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Une soirée Lesbienne de la toile

Une soirée Lesbienne de la toile dans Actualités

Lesbienne de la toile s’adresse aux femmes, aux femmes qui aiment les femmes mais aussi aux hommes gay-friendly, et en général à tous, hétéros, homos, bi et autres. Le site œuvre pour les droits des femmes homosexuelles, mais pas uniquement. Il milite pour les mêmes droits, en général, quel que soit le sexe, pour une certaine idée de la culture féminine (car il n’ y a UN mais DES féminismes) et pour une meilleure visibilité aussi des lesbiennes.

Ouverture d’esprit, honnêteté, engagement politique, social, culturel sont quelques unes des caractéristiques qui m’ont poussé à les suivre en ligne sur leur très beau site, comme sur twitter. Récemment elles se sont fendues d’un bel article sur une artiste suédoise que j’aime beaucoup, Béatrice Eli (dont j’avais chroniqué le disque pour We are les filles)  ou encore sur l’auteure du meilleur album 2014 à mon sens, celui de La Féline

Lesbienne de la toile organise une soirée techno le 10 avril à partir de 23H45 avec Alienata, Anetha et Sarah Chebi, et bien que n’étant pas officiellement leur porte-parole, je tenais néanmoins, à titre amical, et parce que la démarche me plaît, glisser un petit mot et faire un petit peu de pub, pour d’une part connaître le site et ses actions si ce n’était déjà fait et signaler un évènement culturel avec l’exposition de l’artiste Ana Sting. Ou comment joindre le plaisir musical à celui de l’art visuel. Pour toutes les infos concernant cet évènement, c’est sur leur page Facebook.

Lesbienne de la toile tissant sa toile dans l’univers du net et oeuvrant pour la bonne cause.

 

 

Top cinéma 2013

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Dans quelques jours nous serons en 2014. Le temps de refermer la parenthèse cinématographique de 2013 avec un nouveau top, le dernier en l’occurrence, focalisé cette fois-ci sur les films de l’année. Après les tops musicaux consacrés aux clips, aux singles, aux albums et aux pochettes, voici le cinquième et dernier top annuel. Celui du cinéma.

Contrairement à ce qu’écrit Nio sur son blog, je ne trouve pas que 2013 ait été une très grande année cinématographique (enfin si j’ai bien compris ce qu’il sous-entend, en parlant d’une grande qualité musicale et de grands films, son top ciné venant de faire son apparition). Je ne crois pas que 2013 ait été une très grande année côté septième art contrairement à la musique qui fut servie plus que généreusement en opus de grande et très grande qualité.

Mais ce n’est peut-être qu’un sentiment personnel. En fait 2013 est surtout à mes yeux l’année de trois films qui émergent clairement et qui « sauvent » à eux seuls une production que j’ai trouvée loin d’être fantastique.

Si 2012 avait été l’année de Miss Bala et de Hasta La Vista, 2013 a été celle d’une pluie de supers productions et autres blockbusters qui globalement m’ont laissé de marbre, voire déçu ou carrément insupporté. Je loue l’ambition de Cloud Atlas, notamment sur le plan du script, mais je n’ai pas forcément adhéré plus que cela à la plastique de l’œuvre, et notamment la partie futuriste.

Je n’ai pas encore vu Lone Ranger, mais j’ai été catastrophé par Man of Steel (alors que j’avais beaucoup aimé Sucker Punch) qui est exactement l’opposé de ce que j’aime dans le cinéma américain, et y compris, dans ce cas de figure, celui du grand spectacle. Idem pour Gatsby le magnifique, à côté de la grosse déception A la merveille, et des films détestés comme Maniac, Passion et Only God Forgives.

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Mais l’année 2013, c’est l’année des histoires d’amour qui commencent bien et se finissent mal. Des passions plurielles. C’est l’année des soubresauts amoureux et des premières expériences gravées dans le cœur et la mémoire. Ce sont les premiers pas des débutantes (ou quasi) Adèle Exarchopoulos, Marina Vacth, où les thèmes des films rejoignent les thématiques et les problématiques sociales.

Si l’année s’est ouverte et a continué au Printemps sur les Manifs anti mariage pour tous dans un climat particulièrement tendu et à l’arrière-goût rétrograde, elle s’est refermée sur des polémiques à la pelle qui n’ont pas cessé de relancer les invectives, les pics entre les communautés, montré du doigt les soi-disant personnes « anormales » et ciblé des gens qui n’avaient rien demandé à personne, ou plutôt si : les mêmes droits pour tous. Bref le cinéma social a rejoint les thématiques de la vie de tous les jours en ne faisant parfois qu’un.

Voici le top cinéma 2013, sachant que les trois premières places sont les gros coups de cœur et qu’ils se détachent nettement du reste pour leur audace, leur originalité et leur beauté. Ce n’est pas La Vie d’Adèle qui gravit la première marche mais un film espagnol, venu quasiment de nulle part, intitulé Blancanieves, arrivé dans les salles françaises fin janvier et qui m’a littéralement cueilli.

Blancanieves

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Blancanieves de Pablo Berger (Espagne, 2013)

Dès son extraordinaire séquence d’ouverture sur une scène de tauromachie, le film ne dévie jamais de l’objectif qu’il s’est assigné : proposer une relecture moderne du conte de Blanche-Neige (mon film d’animation préféré) avec pour décor Séville et ses héroïnes qui rappellent le cinéma muet des années 20 (en particulier Murnau, car l’on pense à L’aurore -le film préféré de Truffaut- mais aussi dans un autre genre à Soy Cuba pour certains de ses gros plans en grand angle). L’expressionnisme remis au goût du jour, sans forcer le pastiche ou la parodie. Mais en distillant une belle dramaturgie.

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L’aurore de Murnau (1927, Allemagne)

Une réussite exemplaire, portée par Macarena Garcia, un noir et blanc somptueux, Maribel Verdu (déjà l’affiche de Y Tu Mama Tambien en 2001), et surtout une mise en scène qui étonne par l’invention de ses plans et ses idées (environ une toutes les trente secondes). Le film comporte d’ailleurs une des plus belles ellipses vues depuis 2001 L’odyssée de l’Espace avec la scène du linge et le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un film qui reprend les codes du conte (méchante, trajet personnel de vie, aléas, rebondissements, environnement protecteur, etc) et qui met de nouveau du pep dans un cinéma ibérique qui semble se renouveler régulièrement ces dernières années.

