens semblent vivre leurs derniers instants en s’embrassant (ça m’a rappelé les free hugs que l’on peut voir épisodiquement à Paris, quand des personnes se proposent de vous serrer dans leurs bras gratuitement), en fumant des joints et en faisant l’amour dans une ambiance totalement délurée. Une comédie atypique, et beaucoup plus grave qu’elle ne le laisse présager.  Br fr

 

Une soirée d’enfer (Michael Dowse, 2011) :  **

Alors que les productions américaines (et celles de Judd Apatow en particulier) s’attachent à décrire les états d’âmes des trentenaires ancrés dans les années 2000, ce film sur une petit groupe de jeunes adultes sevrés à la musique 80′s montre plutôt les années 80, en particulier sous la présidence Reagan juste avant l’arrivée de Bush Senior, dans une Amérique des arrivistes, des consommateurs de coke et de voitures rutilantes. A l’origine le film est construit sur le coup de coeur d’un jeune homme épris de la belle blonde du lycée dont il est amoureux. Le hasard fait qu’il la rencontre quelques années après dans un vidéoclub pour lequel il bosse. Elle l’invite à une soirée, et commence alors une nuit où tout ou presque est permis, surtout conquérir le coeur de la belle. Après un démarrage plutôt lent, le film n’est pas avare en répliques sympas, mettant surtout à l’honneur les épaulettes, les brushing permanentés, la musique pop de la fin des années 80. On aime ou on déteste ce style et l’humour du film, mais je l’ai trouvé plutôt agréable à défaut d’être inoubliable. A noter une séquence croustillante avec une MILF rousse entre lignes de coke, ami voyeur en cuir et fuite en avant du meilleur pote qui ne s’attendait pas à un tel spectacle. Br fr

 

Ma bonne étoile (Anne Fassio, 2012) :  ***

Le parcours d’une jeune femme éprise de chevaux, qui affronte les épreuves de la vie et fait grandir une jument au point d’en faire une championne. Le deuxième film de la réalisatrice est particulièrement réussi. Le sujet n’est certes pas très original, mais tous les amoureux des chevaux (et même ceux qui ne le sont pas), seront sensibles à la sensibilité féminine du film, non seulement incarnée par la juvénilité de Fleur Lise Heuet, l’héroïne, mais aussi son sentimentalisme et son romantisme qui font du département de la Normandie, un lieu de tournage hautement cinégénique. C’est bien simple il s’agit d’une des plus belles photos du cinéma français récent que j’ai vue. Sympa de revoir Brasseur et Lambert, et aussi de découvrir une nouvelle génération de talents montants. J’avais adoré Flicka, un film sur les grands espaces américains et sur les chevaux. Idem pour ce Ma bonne étoile. BR Fr

 

Revenge City (David Ren, 2012) :  **

La typographie du titre film et des lieux rappellent Sin City. Mais la comparaison s’arrête sans doute là. Il s’agit d’une histoire somme toute très classique de garde du corps qui tente de retrouver le meurtrier d’une jeune femme qu’il a appris à connaître, sans famille, et qui s’est faite une place dans le milieu des escorts, en espérant se faire une autre vie. Néons, lumière tamisée, bars et stripclubs font partie du décor de ce tout petit film réalisé avec un mini budget mais non sans un certain sens visuel et surtout un attachement à multiplier les scènes d’action et d’affrontements à mains nues (le héros étant dans la vie un champion de kick boxing) ou avec des armes, reprenant même la scène d’Old Boy avec le couloir et le marteau, ici en quasiment mieux. Le casting met surtout à l’honneur une distribution asiatique et un monde interlope qui ne l’est pas moins, avec la présence de Sasha Grey ou encore Dominique Swain dans un tout petit rôle (elle était à l’affiche du Lolita de 1997 avec Jeremy Irons). Divertissant. BR fr

 

Zombie Lover (Deagal Brothers, 2009) :  O

Deux frères jumeaux ramènent le corps d’une femme qu’ils aiment tous les deux. Elle est devenue zombie. En voulant réécrire la thématique du zombie sous l’angle féminin, les cinéastes pensent actualiser cette thématique et la rendre plus sensible. C’est plutôt rare que cela m’arrive mais j’ai fait un rejet total en regardant ce film. Je n’ai pas tenu au-delà de 50 minutes, tant l’esthétique (cette photo aux teintes parfois fluo a fini par m’exaspérer, ce qui ne m’était pas arrivé depuis Smiley Face de Gregg Araki)) m’a été rédhibitoire et la direction d’acteurs épouvantable. J’essaie toujours de me raccrocher à quelque chose quand je regarde un film, trouver ici ou là une qualité, un détail qui le sauverait, après tout un final réussi par exemple peut nous permettre de tout reconsidérer, mais là, je l’ai trouvé tout simplement insupportable. Après avoir vu les éloges prononcés sur ce film, une interrogation surgit : est-ce moi ou bien il s’agit d’un des plus mauvais films que j’ai vus ? Br Fr

 

