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Films du mois (Mai 2015)

Films du mois (Mai 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

Super 8 (JJ Abrams, 2011) :   O

Dans les années 70, des gamins qui prennent du plaisir avec la caméra super 8mm de l’un d’eux sont confrontés à un grave accident ferré dont ils ignorent encore les conséquences. Le film de JJ Abrams paraphrase l’univers de Spielberg en empruntant à l’imaginaire (celui de E.T et Rencontres du troisième type), à un point où il semble ne plus être qu’une simple parodie, désincarnée, où les postiches et la reconstitution 70′s sonnent très faux. Le concept du film dans le film que tournent les gamins, le côté estampillé films d’aventures avec rebondissements dont celui de l’invasion extra-terrestre ne fonctionne à aucun moment, la faute à une absente totale d’émotion et d’implication. Je n’aime décidément pas le cinéma de ce réalisateur. DVD fr

 

Kurt Cobain, Montage of Heck (Brett Morgen, 2014) :  ♦♦

La vie du chanteur Kurt Cobain, leader du groupe Nirvana, depuis son enfance à Aberdeen jusqu’à sa disparition à Seattle au sommet de la gloire. Réalisé à partir des images privées du chanteur (tournées majoritairement en 8 mm à la fin des années 60-début des années 70 jusqu’à celles en vidéo des années 90) avec la participation de sa propre fille ici productrice,  ce documentaire met en images et en musiques la psyché d’un artiste longtemps torturé au fait de la gloire et devant faire bon gré mal gré avec le succès retentissant. Si les images d’archives sont très intéressantes pour leur rareté (portrait du groupe, interviews, images d’intimité) le montage des autres séquences qui mêle animations des textes, collages, images de concerts est très (trop) rapide,  frôlant souvent la pose et l’exercice de style ostentatoire, à l’exact opposé de la philosophie du groupe. Bref, très inégal, mais pas inintéressant pour l’éclairage qu’il apporte sur le statut de rock star et les aléas de la création quand gloire et éthique se confondent. Internet.

 

La famille Bélier (Eric Lartigau, 2014) :  ♦♦♦

Une famille de sourds, à l’exception de la jeune fille, peine à convaincre les habitants  de voter pour le mari au poste de Maire et ce, entre la vie au quotidien à la ferme locale et les aspirations de chanteuse de cette même adolescente qui doit monter à Paris. Le triomphe populaire passé, La Famille Bélier se révèle être une comédie drôle ou une drôle de comédie qui mêle passage de l’adolescence à l’âge adulte, premiers flirts, découverte de la sexualité, comédie familiale et musicale, film sur la ruralité, avec un zeste de politique et énormément d’entrain. L’abattage des comédiens, la confiance absolue dans leur alchimie, la révélation Louane (mais surtout celle de Roxane Duran), le cabotinage génial d’Eric Elmosnino en prof de musique revenu de tout en font une des meilleures comédies françaises de ces dernières années. Sans oublier, on est dans un mélo, les larmes et la joie mêlées avec l’idée, brillante, de jouer « Je vais t’aimer » en sourdine. Et puis c’est un bel hommage à Michel Sardou, interprète fabuleux. DVD fr

 

I spit on your grave 2 (Steven R Monroe, 2013) :  ♦♦♦

Une jeune americaine se laisse convaincre de poser pour quelques photos. Très vite, les hommes qui assurent le shooting abusent d’elle et lui font subir les pires outrages en la droguant et en l’emmenant à Sofia en Bulgarie. Depuis 1978 et le classique de Meir Zarchi avec Camille Keaton, le schéma reste le même dans ce type de production de série B d’exploitation : une jeune femme victime de sévices et de viols se venge de ses agresseurs jusqu’au dernier. Steven R Monroe officie une nouvelle fois derrière la camera et c’est avec Tom Six et Eli Roth un des réals les plus doués dans le genre. C’est ultra violent, sans second degré ou humour et la pression monte graduellement jusqu’à l’explosion finale. Un film radical, évidemment réservé à un public très averti. Même si je pense que le premier volet (donc le premier remake) lui était supérieur.  Youtube

 

Vanishing Waves/ Aurora ( Kristina Buozyte, 2012)  :   ♦♦

Un scientifique entouré d’une équipe de chercheurs et collègues tente à ses risques et périls de s’introduire dans l’esprit d’une jeune femme plongée dans le coma. Ce film de SF lituanien qui convoque l’univers de Kubrick (2001 pour certains décors) et Lynch (celui de Mulholland Drive pour les séquences fantasmées) bénéficie d’une très belle photo, d’une direction d’acteurs intéressante et de séquences chorégraphiées intrigantes. Porté sur le sexe, parfois tenté par les digressions, il pourrait parfaitement figurer dans une galerie d’art contemporain en qualité d’installation. C’est parfois osé, assez original dans son traitement visuel, mais aussi imparfait, traînant parfois en longueurs dans sa deuxième partie. En tout cas il y a des idées, et une réalisatrice qui maîtrise la technique. Le plus étonnant est que ce film, diffusé en salles en France ne soit pas sorti sur support vidéo, SD ou HD. Et qu’il est uniquement dispo en import -UK ou Allemand-. J’imagine que le Blu Ray Allemand doit être splendide, mais il n’y a pas de sous-titres anglais. DVD UK

 

Piranhas 3D (Alexandre Aja, 2010) :  ♦♦

Trente cinq ans après la fameuse attaque du Squale sur les plages californiennes sous la houlette du génie Spielberg, Aja, aux USA fait son remake du film de Joe Dante. Il faut attendre quarante cinq minutes, le temps de voir avant un défilé d’alcools, de bières et de seins en gros plans pour que le massacre en CGI commence. Accumulant les effets gores, les morts et les cris d’effroi, Pinrahas répond assez bien au cahier des charges : faire de cette série B une efficace série B d’exploitation où le silicone est malheureusement très présent. Amusant, gore (étonnante interdiction aux -12 seulement) et 3D fun avec effets de jaillissement. BR 3D Belge.

 

Le jour où je l’ai rencontrée/ The art of getting by (Garvin Wiesen, 2012) :   ♦♦

Un jeune lycéen en terminale, timide, dilettante et gauche rencontre une jeune fille dont il tombe secrètement amoureux dans un New York qui n’a rien de la carte postale classique. Avec cette rom-com qui n’a rien absolument rien d’aimable, le réalisateur montre un passage à l’âge adulte qui se fait non sans une certaine douleur, principalement psychologique. La retenue presque droopienne du jeu de Freddie Highmore et ses innombrables atermoiements (amoureux, scolaires, familiaux) montre les étapes d’une vie qui se construit ici sur un mode retors : le film est loin d’être facile et pourrait même passer pour un lourd pensum accablant sur le spleen adolescent. Mais il y a le final et les ouvertures qu’il laisse deviner. Vraiment pas facile d’accès, mais rappelant aussi le premier amour, le plus important. BR fr

 

Aux yeux des vivants (Alexandre Bustillo, Julien Maury, 2013) :   O

Leur premier essai, A l’intérieur assumait pleinement son côté extrême dans le gore, notamment dans sa dernière partie. La photo plus léchée ici agît en trompe-œil : Aux yeux des vivants se base sur un script d’une inanité tel que rien ne peut le sauver, pas même les effets gores qui n’y peuvent rien. Les dialogues, bourrés d’insultes, déplorables, la mise en scène approximative et l’interprétation très moyenne achèvent de faire de Aux yeux des vivants une série B horrifique ratée. Pourtant je partais avec un a priori positif. BR fr

 

The Bling Ring (Sofia Coppola, 2012) :  ♦♦♦

Dans la banlieue de Los Angeles, dans une Californie dorée, un groupe d’adolescents s’introduit dans les maisons de stars du showbiz pour y voler leurs effets personnels. Inspirée de faits réels cette comédie de Sofia Coppola prend comme toujours chez la cinéaste des allures de spleen adolescent derrière l’apparente dorure du décor. Ce qui brille ici ce sont les bijoux, les effets à plusieurs milliers (voire millions) de dollars mais derrière le vernis apparaît la tristesse et l’insondable mélancolie d’une jeunesse un peu perdue, à l’image de Nicki Moore, personnage dont l’entourage, dévots d’une secte, a comme quelque chose d’une horreur sociale qui ne dit pas son nom. Une fable sur la célébrité, les feux de la rampe, les icônes et les idoles dont l’issue judiciaire a montré qu’il y avait une morale. DVD fr

 

Inbred (Alex Chandon, 2012) :  ♦♦♦♦

Deux travailleurs sociaux et une bande de jeunes se retrouvent un week-end dans la campagne du Yorkshire auprès d’une population locale qui petit à petit va l’entraîner vers l’horreur après un malheureux concours de circonstance. Le cinéma anglais gore démontre avec ce Inbred (dont je n’ai appris l’existence qu’il y a quelques jours via le blog gorextreme) cette capacité quasi unique en Europe à marier un humour ultra noir à la violence graphique la plus débridée. Du postulat qui mixe Massacre à la tronçonneuse, les Chiens de Paille et Freaks, Inbred propose un film maîtrisé, où l’on rit de l’horreur et de l’ignoble. Certes les effets digitaux sont parfois trop voyants, mais l’énergie du film, l’inventivité des séquences d’effroi, le fait que l’on se demande jusqu’où le délire va être poussé en font un exemple de réussite, même si, en redoublant d’efforts j’ai quand même eu du mal à saisir tous les dialogues (Blu-ray sans sous-titres), avec ces accents à couper, surtout l’écossais.  BR UK

