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Films vus (Mai 2013)

Films vus en Mai

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

The Hike (2011) de Rupert Bryan

Films vus (Mai 2013) dans Films vus (Mai 2013) poster_01

 

Films vus

 

The Hike (Rupert Bryan, 2011) :  *****

Le  genre du survival semble usé jusqu’à la corde et pourtant il nous arrive d’être encore surpris par ce genre de bobine (premier film qui plus est) venue de nulle part ou presque (du Royaume-Uni en réalité) qui agrippe le spectateur sans crier garde (la séquence d’ouverture à couper le souffle) et ne démord pas ensuite de son objectif : faire peur avec trois fois rien, tout en évitant les sempiternelles histoires de fantômes ou de revenants, pour aller dans l’horreur sèche : celle du quotidien ici malmené dès que les héroïnes de l’histoire arrivent en forêt. La forêt qui est un lieu culte et référentiel du film d’horreur : depuis Evil Dead jusqu’à nos jours, c’est un théâtre rêvé pour les sorties horrifiques nocturnes. The Hike part de pas grand chose, avec un groupe de cinq filles façon The Descent et se retrouve après une demi-heure de présentation dans le vif du sujet façon Détour Mortel. L’intérêt de l’histoire vient de son premier changement de ton et son premier coup de théâtre qui arrive alors même que l’on pensait que le(s) tueur(s) de l’histoire pouvai(en)t être tout autre(s). La photographie (travail sur caméra HD Red au rendu splendide de jour comme de nuit), l’utilisation du format Scope, et bien sûr, l’implication des acteurs qui font de ce film d’horreur un film très premier degré rappellent ce que Morituris aurait pu être s’il n’avait versé dans la complaisance et la surenchère ce à quoi The Hike répond par la montée de l’angoisse et la gestion de la terreur par petites touches. Surtout, le film va au bout de son idée, peut-être même plus que The Descent qui s’achevait sur une fin ouverte, et c’est une de ses grandes forces. Quelque part, il s’agit ici du petit frère de The Woman. Même énergie, même capacité à faire monter la tension et mêmes critiques acerbes voire virulentes contre lui (avec la critique de la misogynie voire même du sexisme, entre autres, petit florilège ici). Radical et prenant. Et ravi une fois de plus que ce soit Emylia qui l’ait distribué (Evil Angel, The Woman, Little Deaths précédemment). BR Fr

 

Dylan Dog (Kevin Munroe, 2010)  :  **

Si vous vous demandiez ce que faisait Brandon Routh depuis l’excellent (à mon sens) Superman Returns, Dylan Dog est l’une des réponses. Le jeune acteur incarne ici un inspecteur privé très particulier qui oeuvre pour éviter une guerre des monstres entre lycanthropes et bêtes coriaces de trois mètres de haut. Le film ne se prend vraisemblablement pas au sérieux (sauf dans son dernier tiers) et l’humour du film est assez agréable. Le décor de fond est lui aussi assez original, puisque le film se déroule intégralement à la Nouvelle-Orléans, dans le Bayou et de nuit. Ce qui semble logique vu le sujet. J’ai toutefois quelques réserves : une deuxième partie moins habile et plus bavarde, un côté « films de potes » qui a ses limites, notamment par rapport au personnage de Gabriel qui devient trop envahissant et peu de surprises sur la fin. Mais c’est assez divertissant. BR fr

 

Le quatrième pouvoir (Dennis Gansel, 2012)  :  *

J’adore ce qu’a fait Gensel avec son histoire de vampires femmes dans Nous sommes la nuit. Mais beaucoup moins ce qu’il a fait du film d’espionnage (l’ombre de Les hommes du président et de Les trois jours du condor planent sur le film) politique qui dans sa première partie, grosso modo sa première demi-heure frôle le médiocre. Heureusement, il se rattrape dans sa deuxième partie, plus nerveuse. La caricature de la presse muselée, le jeu des acteurs pas forcément au diapason (le rôle du journaliste n’est pas franchement campé avec conviction, dommage parce que Kasia Smutniak vue aussi dans Room in Rome s’en sort bien) ne sont pas épargnés, même si le fond du film possède une certaine force, malgré tout assez mal exploitée (pas mal de longueurs et des effets pas toujours heureux, notamment dans la façon de filmer les scènes d’action ou le ralenti). Je suis déçu, parce que j’en attendais bien plus, mais ce faux pas du réalisateur allemand ne remet pas en cause la générosité de son précédent film qui est absolument à (re)découvrir. Ni même l’insolence de son Girls and Sex BR fr

 

Pour elle (Fred Cavayé, 2008 ) :  **

Dans ce film de Fred Cavayé, Vincent Lindon (impeccable et ultra minéral dans son jeu) incarne un prof de français confronté à l’accusation de meurtre que sa femme aurait commis sur sa chef. Le film s’échine à montrer comment un homme peut tout mettre en place (y compris l’évasion d’une prison) pour la sauver. La réalisation est très nerveuse et le film ne contient quasiment aucun temps mort. Il est entièrement porté par son duo d’acteurs. Diane Kruger joue d’abord un second rôle, celui de la mère de famille, emprisonnée durant une bonne partie du long-métrage en prison et qui ne verra son fils que par le biais des visites écourtées. Le reste du temps est concentré sur l’énergie que son mari déploie pour la sortir de cet enfer (quoi de pire que d’être accusé et condamné pour ce que l’on a pas fait ?). Si je regrette une photo hyper froide (choix artistique), et une ambiance qui l’est parfois tout autant, le film se révèle entièrement dans la fin de sa deuxième partie. Dire qu’il n’est même pas sorti en France chez Wild Side Video qui l’avait pourtant distribué en DVD. Un des mystères de la HD, car le couple d’acteurs est loin de ne pas être connu. Le blu-ray est en revanche sorti en Allemagne. BR Allemand

 

The Roommate (Christian Christensen, 2010)  :  *

Un film prévisible de bout en bout, dont on devine l’issue dès les premières minutes, il n’y a à ce titre aucun suspens, mais c’est un portrait parfois pas mal fichu sur cette obsession que peut avoir une personne envers une autre en virant au mimétisme et au crime passionnel. La question du transfert (Rebecca s’idéalisant en Sarah dès le début) est ici traitée parfois avec de grosses ficelles, et il n’y a absolument aucune scène qui soit originale, mais ce n’est pas non plus un mauvais film. BR allemand.