Django Unchained (Quentin Tarantino, 2013) :  **

Quentin Tarantino rend hommage à sa façon à tout un pan du cinéma des années 70, en particulier au western et à Sergio Léone l’un de ses maîtres. Comme dans Inglorious Basterds, le ton est à la parodie et à l’humour, panaché au second degré. Le talent de dialoguiste du film se ressent une fois de plus ici dans les dialogues sur mesure qu’il offre à un Christoph Waltz largement au dessus du reste du casting. Les aventures de cet esclave noir qui retrouve sa liberté et va jusqu’à risquer sa vie dans la plantation d’un ignoble négrier pour sauver sa femme a quelque chose de touchant immédiatement désamorcé par la violence tapie dans l’ombre. Tarantino mâtine en effet son film d’une insolence et d’une ironie qui peut agacer par moments, d’autant que le film s’appesantit dans sa dernière partie juste après le carnage. Dicaprio s’amuse bien, mais le personnage de Samuel L Jackson m’a lui semblé totalement à côté de la plaque avec ses meuglements intempestifs. La photo est superbe, le montage et le montage son aussi. Un bon film qui aurait pu être excellent. BR Bénélux

 

Sur le chemin des dunes (Bavo Difurne, 2012) :  *

L’éveil à l’amour, les premiers flirts et le premier attachement sentimental d’un garçon pour un autre sont les sujets magnifiques (tout comme la photo et la direction artistique), de ce film ancré dans la fin des années 60, début des années 70. La ville d’Ostende où est né et vit le réalisateur donne aussi un cachet romantique à ce premier long-métrage qui promet plus sur le papier que ce qu’il donne à l’image. Le film est porté par la symbolique de l’amour naissant, et la métaphore de la découverte du plaisir est parfois bien vue, mais il y a une certaine monotonie qui s’installe après la première demi-heure, à la fois juste et belle. Il manque une dose de folie sans doute, un rythme plus soutenu aussi pour transcender tout cela. On est assez loin de l’énergie bouillonnante et communicative de Hasta La Vista, grande réussite flamande de l’année 2012. C’est dommage, mais j’avais peut-être d’avance trop envie d’aimer ce film après l’attente (le Blu-ray, à la tenue technique impeccable ayant été repoussé puis indisponible longtemps à la vente). C’est à la fois très prometteur et très frustrant. BR fr

 

Les invisibles (Sébastien Lifshiftz, 2012) :  *****

Des hommes et des femmes se livrent sur leur vie intime et privée, mais aussi sociale et professionnelle des années après la découverte de leur propre sexualité entre les années 50 et 70. La caméra de Sébastien Lifshitz se fait discrète, cadrant souvent en gros plan ou plan américain, parfois aussi en extérieur les émotions de ces protagonistes qui n’ont rien de fictionnel et qui narre l’histoire de la reconnaissance par le militantisme de leur propre vie, de leurs amours autrefois considérées comme interdites, puis maladives, avant d’être définitivement dépénalisées en 1981. Ce n’est pas seulement l’histoire de ces vies, prises individuellement ou dans leur totalité qui est touchante. C’est aussi l’occasion de voir l’évolution même de la société (avec des images d’archives et des photos d’albums ou films 8 mm/16 mm d’époque) entre le début du XXème siècle où le mot homosexualité était tabou jusqu’à la reconnaissance et l’inscription dans la loi de la possibilité pour deux personnes de même sexe de faire valoir légalement leur amour par le mariage. Et d’amour, en filigrane, perçant la lumière comme la vidéo de ce film documentaire au soin photographique assuré (une des plus belles photos de l’année 2012, tous genres confondus), il en est question, tant il ruisselle, tant il transpire dans chaque témoignage. Le choix d’avoir coupé les questions initiales (je suppose qu’il y en avait) du réalisateur permet de construire un dialogue intéressant, les intéressé(e)s se livrant à des confessions, des anecdotes avec un ton libre et très optimiste, employant même le tutoiement. Il est rare qu’une fiction puisse atteindre ce degré d’authenticité et c’est aussi très beau de voir ces gens livrer des confidences de cette manière, manifestement en partageant une confiance réciproque. Superbe. DVD fr

 

Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières (Tommy Wirkola, 2013):  ***

Le conte traditionnel est ici adapté à une sauce qui peut en laisser sur le carreau mais qui personnellement m’a tout de suite embarqué dans son délire second degré. J’ai essentiellement regardé ce film pour Gemma Arterton et j’ai eu bien plus que ce que j’attendais. A base de scènes d’actions en cascade, de répliques bien senties, de direction d’acteurs laissant libre cours à un jeu dé(b)ridé, ce Hansel et Gretel revisite l’horreur enfantine, la peur du noir, les souvenirs d’enfance et nous donne sa version moderne de la sorcellerie dans un registre certes très différent du Antichrist de Von Trier, mais tout aussi radical par rapport aux attentes qu’il suscite. En fait, j’ai surtout adoré cette façon de revisiter la Belle et la bête (la relation entre Gretel et Edward le troll), saupoudré d’une influence Carpenterienne dont j’ignore si elle est consciente ou pas mais qui m’a sauté aux yeux durant les vingt dernières minutes qui partent dans un pur délire pyrotechnique. On se croirait dans Ghosts of Mars à l’époque des sorcières, avec lune rouge et carnage à la mitrailleuse. Surtout, loin des canons parfois trop sérieux d’un cinéma Hollywoodien qui se perd dans une action surdécoupée, ici les scènes sont lisibles, et le fun présent à chaque seconde. On adore ou on déteste. Moi j’ai jubilé à plusieurs moments. Et ça me donne encore plus envie de voir Byzantium. BR fr.