 

Dead Shadows (David Cholewa, 2011) :  ♦♦♦

Une comète s’abat sur Paris et crée l’Apocalypse. Le scénario se résume à cela, mais l’important comme on le dit parfois, se trouve ailleurs. Présenté dans quelques festivals (dont celui de l’Etrange Festival de Paris), Dead Shadows est resté pourtant longtemps invisible en support vidéo, HD ici qui plus (mais sorti aussi en DVD). C’est une chronique de Devildead et quelques autres papiers qui m’ont encouragé à le découvrir. C’est un premier film, avec les imperfections, les scories que l’on peut lui trouver, notamment des effets visuels parfois très (trop) voyants, surtout en haute définition où les défauts se voient davantage, une introduction pas très heureuse, des dialogues pas toujours très audibles. Mais, ce film, auto-produit, financé, écrit, réalisé, interprété au forceps impressionne par son idée principale de faire du cinéma de genre en France un genre respectable sur le principe du « Fais-le toi-même ». Derrière sa caméra, le jeune réalisateur et son acteur principal (qui font donc ici leurs armes) arrivent à maintenir un suspens horrifique fait parfois de bric et broc mais aussi et avant tout de cœur, de passion, sous influence 80′s. C’est  la naissance d’un réalisateur et il vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour la scène de l’araignée géante, absolument géniale. Une aubaine que ce film puisse être vu en vidéo après un parcours créatif compliqué. BR fr

 

A l’intérieur (Alexandre Bustillo, Julien Dupuy, 2007)  :  ♦♦

Quatre mois après un grave accident de voiture qui a coûté la vie de son compagnon, une jeune femme est harcelée la nuit du réveillon de Noël par une mystérieuse femme brune qui lui demande d’ouvrir sa porte…Un scénario un peu prétexte pour ce film de genre français, le premier pour son duo de réalisateurs. Si l’interprétation d’Alysson Paradis dans son premier rôle est bancale, en revanche celle de Béatrice Dalle qui a pour but d’embrasser des sujets qu’elle aime et qui fonctionne uniquement au coup de cœur est elle magnétique et quasi bestiale. A l’exemple de Trouble Every Day, A l’intérieur est un film radical dans son genre dans le sens où il va crescendo dans la violence graphique. Une véritable boucherie, une avalanche de gore, pour un film qui s’inscrit dans un genre assez décimé en France. Rien que pour ça il mérité d’être vu et aussi parce que malgré ses défauts, il possède une vraie franchise. DVD fr.

 

This is it (Kenny Ortega, 2009 ) :  ♦♦♦

Au printemps 2009 les dernières répétitions des 50 concerts à venir de la tournée intitulée This is it qui devait clôturer la carrière musicale et scénique de Michael Jackson. En confiant la mise en scène à Kenny Ortega c’est un Michael Jackson sur le point de revenir sur le devant de la scène que l’on voit dans ce documentaire saisissant qui montre l’artiste dans sa gestuelle, ses mimiques, sa décontraction, son exigence et son perfectionnisme. Les tubes, mondiaux, inoubliables sont là, et le génie de l’artiste qui invente sans arrêt, perfectionne ici et là un mouvement, met en avant ses musiciens et ses danseurs éclate à l’écran. Un très beau documentaire posthume, une déclaration d’amour à la musique et aussi une belle façon de voir la construction d’une chorégraphie, d’un tempo, d’un rythme. Il donne envie de réécouter ses albums et faire perdurer sa mémoire. BR UK

 

Perfect Mothers (Anne Fontaine, 2013) :  O

En Australie, la passion trouble entre deux amis d’enfance et leurs mères respectives dont les deux garçons sont tombés amoureux. Le récit d’un amour impossible vu par la réalisatrice Anne Fontaine. Le soi-disant trouble annoncé par le scénario (l’amour de deux jeunes hommes pour deux femmes mûres)  n’arrive malheureusement qu’en toute fin de film, celui-ci se résumant à un interminable atermoiement amoureux et à une histoire de passion qui n’a justement rien de troublant ou de touchant si ce n’est sa justification moralisatrice dans son dernier tiers. La photo a beau être solaire, le traitement est glacial et les sentiments éteints. Dommage, car Robin Wright est excellente. Beaucoup plus que les autres acteurs. BR fr.

 

Le labyrinthe (Wes Ball, 2014) :  O

De jeunes ados se retrouvent enfermés dans un labyrinthe dont ils doivent tous s’échapper. La figure du dédale est sur le papier passionnant, surtout la manière dont on peut en sortir. Las, cette production destinée avant tout à un jeune public adolescent est tellement lisse, tellement propre sur elle qu’elle n’expose aucune blessure, aucune égratignure et donne l’impression d’arriver vingt ans trop tard, après Cube et The Truman Show (pour l’idée de l’isolement). Le personnage de Gally, taillé à la serpe est à l’image de presque tous les autres : peu attachant voire insupportable. Un exemple de bon sujet ruiné par sa réalisation. BR FR

 

Sexe entre amis (Will Gluck, 2013) :  ♦♦

On sait dès le début comment tout cela va se terminer, cette façon de mettre en scène l’atermoiement, le questionnement amoureux, la vie en couple, le sexe pour le sexe. Mais l’intérêt principal de cette comédie dans laquelle les dialogues sont dits à un débit mitraillette, c’est ben l’abattage exceptionnel de Mila Kunis, ici terriblement sexy. Justin Timberlake est loin d’être mauvais, la complicité se ressent, mais on peut regretter que le film ne dure pas qu’1H20, il en aurait gagné en concision. Au demeurant, une comédie joyeuse et enlevée bien qu’un peu convenue. BR Fr

 

Happiness Therapy (David O Russell, 2013) :   ♦♦

Un homme qui a tout perdu, séparé de sa femme, vivant chez ses parents par contrainte rencontre une jeune femme tout aussi perturbée avec laquelle il noue un lien de plus en plus intime. Le cinéma de David O Russell est très particulier, et ce film ci le montre une nouvelle fois. Ce n’est pas tant le jeu de Bradley Cooper plutôt bon, ni certaines qualités d’écriture mais plutôt le jeu à oscar de l’actrice Jennifer Lawrence qui l’obtint précisément pour ce rôle qui m’a fait tiquer : on ne voit que la performance d’actrice ici dans la pure représentation. Très moyen, pas franchement convaincant, très bavard, jusqu’à sa résolution finale assez jolie. BR Bénélux

 

Eyjafjallojökull (Alexandre Coffre, 2013) :  O

Un couple divorcé se retrouve pour l’union de leur fille en Grèce. Mais l’éruption du volcan en Islande les oblige à dévier de leur trajet initial pour passer par l’Allemagne, l’Albanie puis la Grèce. Je n’en attendais pas forcément grand chose mais j’y allais à la curiosité. Le film qui a plus de vingt ans de retard au démarrage (déjà vu en dix fois mieux et bien avant lui avec La Guerre des Rose) veut tirer parti de la dualité du duo principal. Mais la mayonnaise ne prend jamais et le film ne m’a arraché qu’un seul très léger sourire. C’est très peu pour cette comédie vacharde, qui parle encore des petites roumaines qui sucent probablement pour 5 euros lors d’un dialogue assez douteux et l’humour (s’il y en a) ne décolle jamais. Une catastrophe. A oublier très vite. BR Bénélux.

 

Rabat (Jim Taihuttu, Victor Ponten, 2013) :   ♦♦♦

De la Belgique au Maroc, en passant par la France, les aventures comico-dramatiques de trois amis dont l’un d’eux doit ouvrir un commerce et épouser une fille qui lui est promise par mariage arrangé. Beaucoup d’humour, un poil de nostalgie, et un regard lucide sur l’engagement en amitié comme en amour dans ce film (avec le refus du mariage arrangé), road-movie au sens le plus noble du terme, dans lequel on parle l’anglais, l’arabe, le néerlandais, le français, l’espagnol. Une belle réussite, solaire, avec la participation d’une jeune actrice française. BR Bénélux

 

De l’autre côté du périph (David Charhon, 2013) :  ♦♦

La confrontation classique sous forme de buddy movie, héritée des années 70-80 entre le flic parisien arrogant et celui de banlieue. L’interprétation d’Omar Sy qui s’amuse de son image (mais ne la tord pas), et le rythme soutenu permettent de passer un bon moment dans cette comédie sur fond d’homicides, de trafics d’influence et détournements. BR Benelux.

 

Heimat (Edgar Reitz, 2013) :  ♦♦♦

Derrière l’apparent vernis austère (noir & blanc, durée de 3H50, entièrement tourné en allemand, sujet) Heimat, dès sa séquence d’ouverture déploie sa technique magistrale et réalise un tour de force : celui de rendre au romantisme allemand du 19ème siècle son souffle romanesque dans le portrait d’une génération de paysans du Hünsruck. Composé comme une longue suite de plans-séquences patiemment découpés et chorégraphiés (grâce au très bon travail de steadycam), ce film d’une belle ambition surprend. On est happé dès les premiers instants dans une description romanesque et naturaliste d’une province allemande vivant au gré des saisons, des récoltes tourmentées, habitée par le désir d’exil. Il met à l’honneur l’artisanat, les métiers oubliés en réalisant le prodige de marier la technique la plus aboutie au sens du détail. BR Benelux.