Blancanieves, un an après Tabou a relancé une esthétique cinématographique en prenant le risque de tourner dans un format rare, le 1.33, en noir et blanc et muet. La musique d’accompagnement est superbe.

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La Vie d’Adèle, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos (Abdellatif Kéchiche, 2013)

Deux autres cœurs ont battu très fort cette année. Ceux d’Adèle et Léa, récompensées par la Palme d’Or à Cannes. J’en ai lu un peu sur le film mais je me préservais autant que je pouvais et c’est très tard que je l’ai découvert. Un film porté par ses comédiennes et par la force de sa mise en scène.

Un film sur la passion, sur l’amour, sur les rencontres déterminantes et sur le passage, fragile, délicat de l’adolescence à l’âge adulte, cœur de tous les vertiges, des découvertes et des blessures qui les accompagnent, quand les chimères se heurtent à la réalité du quotidien. Kéchiche filme le passage de relais, l’amour du verbe et des sens, avec ces deux jeunes femmes qui se découvrent, s’aiment et se séparent. C’est un film qui peut facilement bouleverser, surtout si on le découvre à l’âge qu’ont les héroïnes issues du quotidien, et pourtant venues d’univers sociaux différents, ce qui est en filigrane, l’une des thématiques récurrentes du cinéma du réalisateur (L’Esquive, La Graine et le Mulet, entre autres).

Le film doit ses respirations, sa beauté plastique, au jeu de lumières, aux contrastes qu’offre la photographie du film, solaire et mordorée au début, puis un peu moins chaude quand pointe l’automne. Mais il y a les sentiments, cette relecture du marivaudage (Kechiche cite Marivaux comme une de ses principales influences), en liant la fiction littéraire (La Vie de Marianne) et ce que vit Adèle dans la « vraie » vie, cette découverte de l’amour avec un grand A, celui qui donne le vertige et envie de connaître l’autre par tous ses pores et toute son âme. Certains ont été gêné par les scènes de sexe. Je les ai trouvées, surtout la première, charnelle, crue, vive, avec ce quelque chose d’effréné, cet appétit qui ne parvient jamais tout à fait à être satisfait, qui ne parvient pas à satiété. Le plus beau texte que j’ai pu lire sur le film, outre celui de rêveur, reste celui de Tristana (que je salue au passage) et que je reproduis ici :

J’ai été complètement embarquée par ce film.

Déjà, j’ai trouvé Adèle EXTRAORDINAIRE, cette nana est d’un naturel effarant, elle est de quasiment tous les plans et Kechiche a été bien malin de réaliser son film comme ça, parce qu’elle illumine l’écran, elle est absolument incroyable. Léa Seydoux face à elle est très fade, ce qui n’est pas un gros problème puisqu’en fait ce qui compte c’est Adèle, sa vie, sa passion pour Emma ; il est vrai que la scène de la dispute est un peu ratée, c’est dommage car je trouve que les deux actrices étaient bien dans le ton, mais les dialogues sont complètement décalés par rapport au reste du film (« petite traînée » etc). Après, je me dis aussi que Kechiche a peut-être fait exprès de faire de cette scène de dispute une scène un peu artificielle car au fond, Emma se sépare d’Adèle pas parce qu’elle l’a trompée, mais parce qu’elle ne l’aime déjà plus (on voit bien lors de la soirée avec les amis d’Emma qu’elle est déjà trèèèrs proche de Lise) et qu’elle a besoin de ce prétexte pour se débarrasser d’elle. Du coup elle feint la colère et utilise un vocabulaire qui sonne faux…

On a beaucoup parlé des scènes de sexe, trop longues ou gratuites, trop réalistes ou pas assez… Moi je les ai trouvées tout à fait justes, je pense déjà qu’il était important voire essentiel de montrer la sexualité de leur couple, parce que Kechiche voulait certainement se démarquer de l’image de l’homosexualité qu’on voit souvent au cinéma ou à la télé : des couples qu’on voit s’embrasser mais jamais baiser, alors que pour les hétéros c’est le passage obligé de n’importe quel film (ou presque) ; ensuite, il y avait aussi probablement l’envie de montrer que la sexualité lesbienne, ce n’est pas ce qu’on voit dans les pornos, et même si on peut toujours rétorquer que les scènes de cul ne représentent pas la « réalité », le fait est qu’on ne peut jamais représenter franchement la réalité dans une scène de sexe, parce que chacun baise différemment… Au moins là aussi Kechiche s’est écarté du cliché des lesbiennes qui s’effleurent en gémissant comme des chaudasses : là, les nanas y vont, se touchent, se claquent, se pétrissent, se lèchent, se doigtent, bref : on est dans du vrai, du concret, voire quelque chose d’assez animal. Et puis d’ailleurs, j’ai trouvé que les deux scènes de sexe entre les actrices permettait de donner un côté concret à la passion qu’elles vivent : on le ressent bien dans le regard d’Adèle, mais c’est vraiment à ce moment-là qu’on ressent ce truc assez dévorant qui les habite, cette envie de se bouffer l’une l’autre, et l’incapacité à être satisfaites (on ne les voit jamais jouir, ou alors ça dure trèèèès longtemps : leur histoire c’est une jouissance permanente qui, paradoxalement, n’explose jamais vraiment). Vraiment, pour moi ça fait totalement sens dans l’histoire.

En fait, je ne les ai pas trouvées spécialement excitantes, les dites scènes : ce n’est pas franchement filmé comme quelque chose de sensuel, on est plutôt dans un truc un peu cru, réaliste, et donc qui ne donne pas franchement envie. A la rigueur la scène de la masturbation d’Adèle est la plus excitante ; mais les scènes à deux, je les trouve « cliniques », en fait, on voit bien que Kechiche n’a pas cherché à esthétiser le truc, ni à l’érotiser : ce sont deux corps qui s’entrechoquent parce qu’ils le doivent, pas pour satisfaire le spectateur.