 

The Band (Anna Brownfield, 2009) : *****

Les pérégrinations d’un groupe de punk-rock dans l’Australie contemporaine. Sur fond de sexe, de drogues et de rockn’roll, la réalisatrice n’invente rien. Mais son film est d’une audace rare de nos jours, puisqu’elle parvient, par le traitement frontal de son sujet, son audace et sa franchise absolues à parler aussi bien aux hommes qu’aux femmes, en évoquant la sexualité des membres d’un groupe dont le succès (d’estime et local) tend à péricliter. C’est très bien vu, très drôle, très sexuel, donc explicite et réservé à un public averti, et cela dégage un vent de fraîcheur dans la production, faisant de The Band un film important, dans le sens où il est produit avec un budget minuscule tout en bousculant des conventions qu’Hollywood n’est pas prêt de remettre en cause. Les acteurs sont tous très épatants, et la façon de filmer et de mettre en scène, façon brut de décoffrage à ce côté documentaire et pris sur le vif qui apporte une touche très intéressante dans le sens où tout le monde se livre totalement et semble véritablement prendre du plaisir durant les scènes de sexe non simulé. De ce point de vue, c’est un peu l’antithèse de The life and death of a porno gang. DVD fr

Spring Breakers (Harmony Korine, 2013)  : ***

J’étais curieux de savoir jusqu’où iraient les vedettes de l’écurie Disney, à savoir Vanessa Hudgens et Selena Gomez stars du petit et grand écran. Il ne manque que Miley Cyrus. Effectivement elle sa lâchent dans ce qui est une histoire somme toute assez banale sur le papier, mais qui est ici transcendée par le travail sur le son et l’image (signée Benoît Debie, le directeur photo attitré de Gaspar Noé depuis quelques films). L’impression d’assister à un long trip, planant, parfois angoissant, qui combine gangsta rap, figure angélique (Selena Gomez s’appelle Faith et ce n’est pas pour rien), bruits et fureurs, filles en bikinis, et surtout une prépondérance donnée à la consommation de toutes sortes de substances illicites. Je crois n’avoir pas vu dans un film récent autant de fumette, de bang et de joints à l’écran en aussi peu de temps. James Franco est magistral en petite frappe de la côte Ouest, mais le film vaut surtout pour le décalage entre le romantisme de certaines situations et l’expression du vide qui en entourent d‘autres. Un film qui vaut donc essentiellement pour son travail plastique, de montage et musical. Harmony Korine a déjà fait mieux (avec Kids ou Gummo), mais il s’approprie aussi les techniques contemporaines de mixage des images et des sons par la culture populaire pour en faire un film dans lequel sa patte surnage. BR fr

Maniac (Serge Khalfoun, 2013) :  *

Une nouvelle fois le cinéma hollywoodien se revisite et se lance dans une autre relecture d’un classique de 1980. Pas de Joe Spinell, une ambiance moins poisseuse, et surtout une caméra subjective qui colle aux basques d’Elijah Wood. L’idée peut sembler originale au départ, et elle l’est pendant un quart d’heure le temps d’une intro quasi parfaite. Malheureusement, le film est dépourvu de la moindre émotion par l’utilisation même de ce procédé qui nous fait entrer dans l’esprit du tueur en série, et surtout il s’ingénue à développer un trauma d’enfance archi rebattu avec beaucoup trop de tentatives d’explications psychologiques. Le casting et principalement celui d’Elijah Wood n’a pour moi pas fonctionné : je n’ai pas cru une seconde qu’il pouvait s’avérer être un tueur mystérieux et je n’ai cessé de penser à la figure de Frodon, comme quoi ce rôle lui colle toujours à la peau. Travail sur le son parfois intéressant mais BOF bien en dessous de celle de l’original. Un film original qui avait bien plus d’impact tout en gardant justement son côté effrayant pour lui sans trop se révéler. Br fr