 

Ginger & Rosa (Sally Potter, 2013) :  ♦

Malgré les bonnes intentions du script (celle de montrer le passage de l’adolescence à l’âge adulte avec les rites générationnels dont celle du premier amour), le film reste uniquement en surface des choses et survole un sujet passionnant d’initiation. La facilité se ressent même au niveau des noms des personnages, l’héroïne étant rousse se nommant Ginger. Le manque d’empathie ne permet pas au film de décoller. C’est dommage parce qu’il y a des moments assez tendres et bien vus. DVD Benelux.

 

Films du mois (Janvier 2015)

Films du mois (Janvier 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 affiche-les-chaussons-rouges dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’œuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Wrong Cops (Quentin Dupieux, 2013) :  ♦♦♦♦

Trois flics plongés dans une histoire absurde autour d’un sac contenant des milliers de dollars, le quotidien de l’un d’entre eux qui deale et un homme sur le point de passer l’arme à gauche. Le tout dans un Los Angeles cauchemardesque. Au delà de la thématique absurde du film (vendre de l’herbe dans des poissons, un flic qui s’entête à vouloir faire produire son unique morceau composé au synthé, l’obsession mammaire pour un autre), c’est un film qui tient non pas miraculeusement mais grâce à sa technique, son inventivité et surtout son originalité folle. Peut-être plus encore que Steak, tourné en France, ici avec l’aide impériale d’un Eric Judor dans un rôle de flic qui rappelle le meilleur des Monthy Python, le film pousse toujours plus loin son délire. On se demande ce qui peut bien arriver d’une scène à l’autre. Le bébé dont aurait pu accoucher la rencontre entre Monty Python et un clip d’Aphex Twin. Tv

 

Divergente (Neil Burger, 2014) :  ♦♦

Dans un monde post apocalyptique (dont la description est inquiétante), ultra catégorisé et laissant deviner une menace totalitaire, une jeune femme tente de s’imposer dans une série d’épreuves. Le scénario fait beaucoup penser à Hunger Games même si l’univers visuel est ici fort différent (moins de couleurs flashy, moins de coiffures et costumes délirants). En fait le film a le défaut d’arriver un peu trop tard par rapport à Hunger Games auquel cas il aurait pu rencontrer le même succès fulgurant même s’il n’a pas été un échec au box-office. Il est judicieux d’avoir choisi une inconnue pour incarner le rôle d’une fille qui doit apprendre dans l’épreuve et la difficulté à être soi-même, c’est-à-dire différente. Le travail sur ce sujet, le regard des autres, l’acceptation de soi sont des sujets qui parlent aux adolescents. C’est ma nièce de 14 ans qui se construit en ce moment sa cinéphilie qui me l’a conseillé. C’est un divertissement bien réalisé et joué, agréable à suivre.  DVD fr

 

 Journal intime d’une call-girl (Saison 1, Sue Telly, 2007) :  ♦♦♦♦

Hannah jeune secrétaire devient Belle, une escort girl de luxe le soir (et la nuit) venus, par choix. Une série britannique qui porte la marque des grandes séries : esprit vif, humour à la fois tendre et ironique, le fameux tongue-in-cheek. Ce qui fait l’originalité de cette série, outre son sujet (souvent abordé au cinéma mais pas si souvent à la télé) c’est la dédramatisation sans tomber dans l’angélisme, la démystification sans écorner l’image d’une profession dont tout le monde parle avec parfois plus ou moins de gêne, l’utilisation aussi du regard-caméra prisé dans le cinéma qui donne un sentiment vertigineux d’immersion et de prise de parole avec le spectateur comme témoin. C’est bien une femme indépendante, libre et la tête sur les épaules dont le portrait nous est croqué ici, avec la révélation fracassante de Billie Piper, stupéfiante de naturel dans un rôle pas si simple que cela. On y parle de sexe (tarifé) bien sûr, d’amour, d’amitié, de plaisir aussi, de GFE, de SM, de tendresse également. Je ne suis habituellement pas très série (c’est un cadeau) mais là j’ai regardé la première saison d’une traite complètement emballé par le ton, l’énergie et le dynamisme de cette petite perle de série british. Un futur grand classique. DVD fr

 

Mea Culpa (Fred Cayé, 2014) :  O

Pourtant amateur des films d’actions/noir de Fred Cavayé qui ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu, je suis complètement resté en dehors de son dernier, Mea Culpa, qui lorgne beaucoup trop dans son ambiance sur le cinéma de Olivier Marchal et Michael Mann pour la tentative de montrer les natures taciturnes et les renoncements. Un portrait de deux flics (je ne crois pas avoir vu Vincent Lindon plus mauvais récemment)  qui baigne dans les clichés, le déjà-vu et bien sûr le portrait de mafieux originaires d’Europe de l’Est (c’était croqué de façon beaucoup plus dynamique dans Taken). Non, vraiment, une déception. BR fr

 

Sea, NO Sex and Sun (Christophe Turpin, 2012) :  ♦♦♦

Les parcours croisés de trois hommes (un jeune homme de 17 ans, un trentaine et un cinquantenaire) qui se retrouvent au même endroit, à Carnac, en Bretagne pour les vacances de juillet. L’un essaie de séduire une fille de son âge, l’autre vit avec nostalgie sa paternité et le dernier tente de retrouver ses émois de la vingtaine. L’intérêt du film, qui propose de sortir de Paris pour aller se promener en Bretagne est de montrer des hommes mûrs qui séduisent des femmes qui pourraient être leurs filles et des jeunes filles qui flirtent avec des hommes qui pourraient être leurs pères. Çà m’a rappelé, et c’est touchant, mon été 94 avec un flirt d’Été qui m’a marqué pour toujours, de ces moments qu’on oublie jamais. Une belle réussite comique, drôle, bien croquée avec de bons acteurs. BR fr

 

American Sexy Phone (Jamie Travis, 2012) :  ♦

Une jeune femme se fait plaquer par son mec, retrouve une ancienne connaissance de fac et se lance dans l’aventure du téléphone rose. Si American Pie abordait à sa manière la perte de la virginité, ce American Sexy Phone essaie plus de quinze ans après de faire parler les filles sur leur sexualité, avec en fil conducteur le téléphone rose. Malgré sa volonté initiale de parler franchement de sexe (à moins que non en fait), le film est surtout très prude notamment par la caractérisation des personnages secondaires, restant totalement à la surface des choses et flirtant avec un ton moralisateur (oh mon dieu, un téton dans une scène de bain, le téléphone rose au final c’est quand même un peu sale). Bref, une comédie potache et peu emballante. Reste le génial numéro über gay d’un Justin Long qui s’amuse et qui mériterait presque à lui seul le visionnage. BR fr

 

L’odyssée de Pi (Ang Lee, 2012) :  ♦♦

L’histoire d’un jeune indien qui quitte son Inde natale pour tenter de rejoindre le Canada par la mer. L’histoire, celle du conte nous ramène aux récits de notre enfance faits d’émerveillements, de faunes sauvages, de destins personnels et universels. Ce que montre cet Arche de Noé moderne qui fait croiser l’univers de Robinson Crusoé à celui de Seul au monde (2001), c’est l’acte de foi quand le ciel tombe littéralement sur la tête (ici avec deux tempêtes), le courage face à l’épreuve et la toute puissance de la croyance (en l’autre, en Dieu). Un film qui n’est pour autant absolument pas prosélyte, bénéficie de beaux effets spéciaux et de décors travaillés. Seul reproche : une deuxième partie moins exaltante que la première, et un rendu HD auquel je ne m’habitue décidément pas. Un beau film auquel il manque cependant une étincelle pour m’emballer . BR Fr

 

It’s a wonderful afterlife (Gurindher Chada, 2011) :   ♦

Une comédie assez amusante dans son premier tiers qui convoque la comédie romantique et le fantastique. Mais la mise en scène peu inspirée ne permet pas vraiment au film de décoller. Il reste Shabana Asmi (qui fit scandale dans le ciné indien des 70′s), le bhangra bien sûr et la description d’une petite communauté punjabie dans le quartier Southall de Londres. On est tout de même loin de la meilleure veine comique du cinéma d’outre-manche même si le film se permet un petit hommage à Carrie dans le final. DVD UK

 

Anna M (Michel Spinosa, 2008) : ♦♦♦♦

La lente et délirante déréliction d’une jeune femme persuadée d’être aimée par un médecin qui a pris soin d’elle après un accident. Dans le rôle titre, Isabelle Carré dépasse non seulement l’entendement mais aussi les superlatifs, avec une interprétation digne de Isabelle Huppert à son sommet et même Patrick Dewaere au moment de Série Noire. Le film, davantage qu’un mélo, est un vrai film d’horreur qui traite de cette incapacité à regarder la réalité des choses, la faculté démentielle de s’inventer une histoire d’amour qui ne peut être que platonique. C’est aussi un film qui traite du harcèlement au féminin, renversant la thématique de l’homme harceleur et ce jusqu’au vertige, notamment dans le plan final. Un film terrifiant par rapport à ce qu’il raconte. DVD fr.