Mais surtout ce qui m’a transpercée, c’est le côté social du film, cette incompatibilité entre deux mondes qui ne se rencontreront en fait jamais : Adèle est une prolo, elle prend le bus le matin, va au lycée, bouffe des spaghettis et rêve de devenir instit, alors qu’Emma vient d’une famille d’artistes qui mangent des fruits de mer et pour qui exister, c’est se réaliser artistiquement. La tête des parents d’Emma quand Adèle leur dit qu’elle veut devenir instit, comme si c’était naze, comme si vouloir un boulot stable et qui a du sens (parce que ça a du sens pour Adèle de vouloir passer le flambeau : en bonne prolo, elle sait ce qu’elle doit à l’école, son goût pour la lecture notamment) était une ambition minable. On peut penser que tout ça est un peu cliché, mais je trouve ça finalement tellement bien vu : le problème entre Adèle et Emma, ce n’est pas qu’elles sont homosexuelles et que leur relation doit être cachée (aux parents d’Adèle uniquement), mais bien que leurs mondes sont trop opposés pour qu’elles puissent envisager quelque chose de sérieux. D’ailleurs, ce que ressent Adèle pour Emma n’est pas de l’admiration, ça n’a rien à voir avec quelque chose de rationnel, c’est purement animal, passionnel (quand elles se revoient, Adèle lui dit : « j’ai envie de toi, tout le temps »), et qu’elle peigne des toiles et qu’elle expose, elle s’en moque : ce n’est pas ça qui l’a séduite.

Emma reste bloquée dans son monde où ne pas connaître Schiele et ne pas rêver à un destin artistique sont des hérésies, quand Adèle reste bloquée dans le sien où, même en couple avec une femme, elle se satisfait d’être la gentille soumise qui fait à manger (jusqu’à un certain point, ceci dit, puisque le fait qu’elle trompe Emma montre bien que leur union ne fonctionne pas pour elle non plus).

Dans le climat actuel en tout cas, c’est un film qui fait un bien fou, qui parle de l’amour entre femmes avec beaucoup de réalisme et de lucidité, et qui surtout porte un oeil juste et sensible sur les différences sociales qui restent, encore aujourd’hui, des freins à la passion, la vraie, celle qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie.

(Et définitivement, les regards qu’envoie Adèle à Emma alors qu’elles ne sont pas encore ensemble, notamment dans la scène sur le banc où Emma la dessine pour la première fois, font partie des plus belles choses que j’aie jamais vues au cinéma. Il y a une vérité là-dedans, une fragilité qui m’a réellement bouleversée.)  Tristana, 22 octobre 2013, dvdclassik.com

J’ai trouvé cela très beau et picturalement maîtrisé. J’ai juste été surpris par l’enchaînement des deux autres, plus courtes et s’enchaînant un peu trop rapidement. Menu défaut, pour un film porté par ce sens du cadre (le gros plan ne m’a nullement dérangé), et cette narration qui file à cent à l’heure. On peut aussi dire, on pourrait en tout cas, qu’il porte ce secret charnel qu’est celui du désir amoureux, de l’éveil à la sexualité, et pas simplement un film sur les amours homosexuelles, saphiques en l’occurrence, puisque le film aurait aussi pu s’intituler La Vie de Bertrand ou La Vie de Bertrand et Stéphanie.

Ce qui a fasciné vraisemblablement le peintre des mœurs et du quotidien (se lever, aller en cours, discuter avec ses copines, s’interroger sur ses choix de vie, sa sexualité, ses désirs) c’est l’alchimie entre les deux actrices, et puis les scènes-clés qui font clairement monter en intensité avec lequel je n’ai pas vu le temps passer : la scène des escaliers juste avant le cours d’anglais durant laquelle Adèle a un déclic et se voit offrir son premier baiser amoureux lesbien (léger flirt) avant de connaître presque immédiatement sa première déception, celle de la première dispute durant laquelle l’homophobie latente et maladroite s’invite, la rupture avec les longs sanglots et la bulle qui soudain explose, laissant deviner une rupture alors inévitable, et enfin la scène, magnifique, du café, durant laquelle Emma a cette phrase inouïe :

J’aurai toujours une infinie tendresse pour toi  »

Emma à Adèle dans La Vie d’Adèle

Il ne s’agit plus d’amour physique, on le sait, on le sent, mais cette phrase-là, il faut la resituer dans le contexte antérieur, et dans ce sentiment puissant qui est qu’être aimé(e) est sans doute plus fort qu’aimer.

C’est amusant enfin de voir que deux films se soient répondus (nombreux Prix à Cannes, bouche à oreille positif) en traitant tout deux de sexualité et de diversité, l’un sur le ton du portrait initiatique l’autre en calquant des codes de la tragédie grecque (un lieu, un temps, une unité, un drame), avec d’un côté des femmes qui s’aiment et de l’autre des hommes qui s’aiment aussi, se draguent, en côtoyant Eros et Thanatos.

Qu’ils aient aussi déclenché l’ire des censeurs (pour l’affiche de l’Inconnu du lac, au XXIème siècle, c’est tout de même incroyable), et des réfractaires aux droits des homosexuels au mariage et à l’adoption. Dans les deux cas, on se lèche et on se suce, on jouit et on se cherche, on se sépare aussi, comme tous les couples finalement, enfin de ceux là qui vivent aussi leurs passions, leurs espoirs et leurs désillusions, comme n’importe quel couple hétéro.

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L’inconnu du lac (Alain Guiraudie)

Et puis il y a eu les rencontres de jeunes hommes au milieu du lac, un lac clément d’abord puis théâtre d’un crime mystérieux. Alain Guiraudie a filmé frontalement la nudité, le désir, le sexe entre hommes avec un naturel confondant (se plaisant lui aussi à apparaître dans le plus simple appareil lors d’un plan inaugural). Un film qui sous son apparente légèreté laisse traîner un parfum de danger anxiogène, où les corps après s’être étreints se font violence.

Là encore, une bien belle utilisation d’un décor unique, des personnages qui se frôlent ou font clairement l’amour, se sucent et se masturbent et se pénètrent en gros plans, dans l’ombrage, avec paradoxalement une pudeur certaine.

Et puis c’est formidable qu’un film d’une telle liberté puisse être tourné aujourd’hui, loin du cadre parisien, avec cette ambiance ouatée et travaillée dans les moindres détails grâce à un excellent travail sur la lumière et le cadre.