 

One Day (Lone Sherfig, 2011) :  O

Qu’est-il arrivé à la réalisatrice du splendide Une éducation ? Et bien elle a tourné ce One Day qui est probablement la comédie romantique la plus indigente que j’ai vue ces derniers mois/années, et c’est d’autant plus pénible à l’écrire, que je suis un fan des comédies romantiques (j’adore Love Actually, entre autres). Mais là, au bout de vingt minutes, j’ai eu l’impression que ça ne se terminerait jamais, d’autant que la réalisatrice a choisi un rôle principal masculin absolument insupportable, rendant son jeu et le film insupportable par la même occasion. Les poncifs sont là, les clichés aussi (le couple dévoyé, la femme qui trompe son mari, la différence générationnelle qui fait que le père se met en tête de ne rien lâcher à son fils, l’errance dans la drogue du présentateur télé beau gosse qui couche avec toutes les premières venues). Trop, c’est trop, et le film, qui aurait pu me faire fondre (en larmes et/ou d’émotion) m’a au contraire passablement énervé avec sa couleur frelatée, ses coupes, ses voitures et sa musique d’époque (François Feldman se retrouve sur la bande-son, très années 80).Vraiment une grosse déception. BR benelux

 

Sans identité (Jumae Collet Sera, 2012) :  **

Liam Neeson (à son aise et charismatique comme d’habitude) joue ici un homme dont le passé semble s’effacer aussi vite que son  identité après un accident de voiture. S’il n’atteint pas la puissance d’un Taken 1 ou 2, ce film mis en scène par l’espagnol Collet-Sera joue à fond la carte de l’invraisemblance et de la pluie de rebondissements qui permettent de maintenir l’action jusqu’au bout. On se fiche des révélations sur le pourquoi de l’histoire, même s’il est assez amusant de retrouver l’acteur principal du film La Chute, celui de The Box (le vieil homme mystérieux), ainsi que Diane Kruger dans un rôle de réfugiée clandestine. D’ailleurs le film se passe intégralement à Berlin, décor peu commun du genre blockbuster, avec certaines de ses arcanes, notamment son côté un peu underground.  Efficace en somme. BR Fr

 

Un plan parfait (Pascal Chaumeil, 2012)  :  ****

J’avais détesté L’arnacoeur, comédie que je trouvais trop bling-bling, sans véritable enjeu, bref la comédie française comme je peux l’exécrer. C’est exactement l’inverse avec Un plan parfait. L’idée d’associer Diane Kruger et Danyboon est une excellente idée, parce qu’elle se base sur des complémentarités. La spontanéité de l’une devant le pataud attendrissant de l’autre. En l’état, le rythme échevelé de cette comédie sur les superstitions (une jeune femme ne veut pas rater son premier mariage comme d’autres avant elle dans sa famille, prend l’avion pour Copenhague et se retrouve avec un homme gauche mais attachant au final, qui va lui réserver plus d’une surprise). La mayonnaise prend immédiatement et l’on sent une réelle complicité entre les deux acteurs. Les scènes comiques se suivent, et celle de la fausse call-girl à une soirée de prestige en Russie vaut à elle seule le visionnage. Mais il y a plus cela : il y a aussi en filigrane, cette question rampante, obsédante même de l’amour détourné, celui-là qui fait qu’une personne aimée est déjà avec quelqu’un et en manipule à sa manière une autre. Le con dans l’histoire devient au final le héros, romantique, sincère jusqu’au vertige…de l’amour. C’est cela que montre cette comédie dans l’air du temps, où une jeune femme finalement se plaît davantage dans la surprise, l’inattendu, plutôt que dans la linéarité d’un mariage tracé d’avance, avec les mêmes plats, les mêmes désirs et les mêmes sorties. Le duo d’acteur porte totalement le film sur ses épaules. Diane Kruger, belle, intelligente, versatile, confirme tout le bien que je pensais déjà d’elle (quand les détracteurs ne voyaient en elle qu’une potiche). C’est une actrice formidable et apparemment très simple dans la vie (très intéressant making-of). Elle me fait un peu penser à Florrie. Une comédie très charmante, une vraie bonne surprise. BR fr.

 

Rio (Carlos Saldanha, 2011) :  ***

La formidable séquence d’ouverture donne immédiatement le ton : la réalisation, certes intégralement réalisée par ordinateur, permet une chorégraphie sans entrave et ça va très vite. Un peu trop même. Les vingt premières minutes m’ont rappelé au meilleur de Toy Story, à savoir raconter une histoire avec des personnages forts et un tonalité émouvante : ici un oiseau qui ne sait pas voler et une libraire du Minnesota qui s’est prise très tôt d’affection pour lui. Je regrette juste que l’humour s’invite parfois dans de trop longues tirades, car visuellement c’est très beau et techniquement très abouti. Un très agréable film d’animation. BR Fr.

 

Cheerful weather for the wedding (Donald Rice, 2012):   **

Je n’ai pris et vu ce film que pour une seule raison : Felicity Jones. L’actrice britannique est un coup de coeur depuis Oh My God ! et est en passe de devenir un de ces jeunes pousses que j’affectionne, tout comme Gemma Arterton. Le film se déroule en 1932 dans la bourgeoise anglaise du Devon, et l’on suit les ultimes préparatifs du mariage de Dolly, entourée de ses proches. Le film est charmant, porté par ses interprètes et par un humour dont seul les anglais ont le secret. Ce n’est pas aussi fort que Tamara Drewe ou Albatross mais le film jouit néanmoins d’un travail de direction artistique remarquable. Felicity, je vous suivrai, c’est sûr !   BR anglais

124 heures (Danny Boyle, 2010) :   *

Le sujet est plus intéressant que le traitement par l’image qui en est fait. Ce fait divers réel, qui est arrivé au Colorado (un homme s’est retrouvé seul coincé dans un canyon) montre les limites du dispositif de mise en scène de Boyle qui use et abuse des effets de montage, faisant de son film une publicité pour les accélérés et ralentis d’image dans un contexte dramatique, mettant ainsi toute émotion de côté à ce moment-là. C’est dommage, car James Franco, tout seul, le bras coincé par un rocher, qui sort sa caméra Sony (beau placement produit) est charismatique et toujours aussi sexy. Je préfère l’énergie bouillonnante et le montage au corps à corps justifié de Slumdog Millionaire pour le coup. TV.

 

The Story Of Joanna (Gerard Damiano, 1975)  :  ***

Le réalisateur Gerard Damiano s’attaque ici à la figure du Pygmalion qui vire ici au sadomasochisme. L’interprétation, la photo, la direction artistique de haute qualité rappellent que le cinéma porno des années 70, réalisé majoritairement avec de la pellicule argentique avait par moments rien à envier au cinéma traditionnel. Le film, s’il est moins fort et définitif à mes yeux que ne l’est le chef-d’oeuvre de Radley metzger, The Opening of Misty Beethoven, est toutefois très bon, même si la trame le rapproche effectivement du film de Metzger, et intrinsèquement de My Fair Lady de Cukor (que je n’ai jamais aimé). Et au milieu des années 70, il était encore rare de voir une scène de sexe non simulée entre deux hommes dans une production hétéro. Casey Donovan lui déclenchera un mini-scandale avec la scène de strapon, un an plus tard dans The Opening of Misty Beethoven. Internet

 

Faites le mur ! (Banksy, 2010) :  ****

Un documentaire d’une richesse vertigineuse sur la place de l’artiste dans le quotidien, en prenant comme fil conducteur l’histoire proprement incroyable de Banksy, artiste ayant favorisé la popularité de l’art de rue (street art), dissimilant son visage et son identité depuis des années, ici au coeur du film. Le documentaire s’ouvre sur le portrait de Thierry Guetta, un homme vivant  à Los Angeles depuis l’âge de 15 ans dont l’obsession première est de filmer chaque minute de sa vie, croquant les portraits de ses proches et de lui-même à tout moment, accumulant des milliers d’heures enregistrées sur cassette. On croise ensuite des artistes de l’art de rue, voguant entre la légalité et l’illégalité d’un art qui sort des musées pour se retrouver dans la rue, sur les murs. Dès lors Guetta et Banksy se rencontrent et l’artiste anglais de convier sa vision de l’art au moment où l’art de rue s’invite sur les marchés aux enchères, le gratin hollywoodien commençant à s’arracher ses toiles et ses pièces de graf’. Ou comment l’art du graffiti jeté à l’opprobre devient si tendance qu’il intéresse celles et ceux qui le rejetaient violemment. Un documentaire qui a des airs de cinéma : personnages attachants, scénario inventif, mise en lumière des contradictions d’une époque, fresque intimiste et grandiose sur l’humain, portraits d’artistes sans cesse sur le fil du rasoir, puis promus génies contemporains. Sociologiquement, philosophiquement, artistiquement, un des meilleurs documentaires de ces dernières années avec le formidable Rize de la Chapelle pour qui aime le street art ou pas. Banksy qui a signé la pochette de Blur Think Tank plonge aussi dans ce vertige créatif : il rappelle par sa mise en scène, les canulars d’Andy Kaufman, tout comme Marcel Duchamp ou encore Warhol. Youtube.