 

All in good time (Nigel Cole, 2011) :  ♦♦

Une comédie so british avec cet accent caractéristique que j’adore, sur un couple de jeunes gens NRI( les Non Resident Indians), qui vivent en Angleterre et célèbrent leur mariage (d’amour, contrairement au sujet de nombre de films en hindi qui montrent des mariages non désirés et une romance avec deux personnages principaux et un tiers) dans un environnement bruyant. Plus que le sujet du choc entre modernité et tradition, entre aînés et jeunes générations, c’est surtout la perte de virginité dans l’acte d’amour qui contrarie nos héros. Jusqu’à la toute dernière scène, dernier plan, où le visage du père montre une émotion non feinte. BR UK

 

Mais qui a (re)tué Pamela Rose ? (Baroux/Meard, 2011) :  ♦♦♦

Je trouvais déjà le premier très bon. Le duo Baroux/Meard se donne une fois de plus en spectacle dans cette comédie qui sacre le non-sens, l’absurde pendant une heure trente. L’absurdité se retrouve dans les dialogues, la mise en scène et aussi les sous-titrages, le film étant une avalanche de running gag qui fonctionnent très bien à partir du moment où l’on accroche au ton singulier du duo.  Et contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord faire un film qui se base autant sur le délire dans le non sens demande une grande rigueur d’écriture, de direction d’acteurs. BR fr

La porte du Paradis/Heaven’s Gate  (Michael Cimino, 1980) :  ♦♦♦

Une évocation de l’histoire des Etats-Unis, où se mêlent  le syndicalisme, une romance à deux contrariée par un tiers, la vague d’immigration en provenance d’Europe et le massacre qui en découle, le tout sous la caméra de Michael Cimino qui sortait du triomphe public et critique de Voyage au bout de l’enfer. J’avais entendu parler du film depuis 15 ans et attendais de pouvoir le découvrir en version intégrale, l’œuvre ayant été régulièrement charcutée, présentée dans des versions remontées, en VF, etc. La première partie du film est fascinante tant par l’ampleur de son ambition (visuelle et du point de vue du scénario), avec une des plus belles séquences d’ouverture de l’histoire du cinéma (les quarante premières minutes avec Le beau Danube Bleu) que par la maîtrise de sa mise en scène. La dernière heure m’a un peu moins emballé, trouvant quelques longueurs et langueurs. C’est aussi l’histoire d’un échec public monumental et un cas atypique d’un film dépassé par ses ambitions au point de faire tourner définitivement une page d’un mode de production hollywoodien. On peut le voir comme un chef-d’œuvre : je l’ai vu comme un très bon film mais pas un film qui m’a bouleversé, même si sa première partie est admirable. Superbe travail éditorial et de restauration de Carlotta. BR fr (Version restaurée intégrale de 217 min)

 

Les enchaînés / The Notorious (Alfred Hitchcock, 1946) :  ♦♦♦

Derrière la trame sur l’espionnage (tourné après la Guerre), une belle histoire d’amour contrariée entre une femme dont le père a été lourdement condamné et un agent des services secrets. Le glamour des stars de l’époque et du couple principal, l’élégance de la mise en scène et sa virtuosité dans les moments clé (notamment toute la dernière partie avec les bouteilles de vin) sont la marque d’un réalisateur ici dans sa période avec la RKO. Hitchcock n’a pas son pareil pour faire naître le suspens, cadrer sur les visages en créant le doute, l’émotion. Pas son film le plus essentiel mais une belle démonstration de maîtrise technique et narrative. DVD fr

 

Planes (Kay Hall, 2013) :  ♦

L’itinéraire d’un avion rookie qui gravit petit à petit les échelons lors d’une course organisée aux quatre coins du monde. En compagnie de vieux « routiers » et de comparses parfois retors. Pixar nous a habitué à mieux avec ses précédentes productions. Ce n’est pas tant la faute à la technique (même si Dreamworks avc les deux Dragons le surpasse), mais plutôt à l’histoire ici narrée, loin d’être originale avec rebondissements et bons sentiments prévisibles. Un petit Pixar qui fait parfois sourire mais qui n’impressionne guère. BR fr

 

 The Tempest (Julie Taymor, 2011) :  ♦♦

Adaptation par Julie Taymor (qui avait déjà adapté Titus) de la dernière pièce de Shakespeare. Le film mêle effets spéciaux et rêverie/bizarrerie poétiques, en mettant surtout en avant un personnage principal féminin à la place de celui de la pièce. Le film part parfois dans délires visuels qui jurent avec le texte, mais il reste justement l’essentiel, le texte du dramaturge, comme souvent, superbe. BR fr

 

Les Chaussons Rouges/The Red Shoes (Michael Powell/Ernest Pressburger, 1948) : ♦♦♦♦♦

L’exigence dans l’art, la figure du Pygmalion qui façonne son égérie jusqu’au vertige amoureux délirant, les contraintes liées à la passion, qu’elle soit professionnelle, artistique et/ou personnelle. D’une richesse thématique étourdissante, Les chaussons rouges fait montre de la même splendeur par son traitement visuel, l’utilisation d’un Technicolor qui est selon Scorsese et il n’a vraiment pas tort, le plus beau de l’histoire. La montée en crescendo de l’intrigue accompagnée par l’alchimie entre la musique et le son, la mise en scène, la direction d’acteurs et les séquences de chorégraphies conduit à un final qui rappelle le Black Swan de Daronofsky, ou plutôt c’est ce dernier qui s’en est copieusement inspiré pour son film. Le plus stupéfiant c’est de constater que ce film a quasiment 70 ans et qu’il n’a pas pris une ride. La restauration est superbe, mais il y a aussi le film en lui-même : une déclaration d’amour au cinéma et au-delà à tous les artistes et à leur investissement. BR fr

 

Robot (Shankar, 2010) :  ♦♦♦

La première heure et demi est formidable, voire même magistrale. Il y a une véritable alchimie entre Rajnikanth (superstar en Inde du Sud, dont la seule évocation à l’écran met en transe des millions d’indiens dès que le générique apparaît, c’est le Amitabh Bachchan de l’Inde du Sud)) et Aishwarya Rai (qui a tourné pour le ciné hindi et aussi tamoul). Les deux semblent s’amuser comme des petits fous avec cette histoire d’intelligence artificielle, d’émancipation de la machine face à son créateur. L’univers est riche (les chorégraphies superbes), l’humour est là, la narration est fluide. Et puis, petit à petit le film lorgne du côté de Terminator 1 et 2, perdant un peu de son originalité au profit d’un déferlement d’action bigger than life (le final de vingt minutes qui ressemble à Transformers). C’est un peu dommage de céder à ce trop plein, mais la première partie est tout de même sacrément pêchue. BR UK (ici version hindie sous-titrée anglais, le film ayant été tourné en tamoul)

 

Outback (Jonathan Norton, 2009) :  ♦♦♦

Un film sorti de nulle part ou plutôt tout droit de l’Australie et du bush profond. Une histoire terrible sur une famille qui dégénère dans le meurtre gratuit et qui renferme de lourds secrets. Une oeuvre qui rappelle ce que donnaient Poursuite Mortelle et Sirens deux séries B elles aussi ultra efficaces : c’est sec comme un coup de trique, cadré au cordeau, assez frontal et bénéficiant d’une très belle photo avec tournage en décors naturels. Percutant, même si on sent que certains acteurs sont moins dirigés ou moins bons que d’autres. Probablement le BR le plus limité du marché français : une simple choix de versions et…c’est tout. Même pas de chapitrage, et encore moins de bonus. BR fr

 

Une femme mariée (Jean-Luc Godard, 1964) :  ♦

Godard filme une femme mariée qui hésite entre deux hommes. Une parabole sur la fidélité, le mariage, l’amour au style très aride, filmé en noir et blanc où des images parfois superbes côtoient des moments frôlant la démonstration de poseur avec tout un discours sur l’art, la création porté par une voix off qui se veut dissonante (images ne correspondant pas à ce qui est raconté). Le noir et blanc est beau, certaines images sont fortes, mais je préfère le Godard de Vivre sa vie, Le Mépris ou Pierrot le Fou, plus colorés, plus fous, plus créatifs aussi. Là je sens trop le théoricien cinéaste.  DVD Uk

Films du mois (Octobre 2014)

Films du mois (Octobre 2014) dans Cinéma Cinema

 

 

Film du mois

Sailor & Lula (David Lynch, 1990)

 saylor_et_lula_uk dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Ennemis Jurés (Ralph Fiennes,  2012) :  ♦♦

Ralph Fiennes devant et derrière la caméra transpose la pièce de Shakespeare, située à Rome dans une époque plus contemporaine. L’intérêt du film au-delà de l’affrontement entre deux gueules de cinéma (Fiennes lui-même et Butler) est de montrer les arcanes de la politique, et la violence du rapport de force entre le fils prodigue peu à peu lâché par le peuple parce que le méprisant, et son ennemi prêt à le renverser. La caméra portée façon reportage « pris sur le vif » ajoute une authenticité contemporaine à un récit qui par nature est intemporel : les affrontements pour le pouvoir se sont déroulés depuis l’Antiquité et même avant tout en continuant de nos  jours. Un film dans lequel Fiennes vocifère beaucoup, porté par une certaine énergie. Le BR ne lui rend pas hommage, avec une image trop laiteuse et des noirs peu profonds. BR fr