 Le top 10 Cinéma 2013

1) Blancanieves (Pablo Berger, Espagne)

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2) La vie d’Adèle, Chapitres 1 & 2 (Abdellatif Kechiche, France)

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3) L’inconnu du lac ( Alain Guiraudie, France)

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4) Hansel et Gretel (Tom Wirkola, Etats-Unis)

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5) Spring Breakers ( Harmony Korine, Etats-Unis)

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6) Evil Dead ( Fede Alvarez, Etats-Unis)

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7) World War Z  (Marc Foster, Etats-Unis)

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8) Django Unchained (Quentin Tarantino, Etats-Unis)

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9) After Earth (M Night Shymalan, Etats-Unis)

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10) Max (Stéphanie Murat,  France)

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Films vus (Février 2013)

Je reprends une habitude datant d’il y a quelques mois (années même sans doute maintenant). Celle des films du mois. Tom Peeping, Cathy et d’autres s’y essaient avec joie. Je me suis dit que ça serait aussi sympa de reprendre le principe. D’autant que j’ai un certain nombre de galettes (dont certaines encore sous cellophane) qui attendent sagement sur des étagères d’être dévoilées. J’éditerai à la fin du mois.

Films vus en Février

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

The Woman (Lucky Mckee, 2011) *****

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Plûtot que de montrer une bande-annonce qui en montrerait trop (et gâcherait le plaisir de découverte de cet extraordinaire film de tension psychologique non dénué d’un certain humour -très-noir), je préfère mettre les morceaux de sa superbe BO.

A signaler la très belle accroche de l’affiche originale américaine. Et oui, les monstres ne sont pas ceux et là où on le croit forcément de prime abord.

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JH2

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Time to die

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Wild rabbit

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Distracted

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Patient Satellite

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Places you go

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What really hurts

 

 

Films vus

 

 Maximum Shame ( Carlos Atanes, 2010) : *

Je ne sais pas si j’ai vu le film SM fauché et underground le plus curieux depuis longtemps ou bien un sombre navet de série Z ni fait ni à faire. L’histoire d’apocalypse qui sert de trame (?) à ce film espagnol tourné en anglais, dans ce qui semble être un hangar comme décor principal est une curiosité hispanique d’un réalisateur qui n’est apparemment pas débutant en la matière. Mais je découvre et n’en sais pas davantage sur lui. En tout cas, un film underground (même si Jean Louis Costes me semble aller encore plus loin) dans lequel une maîtresse SM juchée sur des rollers s’en prend verbalement à sa victime en lui enfonçant un speculum puis une boule de geisha et un gode-ceinture dans la bouche a ceci d’original qu’il est plutôt rare, surtout lorsqu’il traîne en longueurs. Réalisé avec 9000 €, il a apparemment été gonflé en scope puisque c’est ainsi qu’il peut être visionné sur Youtube. Un film très étrange, c’est un euphémisme. Réservé à un public averti. D’une certaine manière je suis content que ce genre de film puisse continuer à être produit et réalisé.  Youtube

 

Resident Evil Retribution (Paul W Anderson, 2012 )**

Le dernier volet en date des aventures d’Alice et Jill Valentine. Le scénario est cousu de fil blanc, mais il suit surtout une linéarité qui n’a rien à envier aux jeux-vidéos 16 et 32 bits qui ont triomphé en leur temps (et m’ont rappelé ma prime adolescence), lorsqu’il fallait tuer un puis plusieurs personnages avant de passer au niveau supérieur, ce que reprend ici littéralement le film. Les scènes d’action s’enchaînent les unes aux autres sans quasiment aucun temps mort, et Paul W Anderson fait une confiance aveugle en sa comédienne principale (Milla Jovovich) qui abonnée au rôle s’en donne à coeur joie. Je n’avais vu que le premier épisode. Celui-ci résume l’avant dernier lors de la séquence d’ouverture. On est certes très loin de l’esprit original de la série (faire peur en parlant d’un virus mortel et de zombies venus dévorer les vivants). Mais l’emballage, le visuel, la lisibilité totale des séquences d’action, l’énergie et le second degré de l’ensemble sont assez amusants. Une bonne série B d’action horrifique qui ne passe pas par quatre chemins. BR fr.

 

Girls and Sex (Dennis Gansel, 2000)**

Le premier film de Dennis Gansel futur réalisateur de La Vague et Nous sommes la nuit réalisé à l’aube des années 2000. Si le scénario fait penser à American pie, le film de l’allemand est étonnamment plus simple, beaucoup moins pudibond, et au final plus drôle. Les très jeunes actrices du film parlent effectivement sexualité frontalement, mais elles le font surtout avec un humour plutôt léger, et les comédiens, qui commençaient alors pour certains leur carrière ont ce naturel confondant, la maladresse collant parfaitement au sujet et aux interrogations suscitées. La recherche de l’amour, les émois sexuels, la question de l’orgasme féminin sont au coeur du film. On sent surtout une affection réelle et sincère du réalisateur envers ses personnages féminins, qui comme il l’explique dans son interview aim(ait)e être entouré de filles. Réalisé à 25 ans, le film est plein de promesses quant aux capacités futures du réalisateur : il le démontrera surtout pleinement avec Nous sommes la nuit qui revisite brillamment le mythe du vampire. J’avais le DVD sur une de mes étagères depuis quasiment 8 ans. J’ai décidé de le regarder. Une bonne fable contemporaine sur le sexe, d’autant plus drôle quand elle est traitée avec humour. DVD fr.

 

17 filles (Delphine et Muriel Coulin, 2011) : **

L’histoire incroyable (inspirée d’un fait divers ayant eu  lieu aux Etats-Unis en 2008) d’un groupe d’adolescentes qui décident de tomber enceintes en même temps. Tourné en Bretagne (on s’éloigne du classique bahut parisien), dans des décors naturels et sur un ton naturaliste teinté de couleurs pastels, le film raconte la cohésion et l’inconscience folle d’un groupe d’amies qui se révoltent contre leurs parents, leurs vies et aussi contre elles-mêmes. Dans le fond, le film qui décrit une jeunesse imperméable aux questions de prévention, qui se cherche, se veut autonome jusqu’au délire, et ce de façon volontariste (elles font ici en sorte de ne pas se protéger puisqu’elles veulent toutes tomber enceintes), est effrayant. Les filles sont systématiquement au premier plan, les garçons ont un rôle de second voire troisième plan. Dans la forme, le film utilise d’étonnantes couleurs claires pour égayer le visuel et contrebalancer l’énormité de l’histoire et de ses aboutissants dramatiques (la perte d’un enfant, l’autorité parentale mise à mal). Une peinture d’une certaine jeunesse, qui illustre très bien le fameux poème de Rimbaud, Roman : « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ». Youtube.