 

Prostitution (Jean-François Davy, 1976) : ***

Réalisateur de films pornographiques dans les années 70 et de deux documentaires focalisés sur l’actrice Sylvia Bourdon avec Exhibition, Davy filme ici, quasi exclusivement sous la forme d’interviews qui n’incluent jamais de champ contre champ le quotidien de prostituées féminines d’âges et d’origines sociales différentes. Davy a manifestement gagné la confiance de ces femmes qui parlent à la fois crûment et pudeur de leur métier, de leurs espoirs, de leurs mauvais plans, certaines vivant bien leur profession, d’autres beaucoup moins. On assiste aux premières assises des prostituées qui se terminent en foire d’empoigne. On s’intéresse, on écoute, on entend des témoignages qui n’hésitent jamais à dévoiler les coulisses du métier, et le documentaire s’autorise aussi les touches d’humour comme lorsque Eva (la principale interviewée, et une ancienne actrice de porno, Claude Janna) se rend dans la petite usine de machines à coudre avec les employées qui se livrent sur le métier et ce qu’elles en pensent. Le rôle d’Eva est d’ailleurs étonnant : elle était véritablement actrice au milieu des années 70 et a été probablement prostituée (dans quelle mesure est-ce mis en scène ?) au tout début de la décennie. La note finale est optimiste et emmenée par Grisélidis Réal qui avec le panache, l’humour, la petite folie contagieuse et surtout terriblement humaine qui la caractérisaient y va de son petit refrain libertaire. Youtube

Le cinéma d’Eric Rohmer

Le cinéma d'Eric Rohmer dans Cinéma affiche-conte-d-ete

J’ai découvert le cinéma d’Eric Rohmer une première fois en 2006 avec un de ses films les plus connus, en tout cas un de ses plus célébrés, Ma nuit chez Maud sorti en 1969. Tourné en noir et blanc avec  Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian qui interprètent les rôles principaux, il s’agit d’un de mes films français préférés avec La règle du jeu de Jean Renoir et Vivre sa vie de Jean-Luc Godard.

RulesChristineOctaveGeneraa%255B1%255D dans CinémaJean Renoir, second à partir de la gauche, dans La Règle du Jeu (1936)

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Anna Karina dans Vivre sa vie (1962) de Jean-Luc Godard

 Ma Nuit chez Maud convoque le philosophe Pascal, la religion, et le thème universel de l’amour en un époustouflant croisement de destins personnels. Je n’ai découvert la suite de sa filmographie que trois ans plus tard, non pas par hasard, mais en allant rechercher quelques infos sur le net et découvrant ainsi des titres qui me donnaient tout simplement envie d’en connaître plus après la première rencontre très forte de son univers.

ma-nuit-chez-maudMa nuit chez maud (1969)

La première chose à faire, c’est peut-être celle de désacraliser l’idée d’un cinéma inaccessible au commun des mortels, trop verbeux, voire sombrant dans le verbiage dès les premiers dialogues. Ce n’est pas du tout le cas, et si Ma nuit chez Maud est peut-être (sans doute ?), le plus philosophique de ses films, il n’est pas pour autant dur d’accès, et ce sans même avoir lu une ligne d’un texte de Pascal. Le cinéaste français est souvent dans ses films allé à l’essentiel, celle de la rencontre, celle de la fameuse maxime Hitchcockienne qui consiste à dire qu’un garçon rencontre une fille (boy meets girl). Sur cette thématique principale, le cinéaste au long d’une carrière d’une cohérence absolue, a vogué entre le marivaudage (Marivaux n’est jamais très loin), la candeur de ses jeunes interprètes, la tentation de l’adultère (rarement consommée à l’écran car les personnages sont tentés par l’adultère mais reviennent souvent leurs décisions et leurs amours premières), le triangle amoureux, les rencontres fortuites en apparence qui révèlent pourtant des personnalités et changent le cours de la vie.

Marivaux une des influences de Rohmer

Rohmer a comme Balzac, dans une moindre mesure, dépeint la Comédie humaine qui fait du genre humain, à la fois quelque chose de fascinant et de fondamentalement complexe. Les exégèses sont trop nombreuses sur ce cinéaste pour que je m’y risque, ce n’est pas mon intention première. Son cinéma a néanmoins au cours de sa longue et riche carrière posé les bases de La Nouvelle Vague à laquelle il a appartenu (comme Truffaut, Godard et Rivette), en inventant son langage formel et cinématographique à lui, littéraire par bien des aspects, mais jamais hermétique, pédant ou sophistiqué pour le seul plaisir de l’être et de l’être pour une seule élite. Je reste convaincu que le cinéma de Rohmer est accessible au plus grand nombre. Du cinéma populaire même si au premier abord on pourrait être amené à penser le contraire.

gerard-depardieu-dans-les-valseusesLe duo terrible Depardieu-Dewaere dans Les Valseuses (1974).

Ce qui me séduisit puis me frappa dans Ma nuit chez Maud, c’est la direction d’acteurs au millimètre, et la diction qu’il fait prendre à ses comédiens. Je ne connais que très peu d’autres exemples de cinéastes dont l’univers au niveau des dialogues est reconnaissable immédiatement à la façon qu’ont les acteurs de se mouvoir dans le cadre (son cinéma est un cinéma du mouvement, de la parole mais aussi des voyages, que ce soit en Bretagne comme sur Paris et sa couronne ou sa banlieue, à l’image de Cergy) et de dialoguer. Des dialogues ciselés, riches, qui font monter la sauce Rohmérienne. Parfois de façon volontairement théâtrale, parfois de façon intime. Les films étaient très écrits, les comédiens s’appropriaient le texte. Il n’y a guère que chez Bernard Blier que je retrouve cela. Le métré, la rythmique, le phrasé, et bien sûr les interprètes qui sont symboliques de l’univers de l’un et l’autre. Depardieu, Dewaere, Carmet, Blier père chez Blier. Depardieu n’est jamais aussi bon que chez lui, jamais aussi volubile tout en ayant sa capacité à faire claquer, valser, danser les mots et les verbes. Pour moi le verbe Rohmérien danse, caresse, puis stupéfait par sa beauté. Blier lui me faire rire aussi pour d’autres raisons dont celle de l’insolence.

conte-d-eteAmanda Langlet aux côtés de Melvil Poulpaud dans Conté d’Eté (1995), le chef-d’oeuvre des années 90 d’Eric Rohmer