 

Edge of tomorrow (Doug Liman, 2014) :  ♦♦

Un concept de départ qui pourrait être un croisement de Un jour sans fin (pour la boucle temporelle), de Starship Troopers (pour les grosses bébêtes en CGI) et Aliens (pour les personnages de militaires bourrus, dont une femme qui aime le langage sans ambage). Ce qui est intéressant c’est de voir Tom Cruise dans un contre-emploi (c’est sûr il n’aurait pas accepté au moment de Top Gun et la technologie ne l’aurait sans doute pas permis) , ici dans la peau d’un déserteur plongé au sein d’une guerre qu’il ne souhaite pas livrer et qui est condamné à revivre le même champs de bataille en mourant plusieurs fois par jour. Même si Edge of Tomorrow n’égale pas le cynisme et l’acidité de Verhoeven, et si le début est extraordinaire, avec ses effets spéciaux soignés, son sens du rythme et la fascination que peut exercer le choix de l’exercice de style, le film recourt ensuite uniquement à cet argument de la répétition et du schéma narratif qui subit de légères variations, nuances. C’est bien ficelé mais un poil répétitif. BR fr 3D 

 

Querelle (Rainer Weiner Fassbinder, 1982) :   ♦♦♦♦♦

L’adaptation à l’écran du célèbre roman de Jean Genet, réputé inadaptable. Fassbinder s’est approprié la substance, l’érotisme suintant, l’audace, et la beauté sauvage de l’écriture du romancier pour en tirer un film qui lorgne vers le symbolisme, aidé par une photographie et une direction artistique à tomber à la renverse. J’avais découvert Querelle il y a plus de quinze ans sur Arte, un choc d’adolescence, et le revoir en HD m’a révélé de nouveau la puissance de l’écriture, la poésie brute de l’ensemble, l’homo érotisme qu’il dégage n’ayant d’égal que l’influence très importante qu’il eût sur le cinéma queer de la décennie qui naissait. Un film qui saisit par l’étonnante modernité de son propos (sorti en 1947) et son intemporalité, avec son monde de fantasmes, de marins, de putes, de folles,  la beauté de ses dessous chics et de ses étreintes éphémères. Un classique. BR fr

 

X-Men, Days of future past (Bryan Singer, 2014) :  ♦♦

Bryan Singer revient aux manettes, et cela se sent derrière la caméra après les deux derniers épisodes peu fameux signés Ratner et Vaughn. Les mutants voyagent dans les temps, plongés dans les années 70, au coeur des négociations pour les accords de paix en Janvier 1973 à Paris. La technique et les effets spéciaux spectaculaires sont au rendez-vous, les séquences d’action sont très lisibles mais peu nombreuses, car Singer aime développer les liens entre les personnages. La dernière demi-heure est cependant un petit feu d’artifices. L’occasion de se faire croiser l’ancienne et la nouvelle génération dans une 3D très immersive. Du bon travail d’artisan. BR fr 3D

 

Jamais le premier soir (Melissa Drigeard,  2013) :  ♦

 Les affres sentimentales d’une trentenaire larguée par son mec. Une comédie romantique française qui se désire d’aujourd’hui, en jonglant entre rires et émotions (la scène de « libération » durant laquelle une des copines de l’héroïne agrippe le micro pour raconter ses déboires). C’est parfois bien vu, Julie Ferrier a un bel abattage (elle était aussi bonne dans La Stratégie de la Pousette en mère célibataire aguicheuse), ça parle de cuisine bio, de tantrisme, d’échangisme. Mais c’est aussi assez inégal. BR fr

 

Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil, 1962)  :  ♦♦

Deux monstres sacrés du cinéma français pour un casse organisé sur la Côte d’Azur. L’intérêt principal du film est de revoir une partie de la France des années 60, dans ses moeurs, ses habitudes, son mode de vie, en jouant tout sauf la carte postale. L’interprétation de Delon est bonne, il était alors débutant après Plein Soleil. Gabin joue sur le code de l’ancien détenu qui joue sa dernière carte. C’est bien réalisé et joué, mais les dialogues d’Audiard finissent par m’agacer au bout d’une heure, car je ne suis pas fan de cette gouaille. C’est surtout la fin qui est génialement ironique. BR fr

 

The Last Starfighter (Nick Castle, 1984)  :  ♦♦

Toute une époque revit dans ce film très marqué années 80, mais c’est logique car il sortit en 1984 avant la révolution de l’ère digitale avec le passage aux SFX numériques (les CGI post Total Recall). C’est un film au charme désuet qui propulse son héros à l’intérieur du jeu-vidéo dont il est fan et dont il a pulvérisé le record. Les effets spéciaux ne sont pas massacrés par le passage à la HD, et c’est l’intérêt du film qui de montrer des dimensions parallèles, sur fond d’histoire romantique. Un joli exercice de style dont la musique fait penser à du John Williams période Star Wars. BR US 

 

The Violent Kind (The Butcher Brothers, 2012) :  O

L’argument consiste à faire passer ce film pour un croisement réussi entre Rob Zombie et David Lynch. C’est ce qu’indique la pochette. Le résultat ne tient ni du premier (le premier que je n’aime pas), ni du deuxième (dont j’aime beaucoup le cinéma, sauf ses derniers films). En fait c’est une série Z malhabile, déplaisante visuellement (photo, cadrage médiocres), interprétée dans l’hystérie collective, pour un film qui hurle plus qu’il ne parle. La première demi-heure est indigente, et le minimum d’intérêt arrive avec les trois lascars et leur tenue sixties (rockabilly attitude) au bout d’une heure. Mais c’est trop peu et trop tard pour sauver les meubles. BR fr

 

Red State (Kevin Smith, 2011) :  ♦♦♦♦

Ca commence comme un film d’adolescents qui veulent se faire un plan cul à quatre avec une MILF. Et ça se dirige ensuite très abruptement dans l’exercice de style sur la haine homophobe, la folie du prêche extrême, la libre circulation des armes dans une bourgade qui rappelle le pire de l’Amérique. Un film radical qui prend le spectateur à la gorge sans le lâcher une seconde, et surtout une oeuvre sur l’horreur sociale (bien plus effrayante que les maisons hantées et histoires de fantômes), qui fait froid dans le dos par son côté quasi documentaire et réaliste. Le film le plus violent de Kevin Smith (totalement à l’opposé de Clerks) , excellement interprété,  qui dégoûte justement de la violence. Dommage que la fin soit moins percutante que le reste, on était tout proche du chef-d’oeuvre. BR fr

 

Top Gun (Tony Scott, 1986) :  O

Avec le recul, c’est-à-dire plus d’une vingtaine d’années, c’est (un peu) amusant de revoir Tom Cruise faire ses premières armes après Risky Business, aux côtés de Val Kilmer et Anthony Edwards (futur acteur de Urgences). Ce sont les années 80, et si je me souvenais de la chanson du groupe Berlin, je n’avais pas encore vu le film. En dehors des séquences aériennes, le film se concentre surtout sur l’histoire d’un pilote de chasse qui essaie d’emballer une prof. Et qui met 55 minutes à le faire. La charge homo-érotiqe des vestiaires tranche avec le côté ultra masculiniste des autres scènes d’où la testostérone suinte de la pellicule. Un film de son époque, blockbuster carnassier, plat et bourré de sous-entendus sexuels. La 3D est spectaculaire pas le film. BR italien 3D

 

La belle et la Bête (Jean Cocteau, 1946)  :  ♦

Il y a les décors, le maquillage, le beau noir et blanc contrasté, l’onirisme, une certaine invention dans le montage (le recours au ralenti inversé, entre autres), les thématiques de la jeunesse, de la beauté et de la laideur, de l’amour qui peut triompher de tout. Mais il y a aussi un ton et des dialogues parfois empesés, d’une grande théatralité, un étonnant (pour l’époque) dialogue d’ouverture « Tu veux que je te casse la gueule ? » un jeu qui tend vers le surjeu de tous les acteurs. C’est un film qui mêle le conte, l’onirisme, le fantastique mais dont l’histoire ne m’a au final pas ému. Très bel écrin pour un film considéré comme un classique que je désirais découvrir mais qui ne m’a pas du tout transporté.  BR Fr

 

Hissss (Jennifer Lynch, 2010)  :  O

Il y a quelque chose de profondément invraisemblable dans cette histoire de femme serpent, qui dès l’intro souligne le fossé abyssal entre les intentions (faire peur) et le résultat visuel final qui semble avoir échapper (ou alors c’est proprement incroyable) à ses géniteurs, notamment sur le plan des effets visuels. Jennifer Lynch (Boxing Helena) raconte cette fable faite de légendes, d’horreurs et de meurtres dans un climat qui oscille entre Anaconda, Bruno Mattéi et Max Pécas. La faute aussi à des choix éditoriaux incongrus : une seule VF disponible qui semble avoir été faite après une soirée arrosée, la copie du transfert de l’édition indienne Venus Records, d’où une image très peu définie et contrastée, l’absence de bonus pour essayer de comprendre le comment du pourquoi. Un film assez saisissant, parce qu’il semble avoir été tourné en postproduction dans les années 80, avoir été caché et être ressorti en cachette trente ans plus tard.  Même avec le minimum de sympathie que j’ai pour Mallika Sherawat et Irrfan Khan je ne peux mettre autre chose que O . DVD fr