 

Le Guetteur (Michele Placido, 2012) : O

Un film aussi terne que sa photo. Un casting quatre étoiles massacré par une mise en scène paresseuse, un sujet déjà vu et revu, et une impression constante de gâchis, aussi bien du point de vue de la direction d’acteurs que du jeu des acteurs eux-mêmes, lesquels semblent en roue libre. Je n’avais jamais vu Daniel Auteuil autant à l’ouest, cabotin comme c’est pas permis, tandis que Kassovitz et Gourmet qui peuvent être très bons se contentent de faire la grimace. Autant Placido m’avait convaincu avec son brillant Romanzo Criminale, beaucoup plus ample et ambitieux, autant là c’est une série B sans aucune conviction, qui rappelle un peu le Truands de Schoendorffer. BR fr

 

Taken 2 (Olivier Megaton, 2012)  : ***

On prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci à Istanbul. La photogénie du lieu, les montées d’adrénaline, l’interprétation au cordeau d’un Liam Neeson impeccable en père de famille prêt à tout pour sauver les siens font de Taken 2 un très bon film d’action, qui lorgne il est vrai parfois du côté des Jason Bourne par son montage abrupt des séquences d’action de corps à corps, mais utilise aussi des plans plus larges donc plus agréables à suivre quand les courses-poursuites se font sur les toits, rappelant un autre très bon film d’action, Piégée de Soderbergh. Amusant de retrouver dans le rôle du chef de la mafia albanaise, cet acteur à la barbe blanche vu dans l’excellent Au pays du sang et du miel d’Angelina Jolie. Taken 2 est une suite efficace, sèche et nerveuse du premier du nom. Je ne comprends pas trop la pluie de critiques négatives quand on sait ce que l’on va voir. BR fr

 

L’exercice de l’Etat (Frédéric Schoeller, 2012) : **

Les arcanes de la politique vues par les yeux d’un politique, et en particulier le ministre des Transports. Le film de Schoeller nous montre effectivement l’exercice de l’Etat avec ses combines, ses mensonges, sa soif de pouvoir, ses coulisses peu reluisants, ses paroles et ses beaux discours de façade. Le casting est au diapason : Michel Blanc faisant la carpe n’a pas volé son Cesar, Breitmann incarne la plume, tandis que Gourmet un ministre n’arrivant pas forcément toujours à se positionner, à la conquête des meilleurs sondages et des opinions publiques favorables. Le film ne nous apprend rien de bien nouveau (les manoeuvres et manipulations pour faire tomber les têtes sont monnaie courante), mais il faut le voir comme une sorte de dyptique à l’excellent Une Affaire d’Etat, encore plus ambitieux dans le fond et la forme, dont L’Exercice de l’Etat pourrait être la continuité plus posée, moins énergique et un poil plus philosophique. Br fr

 

 

Morituris – Legions of the dead (Raffaele Picchio, 2011 ) :  O

Trois italiens entraînent deux jeunes femmes bulgares dans une rave imaginaire et abusent d’elles en les violant et les torturant, jusqu’à l’arrivée de légionnaires revenus sur Terre pour se venger, lesquels ne feront pas de détails. Avec un script pareil et étant donné la réputation du film on peut s’attendre au pire. Et c’est bien le cas. Morituri te salutant comme disait la citation latine : « Ceux qui vont mourir vous saluent ». Certes. Mais ce film c’est exactement l’inverse de The Woman de Lucky Mckee : point ici de sensibilité, de regard d’homme et de cinéaste sur la violence. La violence est ici un but et un moteur et non une finalité. Le film par conséquent est d’une violence et surtout d’une complaisance rare. Tout y passe, de l’insulte (et au bout du quarantième « Sale Pute » on a compris qu’il y avait un problème quelque part) au crachas, en passant par le viol, la torture  et ainsi de suite. Le film montre donc trois connards (puisque je ne vois pas d’autre mot) qui s’en prennent à des femmes droguées et alcoolisées pour satisfaire la pire bassesse du monde. A l’inverse des rape and revenge des années 70 qui partaient du postulat que les victimes se vengeaient et obtenaient à leur manière réparation de leur bourreau, ici il n’y a rien de tout cela. L’écœurement légitime que peut ressentir le spectateur devant ce film à la bêtise crasse n’a d’égale que la prétention avec laquelle le cinéaste met cela en scène. En gros, celui-ci semble croire dur comme fer qu’il bouscule un peu les conventions du genre et qu’il remodèle le genre du cinéma d’exploitation en Italie. C’est surtout face à un navet que l’on se trouve, au goût rance. Il ne faudrait pas que le spectateur énervé de Sundance qui a vu The Woman et s’en était montré bouleversé voit ce Morituris : il risquerait de brûler une salle de cinéma ou pire de décimer une ville. Internet.

 

Polisse (Maïwenn, 2011) :  **

Le quotidien de la BPM (Brigade de protection des mineurs) avec ses histoire de larcins, de violeurs, de pédophiles et autres criminels, par des inspecteurs traitant de cela avec le peu de moyens dont ils disposent. Maïwenn (saluée à Cannes par le prix du Jury) se met en scène dans le rôle d’une photographe, mais c’est surtout aux autres comédiens, dont Nicolas Duvauchelle et Joey Starr qu’elle laisse la part belle. La mise en scène ultra réaliste, façon documentaire, laisse surtout s’exprimer un sentiment d’urgence, d’âpreté, de colère et de nervosité constant. Le début du film m’a laissé un goût étrange, tant je l’ai trouvé étonnamment vulgaire (pendant quarante minutes on ne parle quasiment que de sexeet cela de façon assez crue), tant est si bien que j’ai failli décrocher car j’ai trouvé que cela collait mal avec les faits divers plus ou moins sordides déjà racontés. Mais le film monte en puissance, la caméra filme au plus près, les sentiments et les langues se délient et le film va crescendo jusqu’au final. Joey Starr, et c’est amusant joue exactement l’inverse de ce qu’il pouvait chanter et interpréter sur scène. Le film ne m’a pas bouleversé mais la démarche est très intéressante. Br fr

 

 

