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Quand Luchini danse

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Quatre talents réunis à l’écran. C’était en 1984 dans le film d’Eric Rohmer Les nuits de la pleine lune. J’ai pensé à écrire ici après avoir lu le texte de mon ami Tom Peeping sur son excellent blog (sniff and puff, lisez le vous ne le regretterez pas !). Ce n’est pas mon préféré du cinéaste (même si je le préfère de loin à La Collectionneuse le seul que je déteste) mais il est des films qui marquent toute une génération.

Je ne l’ai pas vu à sa sortie (j’étais un gamin de 5 ans), ni même en VHS, mais en DVD il y a six ans. On y voit quatre talents réunis à l’écran : Fabrice Luchini qui se déhanche pour l’occasion, Pascale Ogier, une très jeune actrice qui allait remporter le Prix d’Interprétation à Venise avant de disparaître à seulement 25 ans, Elli du duo Elli &Jacno et puis Rohmer bien sûr derrière la caméra.

Ces instants suspendus, de danse, cette chorégraphie d’une minute 50, un moment qui capte l’essence même des années 80. Il faut laisser les gens s’exprimer devant la caméra, les diriger aussi mais sans en faire trop, laisser respirer le mouvement, les silhouettes. Voir des gens danser, quand ils aiment cela et le font bien c’est toujours un plaisir.

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Les nuits de la pleine lune/ Elli & Jacno

Films du mois (Juillet 2015)

 Films du mois (Juillet 2015) dans Cinéma Cinema

Film du mois

Darr (Yash Chopra, 1993)

Darr dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Un illustre inconnu (Mathieu Delaporte, 2014)  :  ♦

Un agent immobilier qui mène une vie qu’il juge terriblement terne usurpe l’identité des personnes qu’il croise jusqu’à commettre l’irréparable. Un thème intrigant, celui de l’usurpation d’identité associé au vertige criminel qui ici, se résume essentiellement à voir Matthieu Kassovitz jouer de son grimage sous une direction d ‘acteur qui surligne tous les effets. La postiche, le maquillage voyant rendent difficilement crédibles ses agissements tant on ne voit que la performance d’acteur au détriment de l’émotion. Un essai à moitié raté malgré les intentions louables. BR fr

 

Charlie et ses deux nénettes (Joël Séria, 1973) :   ♦♦♦

Un quadra emmène deux jeunes filles de 20 ans sur les marchés en région parisienne. Un film de Joël Séria qui nous rappelle que les années 70 avaient ce vent de fraîcheur et d’audace dans le ton et la forme même si on peut toujours discuter de l’esthétique de l’époque. Un film léger, sans doute moins abouti que Les Galettes de Pont-Aven, capitalisant sur la jeunesse et la spontanéité de ses jeunes interprètes et et sur l’assurance, royale comme d’habitude, de Jean-Pierre Marielle. Youtube.

 

Toute première fois (Noémie Saglio, Maxime Govare, 2015) :  O

Un homme amoureux depuis plus de dix ans de son compagnon décide de se marier avec lui. Jusqu’au soir où il rencontre une jeune suédoise qui remet tout en question. L’orientation sexuelle est au coeur de ce film dont le personnage principal finit par rentrer dans une forme de « normalité » lors de séquence finale, précédée d’atermoiements incessants entre les blagues d’un associé hétéro beauf et cette volonté de sortir du coming out traditionnel (je suis gay et je le dis à mes proches) pour croquer un personnage homosexuel qui se découvre hétéro, car ici, il suffit d’un soir pour finalement le (re)devenir. Tout ça pour ça ? BR fr

 