 

Gerontophilia (Bruce LaBruce, 2014) :  ♦♦♦

Habitué à davantage de provocation, cinéaste de la frange, surtout à ses débuts, BruceLaBruce réalise ici son film le plus simple, le plus limpide, et aussi le plus sentimental. Cette histoire d’un jeune homme embauché dans une clinique pour seniors qui rencontre et tombe amoureux d’un septuagénaire touche à l’universel. Le rôle principal joué par le nouveau venu Pier-Gabriel Lajoie  est à la fois beau et magnétique. L’acteur qui incarne Melvin aussi. Un beau road-movie (puisque c’en est un) sur les amours à tous âges, qui laisse avec le sentiment de voir un cinéaste venant d’atteindre son but : réaliser son meilleur film. Deux petites remarques : un choix de jaquette étonnamment lisse alors que le film est justement audacieux et l’absence de sortie en Blu-ray ce qui cantonne le cinéma queer au support DVD quand les films « hétéros » sortent très souvent en HD. C’était la même frustration pour l’Inconnu du Lac. DVD fr

 

Dagmar (Roar Utaug, 2012) : ♦♦♦

Une course-poursuite dans la forêt norvégienne qui rappelle le Poursuite Mortelle sorti lui aussi directement en vidéo. Cette traque entre un groupe d’hommes menée par une femme et deux gamines est sèche comme un coup de trique et va directement à l’essentiel. Les deux interprètes féminines qui jouent les pourchassées sont saisissantes, le cadre est original, les ralentis bien choisis. Une oeuvre violente qui illustre aussi le cercle de la violence : les enfants se retournent contre les prédateurs. BR fr

Q (Laurent Bouhnik, 2012) :  ♦

Laurent Bouhnik, réalisateur il y a quinze ans de Zonzon, aurait pu tourner un film pornographique en vidéo. C’est un peu l’idée que l’on se fait de ce film qui prend (trop) souvent la pose du film d’auteur pour se justifier de ces scènes de sexe (non simulées) à la façon d’un étudiant studieux qui veut un peu choquer mais sans pousser le bouchon trop loin, s’arrête à la frontière du sexe, parce qu’écrit et réalisé par un cinéaste du traditionnel. Les comédiennes se livrent corps et âme (surtout Déborah Revy, la révélation qui pourrait être enfermée dans ce rôle comme Maruschka Detmers au temps de Le Diable au corps ) les comédiens ne sont en revanche eux pas très bons, ça parle beaucoup, philosophe parfois.  On pense à Brisseau. Mais je préfère Choses secrètes. BR fr

 

Angélique, Marquise des Anges (Ariel Zeitoun, 2013) :  ♦

Ce n’est pas le nanar friqué vilipendé un peu partout comme j’ai pu le lire. Ni un grand film au souffle épique. Ce qui m’a le moins convaincu et qui donne un cachet paradoxalement un peu daté au film c’est l’emploi d’une HD comme on peut en voir dans Miami Vice à la place de la pellicule argentique. Je n’en suis pas fan et ce film renforce mon sentiment. Le film quant à lui se suit sans problème, c’est un récit d’histoire, d’amour, de mélodrame, avec un côté La belle et la Bête, contexte historique, religieux (le poids de la religion transpire de toutes les scènes) balayé par une caméra qui alterne les plans fixes avec des délires de steadycamer qui prend manifestement plaisir à la trimballer partout où il le peut. Le problème c’est que si la 1ère heure est assez plaisante, la deuxième l’est beaucoup moins et tombe dans tous les travers (surjeu constant, effets visuels douteux, stock shots invraisemblables, etc). Bref un film pas honteux mais très inégal. Et aussi la révélation Florence Coste en servante. BR fr

 

Cosmopolis (David Cronenberg, 2012) :  O
J’aime beaucoup le cinéma de Cronenberg, sa mise en scène, ses idées. Mais ce Cosmopolis qui décrit l’état mental, les turpitudes et le début d’un monde qui s’écroule (celui des traders, dont le personnage principal s’est ici enfermé dans sa limousine high-tech) m’a paru extrêmement bavard, poussif et ennuyeux. Il y a bien ici et là des touches Cronenbergiennes en diable, mais l’univers ultra glacial, les dialogues à rallonge et le peu d’intrêt de la seconde partie  (malgré un final qui rappelle Existenz) en font un des films les plus faibles et pour tout dire l’un des moins aimables de sa filmographie. Bien tenté, mais raté. BR fr

 

Sailor et Lula (David Lynch, 1990):  ♦♦♦♦♦

Je ne l’avais jamais vu. C’est le Lynch du début des années 90, qui fait le lien entre la fin des années 80 marquée entre autres Par Blue Velvet et l’avant Twin Peaks puis Lost Highway (son chef-d’oeuvre à mon sens des 90′s). Dès l’intro (incroyable), le film distille une énergie, une vitalité et une originalité constantes. Il assume aussi son culot jusqu’à faire jouer une mère pyschopathe par la propre mère de Laura Dern. Mariant les genres avec un égal bonheur et une maîtrise stupéfiante de la mise en scène et de la direction d’acteurs (road-movie, film d’horreur, comédie, mélodrame), ce Sailor et Lula ouvre la voie d’une nouvelle ère du cinéma américain indépendant et a dû faire l’effet d’une bombe lors de sa projection Cannoise. Il peut susciter autant le dégoût que l’adhésion totale. Laura Dern est ici exceptionnelle, provoquant un désir et une passion amoureuse qui n’ont d’égal que le jeu survitaminé en mode Elvis Presley (les clins d’yeux sont nombreux) de Nicolas Cage. Un film étonnant, très original, novateur dans sa structure et sa forme.  BR fr

 

Les garçons et Guillaume à table (Guillaume Galienne, 2013) :  ♦

Je n’ai rien contre Guillaume Galienne (son triomphe n’est pas un scandale), mais j’ai trouvé ce film qui raconte la façon avec laquelle il était considéré et vu par sa mère omniprésente (il y a quelque chose d’Oedipien, mais surtout de profondément égocentrique) pas très amusant, celui-ci  ne m’ayant pas convaincu du tout sur le fond (une écriture qui se veut sans doute brillante mais qui ne m »a pas fait sourire une fois), comme sur la forme (un style feutré et très lisse). Ecrit, produit, réalisé et interprété par un garçon qui se veut sans doute discret mais vampirise tout (en raflant même 5 Cesar). Une comédie quelconque qui ne m’a pas touché. BR fr

 

La stratégie de la poussette (Clément Michel, 2013) :  ♦♦

Les atermoiements et la peur de l’engagement au coeur de cette comédie française aux couleurs pop, agréable à suivre et mettant en scène un duo d’acteurs convaincant, celui composé de Raphaël Personnaz en trentenaire qui hésite à devenir père de famille mais est très amoureux, et Charlotte Le Bon, craquante. Les scènes comiques s’enchaînent et c’est une comédie assez pimpante à laquelle on assiste. Curieusement le film a été très mal reçu par la critique. Pourtant il y a eu bien pire et pourtant bien plus loué.
BR fr

 

Passion (Brian de Palma, 2012) :  O

Difficile de croire qu’il s’agit bien de Brian de Palma, formaliste génial dans les années 70-80, derrière la caméra, car même s’il se voulait pastiche, cet exercice de style sur la fascination-répulsion de deux femmes évoluant professionnellement dans un environnement aussi glacé que l’est la photo du film est vite pénible. Dialogue, photo, mise en scène, tout semble être pensé sous l’angle du minimalisme désincarné. Résultat un film aussi froid que désincarné. Un film à oublier dans cette filmographie pourtant très riche et qui pour le coup ne montre aucune passion. BR fr

Domination (Erik Lamens, 2013) :  ♦♦

Derrière sa jaquette un peu racoleuse, surtout faite pour vendre, une réflexion pertinente inspirée d’un fait divers réel belge, assez riche sur la vie privée, y compris celle qui fait le quotidien des juges, représentants de l’ordre et de la justice. Et c’est un juge qui est ici accusé de tortures et d’actes de sévices, renvoyé devant une cour et condamné. Au-delà du regard porté sur les violences que l’on peut se faire dans le cadre de l’intimité, c’est surtout la question de la morale, de ce qui en découle ou non et le regard porté sur les autres qui est ici traité, sans condescendance aucune. Les acteurs sont bons et le constat terrible : le SM consenti aboutit parfois à des énormités de jugement, et à des scandales sexuels qui n’existent que dans les yeux de ceux qui observent avec dédain. BR fr

 

Minuscule (Thomas Szabo et Hélène Giraud, 2014) :  ♦

Une intro intrigante, de beaux décors, mais très vite, et c’est dommage le film qui opte pour quelque chose de spectaculaire alors que le visuel devrait exprimer l’inverse (chaque pas, chaque mouvement est surligné) donne  l’impression d’un bourdonnement continue qui finit par rendre le visionnage un peu pénible. C’est techniquement très abouti, surtout sur le plan visuel, avec une animation à « l’ancienne », les scènes d’affrontements entre les clans prenant des allures de blockbuster avec un effet loupe sur l’infininement petit qui devient grand, mais je n’ai pas du tout été touché. BR fr

Top cinéma 2013

Top cinéma 2013 dans Top cinéma 2013 blancanieves-affiche-880x385

Dans quelques jours nous serons en 2014. Le temps de refermer la parenthèse cinématographique de 2013 avec un nouveau top, le dernier en l’occurrence, focalisé cette fois-ci sur les films de l’année. Après les tops musicaux consacrés aux clips, aux singles, aux albums et aux pochettes, voici le cinquième et dernier top annuel. Celui du cinéma.