The Devil’s Double (Lee Tamahori, 2011) : ***

Connu mondialement pour l’Ame des guerriers en 1994, Lee Tamahori après ses fourvoiements dans le cinéma hollywoodien des dernières années, tourne ici un film sur le double d’Uday Saddam Hussein. Le film se déroule dans un Irak de la fin des années 80 attaqué par les américains de Bush, tiraillé entre sa propre guerre avec le Koweit  et les intérêts partisans, majoritairement financiers du chef de l’état d’alors, Hussein père. L’intérêt du film vient non pas de cette peinture acide du pouvoir en place et de ses excès en tous genres, mais du double rôle incarné par un Dominic Cooper extraordinaire, qui joue Uday, obsédé sexuel, psychotique et chien fou, mais aussi Latif, son double, amené de force chez lui pour être le troisième fils. La complexité narrative, les enjeux de la petite et de la grande histoire, les morceaux de bravoure, l’énergie du film en font une oeuvre très intéressante sur le pouvoir lorsqu’il est utilisé sans aucun complexe et avec tous les abus qu’il engendre. On retrouve également dans le film Ludivine Sagnier, une actrice française à sa place dans cette production enlevée. Br Fr

Blood Reich (Uwe Boll, 2010) : *

Connu aussi sous le titre Bloodrayne, The Third Reich, sorti en Allemagne et en Angleterre notamment, le film d’Uwe Boll se permet de rejouer avec l’histoire avec trivialité. On y croise ainsi des nazis vampires et surtout une chasseuse armée de sabres qui découpe du nazi pendant quasiment 1h15, le film étant très court et allant directement à l’essentiel sans se poser trop de questions. C’est là la limite et la liberté du film: celle de jouer avec l’Histoire, de filmer les wagons de la mort comme des scènes lesbiennes ou de bordel allemand, des croix gammées sans une once de recul, tout en sortant l’artillerie lourde avec des scènes de fusillade stylisées. Le style est donc bâtard mais absolument pas honteux comme on aime si souvent à le dire pour Uwe Boll qui doit être un des réalisateurs les plus conspués, mais dont je crois aussi qu’il se moque éperdument. Et puis Nastassia Mathé semble s’être amusée. BR fr.

 

La rose de fer (Jean Rollin, 1973): **

Deux jeunes gens se rencontrent à un mariage et tombent amoureux l’un de l’autre. Ils se revoient le lendemain, se rendent dans un cimetierre et y consomment leur amour. La nuit tombant, ils sont cependant pris au piège et ne retrouvent plus la sortie. Tout l’univers de Jean Rollin résumé en un film, l’un de ses premiers, qui affiche toutes les thématiques de son cinéma : vampirisme, fantastique éthéré, apparitions (ici un clown triste ou Dracula), amour fou, univers mêlé de poésie et d’humour macabre. Hugues Quester et Françoise Pascale sont les seuls personnages d’un film dont la trame est minimaliste, mais l’importance est dans le cadre, l’ambiance. Un peu de Baudelaire, un peu de Franju, et beaucoup de Rollin. Youtube.

 

The Dictator (Sasha Baron Cohen, 2012) : ***

Sasha Baron Cohen qui interprète deux rôles, celui du dictateur Aladeen et de sa doublure n’en fait ici pas des caisses, et l’humour est principalement grinçant plutôt que gras. Il ironise sur la dictature mais aussi sur le concept de démocratie, versé aujourd’hui à toutes les sauves, y compris et surtout d’ailleurs par les moralisateurs occidentaux. Le film n’hésite pas à verser parfois dans l’humour en dessous de la ceinture, Sasha Baron Cohen en fait des tonnes avec son accent forcé, mais c’est surtout l’énergie qu’il dégage (il dure à peine 1h15 en version ciné et pas beaucoup plus en version longue) qui lui permet d’atteindre un statut de film allant au-delà du tout venant de la comédie américaine largement représentée par les productions Apatow et compagnie. A l’inverse de celles-ci, le film de Cohen m’a fait rire plus d’une fois, notamment pour la scène énorme du restaurant anti Aladeen, de l’introduction des employés de la boutique que tient Anna Faris (cheveux courts façon garçon manqué, féministe acharnée). On plaisante sur la représentation des valeurs occidentales, sur la peur des hommes barbus assimilés dans un certain imaginaire à des terroristes en puissance, on pisse dans un bocal que l’on verse sur une personnalité juive à l’ONU (ce qui est amusant venant d’un réalisateur d’origine juive) et le film est en substance la meilleure comédie de l’année dernière. Merci Anorya ! BR anglais.

 

Devil Seed ( Greg.A Giger, 2011) : *

Une jeune femme se fait prédire son avenir après avoir passé une soirée arrosée et se retrouve possédée par l’esprit du Malin. Une toute petite série B fantastico-gore américaine qui revisite le mythe laissé intact par l’Exorciste trente ans plus tôt. Depuis de l’eau (bénite) a coulé sous les ponts, et le film n’est donc foncièrement pas original. Reste le charme de l’interprète principale (les autres étant beaucoup moins bons), un budget minuscule dépensé dans quelques effets sympathiques, et surtout un esprit de série B qui traverse tout le film ainsi que celui d’une certaine débrouille. C’est surtout rassurant de constater qu’il existe encore ce type de productions destinées à un petit marché de niche, avec ses qualités et ses gros défauts, mais aussi son envie de cinéma. L’éditeur Emylia continue donc sur sa lancée de distributeur de vidéos de ce genre. DVD fr.