Le temps d’aimer et le temps de mourir (Douglas Sirk, 1958)  : ♦♦

Un mélodrame américain tourné en Technicolor et en Scope à la fin des années 50 qui respecte les conventions du genre, parmi lesquelles celle d’une histoire d’amour contrariée dans un cadre qui l’est tout autant, celui de la Seconde Guerre Mondiale. Du travail d’artisan, avec ses figures certes imposées mais aussi une forme de lyrisme emprunte de mélancolie. Je ne suis pas un fervent admirateur du style du cinéaste (je préfère largement les mélos de feu Yash Chopra), mais le film évoque la Guerre, l’amour, la confrontation des sentiments avec une intelligence certaine. Et c’est amusant de revoir en clin d’oeil le débutant Klaus Kinski. DVD fr

 

Main dans la main (Valérie Donzelli, 2011) :  O

Rien de plus triste qu’une comédie que l’on estime pas drôle et qui dilue un pseudo charme surréaliste (ici un coup de foudre qui amène ses deux personnages principaux à restés collés l’un à l’autre) immédiatement après dix minutes qui laissent planer l’interrogation : est-ce possible de tenir devant un film que l’on juge insupportable ? Un long-métrage se voulant dansant, celui-ci m’a surtout paru très fabriqué et joué sur une musique branchée. Bref, à peu près tout ce que je déteste de la comédie française. BR fr

 

Darr (Yash Chopra, 1993)  :  ♦♦♦♦

Un masala comme en fait plus, qui respecte tous les codes du genre : un amour impossible, un triangle amoureux, une chorégraphie du geste, de la folie aussi, orchestrée de main de maître et de jeunes acteurs qui allaient exploser, ici dans des rôles délicats, notamment Shah Ruh Khan. La mise en scène de Yash Chopra, pape du genre, inventive, scrute la lente déréliction d’un jeune homme amoureux fou (ici au sens littéral) qui s’éprend de Juhi Chawla (sublime dans ses saris). Du cinéma populaire, qui allait en 1993 faire de Shah Rukh Khan une mégastar du grand écran. Bariolé, excessif, romantique. Un classique. DVD UK

 

Metro Manila (Sean Ellis, 2014) : ♦♦

La survie d’une famille de philippins qui quittent la rizière pour la métropole Manille, le père devenant convoyeur de fonds, tandis que la mère s’improvise danseuse dans un stripclub. Une vision noire du monde d’aujourd’hui et un portrait amer de la pauvreté avec des situations difficiles qui obligent certains à faire des sacrifices et ou des choix radicaux. La partie polar est la plus réussie dans ce film qui est tenu en suspens jusqu’à son final. Triste et réaliste. DVD fr

 

Black (Pierre Laffargue, 2009) :  ♦♦

Un gangster du 18ème arrondissement s’envole pour Dakar à la recherche d’un magot constitué de diamants purs. On avance ici en terrain connu et balisé avec les bons et les méchants, mais l’intérêt principal vient du casting, quasi exclusivement composé d’acteurs noirs. On y croises des russes, des mercenaires et des français venus de Paris en plus d’une flic d’Interpol. Un mélange assez efficace, parfois amusant, surtout quand on voit qu’il est réalisé par un metteur en scène blanc qui ressemble à BHL, mais en plus drôle et intelligent. DVD fr

 

La vie rêvée de Walter Mitty (Ben Stiller, 2014)  :  ♦♦♦

Un employé du service négatifs photos du très célèbre magazine Life dont la vie est brinquebalée entre rêveries et réalité décide de tout plaquer pour retrouver la photo qui a bouleversé sa vie et celle de ses collègues. Un film original, décalé, sentimental, mais surtout bercé par le sentiment de mélancolie et d’atermoiement dans ce film réalisé par Ben Stiller, de tous les plans. Soit le mix de Photo Obsession, La Magicien d’Oz et David Bowie, avec une pincée de Frank Capra. Un exercice d’équilibriste réussi et évocateur.  BR fr

 