Contrairement à ce qu’écrit Nio sur son blog, je ne trouve pas que 2013 ait été une très grande année cinématographique (enfin si j’ai bien compris ce qu’il sous-entend, en parlant d’une grande qualité musicale et de grands films, son top ciné venant de faire son apparition). Je ne crois pas que 2013 ait été une très grande année côté septième art contrairement à la musique qui fut servie plus que généreusement en opus de grande et très grande qualité.

Mais ce n’est peut-être qu’un sentiment personnel. En fait 2013 est surtout à mes yeux l’année de trois films qui émergent clairement et qui « sauvent » à eux seuls une production que j’ai trouvée loin d’être fantastique.

Si 2012 avait été l’année de Miss Bala et de Hasta La Vista, 2013 a été celle d’une pluie de supers productions et autres blockbusters qui globalement m’ont laissé de marbre, voire déçu ou carrément insupporté. Je loue l’ambition de Cloud Atlas, notamment sur le plan du script, mais je n’ai pas forcément adhéré plus que cela à la plastique de l’œuvre, et notamment la partie futuriste.

Je n’ai pas encore vu Lone Ranger, mais j’ai été catastrophé par Man of Steel (alors que j’avais beaucoup aimé Sucker Punch) qui est exactement l’opposé de ce que j’aime dans le cinéma américain, et y compris, dans ce cas de figure, celui du grand spectacle. Idem pour Gatsby le magnifique, à côté de la grosse déception A la merveille, et des films détestés comme Maniac, Passion et Only God Forgives.

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Mais l’année 2013, c’est l’année des histoires d’amour qui commencent bien et se finissent mal. Des passions plurielles. C’est l’année des soubresauts amoureux et des premières expériences gravées dans le cœur et la mémoire. Ce sont les premiers pas des débutantes (ou quasi) Adèle Exarchopoulos, Marina Vacth, où les thèmes des films rejoignent les thématiques et les problématiques sociales.

Si l’année s’est ouverte et a continué au Printemps sur les Manifs anti mariage pour tous dans un climat particulièrement tendu et à l’arrière-goût rétrograde, elle s’est refermée sur des polémiques à la pelle qui n’ont pas cessé de relancer les invectives, les pics entre les communautés, montré du doigt les soi-disant personnes « anormales » et ciblé des gens qui n’avaient rien demandé à personne, ou plutôt si : les mêmes droits pour tous. Bref le cinéma social a rejoint les thématiques de la vie de tous les jours en ne faisant parfois qu’un.

Voici le top cinéma 2013, sachant que les trois premières places sont les gros coups de cœur et qu’ils se détachent nettement du reste pour leur audace, leur originalité et leur beauté. Ce n’est pas La Vie d’Adèle qui gravit la première marche mais un film espagnol, venu quasiment de nulle part, intitulé Blancanieves, arrivé dans les salles françaises fin janvier et qui m’a littéralement cueilli.

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Blancanieves de Pablo Berger (Espagne, 2013)

Dès son extraordinaire séquence d’ouverture sur une scène de tauromachie, le film ne dévie jamais de l’objectif qu’il s’est assigné : proposer une relecture moderne du conte de Blanche-Neige (mon film d’animation préféré) avec pour décor Séville et ses héroïnes qui rappellent le cinéma muet des années 20 (en particulier Murnau, car l’on pense à L’aurore -le film préféré de Truffaut- mais aussi dans un autre genre à Soy Cuba pour certains de ses gros plans en grand angle). L’expressionnisme remis au goût du jour, sans forcer le pastiche ou la parodie. Mais en distillant une belle dramaturgie.

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L’aurore de Murnau (1927, Allemagne)

Une réussite exemplaire, portée par Macarena Garcia, un noir et blanc somptueux, Maribel Verdu (déjà l’affiche de Y Tu Mama Tambien en 2001), et surtout une mise en scène qui étonne par l’invention de ses plans et ses idées (environ une toutes les trente secondes). Le film comporte d’ailleurs une des plus belles ellipses vues depuis 2001 L’odyssée de l’Espace avec la scène du linge et le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un film qui reprend les codes du conte (méchante, trajet personnel de vie, aléas, rebondissements, environnement protecteur, etc) et qui met de nouveau du pep dans un cinéma ibérique qui semble se renouveler régulièrement ces dernières années.

Blancanieves, un an après Tabou a relancé une esthétique cinématographique en prenant le risque de tourner dans un format rare, le 1.33, en noir et blanc et muet. La musique d’accompagnement est superbe.

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La Vie d’Adèle, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos (Abdellatif Kéchiche, 2013)

Deux autres cœurs ont battu très fort cette année. Ceux d’Adèle et Léa, récompensées par la Palme d’Or à Cannes. J’en ai lu un peu sur le film mais je me préservais autant que je pouvais et c’est très tard que je l’ai découvert. Un film porté par ses comédiennes et par la force de sa mise en scène.

Un film sur la passion, sur l’amour, sur les rencontres déterminantes et sur le passage, fragile, délicat de l’adolescence à l’âge adulte, cœur de tous les vertiges, des découvertes et des blessures qui les accompagnent, quand les chimères se heurtent à la réalité du quotidien. Kéchiche filme le passage de relais, l’amour du verbe et des sens, avec ces deux jeunes femmes qui se découvrent, s’aiment et se séparent. C’est un film qui peut facilement bouleverser, surtout si on le découvre à l’âge qu’ont les héroïnes issues du quotidien, et pourtant venues d’univers sociaux différents, ce qui est en filigrane, l’une des thématiques récurrentes du cinéma du réalisateur (L’Esquive, La Graine et le Mulet, entre autres).

Le film doit ses respirations, sa beauté plastique, au jeu de lumières, aux contrastes qu’offre la photographie du film, solaire et mordorée au début, puis un peu moins chaude quand pointe l’automne. Mais il y a les sentiments, cette relecture du marivaudage (Kechiche cite Marivaux comme une de ses principales influences), en liant la fiction littéraire (La Vie de Marianne) et ce que vit Adèle dans la « vraie » vie, cette découverte de l’amour avec un grand A, celui qui donne le vertige et envie de connaître l’autre par tous ses pores et toute son âme. Certains ont été gêné par les scènes de sexe. Je les ai trouvées, surtout la première, charnelle, crue, vive, avec ce quelque chose d’effréné, cet appétit qui ne parvient jamais tout à fait à être satisfait, qui ne parvient pas à satiété. Le plus beau texte que j’ai pu lire sur le film, outre celui de rêveur, reste celui de Tristana (que je salue au passage) et que je reproduis ici :

J’ai été complètement embarquée par ce film.

Déjà, j’ai trouvé Adèle EXTRAORDINAIRE, cette nana est d’un naturel effarant, elle est de quasiment tous les plans et Kechiche a été bien malin de réaliser son film comme ça, parce qu’elle illumine l’écran, elle est absolument incroyable. Léa Seydoux face à elle est très fade, ce qui n’est pas un gros problème puisqu’en fait ce qui compte c’est Adèle, sa vie, sa passion pour Emma ; il est vrai que la scène de la dispute est un peu ratée, c’est dommage car je trouve que les deux actrices étaient bien dans le ton, mais les dialogues sont complètement décalés par rapport au reste du film (« petite traînée » etc). Après, je me dis aussi que Kechiche a peut-être fait exprès de faire de cette scène de dispute une scène un peu artificielle car au fond, Emma se sépare d’Adèle pas parce qu’elle l’a trompée, mais parce qu’elle ne l’aime déjà plus (on voit bien lors de la soirée avec les amis d’Emma qu’elle est déjà trèèèrs proche de Lise) et qu’elle a besoin de ce prétexte pour se débarrasser d’elle. Du coup elle feint la colère et utilise un vocabulaire qui sonne faux…

On a beaucoup parlé des scènes de sexe, trop longues ou gratuites, trop réalistes ou pas assez… Moi je les ai trouvées tout à fait justes, je pense déjà qu’il était important voire essentiel de montrer la sexualité de leur couple, parce que Kechiche voulait certainement se démarquer de l’image de l’homosexualité qu’on voit souvent au cinéma ou à la télé : des couples qu’on voit s’embrasser mais jamais baiser, alors que pour les hétéros c’est le passage obligé de n’importe quel film (ou presque) ; ensuite, il y avait aussi probablement l’envie de montrer que la sexualité lesbienne, ce n’est pas ce qu’on voit dans les pornos, et même si on peut toujours rétorquer que les scènes de cul ne représentent pas la « réalité », le fait est qu’on ne peut jamais représenter franchement la réalité dans une scène de sexe, parce que chacun baise différemment… Au moins là aussi Kechiche s’est écarté du cliché des lesbiennes qui s’effleurent en gémissant comme des chaudasses : là, les nanas y vont, se touchent, se claquent, se pétrissent, se lèchent, se doigtent, bref : on est dans du vrai, du concret, voire quelque chose d’assez animal. Et puis d’ailleurs, j’ai trouvé que les deux scènes de sexe entre les actrices permettait de donner un côté concret à la passion qu’elles vivent : on le ressent bien dans le regard d’Adèle, mais c’est vraiment à ce moment-là qu’on ressent ce truc assez dévorant qui les habite, cette envie de se bouffer l’une l’autre, et l’incapacité à être satisfaites (on ne les voit jamais jouir, ou alors ça dure trèèèès longtemps : leur histoire c’est une jouissance permanente qui, paradoxalement, n’explose jamais vraiment). Vraiment, pour moi ça fait totalement sens dans l’histoire.

