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Films du mois (Août 2015)

Films du mois (Août 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

The Gits (Kerri O’Kane, 2005)

The-Gits dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

 

Stake Land (Jim Mickle,2012)  :  ♦

Un road-movie convenu sur fond de guerre entre survivants et zombies dans une Amérique désolée et un Canada qui s’ouvre comme le nouvel eldorado et surtout le dernier rempart. Si le début du film respecte les canons du genre et déroule une mécanique trop classique, l’intérêt provient de la deuxième partie avec la jeune femme enceinte, apportant une touche féminine rassurante. Un film de genre qui convoque les figures du passé et ne propose rien de vraiment original. BR fr

 

Les coquillettes (Sophie Letourneur, 2013) :  O

Trois jeunes actrices se rendent à un Festival de cinéma pour y projeter le film de l’une d’entre elles qui rêve de rencontrer Louis Garrel. Cette mise en perspective du moi, le narcissisme affiché de la mise en scène pourrait néanmoins constituer une bonne surprise si le film ne reposait pas tant sur une forme de complaisance à parler de soi. On écume les festivals, on se croise entre journalistes, on sirote et on rigole. Certains films sont embarrassants, celui-là ne l’est pas à proprement parler, cela dit je n’ai pas du tout accroché à ce ton entre Biba et Elle mâtiné d’un goût affiché pour le parisianisme bobo. TV

 

 On se calme et on boit frais à Saint -Tropez (Max Pécas, 1987) :  O

Le titre en lui-même est révélateur, mais je n’avais encore jamais vu un Max Pécas en entier (seulement des extraits il y a plus de vingt ans sur M6…à l’Eté). Il faut vraiment le voir pour le croire, car c’est ici l’antithèse formelle, de mise en scène, de direction d’acteurs et de dialogue d’Eric Rohmer qui convoque le meilleur de la langue. Tout ici est d’une vulgarité crasse, d’une homophobie latente, et le film, ou le navet plutôt, absolument borderline risquant à tout moment de tomber dans le porno sans jamais y céder. Un monument de vulgarité, dont je regrette la présence de Brigitte Lahaie, une très belle actrice du X 70′s, citant ici un texte sans conviction. TV

 

Pas si méchant que ça (Claude Goretta, 1974) :  ♦♦

La même année que Les Valseuses, Depardieu tourna devant la caméra de Claude Goretta dans cette chronique champêtre d’un ébéniste qui effectue des hold-up pour « aider » son entreprise en difficulté. C’est la naissance de ce qui allait devenir un monstre sacré du cinéma français, dont le talent ici déjà éclos. Une chronique des années 70, qui doit beaucoup à son interprète principal. TV.

 

Le jeu de la vérité (François Desagnat, 2013)  :  O

Trois amis d’adolescence qui ont l’habitude d’organiser des dîners hebdomadaires retrouvent la fille du lycée au cœur de tous leurs fantasmes et l’invitent à jouer au jeu de la vérité. Après Toute première fois où le héros homosexuel s’apercevait qu’il était au final si facile de redevenir hétéro en couchant avec la première inconnue, ici trois copains assaillent de questions une jeune femme qu’ils découvrent en fauteuil roulant. Soit une heure et demi de souffrance hétéro machiste, centrée autour de personnages tombant dans la grivoiserie, la gauloiserie, la testostérone et les blagues peu/pas drôles. Avec morale hypocrite et bien pensante dans son dernier tiers dans son discours sur la différence. Le mystère : qu’est venue faire Vanessa Demouy dans cette pantalonnade ?  TV 

 

Barbarella (Roger Vadim,  1968) :  ♦

Il y a bien évidemment le charme fou de Jane Fonda, sa longue chevelure platine, et ses bottes de cuir. Mais il y a aussi une certaine lourdeur et un kitsch assumé qui peut porter sur les nerfs. C’est un univers typique des années 60, pop et se voulant électrisant à la condition qu’on rentre dans le trip, mais aussi paradoxalement parfois agaçant si ce n’est pas le cas. Historiquement très important (1968, début de la libération sexuelle, cinégénie du personnage principal) mais à double tranchant du point de vue de la mise en scène. Tv

 

Flic Story ( Jacques Deray, 1976) :   ♦♦

Du cinéma à l’ancienne, ici ancré dans les 70′s bien que se déroulant à la fin des années 40 racontant la traque d’un truand par des flics, dont le principal incarné par Delon. Un polar qui a l’avantage de nous montrer ce Paris qui n’existe quasiment plus, celui d’une époque révolue, avec sa gouaille, ses fringues, son environnement. Solide bien que finalement très schématique et prévisible. Tv

 

 Yann Piat, Chronique d’un assassinat (Antoine de Caunes, 2012)  :  ♦♦♦

Le destin politique de Yann Piat, d’abord députée FN puis UDF, encartée par Jean-Marie le Pen qui gagnera des élections dans le sud de la France mais verra aussi sa vie constamment menacée. Un portrait de la politique avec ses zones d’ombre, la description du milieu d’affaires, et un sens aigu de la dramaturgie chez une Karine Viard qui porte clairement ce téléfilm sur ses épaules. Tv.

 

Wicked Women, Frauen Ohne Unschuld (Jess Franco, 1977) :  ♦♦

Ce qui intéressait manifestement Jess Franco dans cette co-production allemande et pas que celle-ci, c’était de filmer les ébats saphiques et hétéros de jeunes femmes nues à l’écran pendant 80 minutes, en flirtant avec le X sans y tomber. Lina Romay était à son cinéma ce que Laura Gemser était à celui de Joe d’Amato particulièrement pour sa série toute personnelle d’Emmanuelle : une icône. Un film de la fin des années 70 avec ce grain d’origine, ses nymphes et son scénario de série B criminelle tourné dans de beaux décors naturels. BR Allemand.

 

The Gits (Kerri O’Kane, 2005) :  ♦♦♦

L’histoire du groupe de punk rock The Gits, qui émergea en 1986 sur la scène de Seattle jusqu’au viol et meurtre de sa chanteuse charismatique Mia Zapata qui avait une voix à mi-chemin entre Janis Joplin et Patti Smith. Un très bon documentaire qui s’attarde sur l’alchimie de ses musiciens, l’accent étant mis sur le talent d’une artiste qui a marqué de son empreinte (et de sa voix) la musique locale et mondiale. Des interviews passionnantes d’ami(e)s, de musiciens, de producteurs qui témoignent d’une époque où le Do it yourself était roi.  Youtube

 

Between the cheeks (Dark Brothers, 1985) :  ♦♦

Un porno signé des frères Dark qui tournaient alors en vidéo, avec les stars de l’époque, dont Ginger Lynn. L’intrigue est ténue et se résume à raconter des histoires sexuelles auprès d’un professeur bien particulier, le film étant nappé d’un humour noir et caustique très caractéristique des réalisateurs. La curiosité vient de cette scène où apparaît le faux sosie de Freddy Mercury période Stade de Wembley. Daté mais amusant par moments. Internet.