L’aube Rouge ( Dan Bradley, 2012) :  ♦♦♦

Un remake d’un film de 1984 tourné au moment où le Mur de Berlin n’était pas encore tombé. Deux décennies plus tard, ce remake tendu dès sa séquence tient ses promesses : de l’action quasi non-stop sur fond d’invasion des USA par des militaires nord-coréens décidés à les faire vivre sous leur joug. Le film est très premier degré, martial et militariste (c’est son sujet même), mais c’est aussi pour cela qu’on le regarde, et de ce côté là il ne ment pas sur la marchandise. Une très bonne surprise.  BR fr

 

Wolverine, le combat de l’immortel (James Mangold, 2013) :  ♦♦

Un spin-off de X-Men avec le personnage de Wolverine ici au coeur de l’histoire (et de l’image). Un film qui repose sur le charisme et la gouaille de Hugh Jackman, ici dans un rôle qui lui intime de jouer avec les répliques mais aussi avec le spectre de la mortalité. Un voyage au Japon mené tambour battant, avec des effets spéciaux qui tiennent la route et un certain humour. Tao Okamoto est sublime. BR fr

 

Exodus : Gods and Kings (Ridley Scott, 2014 ) : O

Le film de Ridley Scott est un peu l’archétype de ce qu’est devenu une partie du cinéma dit à gros spectacle hollywoodien : celui d’un cinéma lissé à l’extrême qui engloutit des millions de dollars dans son visuel et sa recherche du spectaculaire à tout prix au détriment de l’implication émotionnelle. Acteurs en roue libre, cabotinage des acteurs principaux, tout tend ici vers l’exposition puis le déroulement d’une intrigue inspirée des Dix Plaies d’Egypte (Ramsès ordure intégrale, Moïse pieux et dévoué à son peuple) et des Dix Commandements purement illustrative. Un spectacle sans aucune saveur. BR fr 3D.

 

Elmer le remue-méninge/Brain Damage (Frank Henenlotter, 1987) : ♦♦♦

Une créature entre dans la vie d’un garçon sans histoire et lui fournit de la drogue en immisçant un liquide hallucinatoire dans son cerveau à la condition qu’il lui fournisse des cerveaux humains. Un souvenir de la pré-adolescence avec ce film que j’avais découvert en VHS en français il y a plus de vingt ans. Le revoir, c’est le redécouvrir, avec ses scènes mémorables (la première apparition d’Elmer, la scène de la pipe, extrêmement osée pour l’époque, celle du lavabo). C’est une série B comme on en fait plus, culottée qui raconte de façon originale l’addiction. Amusant et surtout fait avec de l’animatronique et beaucoup d’imagination. Youtube.

 

Peur Bleue/Deep Blue Sea (Renny Harlin, 1999) :  ♦♦♦

Sur une base maritime où des scientifiques ont fait des expériences sur des requins les rendant très agressifs, ces derniers se révoltent. Un scénario qui lors des séquences d’ouverture rappelle Les Dents de la Mer, mais très vite, cette production vire au film de divertissement non-stop à une époque charnière où le CGI commence à faire sa place après celle du numérique. C’est donc un tournant dans l’histoire du blockbuster américain, ici dévoué corps et âme à l’action et à son sens de la pyrotechnie avant qu’il ne cède à la facilité et aux remakes  à la chaîne. Et puis c’est l’occasion de revoir Saffron Burrows. Une série B diablement efficace. BR UK

 

Grand Piano (Eugenio Mira, 2013) :  ♦

Un pianiste paralysé par le trac, qui n’a pas donné de concert depuis 5 ans se voit obligé de sauver sa femme et surtout de ne pas faire une seule fausse note. Une intrigue tarabiscotée pour ce film inédit en salle sorti directement en vidéo, dans lequel Elijah Wood interprète un pianiste sur le retour menacé par la présence en voix off de John Cusack. Soit un film aux rebondissements téléphonés jusqu’à un final grotesque qui verse dans la série Z. BR fr

 