Après ce coup de foudre pour Ma nuit chez Maud, il y eût les errances de Gaspar dans le solaire, lumineux, enthousiasmant Conte d’Eté qui permet à Amanda Langlet d’avoir un de ses plus beaux rôles au cinéma (actrice qu’il retrouve des années plus tard avec Triple Agent). Il y a ces longues ballades sur la plage filmées en plans-séquences ou en longs-travellings. Il y a ces figures féminines que Rohmer se plaît à croquer avec la science du metteur en scène qui sait découvrir des talents précoces, et cette énergie de fin d’adolescence, début de l’âge adulte qui rappelle forcément quelques souvenirs adolescents qui nous sont propres : l’indécision éternelle de ce Gaspard (admirable Melvil Poulpaud jamais aussi beau que dans ce film) qui ne sait choisir entre deux filles, attiré vers l’une puis l’autre tout en continuant à jouer de la musique. Paroles et musiques se combinent et se fondent dans ce qui est sans doute le film le plus rafraîchissant de sa période années 90. Les atermoiements de Sophie Renoir dans L’ami de mon amie en 1987 m’ont tout autant séduit.

conte-d-ete-1996-tour-01-gEric Rohmer entouré de ses comédiens sur le tournage de Conte d’Eté (1995)

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Un livre sur le film Conte d’Eté

ami-de-mon-amie-87-tou-01-gUne image de tournage de L’ami de mon amie (1987)

18395963Sophie Renoir à gauche, une des deux principales comédiennes du film l’Ami de mon amie (1987)

Cergy ville nouvelle y est croquée par l’œil d’architecte du cinéaste. En une semaine, en 2009, au printemps, je dévorais quelques sept ou huit films, sans me lasser de cet univers. Rohmer avait réussi son pari : nous intéresser puis nous émouvoir quant aux histoires sentimentales de ces jeunes femmes de la vie parisienne mais pas que. Car Rohmer tourne en région, en Province, quitte la capitale et nous embarque en vue subjective dans les voitures, filme la campagne, les villages, tourne très vite entouré d’une petite équipe technique et d’assistants. C’est le cas par exemple avec L’arbre, le Maire et la Médiathèque, très bonne comédie avec Fabrice Luchini. Un Fabrice Luchini auquel Rohmer fut le premier à véritablement lui donner sa chance, lorsqu’en 1970 il tourne Le genou de Claire, un de ses films que l’on peut aisément recommander pour se familiariser avec le cinéaste. Il y incarne un jeune homme blond insaisissable qui joue dans une courte séquence. Mais le style, le verbe de l’acteur sont déjà là, prêts à éclore. Le cinéma de Rohmer lui permettra de les parfaire, de les rendre uniques. Il rendra célèbre les comédiens Pascal Greggory, Arielle Dombasle, Béatrice Romand, qui ont démarré chez lui.

 » Tout être vit dans l’incomplétude. Et c’est seulement l’amour qui lui permet de se réaliser pleinement « .

Eric Rohmer, Pauline à la plage (1983)

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Jean-Claude Brialy aux côtés du débutant Fabrice Luchini dans Le Genou de Claire (1971).

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Jusqu’à son dernier long-métrage Les amours d’Astrée et de Céladon adapté d’un des plus vieux et longs romans français (3400 pages) Rohmer ne cessera de filmer la jeunesse aventureuse, la jeunesse capricieuse, avec malice et attachement. La dernière séquence du film en porte la signature dans la désinvolture comme dans l’insouciance  insolente. On jurerait qu’un jeune metteur en scène de 30 ans a signé ce film alors qu’à l’époque il en a 86. Il n’y a guère que deux moments que je n’aime pas dans sa filmographie : La colllectionneuse en 1967, un film que je déteste pour ses interminables palabre et de goût étrange de pédanterie exacerbée qu’il me laisse, et dans une moindre mesure Les nuits de pleine lune que je trouve très moyen ainsi que Le Rayon Vert auquel je n’ai pas accroché. Il me reste à découvrir Triple Agent, La Marquise d’O, L’anglaise et le Duc, Perceval le Gallois. Il nous a quitté au début du mois de janvier 2010 à 89 ans, en laissant une empreinte indélébile dans le cinéma français et dans le cinéma tout court.

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18784858Le superbe testament de Rohmer, Les amours d’Astrée et de Céladon (2007).

 

Mes films préférés du cinéaste :

  1. Ma nuit chez Maud
  2. Le genou de Claire
  3. Conte d’Eté
  4. Les amours d’Astrée et de Céladon
  5. L’ami de mon amie
  6. Quatre aventures de Reinette et Mirabelle
  7. Les rendez-vous de Paris
  8. La femme de l’aviateur
  9. Le signe du Lion
  10. La Boulangère de Monceau
  11. Conte de Printemps
  12. Le beau mariage
  13. Pauline à la Plage
  14. Conte d’Automne
  15. Les nuits de la pleine lune
  16. Le Rayon vert
  17. La collectionneuse

Le cinéma indien fête ses 100 ans (5ème partie)

Le cinéma indien fête ses 100 ans (5ème partie) dans Inde donparty

2006 est une année contrastée en terme de thématiques dans le ciné hindi. Les grosses productions se bousculent au portillon, et si les cris révolutionnaires de Rang de Basanti (qui est un film que je déteste) trouvent un écho chez le jeune public urbain, la tendance est aussi à l’hommage à un cinéma fleuri des années 70 dont Don est la parfaite illustration. C’est alors une donne qui ne changera pas : Aamir Khan connaîtra un triomphe commercial année après année. L’industrie commence à mes yeux à connaître un léger déclin, même si la donne sera très nette à partir de 2009. C’est aussi l’année où Fanaa réussit un joli score au box-office, tandis que Dhoom 2 demeure le carton de l’année pour un film pourtant ô combien médiocre, Yash Raj produisant beaucoup, voire trop et surtout sans être trop regardant : le casting compte davantage que le scénario ou la mise en scène. Tendance qui ira grandissante dans les années à venir jusqu’à fin 2008 et le retour d’un cinéma plus traditionnel dans l’âme avec le merveilleux Rab Ne Bana Di Jodi.

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Aaj Ki Raat

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Des Rangila

A l’époque Sunidhi Chauhan est une chanteuse très en vue qui commence à participer à beaucoup de BOF, plus tard elle apparaîtra même dans un film sur deux.  Mais ma préférence ira à Shilpa Rao et Shreya Ghoshal. L’art du doublage d’actrice au chant est une industrie à elle-seule, et les compositeurs se succèdent les uns aux autres. Certains émergent ou demeurent des valeurs sûres, se distinguant par la qualité de leurs compositions (Jatin-Lalit, Salim-Suleiman en tête, Shankar Ehshaan Loy), d’autres font du basique, du banal voire se livrent à un pompage éhonté de certaines musiques orientales (Pritam).

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2006 c’est aussi une année spéciale, durant laquelle j’ai pu rencontrer, enfin voir, le terme est plus exact à Paris, au Virgin des Champs-Elysées en séance d’autographes les stars Shahrukh Kan, Preity Zinta et Rani Mukherjee. Je pensais naïvement que j’aurais largement le temps d’y aller en début d’après-midi. Sauf que je reçois un texto à 12H40, alors que je n’étais pas encore dans le train qui me dit que c’est noir de monde devant le Virgin et que ça va se jouer au coude-à-coude pour pouvoir se frayer un chemin. Le même jour Tom Cruise défile aussi à Paris avant de donner des interviews, mais la presse et les journaux du soir mettront en avant Shahrukh Khan qui crée sans doute plus l’évènement que l’américain. Du jamais vu ! A cette occasion l’acteur découvrira sa statue de cire installée au Musée Grévin.