Un peu d’électro et de Lescop…

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Le plaisir de la navigation et surtout de ses hasards a encore une fois frappé. Hier soir je m’amusais à écouter quelques titres sur eqmusic quand je clique sur le lien de Sad Disco, un groupe d’Athènes qui m’était alors parfaitement inconnu. Le titre s’intitule Heart. On y voit des paillettes, de jeunes personnes de sexe opposé, je me dis que l’auteur de la vidéo a été assez gonflé pour filmer la fille nue et pas le garçon qui porte une culotte.

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Mais c’est l’éclairage de la scène (tournée quasiment intégralement dans une obscurité et un jeu avec les points de lumières, de couleurs qui rappellent l’excellent clip d’Alizée Les collines, Never gonna leave you) qui est traître et qui est responsable de cette illusion d’optique. Le garçon porte comme la fille une culotte sauf que le blanc sur un fond noir paraît presque invisible.

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Heart

Ce duo grec a lancé son clip au tout début du mois d’octobre. C’est un clip intéressant, et la musique rappelle une fois de plus à l’électro des années 80, le chanteur faisant sa démonstration vocale avec un fort accent. De fil en en aiguille, cette découverte sympathique (bien que pas bouleversante, ce n’est pas Le couleur), m’amène à découvrir leur autre single Honestly, toujours chanté en anglais.

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Honestly

Et puis, ensuite à celle de The Sound of the crowd. Un nom qui n’est pas celui d’un groupe mais d’un artiste  John von Ahlen. Avec leur titre Wildlife extrait de Life is calling tiré à 777 exemplaires (c’est précis et TRÈS limité).  D’accord ce titre n’est pas récent, puisqu’il est sorti il y a presque deux ans, mais je ne l’avais jamais entendu et je l’ai ainsi découvert complètement par hasard.

J’adore le son du synthétiseur pendant tout le morceau, si on pouvait isoler le son de l’instrument, on aurait une piste qui serait très bonne en elle-même, même sans paroles. La rythmique est hypnotique et le clip l’est tout autant. Pourtant il est simple et minimaliste. Des visages, donc des portraits qui se succèdent les uns aux autres.

Cadrage serré. Plan moyen, et parfois un léger pivotement vertical. C’est tout. Un ralenti également. De ce que j’ai crû comprendre du clip on montre des fans de musique metal/heavy metal/hardcore (des inconnus filmés dans la rue et auprès desquels on a obtenu l’autorisation de les faire apparaître dans le clip) qui sont réunis et se retrouvent ensemble dans les dernières minutes du clip. Le tout sur une musique électro/ambiant : joli décalage.

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Wildlife

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Cette navigation m’a ensuite amené à découvrir Lescop. Je ne connaissais pas du tout, même si je dois confesser avoir déjà vu la pochette de son disque sorti en 2012. Pour donner une idée de sa musique, ce serait un croisement, en français dans le texte entre Taxi Girl, Daniel Darc et Joy Division.

Un héritage de la new wave avec une ligne de basse affolante, un synthé à l’avant-poste, une rythmique imparable (le génial Tokyo la nuit) et surtout une façon d’aborder le genre de l’électro d’une manière sèche et radicale, que certains diront froide mais je trouve parsemée d’éclairs (d’éclats) poétiques. Un texte travaillé et des mélodies qui sonnent comme des coups de triques qui ont la pugnacité de vouloir plaquer des mots durs sur le quotidien mais aussi un certain romantisme. Noir.

Son album

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Il a sorti un clip/un single intitulé La nuit américaine (en hommage à François Truffaut ? Je l’ignore). Un clip de 10 minutes, sur une soirée comme les autres, dans la peau d’une jeune fille qui entre dans un stripbar (le dit La Nuit américaine), pour y danser sans vraiment de conviction. La lumière, le cadre, et bien sûr la chanson sont de première qualité.

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La nuit américaine (version longue)

Dans une interview accordée aux Inrockuptibles, il a cette phrase que j’aime beaucoup

Les musiciens français se plaignent trop souvent d’être nés au mauvais endroit. Il faut au contraire en être heureux. On a une histoire à inventer, des terres à débroussailler.

Et de poursuivre avec

À Manchester, avant le punk, ils avaient tout à créer. Ils ont revendiqué leurs origines, fièrement, ce qui n’empêchait pas le chanteur de Joy Division, Ian Curtis, de lire Baudelaire

L’intégralité de l’interview

 

 

 

Films vus (Août 2013)

 

Films vus (Août 2013) dans Films vus (Août 2013) bobine-de-film-et-clap-de-cinemaFilms vus en Août

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

Pour son audace, sa liberté de ton, son énergie

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The Band de Anna Brownfield

 

Films vus

 

Sublimes  créatures  (Richard Lacravenese, 2013) :  **

Je n’en connaissais absolument rien (pas vu de BA), mais avais seulement croisé les affiches qui étaient nombreuses au moment de sa sortie. Dans une petite ville bigote des Etats-Unis, l’arrivée d’une jeune femme déclenche une série d’évènements étranges et fantastiques. Cette plongée au coeur de l’adolescence américaine avec en ligne de mire le passage à la vie adulte est intéressante. J’ai aimé le travail sur le son et particulièrement la perception des éléments, de l’environnement visuel, notamment. J’ai à plusieurs moments pensé à deux autres films, à savoir Triangle qui jouait sur la boucle temporelle et le sentiment de lévitation de situations déjà vues qui se répétaient continuellement, et à Donnie Darko, son portrait d’adolescents qui n’arrivent pas (encore) à trouver leur place. Twilight est aussi en filigrane, même si on ne traite pas ici de loup-garou. Le film développe son univers, ses personnages, son mystère, lequel s’évente dès lors que l’on parle de sortilège. Mais cette course-poursuite contre la montre, cette histoire d’amour intemporelle, ce combat entre le bien et le mal, bien que parfaitement balisé, arrive par moments à surprendre, probablement parce que ses acteurs, dont le couple sont des inconnus. BR fr.