Le magicien d’Oz/ Wizard of Oz ( Victor Fleming, 1939) :   ♦♦♦

Un classique américain du film fantastique et du cinéma tout court que je n’avais jamais vu. Outre sa performance technique (surimpressions, trucages optiques, dynamique de la mise en scène et des mouvements de caméra), Le Magicien d’Oz est un trip dans la tête d’une ado qui quitte (involontairement) son Kansas natal pour rejoindre un monde féerique où les rêves peuvent se réaliser. Si certaines chansons, le jeu du Lion, certains décors tendent vers le kitsch et le criard, la bonhomie, l’enthousiasme général (c’est une comédie musicale) emportent l’adhésion d’un film qui a marqué des générations entières. BR fr

 

Préparez vos mouchoirs (Bertrand Blier, 1978) :  ♦♦♦

Un des Blier des 70 que je n’avais pas encore vu. Une histoire d’amour entre un homme et une femme qui ne peuvent avoir d’enfant, avec l’iruption d’un inconnu, et surtout la présence d’un ado de 13 ans qui vient chambouler tout ce petit monde et dont l’héroïne tombe amoureuse. Après la provoc’ misogyne de Calmos, Blier aborde le thème de la lassitude et de l’incapacité de se parler dans le couple qui amène au malentendu. Depardieu, Dewaere sont étonnants mais c’est surtout Riton, en gamin surdoué, qui découvre sa sexualité (et celle des adultes) qui vole la vedette. Un film ancré dans son époque, quand on pouvait provoquer alors qu’aujourd’hui un tel film aurait du mal à être produit, moralisme à tous les étages oblige.  DVD fr

 

Amsterdamned (Dick Maas, 1988) :  ♦♦♦

Dans la ville d’Amsterdam, un tueur en série décime ses victimes dans les eaux des canaux. L’idée, ici géniale, de transposer les actions du requin de Les Dents de la Mer dans les canaux de la Venise du Nord prend tout son sens grâce à la ciné-génie très particulière de la capitale de la Hollande. Une enquête rondement menée, doublée d’un bon film à suspense de la fin des années 80, qui n’a pratiquement pas pris de rides et atteint son sommet lors de l’hallucinante séquence de poursuite en bateaux. Amusant hommage (ou clin d’oeil) à Freddy les griffes de la nuit, l’original, lors du meurtre de la jeune femme dans sa bouée. Intéressant également de revoir la ville à cette période, de jour comme de nuit. Youtube

 

Situation amoureuse, c’est compliqué (Manu Payet, 2014) :  ♦♦

Les affres, atermoiements d’un jeune trentenaire réalisateur de films de mariage qui hésite à se marier avec la fille qu’il aime quand celle dont il était fou amoureux au collège et lycée débarque de nouveau dans sa vie. Une comédie, une rom-com à la française, avec des situations et des dialogues parfois bien vus,  un jeu d’acteurs prenant et un rythme soutenu. Pas un chef-d’oeuvre mais une comédie assez pétillante avec les jolies Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui. BR fr

 

Die Menschenfresserin/Cannibal (Benjamin Viré, 2010)  :  O

Un club de golf, une jeune femme évanouie qui se révèle être cannibale, un gang de mafieux. Ce film belge, au script sinueux est certes atypique, mais il en joue tellement avec son image délavée tournée en numérique, qui passe sans raison dans sa dernière moitié au noir et blanc, sa volonté affichée de perdre le spectateur, qu’il en devient rapidement pénible. La démarche tient la route trente minutes avant de tomber dans les travers du film indépendant qui se veut très décalé. BR allemand

 

Jack au royaume des filles ( Riad Sattouf, 2014) :  ♦♦

Dans un royaume de type dictatorial, les garçons portent la burqa, les filles l’uniforme et les armes. Un jeune homme tente d’approcher son Excellence, la fille de la Générale afin de l’épouser. Le vernis de bande dessinée du film, le second de Riad Sattouf prête plus à sourire par rapport à ce qu’il montre (l’image de la toute puissance dictatoriale, l’inversion des rôles, le plan final en pied de nez) qu’à ce qu’il raconte dans les dialogues. Une oeuvre originale et amusante sur la forme donc, moins sur le fond, avec une Charlottte Gainsbourg inspirée et géniale qui s’aventure dans des registres très différents. BR fr