Durant la même semaine le cinéma du Grand Rex a organisé des projections des films de Karan Johar. J’ai revu pour la troisième, parfois quatrième fois La famille Indienne, Kuch Kuch Hota Hai. Le même mois, avec des ami(e)s de Lille nous avons aussi fait des soirées cinéma indien, et un jour d’Août 2006 revenant des emplettes effectuées dans une boutique spécialisée de la grande ville du nord et après un excellent repas traditionnel, nous mettons le disque (qui venait de sortir chez Adlabs dans une copie resplendissante quasiment simultanément à sa sortie salles Inde) du film Krrish à 23H30, ce qui nous fit terminer la soirée vers 03H00, repus des rires et du cinéma surréaliste, ce moment autre, totalement décalé que vous venions de voir. Un beau souvenir.

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Shahrukh Khan à Paris au Grand Rex le 26 avril 2006 pour la projection de Veer-Zaara de Yash Chopra

avtprembw1dqYash Chopra, Rani Mukherjee, Preity Zinta, Shahrukh Khan et Pamela Chopra au Grand Rex le 26 avril 2006

Cette année-là comme le chanter Claude François, Karan Johar est revenu sur le devant de la scène avec son pensum Khabhi Alvida Na Kehna, partant dans un mélo sirupeux et moralisateur, saupoudré de séquences de danses très techniques. Mais la magie de son cinéma avait dès lors quasiment disparu après avoir flatté l’oeil et les sens dans ses réalisations précédentes, en particulier Kuch Kuch Hota Hai, miracle de premier film, et Kabhi Khushi Khabie Gham. Vishal Bardwaj sort l’un des deux seuls films que j’aime de lui pour le moment : Omkara, belle relecture de l’univers de Shakespeare, comme il l’avait fait avec Maqbool. Macbeth et Othello sont toujours adaptés à la sauce hindie. Mes coups de coeur de l’année iront à Zindaggi Rocks, complètement boudé par le public et rejeté par la critique. Pourtant c’est le meilleur rôle de Sushmita Sen (la prof de chimie dans Main Hoon Na) et Dor de Nagesh Kukunoor qui s’était déjà fait connaître avec Iqbal.

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Cannes 2013

Cannes 2013 dans Actualités Cannes-2013-Film-Festival-Poster

Comme chaque année au mois de mai depuis 1952 (auparavant depuis sa création en 1946 il se déroulait en septembre), le festival de Cannes accueillera les cinémas du monde entier pour des festivités dont la renommée n’est plus à démontrer. La sélection de la compétition officielle a été dévoilée il y a quelques jours. Le jury également, et c’est plus récent.

jury_cannes2013 dans Actualités

Le jury du 66ème festival de Cannes . De gauche à droite et de haut en bas : Steven Spielberg, Vidya Balan, Christopher Waltz, Lynne Ramsay, Cristian Mungiu, Naomi Kawase, Ang Lee, Nicole Kidman et Daniel Auteuil.

Pour entourer Steven Spielberg Président du jury de cette édition 2013, Nicole Kidman, Ang Lee, Christopher Waltz, Lynne Ramsay, Cristian Mungiu, Daniel Auteuil, Naomi Kawase, ou encore Vidya Balan devront départager les films et remettre leur Palme d’Or pour couronner le meilleur long-métrage de la compétition. C’est Thomas Vinterberg, remarqué en 1998 sous le jury de Scorsese qui lui avait attribué le Prix du Jury qui sera Président d’un Certain Regard, une compétition parallèle qui n’est pas du tout à sous-estimer. La semaine de la critique elle se réunira du 16 au 24 Mai.


Le jury du 66ème festival de Cannes a 11 jours pour rendre son verdict. Et ce dans ce qui est la Mecque du cinéma mondial, autrement dit, Cannes reste Cannes, le plus important festival de cinéma du monde.

En tout cas je suis certain que mon ami Eric, auteur du blog movie-musical-kings.blogspot.com doit être très content de la nomination de Vidya Balan, une des actrices du cinéma hindi les plus en vue et aujourd’hui les plus respectées pour ses choix de carrière.

La listes des films en compétition pour la Palme d’Or  (à laquelle il faut rajouter le nouveau film de Jim Jarmusch qui vient juste d’être sélectionné).

 

Film d’ouverture
Baz LUHRMANN THE GREAT GATSBY (H.C.)
(GATSBY LE MAGNIFIQUE)
2h22
***
Valeria BRUNI-TEDESCHI UN CHÂTEAU EN ITALIE 1h44
Ethan COEN, Joel COEN INSIDE LLEWYN DAVIS  1h45
Arnaud des PALLIÈRES MICHAEL KOHLHAAS 2h05
Arnaud DESPLECHIN JIMMY P. (PSYCHOTHERAPIE D’UN INDIEN DES PLAINES) 2h
Amat ESCALANTE HELI 1h45
Asghar FARHADI LE PASSÉ 2h10
James GRAY THE IMMIGRANT 2h
Mahamat-Saleh HAROUN GRIGRIS 1h40
JIA Zhangke TIAN ZHU DING
(A TOUCH OF SIN)
2h18
KORE-EDA Hirokazu SOSHITE CHICHI NI NARU
(LIKE FATHER, LIKE SON)
2h
Abdellatif KECHICHE LA VIE D’ADЀLE 3h07
Takashi MIIKE WARA NO TATE
(SHIELD OF STRAW)
 2h05
François OZON JEUNE & JOLIE 1h30
Alexander PAYNE NEBRASKA 1h50
Roman POLANSKI  LA VÉNUS À LA FOURRURE 1h30
Steven SODERBERGH BEHIND THE CANDELABRA
(MA VIE AVEC LIBERACE)
1h58
Paolo SORRENTINO LA GRANDE BELLEZZA
(THE GREAT BEAUTY)
2h30

Alex VAN WARMERDAM BORGMAN 1h58
Nicolas WINDING REFN ONLY GOD FORGIVES 1h30
***
Film de clôture
Jérôme SALLE ZULU (H.C.)

Films vus (Mars 2013)

 

Films vus en Mars

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

Au diable Staline, vive les mariés ( Horatiu Malaele, 2008)

Films vus (Mars 2013) dans Films vus (Mars 2013) 1984812235

 

Films vus

 

Au diable Staline, vive les mariés (Horatiu Malaele, 2008) :  ****

Pour son premier film, le réalisateur nous replonge au début des années 50, sous la domination de l’empire soviétique de Staline. Dans un petit village roumain deux amoureux sont sur le point de célébrer leur union. L’humour picaresque du début m’a rappelé un petit peu le cinéma de Kusturica, mais très vite le film prend ses distances avec le cinéaste serbe pour livrer sa propre fable sur fond de critique du totalitarisme. Les acteurs sont tous épatants, même si le premier quart d’heure est une farce à la grimace avec un côté un peu besogneux. Mais le film prend son envol à la trentième minute grâce à l’arrivée du burlesque. Le clin d’oeil à Chaplin est évident, le film prend de l’ampleur et se décline alors sur une narration avec deux moments forts : l’arrivée du cirque de nuit qui instaure une ambiance quasi fantastique, puis le banquet, séquence incroyable de plus d’un quart d’heure, entièrement muette et portée sur un cinéma du geste, du mime et du second degré. En apprenant le jour de leur noce que Staline est mort, toutes les festivités sont interdites. Comment alors célébrer l’amour ? Par l’absurde, l’humour et le tragique grâce à la puissance et à la poésie de la mise en scène. DVD fr.