 

Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012) : ****

La voyage initiatique de Laurence, professeur dans un lycée de Montréal, qui veut devenir une femme. Le troisième long-métrage de Xavier Dolan à seulement 23 ans, parvient en 2H48 à la maturité et livre un film à la fois intimiste et universel, montrant non pas simplement le travestissement mais l’investissement émotionnel, physique et psychologique nécessaire pour changer lentement de sexe, devenir une femme. Les barrières sociales (le regard des autres) et professionnel (évoluer dans un établissement scolaire à côté de collègues qui ne comprennent pas la démarche initiale) se heurtent à la volonté et à la détermination d’un homme, incarné ici par Melvil Poupaud. L’acteur tour à tour saisissant, touchant, livre une performance mémorable, géniale. A ses côtés, Suzanne Clément n’est pas en reste. Le film, qui est un témoignage sur deux décennies, entre la fin des années 80 (où Laurence ne se voit plus qu’en femme alors que Fred continue de le désirer en tant qu’homme) jusqu’à la fin des années 90 et le début des années 2000 est frappant par sa facture plastique (visuellement très travaillé, conjuguant les couleurs pastels et les fulgurances, un cadre inhabituel en 1.33), est construit sur quatre moments forts : la séquence d’ouverture, le brunch, la séparation et les retrouvailles. Comme dans toutes les histoires d’amour impossible (puisque que c’en est une  à l’image de la séquence finale), il y a quelque chose de fragile, de beau, et surtout une grande sensibilité. Dommage pour les quelques longueurs dans la seconde partie, mais l’ensemble est d’une cohérence absolue. BR fr

 

Soy Cuba (Mikhail Kalatozov, 1964) :  *

Je voulais découvrir ce long-métrage, fruit d’une production cubaine et russe, interdit longtemps dans plusieurs pays, invisible aussi durant près de trois décennies, avant d’être redécouvert par Scorsese et Coppola en 1993 qui militèrent pour sa réhabilitation. Le film a surtout bâti sa réputation non pas sur son script, qui suit l’évolution de la révolution cubaine après la crise des missiles de 1961 avec les Etats-Unis, et l’évolution de la société cubaine en pleine guerre froide, mais bien de sa mise en scène, de son cadrage et de ses plans-séquences. De ce point de vue, le film est un feu d’artifices, et il emporte une énergie de mouvements partout où il passe et où la caméra se faufile. Le cadrage en grand angle, les mouvements de caméra à la grue, les plans-séquences qui durent et s’étirent en voguant au fil de l’eau où en suivant une parade ici ou une procession par là, sont impressionnants dans un premier temps, mais cette manière de filmer finit aussi par ennuyer par son motif même : ça devient répétitif et quasiment interminable. Et surtout, le film enfile les clichés comme les perles, sert sa propagande castriste (fascinant d’un point de vue sociologique et historique moins dans la caractérisation unilatérale des personnages) et finit par devenir usant avec sa cascade de souffrances filmées en gros plan. Ce cinéma a surtout inspiré le faussaire Paul Thomas Anderson, notamment le plan de piscine de Boogie Nights, pompé plan par plan sur celui d’ouverture de ce Soy Cuba. DVD fr

 

Des hommes et des Dieux (Xavier Beauvois, 2010 ) :  *

C’est sans doute un très bon film mais je n’ai pas accroché à cette histoire tragique des moines de Tibéhirine, enlevés et exécutés en Algérie en 1996. Le regard de Beauvois qui s’est considérablement assagi depuis N’oublie pas que tu vas mourir, remarqué à Cannes en 1995, convient à la description de l’univers des moines, dont la vie est rythmée par les paroles et les prières quotidiennes. Photo sobre, jeu sobre, tout est sobre dans ce film sur la croyance en une foi irrépressible, qui affronte l’ennemi tapi dans l’ombre, ne bouge pas et condamne pourtant ceux qui la portent, frappés dans leur cœur comme dans l’enceinte sacré de leur chapelle. L’interprétation est bonne, surtout celle de Lambert Wilson mais j’ai trouvé le jeu de Lonsdale très curieux, comme s’il prenait tout cela avec trop de légèreté. Un film grave, sérieux, papal en l’occurrence. Trop peut-être à mes yeux. Non, pas convaincu. BR fr

 

Straw Dogs ( Rod Lurie, 2011) : O

Du film original, tourné en 1971 par Sam Peckinpah qui valut à son réalisateur des critiques acerbes avant d’entrer dans la postérité parce qu’il s’agit d’un film remarquable sur la violence faite contre soi et les autres, Rod Lurie qui réalise ici le remake, a conservé le dernier tiers avec l’assaut dans la maison et aussi la scène de viol dont Amy est la victime. Mais c’est tout. La mise en scène épurée à l’extrême et en même temps sophistiquée (un montage alterné époustouflant, un mixage sonore qui ne l’était pas moins) de Peckinpah laisse ici sa place à un film plat, sans relief, sans aucune imagination, qui se contente de transcrire la violence sous la forme de tensions au sein d’une petite ville du Sud de l’Amérique. Bien sûr l’intello écoute du Beethoven et les gars rustres du heavy metal. Les Cornouailles avaient aussi ce petit plus, qui rajoutait à la dramaturgie : l’endroit était beau et les pires horreurs s’y déroulaient parce que Sumner faisait preuve d’une certaine lâcheté (ce qui est ici répété sans la moindre nuance dans le Lurie), tandis qu’Amy était aussi un personnage trouble. Dustin Hoffman jouait un personnage naïf, complexe ici remplacé par un gars pédant sorti d’Harvard. La montée de la violence finale dans le film de 1971 tendait à l’insoutenable, ici on regarde les règlements de compte avec désintérêt voire lassitude. Du chef-d’oeuvre de 1971, Lurie a fait un film ni fait ni à faire, un navet estampillé années 2000. Triste. BR FR

 

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria, 2012) :  **

Que faire alors que l’apocalypse menace et qu’il reste 14 jours à vivre ? Doit-on et peut-on rire de cette même apocalypse et a fortiori de la mort ? Ce sont les questions que pose cette comédie de Lorene Scafaria. Une comédie volontairement lente, de prime abord presque neurasthénique à propos de personnages qui semblent l’être aussi, observant, d’abord en tant que témoins puis acteurs, le lent dérèglement de la vie quotidienne, de ses aspects les plus communs aux plus loufoques. La mise en scène a choisi d’isoler deux personnages principaux (Steve Carell et Keira Knightley), au milieu d’un chaos organisé où l’émeute le dispute aux scènes de repas familial, où la moindre étincelle peut tout faire partir en eau de boudin. Cette comédie est volontairement triste, mélancolique à plus d’un titre, et l’on y parle d’amour autant que de perte de repères avec un ton oscillant entre la peinture de moeurs débridée et une volonté affichée de ne jamais en faire de trop, de mesurer chaque dialogue. Le film vaut d’être vu rien que pour sa scène du Friendly’s, un restaurant dans lequel les gens semblent vivre leurs derniers instants en s’embrassant (ça m’a rappelé les free hugs que l’on peut voir épisodiquement à Paris, quand des personnes se proposent de vous serrer dans leurs bras gratuitement), en fumant des joints et en faisant l’amour dans une ambiance totalement délurée. Une comédie atypique, et beaucoup plus grave qu’elle ne le laisse présager.  Br fr