 

Thriller, a cruel picture/ Crime à froid (Bo Arne Vibienus, 1974) :  ♦

Il faut sans doute prendre le film tel qu’il est : un film matriciel dans le genre du rape & revenge (de l’original de I spit on your grave à son remake en 2012). Avec une actrice principale qui incarne l’innocence avant la prise d’armes, la belle Cristina Lindberg dans un rôle ici uniquement muet. Pour le reste, le film a pris un sacré coup de vieux esthétique, même s’il inspira Kill Bill, et je mettais sans doute imaginé une oeuvre toute autre depuis le temps que j’en entends parler, beaucoup plus radicale, extrême sans doute. En soi il n’est pas mauvais, le choix du ralenti dans les scènes d’explosion de violence étant une idée intéressante, mais il y a aussi bien mieux. Youtube.

 

La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher, 2010) :  ♦

Ancien journaliste de Mad Movies et Positif, Yannick Dahan passe derrière la caméra pour son 1er long. Une histoire basique, saupoudrée de dialogues blindés d’insultes dont l’intérêt principal est de voir le délitement d’un groupe au sein d’un immeuble infesté par des zombies. Soit un argument de série B qui aurait pu être jubilatoire sans l’utilisation abusive de ralentis chichiteux et d’une caméra qui vire à l’hystérie alors même qu’elle n’en aurait pas besoin car le sujet, la forme et le principe même du zombie ici c’est déjà de courir vite et de mordre tout ce qui bouge. Une occasion ratée de faire un film entraînant même si intrinsèquement la démarche est louable et la passion palpable. BR fr

 

Gemma Bovery (Anne Fontaine, 2014 ) :  ♦♦♦

La raison principale de voir Gemma Bovery c’était celle de découvrir, réunis pour la première fois deux de mes acteurs préférés : Fabrice Luchini et Gemma Arterton. La jeune actrice anglaise fait des merveilles et parle un français avec cet accent britannique qui me fait fondre, dans cette relecture contemporaine, un poil cynique et amère de Madame Bovary de Flaubert. Certes le personnage d’Elsa Zylberstein est insupportable, mais la narration de cet amour adultère est assez savoureuse et constitue même le meilleur film d’Anne Fontaine depuis longtemps. DVD fr

 

Taken 3 (Olivier Mégaton, 2015) :  ♦♦

La mécanique est désormais bien (trop?) huilée dans ce troisième volet qui déroule son intrigue faite d’invraisemblances en tous genres pour le seul plaisir de voir son personnage principal se sortir des situations les plus compliquées. Le film repose essentiellement sur le charisme de Liam Neeson, le montage hystérique et le côté bâclé des séquences d’action le rendant moins attachant que les deux précédents. Mais c’est tout de même rondement mené. BR fr 

 

Colt 45 (Fabrice du Welz, 2014) :  ♦♦

Un jeune armurier du Quai des Orfèvres devient tireur d’élite en intégrant l’unité spécialisée de la BRI. Ce n’est peut-être pas le film que Welz désirait au fond de lui-même, notamment en raison des conflits avec la production (Warner en bâcla la sortie),mais il tient relativement bien la route même si son schéma classique d’ascension lui permet tout sauf l’originalité. Un polar assez tendu, notamment dans son dernier tiers avec un casting assez impressionnant (Prestia, Nahon, Lanvin, Starr, Arkabian, etc). BR fr

 