I love you Philip Morris (Glen Ficarra, John Requa, 2010) :  **

La vie et l’œuvre, tout en escroqueries, faux-semblants, jeux de dupes, arnaques, courses-poursuite et périodes d’enfermement d’un homme qui n’était jamais là où on l’on attendait et qui bernait son monde, principalement par amour pour un autre prisonnier du nom de Philipp Morris. Les tons pastels, le jeu outrancier de Jim Carrey nous replongent dans une époque à la fois adorée et honnie, celle des années 80 où tout semblait possible, que ce soit dans la ridicule comme dans le sublime, auquel le film répond par sa mise en scène et son jeu d’acteurs. En filigrane il m’a surtout rappelé Man on the moon, sur le comique américain Andy Kaufman qui s’amusait aussi à faire croire et son inverse et avait transformé le canular en jeu proprement génial. Ce I love you Philipp Morris n’a pas la même force et la même complexité. C’est un premier film, parfois un peu lourd dans ses effets, mais le ton enlevé emporte l’adhésion.  BR Fr

Evil dead (Fede Alvarez, 2013) :  ***

L’original est devenu un classique de l’horreur et a fait de Bruce Campbell une figure icônique. Cette relecture de 2013 reprend la trame du film de 1981, tout en proposant des variations qui en relancent l’interêt : il n’y  pas plus de Ash, donc de figure masculine forte, mais une héroïne. Il n’est plus question d’une ballade romantique en fôret mais d’une cure de désintox. Malgré ces variations minimes mais importantes au regard de la progression horrifique du film, le film dAvarez reprend certains plans d’anthologie, dont celui du « We gonna get you », la tronçonneuse, ou encore le plan inaugural dans la descente aux enfers de la découvert du livre des mort. Techniquement le film multiplie les plans ardus, tournoyants, avec beaucoup plus de moyens que le premier mais avec un sens aiguisé aussi de l’économie de scènes, pour aller très vite à l’essentiel. Si les personnages sont unidimensionnels, l’intérêt est ailleurs : dans l’explosion de la violence qui culmine lors du final. Je m’attendais à un déluge gore et le film n’en est pas avare, mais pas autant que j’ai pu le lire. Une relecture qui tient vraiment plus que la route et qui s’inscrit dans les meilleurs remakes.  BR US

Les cheveux des femmes et leurs charmes

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Source intarissable de fantasmes ou plus simplement de plaisir des yeux, les cheveux sont à l’origine d’une forme de fascination, que celle-ci soit masculine ou féminine, parfois, souvent même les deux. Courts, coupés garçonne, longs, ondulés, frisés, soyeux, virevoltant au gré du vent, cachant un visage ou le laissant apparaître, attachés en queue de cheval, dégageant une nuque, un lobe d’oreille, colorés ou décolorés ils font aussi partie de l’identité d’une personne, souligne certains de ses traits. Comme le parfum, accessoire de beauté qui a donné lieu à une littérature riche, dont le chef-d’oeuve Le Parfum de Süskind, plus tard adapté au cinéma par Tom Tykwer, les cheveux me fascinent. Tout comme le cuir et le latex.

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Hier en fin d’après-midi en discutant de choses et d’autres avec des amies collègues, nous nous sommes amusés à évoquer les penchants, les attirances, les fantasmes particuliers par rapport à certaines parties du corps ou objets liés. Nous avons alors (re) découvert toute une série de paraphilies qui vont de la plus incongrue à la plus déviante, de la plus originale à la plus hors norme, de la plus drôle à la plus incroyable. Il existerait 547 paraphilies. Je ne sais pas s’il s’agit d’un chiffre définitif, mais cela démontre l’étendue de l’imagination humaine et les variétés possibles de plaisirs sexuels, jeux érotiques qui peuvent y être associés. 

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Pour s’en amuser on peut lire cette page qui illustre par l’image certaines d’entre elles. Vous pouvez aussi retrouver un résumé rapide des paraphilies sur la page wikipedia dédiée. Si Balzac écrivait sa La Comédie Humaine au fil de 90 romans achevés, l’humain a aussi écrit son histoire des alternatives sexuelles et enrichit d’une manière certaine les relations entre les individus. Dans le cinéma, dans la littérature et dans l’art, la femme et ses cheveux ont aussi été le signe d’un avenir radieux ou d’une issue plus tragique. Comme les longs cheveux ondulant d’Ophélia de Millais

N01506_10Ophélia de Millais

Mon attirance pour les cheveux longs noir de jais vient sans doute de mon enfance et de mon adolescence, étant sorti avec de jeunes adolescentes aux cheveux bruns qui allaient me marquer à jamais. Coupe au carré, puis plus longs, le brun et le noir devinrent les totems de ce que l’on appelle la tricophilie qui n’a rien à voir avec une quelconque passion pour le tricot. Une actrice a relancé cet amour particulier lorsque j’ai découvert ses films : Zeenat Aman.

600full-zeenat-amanZeenat Aman, héroïne du cinéma hindi des années 70-80-90. Elle restera un modèle et le symbole de la femme moderne dans le cinéma commercial indien en langue hindie.

Mais en revenant en enfance, je pense que Linda Carter et Wonderwoman a nécessairement joué aussi : alliance de la grâce féminine, du sex-appeal, de la femme forte qui s’assume.

Lynda-Carter-lynda-carter-33798971-1024-768Linda Carter, héröine de Wonderwoman

Phoebe Cates dans Gremlins a aussi joué dans la découverte du cinéma de divertissement. J’étais encore enfant et ce film m’effrayait autant qu’il m’amusait.