 

Une soirée d’enfer (Michael Dowse, 2011) :  **

Alors que les productions américaines (et celles de Judd Apatow en particulier) s’attachent à décrire les états d’âmes des trentenaires ancrés dans les années 2000, ce film sur une petit groupe de jeunes adultes sevrés à la musique 80′s montre plutôt les années 80, en particulier sous la présidence Reagan juste avant l’arrivée de Bush Senior, dans une Amérique des arrivistes, des consommateurs de coke et de voitures rutilantes. A l’origine le film est construit sur le coup de coeur d’un jeune homme épris de la belle blonde du lycée dont il est amoureux. Le hasard fait qu’il la rencontre quelques années après dans un vidéoclub pour lequel il bosse. Elle l’invite à une soirée, et commence alors une nuit où tout ou presque est permis, surtout conquérir le coeur de la belle. Après un démarrage plutôt lent, le film n’est pas avare en répliques sympas, mettant surtout à l’honneur les épaulettes, les brushing permanentés, la musique pop de la fin des années 80. On aime ou on déteste ce style et l’humour du film, mais je l’ai trouvé plutôt agréable à défaut d’être inoubliable. A noter une séquence croustillante avec une MILF rousse entre lignes de coke, ami voyeur en cuir et fuite en avant du meilleur pote qui ne s’attendait pas à un tel spectacle. Br fr

 

Ma bonne étoile (Anne Fassio, 2012) :  ***

Le parcours d’une jeune femme éprise de chevaux, qui affronte les épreuves de la vie et fait grandir une jument au point d’en faire une championne. Le deuxième film de la réalisatrice est particulièrement réussi. Le sujet n’est certes pas très original, mais tous les amoureux des chevaux (et même ceux qui ne le sont pas), seront sensibles à la sensibilité féminine du film, non seulement incarnée par la juvénilité de Fleur Lise Heuet, l’héroïne, mais aussi son sentimentalisme et son romantisme qui font du département de la Normandie, un lieu de tournage hautement cinégénique. C’est bien simple il s’agit d’une des plus belles photos du cinéma français récent que j’ai vue. Sympa de revoir Brasseur et Lambert, et aussi de découvrir une nouvelle génération de talents montants. J’avais adoré Flicka, un film sur les grands espaces américains et sur les chevaux. Idem pour ce Ma bonne étoile. BR Fr

 

Revenge City (David Ren, 2012) :  **

La typographie du titre film et des lieux rappellent Sin City. Mais la comparaison s’arrête sans doute là. Il s’agit d’une histoire somme toute très classique de garde du corps qui tente de retrouver le meurtrier d’une jeune femme qu’il a appris à connaître, sans famille, et qui s’est faite une place dans le milieu des escorts, en espérant se faire une autre vie. Néons, lumière tamisée, bars et stripclubs font partie du décor de ce tout petit film réalisé avec un mini budget mais non sans un certain sens visuel et surtout un attachement à multiplier les scènes d’action et d’affrontements à mains nues (le héros étant dans la vie un champion de kick boxing) ou avec des armes, reprenant même la scène d’Old Boy avec le couloir et le marteau, ici en quasiment mieux. Le casting met surtout à l’honneur une distribution asiatique et un monde interlope qui ne l’est pas moins, avec la présence de Sasha Grey ou encore Dominique Swain dans un tout petit rôle (elle était à l’affiche du Lolita de 1997 avec Jeremy Irons). Divertissant. BR fr

 

Zombie Lover (Deagal Brothers, 2009) :  O

Deux frères jumeaux ramènent le corps d’une femme qu’ils aiment tous les deux. Elle est devenue zombie. En voulant réécrire la thématique du zombie sous l’angle féminin, les cinéastes pensent actualiser cette thématique et la rendre plus sensible. C’est plutôt rare que cela m’arrive mais j’ai fait un rejet total en regardant ce film. Je n’ai pas tenu au-delà de 50 minutes, tant l’esthétique (cette photo aux teintes parfois fluo a fini par m’exaspérer, ce qui ne m’était pas arrivé depuis Smiley Face de Gregg Araki)) m’a été rédhibitoire et la direction d’acteurs épouvantable. J’essaie toujours de me raccrocher à quelque chose quand je regarde un film, trouver ici ou là une qualité, un détail qui le sauverait, après tout un final réussi par exemple peut nous permettre de tout reconsidérer, mais là, je l’ai trouvé tout simplement insupportable. Après avoir vu les éloges prononcés sur ce film, une interrogation surgit : est-ce moi ou bien il s’agit d’un des plus mauvais films que j’ai vus ? Br Fr

 

Django Unchained (Quentin Tarantino, 2013) :  **

Quentin Tarantino rend hommage à sa façon à tout un pan du cinéma des années 70, en particulier au western et à Sergio Léone l’un de ses maîtres. Comme dans Inglorious Basterds, le ton est à la parodie et à l’humour, panaché au second degré. Le talent de dialoguiste du film se ressent une fois de plus ici dans les dialogues sur mesure qu’il offre à un Christoph Waltz largement au dessus du reste du casting. Les aventures de cet esclave noir qui retrouve sa liberté et va jusqu’à risquer sa vie dans la plantation d’un ignoble négrier pour sauver sa femme a quelque chose de touchant immédiatement désamorcé par la violence tapie dans l’ombre. Tarantino mâtine en effet son film d’une insolence et d’une ironie qui peut agacer par moments, d’autant que le film s’appesantit dans sa dernière partie juste après le carnage. Dicaprio s’amuse bien, mais le personnage de Samuel L Jackson m’a lui semblé totalement à côté de la plaque avec ses meuglements intempestifs. La photo est superbe, le montage et le montage son aussi. Un bon film qui aurait pu être excellent. BR Bénélux

 