 

Piégée (Steven Soderbergh, 2012) : ***

Steven Soderbergh enchaîne les réalisations depuis qu’il a annoncé qu’il allait arrêter le cinéma pour devenir peintre. Et même avant cette annonce, il enchaînait les tournages. Manifestement cela lui réussit, car avec ce Piégée, il donne un rôle de choix à la débutant Gina Carano, étonnante dans ce rôle d’agent infiltrée dans les endroits les plus dangereux du monde, nous faisant ainsi voir du pays (de Dublin à Barcelone) en étant piégée. La mise en scène des combats est un petit régal, tant elles sont lisibles, à l’inverse du cinéma hollywoodien contemporain à la Greengrass,  révélant une vraie chorégraphie et un sens de l’espace et du rythme que beaucoup peuvent lui envier. La séquence d’ouverture et les deux séquences suivantes, dont une longue scène de filature en pleine rue sont fantastiques. Le film se pose ensuite un peu pour développer les enjeux d’une histoire somme toute classique, destinée avant tout à mettre en avant le portrait d’une guerrière moderne, aussi à l’aise en robe de soirée qu’armée et prête à en découdre à mains nues. Du cinéma de divertissement de grande qualité ! BR fr

 

God bless America (Bob Goldthwait, 2012) : *

Un homme d’une quarantaine d’années licencié et à bout accompagné d’une jeune adolescente qui plaque sa vie jugée trop normale s’en vont faire justice par eux-mêmes en décimant sur leur route toutes les personnes qu’elles ne peuvent pas encadrer et surtout qu’elles jugent mauvaises. Stars de la télé-réalité, actrices en devenir, présentateurs, tous y passent… Le film semble arriver beaucoup trop tard, en tout cas quasiment vingt ans après Tueurs Nés, le film semble réchauffé, encore plus même si on le compare avec le Chute Libre de Joel Schumacher sorti en 1993. La filiation est là, même si le réalisateur se défend du prétexte de la satire et du second degré, le film ne convainc pas parce qu’il dénonce avec de refermer son histoire sur une conclusion ô combien moralisatrice et un jugement étonnamment caricatural dans un ensemble qui se voulait auparavant très critique envers la société de consommation, les idoles créées de toutes pièces et le miroir aux alouettes de la télé.

On ne sait pas trop sur quel pied danser ni comment prendre ce qui apparaît au final comme un pensum, d’autant plus que le personnage de la jeune lolita qui prend les flingues a quelque chose d’assez agaçant à la longue, par sa voix stridente en VO et sa continuelle envie de placer des bons mots (les vannes anti Juno par exemple). Le film ne choque pas tant par son rapport à la violence que par la linéarité et la facilité de ses options, celles de filmer avec une complaisance certaine les armes à feu par exemple. Je ne suis pas parvenu non plus à discerner ce qui pouvait être politiquement incorrect dans ce film. Je ne me rappelle plus forcément de Police Academy, mais le réalisateur en interprétait un des rôles principaux.  BR fr

 

 American Mary (Jen et Sylvia Soska, 2012) : ****

Deuxième film des soeurs jumelles Soska, après Dead Hooker in a trunk qui semble beaucoup plus bricolé, American Mary raconte l’histoire d’une jeune étudiante dilettante en chirurgie (Katharine Isabelle, héröine de Ginger Snaps, sexy en diable avec ses tenues en latex et ses talons hauts) qui par un concours de circonstance va devenir une chirurgienne modificatrice en improvisant une salle d’opération chez elle. Voilà un film très original, porté par deux voix féminines, traitant de sujets rarement abordés dans le cinéma fantastique/d’horreur, plus enclin à parler de maisons hantées, de fantômes ou de possessions. Ici, le personnage central est décrit avec un humour noir, et les situations saugrenues, décalées ou étranges s’enchaînent les unes aux autres. La photo très soignée, l’utilisation du décalage entre la musique classique et la crudité de certains actes, la direction artistique participent à l’effet de conte de fée macabre qui imprime la pellicule et donne un cachet très atypique à cette oeuvre.

On y parle ainsi de transsexualité, de chirurgie esthétique, de transformations, de tatouages, de piercings, et aussi en filigrane de différence, celle-là même qui fait peur, surprend ou questionne, celle-là même que l’on voit finalement très peu dans le cinéma aujourd’hui et qui intéresse pourtant fondamentalement les deux auteures. Les touches d’humour, la musique tantôt metal tantôt follement pop, le décor de fond avec le bar à striptease, le caméo des deux réalisatrices usant d’un accent allemand prononcé, de discrets plans-séquences et quelques images gore achèvent de rendre ce film attachant, parce que réalisé avec un soin maniaque pour le détail, infiniment sensible. En tout cas la naissance de deux voix originales dans le cinéma d’horreur contemporain. Le docu sur la présence des deux soeurs au Festival du Film Fantastique de Londres montrent deux cinéastes très accessibles, simples et humbles devant leur public et la réception du film (enthousiaste). BR anglais.

 

The Woman (Lucky McKee, 2011) :  *****

Dix ans après May, le réalisateur Lucky McKee resigne un portrait de femme(s). Et pas n’importe lequel. Celui d’une jeune femme sauvage, qu’un avocat et sa famille vont trouver et tenter de civiliser. Le film est absolument passionnant, brillamment écrit et mis en scène, porté par le jeu minéral, faits de borborygmes et de quelques râles de la stupéfiante actrice Pollyanna McIntosh. Mckee retrouve son actrice fétiche Angela Bettis qui joue ici une mère de famille neurasthénique, paralysée par la peur de devoir affronter son mari tout en condamnant (en silence) ses actes. La scène d’ouverture, originale, est la promesse d’un film qui jongle avec les clichés, et qui parle surtout en filigrane, davantage même que de la notion de civilisation et du choc de cultures qu’il peut entraîner, de la haine profonde, cristallisée dans le regard du père de famille de certains hommes vis à vis des femmes.

C’est en ce sens non pas un film d’une misogynie galopante, ou une insulte faite à la gente féminine lorsqu’il filme les coups qu’elles reçoivent, mais bien au contraire, un film d’une grande intelligence sur cette violence, ici développée dans le cadre familial, latente, prégnante et finalement à l’opposé même de ce que le père pétri de névroses essaie de faire passer : la famille civilisée et les gens civilisés ne sont sans doute pas ceux que l’on croit. Un film parfois glaçant dont le final peut paraître excessif, mais qui montre à quel point le cinéaste est en phase avec son sujet et s’y tient jusqu’au bout. Je pardonne même les petits ralentis pas toujours du meilleur goût visuellement parlant. Le film a une grande force par son sujet et son traitement, notamment le travail sur le son. Magistral. BR fr

 

La Traque  (Antoine Blossier, 2011) : O

Quatre hommes partent dans une campagne hostile faire la chasse à des sangliers qui déciment la région. Le réalisateur indique dans les bonus (je voulais savoir comment le film avait été fait et son point de vue renforce le décalage entre les intentions et leur réalisation de manière encore plus stupéfiante) qu’il avait pour idée de traiter des fantômes, mais que le public français aimant le rationnel, le sujet du sanglier et des chasseurs lui a paru plus anxiogène. Encore eu-t-il fallu que la caméra ne bouge pas dans tous les sens au moment des assauts rendant ces scènes illisibles, et que les dialogues soient un peu plus recherchés. Un petit navet déguisé en film fantastique, avec quatre hommes qui au milieu d’un champs. Une sorte de Razorback à la française mais en dix fois moins bien. Les meilleures intentions ne font pas les meilleurs films. BR fr