Phoebe-Cates-a75bcPhoebe Cates, héroïne de Gremlins sorti en 1984.

C’est probablement elle, Linda Carter  ma première héroïne féminine, suivie par l’héroïne ambigüe de la série V, Jane Badler qui jouait (dans sa tenue  rouge !) une femme reptile venue décimer les humains. Une héroïne négative au sens de la dramaturgie mais certainement aussi la première apparition et motif de l’accessoire vestimentaire capable de susciter de l’excitation mêlée de peur. Tout s’explique Doc. C’était aussi l’époque de la 5, des films interdits aux moins de 12 ans voire plus, passant Les jours et les nuits de China Blue avec Kathleen Turner (A la poursuite du diamant vert un de mes premiers souvenirs de cinéma vu en 1987 à la télé), Elvira. Bref les interdits qui naissent, avec l’envie évidemment de les contourner, quitte à regarder des films en cachette.

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Jane Balder dans la série V, série devenue culte.

Une autre héroïne suivie dans la prime adolescent, il est vrai antithèse capillaire cette fois-ci, dix ans plus tard avec la découverte du très bon Supergirl et de la craquante Helen Slater (qui joue aussi dans le film avec les cheveux noirs).

Supergirl-Image-9Super girl (1984)

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Premier vrai choc esthétique en 1994, avec la découverte du cinéma d’Andrew Blake et ses égéries brunes, rousses et blondes. Les cheveux étaient à la fois longs et courts, raides ou bouclés. Et surtout le cinéaste filme avec un fétichisme débordant ce que sont les jeux érotiques lesbiens (même si dans ses premiers films le réalisateur mettait en scène des ébats hétéros) avec un sens du détail et une pudeur qui contraste totalement pour l’époque. Au fil des années, le cinéaste dont les films passent en boucle au club La Vie en Proost, a popularisé le style du porno chic, même si l’étiquette est avant tout journalistique. Son cinéma (réalisé en caméra avec pellicule argentique, même s’il semble être passé au HD ces derniers temps) s’est éloigné peu à peu des vignettes classiques pour se tourner puis s’orienter franchement vers un cinéma purement sensoriel, orienté BDSM et quasi exclusivement porté sur les relations femmes-femmes.

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Raoul+Valve+Blond+and+Brunettes+Music+by+RAnita Blond, ici transformée en icône brunette dans Blond and Brunettes d’Andrew Blake (2002)

 

Deuxième choc en 1996 avec la découverte de Showgirls et de l’héroïne provocante Elizabeth Berkley. Elle n’était pas brune pourtant !

Mais ses cheveux bouclés, son minois espiègle, ses poses suggestives ont emporté mon adhésion (après deux visionnages).

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Suivirent Amanda Langlet, Kate Middleton et Gemma Arterton

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Et oui les brunes comptent pas pour des prunes

 

Films vus (Mai 2013)

Films vus en Mai

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

The Hike (2011) de Rupert Bryan

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Films vus

 

The Hike (Rupert Bryan, 2011) :  *****

Le  genre du survival semble usé jusqu’à la corde et pourtant il nous arrive d’être encore surpris par ce genre de bobine (premier film qui plus est) venue de nulle part ou presque (du Royaume-Uni en réalité) qui agrippe le spectateur sans crier garde (la séquence d’ouverture à couper le souffle) et ne démord pas ensuite de son objectif : faire peur avec trois fois rien, tout en évitant les sempiternelles histoires de fantômes ou de revenants, pour aller dans l’horreur sèche : celle du quotidien ici malmené dès que les héroïnes de l’histoire arrivent en forêt. La forêt qui est un lieu culte et référentiel du film d’horreur : depuis Evil Dead jusqu’à nos jours, c’est un théâtre rêvé pour les sorties horrifiques nocturnes. The Hike part de pas grand chose, avec un groupe de cinq filles façon The Descent et se retrouve après une demi-heure de présentation dans le vif du sujet façon Détour Mortel. L’intérêt de l’histoire vient de son premier changement de ton et son premier coup de théâtre qui arrive alors même que l’on pensait que le(s) tueur(s) de l’histoire pouvai(en)t être tout autre(s). La photographie (travail sur caméra HD Red au rendu splendide de jour comme de nuit), l’utilisation du format Scope, et bien sûr, l’implication des acteurs qui font de ce film d’horreur un film très premier degré rappellent ce que Morituris aurait pu être s’il n’avait versé dans la complaisance et la surenchère ce à quoi The Hike répond par la montée de l’angoisse et la gestion de la terreur par petites touches. Surtout, le film va au bout de son idée, peut-être même plus que The Descent qui s’achevait sur une fin ouverte, et c’est une de ses grandes forces. Quelque part, il s’agit ici du petit frère de The Woman. Même énergie, même capacité à faire monter la tension et mêmes critiques acerbes voire virulentes contre lui (avec la critique de la misogynie voire même du sexisme, entre autres, petit florilège ici). Radical et prenant. Et ravi une fois de plus que ce soit Emylia qui l’ait distribué (Evil Angel, The Woman, Little Deaths précédemment). BR Fr