Sur le chemin des dunes (Bavo Difurne, 2012) :  *

L’éveil à l’amour, les premiers flirts et le premier attachement sentimental d’un garçon pour un autre sont les sujets magnifiques (tout comme la photo et la direction artistique), de ce film ancré dans la fin des années 60, début des années 70. La ville d’Ostende où est né et vit le réalisateur donne aussi un cachet romantique à ce premier long-métrage qui promet plus sur le papier que ce qu’il donne à l’image. Le film est porté par la symbolique de l’amour naissant, et la métaphore de la découverte du plaisir est parfois bien vue, mais il y a une certaine monotonie qui s’installe après la première demi-heure, à la fois juste et belle. Il manque une dose de folie sans doute, un rythme plus soutenu aussi pour transcender tout cela. On est assez loin de l’énergie bouillonnante et communicative de Hasta La Vista, grande réussite flamande de l’année 2012. C’est dommage, mais j’avais peut-être d’avance trop envie d’aimer ce film après l’attente (le Blu-ray, à la tenue technique impeccable ayant été repoussé puis indisponible longtemps à la vente). C’est à la fois très prometteur et très frustrant. BR fr

 

Les invisibles (Sébastien Lifshiftz, 2012) :  *****

Des hommes et des femmes se livrent sur leur vie intime et privée, mais aussi sociale et professionnelle des années après la découverte de leur propre sexualité entre les années 50 et 70. La caméra de Sébastien Lifshitz se fait discrète, cadrant souvent en gros plan ou plan américain, parfois aussi en extérieur les émotions de ces protagonistes qui n’ont rien de fictionnel et qui narre l’histoire de la reconnaissance par le militantisme de leur propre vie, de leurs amours autrefois considérées comme interdites, puis maladives, avant d’être définitivement dépénalisées en 1981. Ce n’est pas seulement l’histoire de ces vies, prises individuellement ou dans leur totalité qui est touchante. C’est aussi l’occasion de voir l’évolution même de la société (avec des images d’archives et des photos d’albums ou films 8 mm/16 mm d’époque) entre le début du XXème siècle où le mot homosexualité était tabou jusqu’à la reconnaissance et l’inscription dans la loi de la possibilité pour deux personnes de même sexe de faire valoir légalement leur amour par le mariage. Et d’amour, en filigrane, perçant la lumière comme la vidéo de ce film documentaire au soin photographique assuré (une des plus belles photos de l’année 2012, tous genres confondus), il en est question, tant il ruisselle, tant il transpire dans chaque témoignage. Le choix d’avoir coupé les questions initiales (je suppose qu’il y en avait) du réalisateur permet de construire un dialogue intéressant, les intéressé(e)s se livrant à des confessions, des anecdotes avec un ton libre et très optimiste, employant même le tutoiement. Il est rare qu’une fiction puisse atteindre ce degré d’authenticité et c’est aussi très beau de voir ces gens livrer des confidences de cette manière, manifestement en partageant une confiance réciproque. Superbe. DVD fr

 

Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières (Tommy Wirkola, 2013):  ***

Le conte traditionnel est ici adapté à une sauce qui peut en laisser sur le carreau mais qui personnellement m’a tout de suite embarqué dans son délire second degré. J’ai essentiellement regardé ce film pour Gemma Arterton et j’ai eu bien plus que ce que j’attendais. A base de scènes d’actions en cascade, de répliques bien senties, de direction d’acteurs laissant libre cours à un jeu dé(b)ridé, ce Hansel et Gretel revisite l’horreur enfantine, la peur du noir, les souvenirs d’enfance et nous donne sa version moderne de la sorcellerie dans un registre certes très différent du Antichrist de Von Trier, mais tout aussi radical par rapport aux attentes qu’il suscite. En fait, j’ai surtout adoré cette façon de revisiter la Belle et la bête (la relation entre Gretel et Edward le troll), saupoudré d’une influence Carpenterienne dont j’ignore si elle est consciente ou pas mais qui m’a sauté aux yeux durant les vingt dernières minutes qui partent dans un pur délire pyrotechnique. On se croirait dans Ghosts of Mars à l’époque des sorcières, avec lune rouge et carnage à la mitrailleuse. Surtout, loin des canons parfois trop sérieux d’un cinéma Hollywoodien qui se perd dans une action surdécoupée, ici les scènes sont lisibles, et le fun présent à chaque seconde. On adore ou on déteste. Moi j’ai jubilé à plusieurs moments. Et ça me donne encore plus envie de voir Byzantium. BR fr.

 

The Band (Anna Brownfield, 2009) : *****

Les pérégrinations d’un groupe de punk-rock dans l’Australie contemporaine. Sur fond de sexe, de drogues et de rockn’roll, la réalisatrice n’invente rien. Mais son film est d’une audace rare de nos jours, puisqu’elle parvient, par le traitement frontal de son sujet, son audace et sa franchise absolues à parler aussi bien aux hommes qu’aux femmes, en évoquant la sexualité des membres d’un groupe dont le succès (d’estime et local) tend à péricliter. C’est très bien vu, très drôle, très sexuel, donc explicite et réservé à un public averti, et cela dégage un vent de fraîcheur dans la production, faisant de The Band un film important, dans le sens où il est produit avec un budget minuscule tout en bousculant des conventions qu’Hollywood n’est pas prêt de remettre en cause. Les acteurs sont tous très épatants, et la façon de filmer et de mettre en scène, façon brut de décoffrage à ce côté documentaire et pris sur le vif qui apporte une touche très intéressante dans le sens où tout le monde se livre totalement et semble véritablement prendre du plaisir durant les scènes de sexe non simulé. De ce point de vue, c’est un peu l’antithèse de The life and death of a porno gang. DVD fr

Spring Breakers (Harmony Korine, 2013)  : ***

J’étais curieux de savoir jusqu’où iraient les vedettes de l’écurie Disney, à savoir Vanessa Hudgens et Selena Gomez stars du petit et grand écran. Il ne manque que Miley Cyrus. Effectivement elle sa lâchent dans ce qui est une histoire somme toute assez banale sur le papier, mais qui est ici transcendée par le travail sur le son et l’image (signée Benoît Debie, le directeur photo attitré de Gaspar Noé depuis quelques films). L’impression d’assister à un long trip, planant, parfois angoissant, qui combine gangsta rap, figure angélique (Selena Gomez s’appelle Faith et ce n’est pas pour rien), bruits et fureurs, filles en bikinis, et surtout une prépondérance donnée à la consommation de toutes sortes de substances illicites. Je crois n’avoir pas vu dans un film récent autant de fumette, de bang et de joints à l’écran en aussi peu de temps. James Franco est magistral en petite frappe de la côte Ouest, mais le film vaut surtout pour le décalage entre le romantisme de certaines situations et l’expression du vide qui en entourent d‘autres. Un film qui vaut donc essentiellement pour son travail plastique, de montage et musical. Harmony Korine a déjà fait mieux (avec Kids ou Gummo), mais il s’approprie aussi les techniques contemporaines de mixage des images et des sons par la culture populaire pour en faire un film dans lequel sa patte surnage. BR fr