 

The life and death of a porno gang (Mladen Djordjevic, 2010) :  **

Après avoir vu le film, on peut légitimement être déboussolé et se demander ce que l’on vient de voir. Une comédie à l’humour extrêmement noir ? Un road-movie allant dans la frange la plus extrême ? Une performance grandeur nature filmée en DV ? Sans doute tout cela à la fois et plus encore. Je dois dire que ce film serbe est l’un des films les plus extrêmes, dérangeants et directs qu’il m’ait été donné de voir. Le type même de film qui peut susciter un rejet total. C’est une ballade d’une sauvagerie intense et un film sur lequel plane l’ombre de deux autres long-métrages jugés eux aussi scandaleux au moment de leur sortie : C’est arrivé près de chez vous et Cannibal Holocaust. L’humour et la tension permanente pour le premier, le simili de reportage et l’aspect documentaire filmé sur le vif pour le second. The life and death of a porno gang place ses protagonistes dans la Serbie de la fin des années 90, celle de Milosevic, de la guerre au Kosovo. Une troupe d’acteurs, un étudiant en cinéma, une actrice de second voire troisième rang s’embarque dans une aventure sans issue, d’abord largement portée sur la fesse, puis l’irruption à mi-chemin d’un personnage mystérieux, Franz, ancien soldat, vendeur de snuff oriente le film vers une violence visuelle beaucoup plus explicite qui teste les limites du spectateur. Le film en filigrane s’engage dans plusieurs genres et plusieurs sujets : le travestissement, l’hermaphrodisme, la zoophilie, l’homosexualité, l’art, la vie, le sexe, la mort. Posés comme cela, ça fait très conglomérat d’idées, mais le film, volontairement tourné en DV a ce quelque chose d’un art brut qui n’a aucune peur des tabous et des interdits, transgresse tout, secoue fort et livre une oeuvre protéiforme, curieuse, parfois souriante, parfois glauque, animée et portée totalement par ses acteurs. Cela m’a fait penser à A Serbian film, pour le sujet, la question des snuff movies, mais aussi au mouvement artistique Fluxus, qui lui aussi faisait de ses performances en direct devant public quelque chose d’animal, voire de bestial. Un film à ne pas mettre dans toutes les mains, mais qui ne peut aussi que titiller la curiosité des amateurs de pellicules décalées, jusqu’au-boutistes, et tout simplement les curieux de cinéma. Le film est toujours inédit en France, mais sorti en Blu-ray import sans zonage chez Synapse Films qui le propose ici en version intégrale. BR américain.

 

Expérience Cannabis (Nicky Taylor, 2011)***

La journaliste de télévision anglaise Nicky Taylor fait une expérience cannabique pendant quelques jours en se rendant dans le coffeeshop Dampring à Amsterdam dans lequel elle se retrouve employée. Un documentaire drôle, intéressant, avec beaucoup d’humour et un bon recul sur la consommation de cannabis et d’herbe. Elle s’entoure également de spécialistes, dont des médecins traitant des problèmes d’indépendance et jauge sa propre résistance au non à l’ingestion des substances qui lui sont proposées au cours de son voyage. Le ton décontracté jure parfois à l’image avec les symptômes ressentis : elle peut être à la fois hilare lorsqu’elle se rend au musée du cannabis en interviewant le propriétaire, comme céder à une crise de panique et de paranoïa lors de sa première expérience, où manquant de recul, elle fume beaucoup trop et en ressent les effets vingt cinq minutes après la première inhalation. L’effet coup de massue est inéluctable. Comme le dit la maxime, c’est en dosant et en consommant avec modération que les choses sont plus simples et que les problèmes se posent moins. Un regard aussi sur une société qui a assimilé la consommation du cannabis comme une pratique courante depuis 1973 et le premier coffee ouvert (Mellow Yellow), dans un pays où paradoxalement (lorsque l’interdit est levé et que la consommation est encadrée) il y a moins de fumeurs qu’en France. Un reportage qui permet de dédramatiser le sujet.  Youtube

 

Belle épine (Rebecca Zlatowski, 2012) :  **

Comment filmer la solitude et l’ennui adolescent ? C’est à cette question épineuse que la réalisatrice répond en filmant une belle épine (incarnée par Léa Seydoux vue dans Les adieux à la reine). Premier film et déjà la réalisatrice montre un sens certain du cadre, de l’ambiance, et de la direction d’acteurs. Certes le sujet peut décontenancer (montrer de jeunes personnages de fiction qui passent leur temps à rouler sur le circuit alternatif de Rungis sur leurs cylindrées), mais il y a aussi et surtout en filigrane cette question de la fille dans le groupe, et plus largement dans la société à l’âge des possibles mais aussi des doutes. Un film torturé, supporté par une belle BOF.  DVD fr

 

 

Cold Blood (Stefan Rusowitsky, 2012) :  **

Rien de très nouveau dans ce polar se situant à la frontière américaine avec le Canada dans une ambiance de blizzard (il neige tout le temps), rappelant surtout un peu le Fargo des frères Coen. On y notera la présence sûre d’Eric Bana, les yeux bleus qui peuvent facilement hypnotiser d’Olivia Wilde (Tron, l’héritage), mais aussi Sissy Spacek ou encore Kris Kristofferson, dans le rôle du père de famille, trente ans après La porte du Paradis de Cimino. C’est un film d’après casse classique, avec son décor enneigé, ses visages burinés, et qui montre aussi en filigrane un certain machisme notamment du côté des sherifs dont pas un seul ne prend au sérieux la figure féminine, la seule, de l’équipe d’intervention. BR fr.

 

Black Lightning (Timur Bekmambetov, 2010) : **

Empruntant (un peu) à Retour vers le futur et beaucoup plus à Spiderman (la perte d’un proche, le trauma originel qui pousse le héros à devenir un justicier), ce film d’aventures russe tourné sur place à Moscou garde ce charme et cette naïveté du conte slave avec ses acteurs non chevronnés et un visuel plutôt séduisant. Un bon film d’aventures qui n’en fait pas des tonnes du côté de l’action,  joue avec les clichés du jeune âge adulte (ses rencontres de fac qui aboutissent à un amour naissant entre deux étudiants) et se suit avec un certain plaisir. BR allemand.

Julia X (PJ Petiette, 2011)  :  **

Le principal intérêt du film vient de l’inversion des rôles qui y est opéré : la victime devient ici très rapidement le bourreau. Le film commence comme une comédie romantique très sage avant de tourner au film d’horreur sur le modèle des films rape and revenge chers aux années 70 à l’époque où ils ont éclos. La jeune femme est ainsi séquestrée et marquée au fer rouge d’un « X » qui sert de justification au titre. Mais très vite, la victime se venge à sa manière et le film est alors un jeu du chat et de la souris grandeur nature, porté par un humour assez réjouissant. Surtout voir le héros de la série Hercule, Kevin Sorbo jouer ainsi avec beaucoup de dérision sur son image est très drôle. Une bonne série B horrifique et humoristique. Internet.