 

Dylan Dog (Kevin Munroe, 2010)  :  **

Si vous vous demandiez ce que faisait Brandon Routh depuis l’excellent (à mon sens) Superman Returns, Dylan Dog est l’une des réponses. Le jeune acteur incarne ici un inspecteur privé très particulier qui oeuvre pour éviter une guerre des monstres entre lycanthropes et bêtes coriaces de trois mètres de haut. Le film ne se prend vraisemblablement pas au sérieux (sauf dans son dernier tiers) et l’humour du film est assez agréable. Le décor de fond est lui aussi assez original, puisque le film se déroule intégralement à la Nouvelle-Orléans, dans le Bayou et de nuit. Ce qui semble logique vu le sujet. J’ai toutefois quelques réserves : une deuxième partie moins habile et plus bavarde, un côté « films de potes » qui a ses limites, notamment par rapport au personnage de Gabriel qui devient trop envahissant et peu de surprises sur la fin. Mais c’est assez divertissant. BR fr

 

Le quatrième pouvoir (Dennis Gansel, 2012)  :  *

J’adore ce qu’a fait Gensel avec son histoire de vampires femmes dans Nous sommes la nuit. Mais beaucoup moins ce qu’il a fait du film d’espionnage (l’ombre de Les hommes du président et de Les trois jours du condor planent sur le film) politique qui dans sa première partie, grosso modo sa première demi-heure frôle le médiocre. Heureusement, il se rattrape dans sa deuxième partie, plus nerveuse. La caricature de la presse muselée, le jeu des acteurs pas forcément au diapason (le rôle du journaliste n’est pas franchement campé avec conviction, dommage parce que Kasia Smutniak vue aussi dans Room in Rome s’en sort bien) ne sont pas épargnés, même si le fond du film possède une certaine force, malgré tout assez mal exploitée (pas mal de longueurs et des effets pas toujours heureux, notamment dans la façon de filmer les scènes d’action ou le ralenti). Je suis déçu, parce que j’en attendais bien plus, mais ce faux pas du réalisateur allemand ne remet pas en cause la générosité de son précédent film qui est absolument à (re)découvrir. Ni même l’insolence de son Girls and Sex BR fr

 

Pour elle (Fred Cavayé, 2008 ) :  **

Dans ce film de Fred Cavayé, Vincent Lindon (impeccable et ultra minéral dans son jeu) incarne un prof de français confronté à l’accusation de meurtre que sa femme aurait commis sur sa chef. Le film s’échine à montrer comment un homme peut tout mettre en place (y compris l’évasion d’une prison) pour la sauver. La réalisation est très nerveuse et le film ne contient quasiment aucun temps mort. Il est entièrement porté par son duo d’acteurs. Diane Kruger joue d’abord un second rôle, celui de la mère de famille, emprisonnée durant une bonne partie du long-métrage en prison et qui ne verra son fils que par le biais des visites écourtées. Le reste du temps est concentré sur l’énergie que son mari déploie pour la sortir de cet enfer (quoi de pire que d’être accusé et condamné pour ce que l’on a pas fait ?). Si je regrette une photo hyper froide (choix artistique), et une ambiance qui l’est parfois tout autant, le film se révèle entièrement dans la fin de sa deuxième partie. Dire qu’il n’est même pas sorti en France chez Wild Side Video qui l’avait pourtant distribué en DVD. Un des mystères de la HD, car le couple d’acteurs est loin de ne pas être connu. Le blu-ray est en revanche sorti en Allemagne. BR Allemand

 

The Roommate (Christian Christensen, 2010)  :  *

Un film prévisible de bout en bout, dont on devine l’issue dès les premières minutes, il n’y a à ce titre aucun suspens, mais c’est un portrait parfois pas mal fichu sur cette obsession que peut avoir une personne envers une autre en virant au mimétisme et au crime passionnel. La question du transfert (Rebecca s’idéalisant en Sarah dès le début) est ici traitée parfois avec de grosses ficelles, et il n’y a absolument aucune scène qui soit originale, mais ce n’est pas non plus un mauvais film. BR allemand.

 

One Day (Lone Sherfig, 2011) :  O

Qu’est-il arrivé à la réalisatrice du splendide Une éducation ? Et bien elle a tourné ce One Day qui est probablement la comédie romantique la plus indigente que j’ai vue ces derniers mois/années, et c’est d’autant plus pénible à l’écrire, que je suis un fan des comédies romantiques (j’adore Love Actually, entre autres). Mais là, au bout de vingt minutes, j’ai eu l’impression que ça ne se terminerait jamais, d’autant que la réalisatrice a choisi un rôle principal masculin absolument insupportable, rendant son jeu et le film insupportable par la même occasion. Les poncifs sont là, les clichés aussi (le couple dévoyé, la femme qui trompe son mari, la différence générationnelle qui fait que le père se met en tête de ne rien lâcher à son fils, l’errance dans la drogue du présentateur télé beau gosse qui couche avec toutes les premières venues). Trop, c’est trop, et le film, qui aurait pu me faire fondre (en larmes et/ou d’émotion) m’a au contraire passablement énervé avec sa couleur frelatée, ses coupes, ses voitures et sa musique d’époque (François Feldman se retrouve sur la bande-son, très années 80).Vraiment une grosse déception. BR benelux