Maniac (Serge Khalfoun, 2013) :  *

Une nouvelle fois le cinéma hollywoodien se revisite et se lance dans une autre relecture d’un classique de 1980. Pas de Joe Spinell, une ambiance moins poisseuse, et surtout une caméra subjective qui colle aux basques d’Elijah Wood. L’idée peut sembler originale au départ, et elle l’est pendant un quart d’heure le temps d’une intro quasi parfaite. Malheureusement, le film est dépourvu de la moindre émotion par l’utilisation même de ce procédé qui nous fait entrer dans l’esprit du tueur en série, et surtout il s’ingénue à développer un trauma d’enfance archi rebattu avec beaucoup trop de tentatives d’explications psychologiques. Le casting et principalement celui d’Elijah Wood n’a pour moi pas fonctionné : je n’ai pas cru une seconde qu’il pouvait s’avérer être un tueur mystérieux et je n’ai cessé de penser à la figure de Frodon, comme quoi ce rôle lui colle toujours à la peau. Travail sur le son parfois intéressant mais BOF bien en dessous de celle de l’original. Un film original qui avait bien plus d’impact tout en gardant justement son côté effrayant pour lui sans trop se révéler. Br fr

I love you Philip Morris (Glen Ficarra, John Requa, 2010) :  **

La vie et l’œuvre, tout en escroqueries, faux-semblants, jeux de dupes, arnaques, courses-poursuite et périodes d’enfermement d’un homme qui n’était jamais là où on l’on attendait et qui bernait son monde, principalement par amour pour un autre prisonnier du nom de Philipp Morris. Les tons pastels, le jeu outrancier de Jim Carrey nous replongent dans une époque à la fois adorée et honnie, celle des années 80 où tout semblait possible, que ce soit dans la ridicule comme dans le sublime, auquel le film répond par sa mise en scène et son jeu d’acteurs. En filigrane il m’a surtout rappelé Man on the moon, sur le comique américain Andy Kaufman qui s’amusait aussi à faire croire et son inverse et avait transformé le canular en jeu proprement génial. Ce I love you Philipp Morris n’a pas la même force et la même complexité. C’est un premier film, parfois un peu lourd dans ses effets, mais le ton enlevé emporte l’adhésion.  BR Fr

Evil dead (Fede Alvarez, 2013) :  ***

L’original est devenu un classique de l’horreur et a fait de Bruce Campbell une figure icônique. Cette relecture de 2013 reprend la trame du film de 1981, tout en proposant des variations qui en relancent l’interêt : il n’y  pas plus de Ash, donc de figure masculine forte, mais une héroïne. Il n’est plus question d’une ballade romantique en fôret mais d’une cure de désintox. Malgré ces variations minimes mais importantes au regard de la progression horrifique du film, le film dAvarez reprend certains plans d’anthologie, dont celui du « We gonna get you », la tronçonneuse, ou encore le plan inaugural dans la descente aux enfers de la découvert du livre des mort. Techniquement le film multiplie les plans ardus, tournoyants, avec beaucoup plus de moyens que le premier mais avec un sens aiguisé aussi de l’économie de scènes, pour aller très vite à l’essentiel. Si les personnages sont unidimensionnels, l’intérêt est ailleurs : dans l’explosion de la violence qui culmine lors du final. Je m’attendais à un déluge gore et le film n’en est pas avare, mais pas autant que j’ai pu le lire. Une relecture qui tient vraiment plus que la route et qui s’inscrit dans les meilleurs remakes.  BR US

Le punk/rock fait par des femmes

Le punk/rock fait par des femmes dans Etats-Unis Riot-Grrl-008

Je ne prétends pas avoir une connaissance encyclopédique du sujet, aussi ne me risquerai-je pas à l’exhaustivité, et je ferai des oublis c’est certain. Néanmoins, pour autant que je puisse et doive faire preuve de modestie devant le sujet, je dois dire que celui-ci m’a toujours intéressé, en tout cas depuis grosso modo 1995. Je n’ai jamais pu mettre de posters dans ma chambre, mais nul doute que si j’avais pu, j’aurais adoré avoir le beau visage de Joan Jett à regarder tous les jours. Cela correspond à des écoutes adolescentes qui ont profondément marqué cette période de ma vie mais aussi la musique alternative et rock en général. Même si certaines artistes que je vais citer ne relèvent pas forcément du son et de la catégorie rock/punk pur, c’est aussi au regard de l’attitude (scénique, en interview) qu’elles appartiennent je crois au punk/rock et à l’identité qui en découle.

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The Runaways

tumblr_liucq8DTY71qbgvpzo1_1280Joan Jett

Jusqu’à la fin des années 60, puis milieu des années 70, le rock était essentiellement une question d’hommes. Même si Janis Joplin a posé les bases du rock féminin à venir.

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Janis Joplin

Nombreux étaient les groupes à imposer leur patte, leur identité visuelle et musicale, si bien que voir arriver les Runaways à cette époque bouleversa la donne. Le groupe féminin qui est né en Californie, a permis à tout un pan de la musique alternative de justifier la présence de femmes non pas seulement en qualité de musiciennes, mais aussi porte-paroles, faisant des femmes, le cœur et le motif principal de cette musique, à la fois revendicative et en recherche de liberté artistique. Même si cela devait passer par la promotion (la chose la plus commerciale qui soit), et la production par une maison de disque (difficile de s’auto-produire, même si cela devint possible par la suite, avec la création de labels individuels et collectifs).

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Wasted

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California Paradise

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Hollywood

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Cherry Bomb

Les Runaways et Joan Jett leadeuse charismatique (que j’ai toujours trouvé terriblement sexy) de ce groupe féminin phare du rock 70′s ont eu droit à leurs hagiographies et aussi à un long-métrage (l’un de mes préférés de 2010), dans lequel Kristin Stewart échappée des romances néo-fantastiques et vampiriques de Twilight, jouait Joan Jett aux côtés d’Amanda Seyfried (vue dans Mamma Mia ! , une de mes comédies préférées des années 2000 avec Le Diable s’habille en Prada, puis Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwick qui avait réalisé Thirteen plus tôt). The Runaways eût son succès, puis Joan Jett entama une carrière solo dont on sait aujourd’hui que l’un des titres phares est I love rock’n'roll.

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I love rock’n'roll

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Do you wanna touch me

Il fallait être gonflée en 1976 pour interpréter du haut de ses 15 ans un titre comme Cherry Bomb, en parlant du fait d’être une gamine instable dont le souhait est de jouer fort et vite. Avec ses talons hauts compensés, ses bas résilles et son rouge à lèvres pimpant Cherrie Curie imposait un style qui allait influencer toute une génération.