 

Siren (Andrew Hull, 2011) :  ***

Premier et unique long-métrage d’Andrew Hull disparu en 2010, Siren comme son titre l’indique est une relecture du mythe de la sirène. Quatre personnages se retrouvent ainsi à bord d’un voilier de plaisance et reçoivent l’appel désespéré d’un homme échoué sur une plage. Le mystère et le doute s’installent dès les premières minutes d’un film qui contrairement à sa jaquette parfaitement mensongère (un réel exploit marketing pour un film qui ne propose aucune femme en bikini armée d’un couteau) prend le temps pour laisser l’atmosphère anxiogène et fantastique s’installer. Aidé par un cadrage millimétré (une séquence d’ouverture mystérieuse qui rappelle presque Lynch), le film se meut en conte et en fable sur les rapports hommes-femmes derrière l’argument du film d’horreur. L’idée du fantôme, la peur de l’inconnu et le mystère des femmes impriment la pellicule. La sirène elle, Silka de son prénom apparaît et fait basculer le film dans l’onirisme et l’épouvante. J’ai pensé en le voyant à un film dans lequel les femmes prennent une place de plus en plus importante en essayant de pousser les hommes hors de leur territoire. Les cadrages serrés sur les épaules, les mains, les visages, les cheveux des personnages féminins ont quelque chose du cinéma sensitif et tactile, un conte de fée cruel, avec cette dose de poésie macabre bienvenue. Une relecture excellemment orchestrée, bénéficiant d’une belle mise en scène, une belle surprise. L’image finale nous rappelle à la place de la femme, littéralement au dessus des hommes, de la mer, face à l’horizon. BR Fr

 

Catrun (John Stockwell, 2011) :  O

Tout le film repose essentiellement sur les épaules de Paz Vega (Lucia y el sexo) incarnant ici une call-girl de luxe qui récupère l’enregistrement d’une soirée privée fortement arrosée ayant terminé dans plusieurs assassinats en règle. Le scénario archi rebattu et surtout l’humour très lourd du duo constitué des deux acteurs principaux empêchent le film de décoller et d’être autre chose qu’un téléfilm de luxe. Certes le lieu de tournage est original et la carte postal sympathique (le Monténégro), mais c’est vraiment trop peu pour un film très décevant au final.  BR benelux.

 

Les paradis artificiels (Marcos Prado, 2012)  : **

Le film vaut sans doute mieux que sa réputation désastreuse (un papier cinglant d’Ecranlarge). Il a été en réalité peu défendu sur la toile, sauf par filou49 qui sur son blog baz’art en parle comme d’une oeuvre à laquelle il faut donner une chance. Ce que j’ai fait. J’ai beaucoup aimé la musique, la BOF  étant excellente, un peu moins le film en lui-même qui a de gros défauts et quelques qualités néanmoins. Pour l’aspect positif, un visuel assez soigné (même si les séquences de prise de drogues sous lampes UV caractérisées comme étant une parodie d’Avatar ne sont pas les plus réussies), et des moments techniquement intéressants : le choix du ralenti et d’un côté planant pour les séquences de rave, et une volonté d’aller filmer au plus près des corps lors des ébats, qu’ils soit hétéros ou lesbiens. La narration en flashbacks est elle aussi plutôt bien vue, et les interprètes jouent assez bien. Reste que le sujet méritait peut-être quelque chose de plus fort, de plus sensuel encore pour ce film brésilien qui a bien marché au BO. DVD fr.

 

Dora, la frénésie du plaisir (Willy Rozier, 1975) :  O

Le titre est beaucoup plus amusant que ne l’est le film, qui lorgne davantage vers du Max Pécas que du Tinto Brass. La comédie de vaudeville qui introduit le film laisse ensuite place à une comédie de moeurs sur fond d’Afrique et de néocolonialisme aux dialogues, au tempo et à l’amateurisme plus indigestes qu’autre chose, peut-être amusante en 1975 (mais à quel degré ?) qu’aujourd’hui. La post-synchronisation, les scènes de comédie de situation navrante (et les dialogues petit nègre dans le texte) ont finit par me faire perdre patience et c’est en accéléré que j’ai terminé le film. Le film ne vaut même pas pour ses quelques scènes de sexe non simulé, qui en font une comédie pornographique d’un assez mauvais goût au final.   DVD fr.

 

Les Saphirs (Wayne Blair, 2012) : *

Le portrait de quatre jeunes femmes aborigènes dans l’Australie raciste des années 50 et 60 qui tente de rendre blanches des femmes qui étaient noires ou métisses, le tout sur fond de guerre au Vietnam. Le dynamisme et l’entrain des chansons ne peuvent combler les clichés et autres stéréotypes d’un scénario se contentant d’illustrer la différence à l’intérieur même d’un groupe duquel surnage une chanteuse en leader, et ses acolytes qui ont chacune leurs  blessures. Entre deux chansons, la narration est plutôt banale, le propos laissait pourtant matière à faire un film très fort, et l’on apprend rien de vraiment nouveau. Reste un certain charme, aussi évanescent que ne l’est le film lui-même qui ne peut rivaliser avec le classique Priscilla Folle du Désert, tellement plus délirant, fou, romantique et audacieux. Et difficile de battre une BOF composée des tubes d’ABBA.  A noter que les chansons du BR ne sont pas sous-titrées en français. Pas cool. BR fr

 

Dredd (Pete Travis, 2012) : *

Bien que se présentant comme un remake (une relecture ?) du Dredd de 1995, l’univers rappelle à la fois Banlieue 13 et Blade Runner, l’univers cyberpunk  côtoyant ici l’art de rue, en particulier le hip-hop et le graffiti. Simplement, le film alors qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin dans le fond, se contente d’illustrer l’attaque d’un tour centrale sans apporter quelque chose de foncièrement original. Hormis les séquences au ralenti qui donne un côté fantasmagorique à la violence très graphique du film, il n’y a aucune surprise et le Dredd et sa coéquipière ne font qu’avancer d’étage en étage sans la violence au corps à corps exacerbée d’un The Raid auquel le film fait penser. Surtout j’ai été surpris dans le sens négatif du terme par tous les changements de filtres et une esthétique de la violence très caricaturale, très premier degré. Un ensemble moyen. BR fr

 

Devil (John Erick Dowdle, 2012) : *

Cinq personnages (introduits par un plan séquence dans un hall d’entrée) se retrouvent coincés dans un ascenseur. La panique, la folie et un zeste de fantastique se mêlent ensuite dans ce huit-clos sur lequel M Night Shyamalan pose son empreinte, puisqu’il a écrit l’histoire. C’est assez efficace pendant quarante minutes, la pression montant crescendo. Malheureusement le film se referme sur une parenthèse ultra moralisatrice et culpabilisante avec des explications tirées par les cheveux et une morale très appuyée. C’est dommage car le film aurait pu rebondir sur le mystère initial et peut-être arrêter d’en dévoiler beaucoup trop. Le film rappelle aussi L’ascenseur, beaucoup plus chiche par sa photographie mais sur lequel il planait un petit grain de folie ici absent. BR fr.