 

A Czech Made Man (Tomás Rehorek, 2011) : *

Film tchèque assez atypique jouant par son titre sur un jeu de mots avec le self-made man (l’homme qui littéralement se fait par lui-même) par son utilisation des filtres qui changent d’une scène à l’autre voire d’un plan à l’autre sans raison particulière. C’est un choix artistique qui peut au choix intriguer ou exaspérer. Personnellement cela m’a fait sortir de la narration d’un film qui ne raconte au final pas grand chose mais tente quelque chose qu’il ne semble jamais véritablement parvenir à atteindre : l’émotion qui pourrait en naître est tuée dans l’oeuf. Reste des idées, une musique soulignée par des notes d’accordéon, une certaine forme d’humour, des ralentis que Zack Snyder n’aurait pas renié (dont celui qui suit le héros de l’histoire rattraper une jeune femme avant de consommer son amour avec elle dans un lit douillet). Youtube VOSTA

 

Kaboom (Gregg Araki, 2010)  :  *

J’aime beaucoup Gregg Araki et pourtant c’est la deuxième fois après Smiley Face qu’il me déçoit beaucoup avec un de ses films. Le plus récent en l’occurrence. Tourné dans un format HD au rendu très inégal (de belles séquences en côtoient d’autres beaucoup moins soignées), abandonnant ainsi la pellicule, le film est un remake officieux de Nowhere tourné il y a quinze ans et que j’avais découvert ébahi en salle. Araki ne se foule donc vraiment pas, reprend la majorité de ses thématiques ( l’homosexualité latente mais jamais déclarée de ses héros masculins, la bisexualité, la tentation du triangle amoureux voué à l’échec, l’apocalypse, la sexualité, etc) et donne l’impression de ne pas trop y croire. Les motifs musicaux reviennent, le tout bercé par des dialogues un peu faciles, et surtout une impression de réchauffé qui n’arrête pas d’imprégner le film. Roxane Mesquida s’amuse à jouer la lesbienne vampirique. Mais on se demande où veut en venir le cinéaste qui logiquement rate même le final. On dirait tout simplement l’oeuvre d’un cinéaste qui fait « à la façon d’Araki ». Le film n’est ni provoquant, ni sexy, ni même émoustillant, un comble quand on parle pendant 1h20 de sexe. Kaboom est donc le remake beaucoup moins touchant, planant et efficace de Nowhere. Reste la scène, géniale pour le coup, du cunnilingus durant laquelle Juno Temple explique qu’il n’y a pas qu’une seule façon de prodiguer cet acte sur une fille et que surtout, l’important, ce n’est pas de le faire comme s’il s’agissait d’un plat de spaghetti mais en écoutant sa partenaire. Youtube

 

Les deux crocodiles (Joël Séria, 1987) : ***

Le film est toujours inédit en DVD. Il raconte sous la forme d’un périple à travers la campagne bretonne (que Séria affectionne et qui l’avait démontré en filmant Pont-Aven) les aventures comico-tragiques de deux hommes qui se rencontrent fortuitement dans le train et ne se quitteront plus dont l’un s’avérera être un gangster en cavale que le seconde idolâtre depuis toujours. Le mordant, le piquant des dialogues, le jeu des interprètes (immenses Carmet et Marielle), l’incongruité absolue de certaines scènes (notamment cette incroyable séquence durant laquelle la femme du docteur/vétérinaire raconte ses ébats avec des animaux), la gouaille, le portrait de celles et ceux, paysans, que l’on voit rarement au cinéma (sauf chez Depardon, mais c’est du documentaire), le patois également, participent à l’humour très particulier de ce film. Une belle découverte à recommander aux fans des deux acteurs principaux et aussi de Seria, un cinéaste décidément iconoclaste. Youtube.

 

Saint (Dick Maas, 2011) : **

Dick Maas le réalisateur de L’ascenseur et Amsterdamned filme cette petite série B sortie en direct-to-video revisitant les codes du slasher avec une certaine malice. L’humour est présent, le gore aussi qui s’invite dans quelques séquences amusantes quand on les prend au second degré. Le côté unidimensionnel des personnages n’est pas très grave et l’histoire nous permet surtout de (re)découvrir Amsterdam sous un angle quasi inédit : celui des toits des bâtiments de la ville que le Saint Nicolas (très populaire aux Pays-Bas) arpente tel un destrier. L’écrin (Blu-ray) est de haute tenue, tellement même qu’il fait ressortir des incrustations pas toujours très heureuses. Mais Dick Maas fait tout : scénario, mise en scène, production, et même musique. BR Fr

 

Prometheus (Ridley Scott, 2012) :  *

Le film revient sur les origines du monstre. Si le visuel du film a par moments su me sortir d’une relative torpeur (photographie soignée, décors notamment dans les scènes d’intérieur parfois impressionnants), j’ai trouvé en revanche les personnages uniformément lisses et la narration sans aucune surprise. La dernière image du film quoique symbolique est la plus réussie du film et démontre que la créature de Ginger n’a pas vieilli. Un film de technicien assuré mais qui donne l’impression que son réalisateur avance à petit pas sans prendre aucun risque. Une science fiction bien sage en définitive. Cela dit, le meilleur papier écrit sur le film reste celui d’Anorya. BR fr

http://dvdtator.canalblog.com/archives/2012/06/16/24455712.html

 

Take Shelter (Jeff Nichols, 2012) :  *

Je n’ai ressenti qu’un relatif ennui devant ce film qui traite de la schizophrénie, d’une certaine peur panique intégrée dans la vie américaine et la déliquescence de certaines de ses fondations depuis le 11/09. Le rôle incarné par Michael Shannon ne laisse que peu de place aux autres personnages pour respirer dans un film qui m’a semblé complètement refermé sur lui-même. Les effets visuels et un certain symbolisme m’ont parfois exaspéré (notamment celui de la maison et des objets qui décollent du sol pour illustrer le chaos mental du personnage principal). BR benelux.

 

 

 

 




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