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riot-grrrlBikini Kill

A la fin des années 80 naquit en réaction aux groupes de rock masculins FM, mais aussi en héritage des années 70, le Riot grrrl, symbolisé par les groupes L7, Babes in Toyland ou Bikini Kill.

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Nina Hagen

Avant elle, Nina Hagen avait beaucoup fait parler d’elle en Allemagne, en se livrant notamment à une version mémorable de My way

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My way

Avec leurs guitares, leurs basses, leurs batteries et leurs paroles sans équivoque, le mouvement émergea puis conforta une position musicale inspirée, et influença un des courants féministes de la fin des années 80 début des années 90. Il est amusant d’entendre aujourd’hui des femmes se prétendre du féminisme, comme si à les écouter il n’y avait qu’un féminisme en citant Isabelle Alonso (qui pense parler au nom de toutes les femmes avec son discours récurrent sur le patriarcat et les femmes forcément victimes des hommes), Osez le féminisme !, ou l’association du Nid, Les chiennes de garde, alors qu’à mes yeux il existe des féminismes et non pas un seul féminisme, les femmes étant différentes et ayant le droit de choisir, de s’orienter, vers celui avec lequel elles se sentent le plus en phase et non pas le seul dicté par les puissances gouvernantes et/ou les décisionnaires.

On peut être une femme et adorer les hommes, heureusement. Et être un homme qui ne supporte pas les propos machistes/sexiste d’autres hommes. Le mouvement riot grrrl aura une influence majeure sur les courants féministes français issus de la culture alternative, dans lesquels la place de la femme est importante mais celle de l’homme aussi, en opposition à certains autres courants féministes qui considèrent toujours l’homme comme un ennemi castrateur. Les écrivains auront aussi leur rôle à jouer, dont Virginie Despentes en France, auteure du remarquable documentaire Mutantes auquel on peut associer Too Much Pussy

Je crois que j’ai entendu Andres la première fois fin 1994, début 1995, en même temps que Four Non Blondes. Gros choc. La puissance du riff électrique, la batterie martelant sa puissante dynamique et surtout le charisme de Donita Sparks ont emporté mon adhésion.

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Andres

A l’époque sur les plateaux télé des émissions de variété telle que Live on the word (une émission britannique durant laquelle Donita montra ses poils pubiens, puisque à l’époque les filles en avaient), on pouvait entendre L7 interpréter ce titre (et sans playback). En 1992, elles ont fait bouger tout ce petit monde sur leur titre Pretend we’re dead

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Pretend we’re dead

Mine de rien, ce groupe libérait une parole et certainement aussi une frustration pour certaines adolescentes qui trouvaient  une réponse à leurs questions : Fais-toi même de la musique, et amuse-toi ! Ce sont Hungry for Stink et Bricks are Heavy qui sont les deux albums les plus connus du groupe.


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Bricks are heavy

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Hungry for stink

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Le choc émotionnel, je le ressentis aussi en 1995 lorsque je découvrais un autre groupe devenu culte avec les années, porté par Courtney Love, avec son Live Through This, et sa pochette immortalisant les larmes de joie d’une Miss qui vient de gagner un concours. La jeune fille de la pochette est devenue ensuite modèle de photo. Sur la photo elle avait 14 ans.

Live_through_thisLive through This (1994)

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La suite de la photo de Live through This

L’album

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courtney-love-bannerCourtney Love

Le mascara dégoulinant, les paroles et la guitare bien tranchantes, Courtney Love apparaissait comme une poupée blonde aux fringues chiffonnées et à la langue bien pendue, n’hésitant pas à fermer le clapet aux personnes qui la détestaient. C’est aussi à ce moment là que mon intérêt pour les batteuses s’éveilla en découvrant Patty Schemel. Il faut aussi réécouter le disque précédent de Hole, intitulé Pretty on the inside. Le son d’une époque et d’un courant y est en filigrane : à la fois grave et rêche, brutal et poétique, introduit par des paroles comme When I was a teenage whore. Pour l’anecdote, les deux albums, Pretty on the inside et Live through this ont exactement la même durée : 38 min 28′s.

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Pretty on the inside

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Il se trouve qu’à la même période, portée par la vague rock féminin alternatif/indie, un groupe se fait aussi remarquer. Il vient de Chicago et compte deux filles. Il s’appelle Veruca Salt. Et j’ai adoré et adore toujours Seether extrait d’American Thighs sorti en 1994 . Elles sont même passées en 1994 à Nulle part ailleurs.

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Seether

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Number one Blind

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Seether à Nulle part ailleurs

Même si leur album est sorti avant celui de Hole et Veruca Salt, j’ai découvert The Breeders et The Last Splash seulement en 1995. La première chose qui m’ait attiré : la pochette. Une des plus belles de la musique des années 90 et de la musique tout court. Je ne sais pas qui l’a réalisé, mais ce visuel immédiatement imprimé dans la tête reste un de ceux qui donnent envie de créer quelque chose, artistiquement parlant. Les Breeders étaient aussi passés dans Nulle part ailleurs pour interpréter Cannonball, le single le plus connus de The Last Splash, mais curieusement la version qu’ils avaient interprété était très rapide. Bien plus que sur le disque. Le clip est devenu fameux.

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Cannonball

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Le tigre

 J’ai continué d’écouter des groupes musicaux féminins, entre la fin des années 90 et le milieu des années 2000, jusqu’à ce que mon intérêt soit relancé vers 2003 avec Le Tigre. Il s’avère que l’une des chanteuses n’est autre qu’une ex-membre d’un groupe très connu (dans le milieu alternatif des années 90), en l’occurrence Kathleen Hanna de Bikini Kill.

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TKO

Le son évolue, on est plus proche de la pop, moins dans l’énergie contestataire du début des années 90, mais les filles de Le Tigre ne se privent pas pour faire revenir des motifs auparavant associés à la masculinité et ici repris sur le compte de la féminité, une féminité différente, loin des clichés et de la caricature de la fille top modèle ou lisse. La moustache, les poils pubiens mais aussi les poils sous les bras reviennent non pas au premier plan mais sont assumés. Il y a bien des gens qui fantasment sur les aisselles non rasées, leur trouvant un côté sexy, laissant apparaître un fin filet de poils, fétichisme aussi appelé axilisme, pourquoi les en priver ?

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Le mouvement riot grrrl fait toujours des émules

La carrière de Melissa Auf Der Maur, surtout en solo portait aussi les fruits d’un héritage punk/rock et une personnalité attachante. Notamment par le biais de son album éponyme sorti en 2004. La musique reste une source importante pour assurer la promotion d’un courant en général, c’est le cas pour le riot grrrl comme pour d’autres mouvements féministes. Et j’ai aussi vu dans Bliss de Drew Barrymore une expression sincère, généreuse et amusante.