 

Sans identité (Jumae Collet Sera, 2012) :  **

Liam Neeson (à son aise et charismatique comme d’habitude) joue ici un homme dont le passé semble s’effacer aussi vite que son  identité après un accident de voiture. S’il n’atteint pas la puissance d’un Taken 1 ou 2, ce film mis en scène par l’espagnol Collet-Sera joue à fond la carte de l’invraisemblance et de la pluie de rebondissements qui permettent de maintenir l’action jusqu’au bout. On se fiche des révélations sur le pourquoi de l’histoire, même s’il est assez amusant de retrouver l’acteur principal du film La Chute, celui de The Box (le vieil homme mystérieux), ainsi que Diane Kruger dans un rôle de réfugiée clandestine. D’ailleurs le film se passe intégralement à Berlin, décor peu commun du genre blockbuster, avec certaines de ses arcanes, notamment son côté un peu underground.  Efficace en somme. BR Fr

 

Un plan parfait (Pascal Chaumeil, 2012)  :  ****

J’avais détesté L’arnacoeur, comédie que je trouvais trop bling-bling, sans véritable enjeu, bref la comédie française comme je peux l’exécrer. C’est exactement l’inverse avec Un plan parfait. L’idée d’associer Diane Kruger et Danyboon est une excellente idée, parce qu’elle se base sur des complémentarités. La spontanéité de l’une devant le pataud attendrissant de l’autre. En l’état, le rythme échevelé de cette comédie sur les superstitions (une jeune femme ne veut pas rater son premier mariage comme d’autres avant elle dans sa famille, prend l’avion pour Copenhague et se retrouve avec un homme gauche mais attachant au final, qui va lui réserver plus d’une surprise). La mayonnaise prend immédiatement et l’on sent une réelle complicité entre les deux acteurs. Les scènes comiques se suivent, et celle de la fausse call-girl à une soirée de prestige en Russie vaut à elle seule le visionnage. Mais il y a plus cela : il y a aussi en filigrane, cette question rampante, obsédante même de l’amour détourné, celui-là qui fait qu’une personne aimée est déjà avec quelqu’un et en manipule à sa manière une autre. Le con dans l’histoire devient au final le héros, romantique, sincère jusqu’au vertige…de l’amour. C’est cela que montre cette comédie dans l’air du temps, où une jeune femme finalement se plaît davantage dans la surprise, l’inattendu, plutôt que dans la linéarité d’un mariage tracé d’avance, avec les mêmes plats, les mêmes désirs et les mêmes sorties. Le duo d’acteur porte totalement le film sur ses épaules. Diane Kruger, belle, intelligente, versatile, confirme tout le bien que je pensais déjà d’elle (quand les détracteurs ne voyaient en elle qu’une potiche). C’est une actrice formidable et apparemment très simple dans la vie (très intéressant making-of). Elle me fait un peu penser à Florrie. Une comédie très charmante, une vraie bonne surprise. BR fr.

 

Rio (Carlos Saldanha, 2011) :  ***

La formidable séquence d’ouverture donne immédiatement le ton : la réalisation, certes intégralement réalisée par ordinateur, permet une chorégraphie sans entrave et ça va très vite. Un peu trop même. Les vingt premières minutes m’ont rappelé au meilleur de Toy Story, à savoir raconter une histoire avec des personnages forts et un tonalité émouvante : ici un oiseau qui ne sait pas voler et une libraire du Minnesota qui s’est prise très tôt d’affection pour lui. Je regrette juste que l’humour s’invite parfois dans de trop longues tirades, car visuellement c’est très beau et techniquement très abouti. Un très agréable film d’animation. BR Fr.

 

Cheerful weather for the wedding (Donald Rice, 2012):   **

Je n’ai pris et vu ce film que pour une seule raison : Felicity Jones. L’actrice britannique est un coup de coeur depuis Oh My God ! et est en passe de devenir un de ces jeunes pousses que j’affectionne, tout comme Gemma Arterton. Le film se déroule en 1932 dans la bourgeoise anglaise du Devon, et l’on suit les ultimes préparatifs du mariage de Dolly, entourée de ses proches. Le film est charmant, porté par ses interprètes et par un humour dont seul les anglais ont le secret. Ce n’est pas aussi fort que Tamara Drewe ou Albatross mais le film jouit néanmoins d’un travail de direction artistique remarquable. Felicity, je vous suivrai, c’est sûr !   BR anglais

124 heures (Danny Boyle, 2010) :   *

Le sujet est plus intéressant que le traitement par l’image qui en est fait. Ce fait divers réel, qui est arrivé au Colorado (un homme s’est retrouvé seul coincé dans un canyon) montre les limites du dispositif de mise en scène de Boyle qui use et abuse des effets de montage, faisant de son film une publicité pour les accélérés et ralentis d’image dans un contexte dramatique, mettant ainsi toute émotion de côté à ce moment-là. C’est dommage, car James Franco, tout seul, le bras coincé par un rocher, qui sort sa caméra Sony (beau placement produit) est charismatique et toujours aussi sexy. Je préfère l’énergie bouillonnante et le montage au corps à corps justifié de Slumdog Millionaire pour le coup. TV.