En fait, je ne les ai pas trouvées spécialement excitantes, les dites scènes : ce n’est pas franchement filmé comme quelque chose de sensuel, on est plutôt dans un truc un peu cru, réaliste, et donc qui ne donne pas franchement envie. A la rigueur la scène de la masturbation d’Adèle est la plus excitante ; mais les scènes à deux, je les trouve « cliniques », en fait, on voit bien que Kechiche n’a pas cherché à esthétiser le truc, ni à l’érotiser : ce sont deux corps qui s’entrechoquent parce qu’ils le doivent, pas pour satisfaire le spectateur.

Mais surtout ce qui m’a transpercée, c’est le côté social du film, cette incompatibilité entre deux mondes qui ne se rencontreront en fait jamais : Adèle est une prolo, elle prend le bus le matin, va au lycée, bouffe des spaghettis et rêve de devenir instit, alors qu’Emma vient d’une famille d’artistes qui mangent des fruits de mer et pour qui exister, c’est se réaliser artistiquement. La tête des parents d’Emma quand Adèle leur dit qu’elle veut devenir instit, comme si c’était naze, comme si vouloir un boulot stable et qui a du sens (parce que ça a du sens pour Adèle de vouloir passer le flambeau : en bonne prolo, elle sait ce qu’elle doit à l’école, son goût pour la lecture notamment) était une ambition minable. On peut penser que tout ça est un peu cliché, mais je trouve ça finalement tellement bien vu : le problème entre Adèle et Emma, ce n’est pas qu’elles sont homosexuelles et que leur relation doit être cachée (aux parents d’Adèle uniquement), mais bien que leurs mondes sont trop opposés pour qu’elles puissent envisager quelque chose de sérieux. D’ailleurs, ce que ressent Adèle pour Emma n’est pas de l’admiration, ça n’a rien à voir avec quelque chose de rationnel, c’est purement animal, passionnel (quand elles se revoient, Adèle lui dit : « j’ai envie de toi, tout le temps »), et qu’elle peigne des toiles et qu’elle expose, elle s’en moque : ce n’est pas ça qui l’a séduite.

Emma reste bloquée dans son monde où ne pas connaître Schiele et ne pas rêver à un destin artistique sont des hérésies, quand Adèle reste bloquée dans le sien où, même en couple avec une femme, elle se satisfait d’être la gentille soumise qui fait à manger (jusqu’à un certain point, ceci dit, puisque le fait qu’elle trompe Emma montre bien que leur union ne fonctionne pas pour elle non plus).

Dans le climat actuel en tout cas, c’est un film qui fait un bien fou, qui parle de l’amour entre femmes avec beaucoup de réalisme et de lucidité, et qui surtout porte un oeil juste et sensible sur les différences sociales qui restent, encore aujourd’hui, des freins à la passion, la vraie, celle qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie.

(Et définitivement, les regards qu’envoie Adèle à Emma alors qu’elles ne sont pas encore ensemble, notamment dans la scène sur le banc où Emma la dessine pour la première fois, font partie des plus belles choses que j’aie jamais vues au cinéma. Il y a une vérité là-dedans, une fragilité qui m’a réellement bouleversée.)  Tristana, 22 octobre 2013, dvdclassik.com

J’ai trouvé cela très beau et picturalement maîtrisé. J’ai juste été surpris par l’enchaînement des deux autres, plus courtes et s’enchaînant un peu trop rapidement. Menu défaut, pour un film porté par ce sens du cadre (le gros plan ne m’a nullement dérangé), et cette narration qui file à cent à l’heure. On peut aussi dire, on pourrait en tout cas, qu’il porte ce secret charnel qu’est celui du désir amoureux, de l’éveil à la sexualité, et pas simplement un film sur les amours homosexuelles, saphiques en l’occurrence, puisque le film aurait aussi pu s’intituler La Vie de Bertrand ou La Vie de Bertrand et Stéphanie.

Ce qui a fasciné vraisemblablement le peintre des mœurs et du quotidien (se lever, aller en cours, discuter avec ses copines, s’interroger sur ses choix de vie, sa sexualité, ses désirs) c’est l’alchimie entre les deux actrices, et puis les scènes-clés qui font clairement monter en intensité avec lequel je n’ai pas vu le temps passer : la scène des escaliers juste avant le cours d’anglais durant laquelle Adèle a un déclic et se voit offrir son premier baiser amoureux lesbien (léger flirt) avant de connaître presque immédiatement sa première déception, celle de la première dispute durant laquelle l’homophobie latente et maladroite s’invite, la rupture avec les longs sanglots et la bulle qui soudain explose, laissant deviner une rupture alors inévitable, et enfin la scène, magnifique, du café, durant laquelle Emma a cette phrase inouïe :

J’aurai toujours une infinie tendresse pour toi  »

Emma à Adèle dans La Vie d’Adèle

Il ne s’agit plus d’amour physique, on le sait, on le sent, mais cette phrase-là, il faut la resituer dans le contexte antérieur, et dans ce sentiment puissant qui est qu’être aimé(e) est sans doute plus fort qu’aimer.

C’est amusant enfin de voir que deux films se soient répondus (nombreux Prix à Cannes, bouche à oreille positif) en traitant tout deux de sexualité et de diversité, l’un sur le ton du portrait initiatique l’autre en calquant des codes de la tragédie grecque (un lieu, un temps, une unité, un drame), avec d’un côté des femmes qui s’aiment et de l’autre des hommes qui s’aiment aussi, se draguent, en côtoyant Eros et Thanatos.

Qu’ils aient aussi déclenché l’ire des censeurs (pour l’affiche de l’Inconnu du lac, au XXIème siècle, c’est tout de même incroyable), et des réfractaires aux droits des homosexuels au mariage et à l’adoption. Dans les deux cas, on se lèche et on se suce, on jouit et on se cherche, on se sépare aussi, comme tous les couples finalement, enfin de ceux là qui vivent aussi leurs passions, leurs espoirs et leurs désillusions, comme n’importe quel couple hétéro.

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L’inconnu du lac (Alain Guiraudie)

Et puis il y a eu les rencontres de jeunes hommes au milieu du lac, un lac clément d’abord puis théâtre d’un crime mystérieux. Alain Guiraudie a filmé frontalement la nudité, le désir, le sexe entre hommes avec un naturel confondant (se plaisant lui aussi à apparaître dans le plus simple appareil lors d’un plan inaugural). Un film qui sous son apparente légèreté laisse traîner un parfum de danger anxiogène, où les corps après s’être étreints se font violence.

Là encore, une bien belle utilisation d’un décor unique, des personnages qui se frôlent ou font clairement l’amour, se sucent et se masturbent et se pénètrent en gros plans, dans l’ombrage, avec paradoxalement une pudeur certaine.

Et puis c’est formidable qu’un film d’une telle liberté puisse être tourné aujourd’hui, loin du cadre parisien, avec cette ambiance ouatée et travaillée dans les moindres détails grâce à un excellent travail sur la lumière et le cadre.

 Le top 10 Cinéma 2013

1) Blancanieves (Pablo Berger, Espagne)

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2) La vie d’Adèle, Chapitres 1 & 2 (Abdellatif Kechiche, France)

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3) L’inconnu du lac ( Alain Guiraudie, France)

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4) Hansel et Gretel (Tom Wirkola, Etats-Unis)

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5) Spring Breakers ( Harmony Korine, Etats-Unis)

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6) Evil Dead ( Fede Alvarez, Etats-Unis)

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7) World War Z  (Marc Foster, Etats-Unis)

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8) Django Unchained (Quentin Tarantino, Etats-Unis)

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9) After Earth (M Night Shymalan, Etats-Unis)

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10) Max (Stéphanie Murat,  France)

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Julie Maria : Danemark atmosphérique

Julie Maria : Danemark atmosphérique dans Danemark JulieMaria-92481_credit-Gull-Mai-Salling-Friis-makeup-Henrik-Adamsen-foto-lo

Un peu de musique atmosphérique voire planante avec quelques morceaux du disque de Julie Maria, intitulé Kom.

Une des belles pochettes de disque de l’année également.

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Gä Alene

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Ude af milg selv

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Beat

 

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