Garde à vue (Claude Miller, 1981) :  ♦♦♦

A partir d’un scénario qui convoque le pire de l’horreur (les viols et meurtres de deux fillettes), Claude Miller réalisé un huit-clos -la quasi intégralité du film- dans lequel s’affrontent deux monstres sacrés : Michel Serrault (génial) et Lino Ventura (tout autant). Un suspens basé sur la confrontation verbale, les joutes et une exploration de la psychologie de personnages dans un bras de fer tendu comme un arc. Seul regret, le côté un peu pénible du personnage de Guy Marchand. Youtube

Films du mois (Novembre 2014)

Films du mois (Novembre 2014) dans Cinéma Cinema

Film du mois

 Dog Pound

DogPound dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

The Raid 2 (Gareth Evans, 2014) :  ♦

L’exemple typique du film survendu sur son soi-disant potentiel spectaculaire. Ou comment le marketing prend la place sur la qualité. J’aurais pu mettre O mais le film possède deux ou trois scènes (dont la dernière) qui relève un peu le niveau d’un film interminable, d’une irrationnelle durée de 2H30 pour raconter finalement peu de choses et prendre la pose quasiment tout le temps. La surprise du premier venait de la reprise des codes du jeu vidéo pour aller d’une scène à une autre (affrontements multiples jusqu’au boss final). Ici, le scénario rajoute une couche sur l’autre dans le film de mafia, et l’interprétation globalement mauvaise n’arrange rien. Le recours à la caméra portée devient aussi un peu énervant à la longue. Bref, un film qui aurait pu être bien plus efficace s’il avait duré 1h30.  Apparemment il est dit qu’il s’agit déjà d’un film culte, ah bon ? BR fr

 

GO (Doug Liman, 1998) : ♦♦♦

Un film générationnel qui m’a permis de revoir avec presque vingt ans de recul les seconds pas au cinéma de Katie Holmes, Sarah Polley (sortie de De Beaux Lendemains) ou encore James Duval (Nowhere, The Doom Generation,) ainsi que Nathan Bexton qui jouait lui aussi dans le film Nowhere de Gregg Araki. C’est le premier film de Doug Liman, et la structure qui montre la même histoire avec trois points de vue différent possède une certaine originalité. La musique collait à l’esprit et à la bande-son de l’époque, c’est à la fois fun et assez bien ficelé, on parle beaucoup de drogues et l’on en consomme, de sexe aussi. Ca m’a permis de voir un vieux DVD que je gardais donc au chaud, sorti en 1999, avec menu fixe, mais déjà format 16/9 ce qui n’était pas toujours le cas des premières galettes sorties en France en 1997/1998. Toute une époque. DVD fr

 

Dragons 2/ How to train a Dragon 2 (Dean DeBlois, 2014) : ♦♦♦

On prend les mêmes et on recommence. Certes l’histoire n’est pas aussi originale que le premier volet qui apportait son lot de surprises dans le genre du film d’animation largement dominé par Pixar, mais ce second volet reprend les forces du premier film et nous emmène dans des sphères peu explorées ces dernières temps, à l’exception du médiocre Rio 2 (le vol, la voltige et l’humour). A l’inverse de Rio 2, ce film-ci ne se base pas uniquement sur sa technique et prend le temps de développer ses personnages ainsi sur les intéractions. On se prend d’émotion pour ce récit initiatique (un gamin qui devient chef), parcouru, et c’est l’essentiel, d’une maestria technique de tous les instants. C’est beau, virevoltant (la 3D en met plein la vue mais sans aucun effet de gratuité), et lorsque le film pourrait basculer dans le piège de la surenchère, il distille des pauses, des moments de silence et de contemplation. Une réussite, d’autant plus impressionnante qu’elle laisse imaginer des possibilités encore plus grande d’évasion par le cinéma. BR 3D fr

 

De guerre lasse (Olivier Panchot, 2013)  :  ♦♦

Un ancien de la Légion (Jalil Lespert), déserteur, revient à Marseille dans le milieu. Un scénario qui n’a rien d’original et une réalisation qui l’est tout autant, mais ce film sur le retour au milieu d’un jeune homme dont l’avenir semble tracé d’avance est habilement conduit, avec en ligne de mire la mafia locale, ses actions, sa main mise sur la vie quotidienne. On n’est certainement pas dans un Marseille de carte postale, et la description de la violence ordinaire a quelque chose des films de Coppola (sans l’envergure dramatique et le sens de la tragédie). Pas mal. BR fr