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peachesPeaches

Peaches fait aussi beaucoup parler d’elle, elle qui est absolument hétéroclite dans les genres musicaux travaillés, capable par exemple de sortir autant de vidéoclips que de singles pour son album le plus récent. La quarantenaire balaie les préjugés et distille un cocktail abrasif fait de provocations et de démarches artistiques sensées. Elle est capable de composer la chanson la plus brutale qui soit avec la ballade la plus romantique.

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Talk to me

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Boys wanna be her

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I feel cream

Quels sont les autres groupes qui m’ont interpellé, marqué, récemment, même si leurs albums ont presque dix ans ?

Lesbians on Ecstasy, Ping Pong Bitches, Chicks on Speed, Juliette and the licks (avec Juliette Lewis, actrice principale de Tueurs-Nés en 1994), Spinerette,  et surtout Amanda Palmer avec deux clips en particulier, dont un, c’est amusant, censuré pour son contenu sexuel, quand l’autre, plutôt orienté sur la violence visuelle ne l’a pas été même s’il y a un avertissement. J’aime beaucoup Youtube, mais le côté censeur sur certaines vidéos a ce quelque chose d’agaçant. Cela dit ce clip de Do it with a rockstar  en version intégrale sur viméo. J’ai d’ailleurs l’impression que la plupart des vidéos aujourd’hui non censurées, en version intégrale se trouvent sur viméo.

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The killing type

Do it with a rockstar

 Lesbians on Ecstasy

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Revolt

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Manipulation

 

Ping Pong Bitches

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Roc ya body

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The beast

Juliette and the licks

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Sticky Honey

 Spinerette

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Baptized by fire

 

Plaisir des découvertes

Plaisir des découvertes dans Canada click

Une de mes choses préférées est de découvrir un artiste solo, un groupe par le biais du hasard, ou alors par l’effet domino.  Je passe pas mal de temps à rechercher des vidéos sur Youtube, et parviens dans la plupart des cas à trouver mon bonheur. Il arrive néanmoins que je ne parvienne pas à trouver la mélodie qui me permettrait de découvrir un autre univers. Pour cela, les blogs musicaux, amateurs ou professionnels (mais j’ai une sympathie particulière pour les amateurs souvent animés par la seule passion) qui sont légion sur la toile, demeurent une parmi les sources de trouvailles, des endroits qu’il faut protéger parce qu’ils arrivent à parler d’un intérêt particulier (on parle toujours mieux de ce que l’on aime) visant ensuite une forme d’universalité (la musique ne connaît pas de frontières autres que celles géographiques liées intrinsèquement à chaque artiste). A ce propos, et c’est cela qui est formidable, bien qu’étant un groupe nord-américain (new-yorkais pour être précis) Savoir Adore est par exemple écouté et aimé au Brésil, en Macédoine, en Colombie, Argentine, Maroc ou en Italie.

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Savoir Adore

Aussi après avoir découvert et écouté avec un certain plaisir deux singles qui ont l’air d’avoir un succès important au Québec et en Amérique du Nord mais pas chez nous en France, de fil en aiguille je suis tombé sur d’autres chansons, liées parfois à un autre courant musical, pas exactement son inverse mais d’une tonalité très différente. Ces deux singles ce sont ceux de Savoir Adore (un million de vues sur Youtube, ce n’est certes pas Gangnam Style, mais c’est déjà énorme) et de French Horn Rebellion. J’ai immédiatement pensé à Les vacances de 87, et pour cause : le chanteur de French Horn Rebellion n’est autre que l’interprète masculin du duo de ce même titre. C’est toujours marrant de revoir dans un autre clip, un artiste qui a fait une collaboration avec un autre groupe que le sien, ici dans un autre contexte et avoir son propre son. Et c’est réussi.

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Savoir Adore

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Dreamers

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Loveliest Creature

French Horn Rebellion

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Johnny Smash

Savoir Adore a d’ailleurs sorti un single il y a dix jours, intitulé Regalia

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Regalia

Quel est le cheminement qui suit pour découvrir d’autres artistes que l’on ne connaissait ni d’Eve ni D’Adam ? En écoutant Savoir Adore, et French Horn Rebellion, cela m’a amené suite à un commentaire posté sur Youtube à Jacuzzi Boys par leschicsclips.blogspot.fr, blog entièrement consacré aux clips comme son nom l’indique. Une chouette découverte, qui en cliquant sur la vidéo de Jacuzzi Boys me fait penser à Orange Mécanique de Stanley Kubrick un des films cultes des années 70, censuré en Angleterre (alors que Kubrick ait craint le pire vu les réactions engendrées par son film), devenu culte avec les années, notamment pour sa description ultra picturale de la violence, son utilisation de la musique de Beethoven et ses images gravées dans les mémoires. Il faut quand même se rappeler qu’en 1971, les spectateurs ont eu droit à Orange Mécanique et Les Chiens de Paille au cinéma, et à l’Histoire de Melody Nelson en musique. Rien que ça !

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Malcolm McDowell dans Orange Mécanique de Stanley Kubrick (1971)

Ici, ce sont quatre filles qui piquent la voiture d’un vieil homme, l’assaillent, le frappent avant de lui offrir une danse mi-sexuelle mi-sauvage qui provoquera son adhésion à ce qui être de prime abord un acte gratuit. Le syndrome de Stockholm résumé en 3 minutes. Typiquement le genre de clip qui pourrait faire polémique, mais comme la sauce n’est pas encore montée, espérons que ce ne soit pas le cas.

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Jacuzzi Boys

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Double vision

Ce Jacuzzi Boys m’a mené vers La Sera, un groupe féminin dont le son m’a rappelé ce qu’aurait pu donner le mariage et la naissance de l’enfant de The Breeders et The Pixies. La chanson de Devils Hearts grow old m’a beaucoup rappelé la ligne mélodique (basse et guitare) de Where is my mind?  des Pixies.  Un son de guitare comme je les aime, et beaucoup de charme punk, mâtiné de féminisme.

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Break My heart

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Please be my third eye

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Dum Dum Girls

Ce son m’a inévitablement fait penser à un autre groupe, Dum Dum Girls, découvert en 2011 par le biais d’un ami et bloggeur très actif, fou de cinéma et de musique, Profondo qui en parlait comme d’un groupe libératoire. Et pop malgré ses allures et un son plus rock.

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Bedroom Eyes

Voilà comment de fil en aiguille, on finit par faire de belles découvertes. Les faits voulant que les groupes ici mentionnés soient majoritairement nord-américains (Canada, Etats-Unis) mais que leur musique soit écoutable dans le monde entier.

 

 

 

 

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