 

The Story Of Joanna (Gerard Damiano, 1975)  :  ***

Le réalisateur Gerard Damiano s’attaque ici à la figure du Pygmalion qui vire ici au sadomasochisme. L’interprétation, la photo, la direction artistique de haute qualité rappellent que le cinéma porno des années 70, réalisé majoritairement avec de la pellicule argentique avait par moments rien à envier au cinéma traditionnel. Le film, s’il est moins fort et définitif à mes yeux que ne l’est le chef-d’oeuvre de Radley metzger, The Opening of Misty Beethoven, est toutefois très bon, même si la trame le rapproche effectivement du film de Metzger, et intrinsèquement de My Fair Lady de Cukor (que je n’ai jamais aimé). Et au milieu des années 70, il était encore rare de voir une scène de sexe non simulée entre deux hommes dans une production hétéro. Casey Donovan lui déclenchera un mini-scandale avec la scène de strapon, un an plus tard dans The Opening of Misty Beethoven. Internet

 

Faites le mur ! (Banksy, 2010) :  ****

Un documentaire d’une richesse vertigineuse sur la place de l’artiste dans le quotidien, en prenant comme fil conducteur l’histoire proprement incroyable de Banksy, artiste ayant favorisé la popularité de l’art de rue (street art), dissimilant son visage et son identité depuis des années, ici au coeur du film. Le documentaire s’ouvre sur le portrait de Thierry Guetta, un homme vivant  à Los Angeles depuis l’âge de 15 ans dont l’obsession première est de filmer chaque minute de sa vie, croquant les portraits de ses proches et de lui-même à tout moment, accumulant des milliers d’heures enregistrées sur cassette. On croise ensuite des artistes de l’art de rue, voguant entre la légalité et l’illégalité d’un art qui sort des musées pour se retrouver dans la rue, sur les murs. Dès lors Guetta et Banksy se rencontrent et l’artiste anglais de convier sa vision de l’art au moment où l’art de rue s’invite sur les marchés aux enchères, le gratin hollywoodien commençant à s’arracher ses toiles et ses pièces de graf’. Ou comment l’art du graffiti jeté à l’opprobre devient si tendance qu’il intéresse celles et ceux qui le rejetaient violemment. Un documentaire qui a des airs de cinéma : personnages attachants, scénario inventif, mise en lumière des contradictions d’une époque, fresque intimiste et grandiose sur l’humain, portraits d’artistes sans cesse sur le fil du rasoir, puis promus génies contemporains. Sociologiquement, philosophiquement, artistiquement, un des meilleurs documentaires de ces dernières années avec le formidable Rize de la Chapelle pour qui aime le street art ou pas. Banksy qui a signé la pochette de Blur Think Tank plonge aussi dans ce vertige créatif : il rappelle par sa mise en scène, les canulars d’Andy Kaufman, tout comme Marcel Duchamp ou encore Warhol. Youtube.

 

Prostitution (Jean-François Davy, 1976) : ***

Réalisateur de films pornographiques dans les années 70 et de deux documentaires focalisés sur l’actrice Sylvia Bourdon avec Exhibition, Davy filme ici, quasi exclusivement sous la forme d’interviews qui n’incluent jamais de champ contre champ le quotidien de prostituées féminines d’âges et d’origines sociales différentes. Davy a manifestement gagné la confiance de ces femmes qui parlent à la fois crûment et pudeur de leur métier, de leurs espoirs, de leurs mauvais plans, certaines vivant bien leur profession, d’autres beaucoup moins. On assiste aux premières assises des prostituées qui se terminent en foire d’empoigne. On s’intéresse, on écoute, on entend des témoignages qui n’hésitent jamais à dévoiler les coulisses du métier, et le documentaire s’autorise aussi les touches d’humour comme lorsque Eva (la principale interviewée, et une ancienne actrice de porno, Claude Janna) se rend dans la petite usine de machines à coudre avec les employées qui se livrent sur le métier et ce qu’elles en pensent. Le rôle d’Eva est d’ailleurs étonnant : elle était véritablement actrice au milieu des années 70 et a été probablement prostituée (dans quelle mesure est-ce mis en scène ?) au tout début de la décennie. La note finale est optimiste et emmenée par Grisélidis Réal qui avec le panache, l’humour, la petite folie contagieuse et surtout terriblement humaine qui la caractérisaient y va de son petit refrain libertaire. Youtube




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