 

Jitters (Balvin Zophoníasson ,  2012)**

Un groupe de lycéens, et particulièrement deux d’entre eux reviennent d’un voyage scolaire à Manchester. Les deux garçons s’embrassent mais ne disent rien à leur proches tout en se revoyant une fois en Islande. Les atermoiements de la jeunesse, les non-dits, le portrait pas toujours facile de la famille, les silences et les secrets. Ce sont les sujets principaux de ce premier film islandais, qui rappelle par ses petites touches d’humour Fucking Amal mais aussi Les Roseaux Sauvages. Malgré ses maladresses et ses longueurs, le film affiche une sobriété dans le traitement du coming out, à l’âge où celui-ci est assez difficile à faire. Les comédiens sont naturels, la caméra plutôt alerte. Un bon film, sans prétention, qui montre aussi une jeunesse comme beaucoup d’autres dans le monde : elle ne peut s’empêcher de boire pour draguer, et l’on sent cette frustration et cette colère grandissante de cette adolescence pas toujours simple à vivre. BR fr

 

Iron Sky (Timo Vuorensola, 2011) :  O

Il paraît que le film est devenu culte et qu’il a fait le tour du monde. L’idée sur le papier est assez amusante bien que loin d’être innovante : on imagine des nazis échappés de la terre et ayant trouvé refuge sur la face cachée de la lune revenant sur terre pour la dominer. Ca aurait pu être drôle dans le registre de la parodie (ce qu’est le film en définitive), mais l’humour du film, le ton empesé, les situations beaucoup trop téléphonées et les portraits qui le sont tout autant (la journaliste nymphomane et tyrannique, le black transformé en aryen) ont eu raison de ma patience. De plus l’écran vert (le film a été intégralement tourné comme ça) hurle sa présence dans chaque plan. J’étais plus saoulé que conquis à la fin de ses 90 minutes d’interminables palabres qui ont quelque chose d’un Kevin Smith transposé dans un contexte européen (le III ème reich). BR fr.

 

Dirty Diaries (Collectif suédois, 2009) : *

Sous-titré « Repenser la pornographie en 12 courts-métrages », Dirty Diaries est une compilation de films suédois censés effectivement repenser la pornographie par la voie féminine. Les réalisatrices ont chacune leur point de vue et leur fantasme. Mais hormis deux excellents courts-métrages (ce qui est très peu sur 12), l’ensemble m’a paru plus qu’inégal : moyen voire médiocre. Dommage que le fil conducteur, celui du plaisir (même s’il s’entend sur Brown cock, un court-métrage entièrement focalisé sur le fist au féminin) et de sa représentation filmée autrement que par des hommes pour des hommes (le public majoritaire de la pornographie) soit absent à l’écran, ou si platement illustré. Il n’y a guère que Dildoman tout en animation (et en bruitage explicites, pour le coup plus naturels que les autres filmés avec des acteurs !), inventif et original ainsi que Skin, celui qui ouvre le film, très joliment chorégraphié et dans lequel on sent un réel plaisir associé à l’image par la salive, les fluides, la sécrétion de cyprine. Le reste, en vidéo granuleuse (il y a un côté Dogme), avec une musique branchée ne m’a pas du tout convaincu. DVD fr

 

Demain, quand la guerre a commencé (Stuart Beattie, 2012)*

Un groupe d’amis partis en randonnée dans le bush australien reviennent chez eux et doivent faire face à une armée inconnue qui vient de déclencher une guerre. On en saura pas beaucoup plus sur les motivations de ces soldats, ni d’où ils viennent. Cette production australienne sortie directement en vidéo chez nous est assez bien réalisée, malgré une première demi-heure consacrée au portrait d’adolescents avec tous les clichés inhérents du genre. Les scènes d’action sont lisibles, et si le film se poursuit de façon linéaire, son seul intérêt est de décrire cette adolescente croyante fervente qui rappelle au Décalogue de Kieslowski et notamment à Tu ne tueras point. La voir faire l’exact inverse est le petit grain de sel dans un film somme toute assez sage.  BR Fr

 

Jonah Rex (Jimmy Hayward, 2010 :   **

La lutte entre un chasseur de primes et un homme qui a assassiné sa famille sur fond de célébration des cent ans de l’existence des Etats-Unis donne naissance à ce film que je ne connaissais pas. Sous ses allures de western, le film est aussi assez expérimental dans sa forme, laquelle sous ses airs de blockbuster est en fait plus sombre et radical que ce qui est sorti dernièrement des studios d’Hollywood : visages burinés, odeur de Far West, scènes d’action assez brutales, musique heavy metal, personnages secondaires énigmatiques (dont Michael Fassbender). Plus surprenant encore la durée très courte (73 minutes) d’un film qui ne passe pas par quatre chemins et se termine comme il avait commencé : dans un éclat de fureur. BR Allemand.

 

Oh My God ! (Tania Wexler, 2011) ***

Dans l’Angleterre victorienne et prude du 19ème siècle, un jeune médecin soigne des patientes dites atteintes d’hystérie. En réalité, il traite leurs symptômes par des caresses manuelles qui leur permet de se procurer du plaisir. Un soir, par un concours de circonstance, il soulage sa douleur articulaire à la main et utilise alors un procédé inédit qu’il expérimente sur les patientes. Ce film plein de fougue et d’esprit est une comédie anglaise comme seuls eux savent les faire. L’année dernière était l’année de We want sex equality, superbe fable sociale sur les premières syndicalistes anglaises dans une usine de confection. Cette fois-ci la réalisatrice s’intéresse au plaisir féminin et aux avancées sociales portées par les premières féministes anglaises. En filigrane c’est aussi un film sur le plaisir, plaisir donné ici par ce qui s’apparente au premier vibromasseur, vibromasseur qui de nos jours est le premier accessoire sexuel vendu. La photo, les décors, les costumes, les dialogues, l’interprétation tout est au diapason de cette comédie enlevée et réussie. BR fr

 

 Excision (Richard Bates Jr, 2012) :   **

Le quotidien d’une jeune adolescente ballottée entre une mère ultra possessive, un père immobile, une soeur cadette souffrant de problèmes pulmonaires et la découverte de sa sexualité, avec le désir de perdre sa virginité dans un environnement de lycée exclusivement hétérosexuel qui le lui rappelle chaque jour. Le premier film de Richard Bates Jr en fait beaucoup dans le domaine de l’étrangeté, avec une histoire qui en filigrane rappelle The Woman de Lucky Mckee, Carrie de Brian de Palma et un zeste de Blue Velvet de Lynch. L’univers feutré, très propre de la famille jure avec les fantasmes et les rêves de la jeune Pauline (interprétée par AnnaLynne McCord, au naturel blonde et pimpante, ici volontairement enlaidie), faits de cisailles, de dissection, de corps baignant dans l’hémoglobine. Surtout le film repose essentiellement sur les épaules d’une Traci Lords (ancienne star du porno des années 80 américain, qui tournait alors qu’elle était encore mineure, ce qui déclencha un scandale) géniale en mère agressive, possessive. Pas aussi fort que The Woman ou Carrie, même si le final qui parle lui aussi d’une libération (mais en est-ce vraiment une ?) a de quoi faire frissonner. Un premier film prometteur.  Youtube

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