 

Alceste à Bicyclette (Philippe le Guay, 2013) :  ♦♦

Un acteur de fictions télé va rendre visite à un ami acteur sur le départ, retiré en Province. C’est autour de la pièce Le Misanthrope de Molière, que se développe cette fable sur la solitude, la mise à mal de l’amitié entre deux acteurs (Luchini génial, Wilson également) qui lorgne aussi du côté de la petite critique du monde du cinéma, de ses idéaux et surtout de ses faux-semblants/fausses amitiés/trahisons. Si le style formel est simple, c’est surtout la jubilation du verbe, le geste de comédien, le plaisir de la répartie dans des décors naturels (la Rochelle, l’Ile de Ré, le vélo, très photogéniques) qui l’emportent. Et les acteurs de se régaler. BR fr

 

Les Trois Mousquetaires (Paul W S Anderson, 2010) :  O

On peut faire fi de l’anachronisme (éhonté) qui fait faire du karaté à des mousquetaires au XVIIème siècle, aux tics de langage et à une certaine désinvolture, notamment lors de la scène d’ouverture, la seule qui provoque un semblant de stimuli. Pour le reste, représenter le roi sous les traits d’un jeune con, Richelieu à la ramasse, une galerie de personnages secondaires sans intérêt, avec ce côté potache, tordant le cou à l’histoire avec un grand H pour servir une soupe hollywoodienne indigeste finit par devenir lassant. Y compris dans un film de divertissement. Avant son Pompéi, Paul W S Anderson s’amusait donc avec ses histoires et ses ralentis. Mais la sauce ne prend jamais. BR fr 3D

 

Dog Pound (Kim Chapiron, 2010) :  ♦♦♦♦

Le quotidien dramatique (dans tous les sens du terme) de prisonniers adolescents incarcérés pour des crimes et délits. Pour son deuxième film, Kim Chapiron change de fusil d’épaule et laisse de côté le ton potache de Sheitan qui a révélé Olivier Barthélémy (une de mes comédies préférées de ces quinze dernières années). Il faut saluer l’investissement de l’acteur principal; Adam Butcher, extraordinaire. Son personnage vit tout du long une colère contenue qui contribue à électriser un film qui ne cesse d’être sur la corde raide entre la douleur et le sublime. Ce sont ces adolescents qui se frappent, se violentent et finissent aussi par s’accepter que filme la caméra d’un Kim Chapiron impressionnant de maîtrise.  Tout le film, tendu comme un arc, file vers sa résolution, explosive et irréversible. BR Fr

 

A bout portant ( Fred Cavayé, 2010) :  ♦♦

Fred Cavayé est sans doute le meilleur réalisateur français de polar aujourd’hui. Comme Pour elle, il va droit au but, et réalise avec sècheresse des films qui se suivent sans temps mort. Ici l’histoire d’un aide-soignant pris dans un engrenage et qui tente de retrouver sa femme enceinte kidnappée. Un scénario loin d’être original, mais la réalisation fait -et bien- le boulot. Gérard Lanvin est génial en vieux loup cynique de la PJ. Très efficace en somme. BR fr

 

Pompéi (Paul W Anderson, 2014)  :  ♦

Le début du film est un croisement entre Gladiator (que je déteste) et Spartacus (que j’adore). En général plus le méchant est réussi meilleur est le film comme le disait Hitchcock, sauf qu’ici Kiefer Sutherland cabotine plus que de raison dans son rôle de Sénateur. Les quarante premières minutes sont parasitées par des tunnels de dialogues et des jeux d’arène où se confondent souffrance et violence à l’épée. Le clou du spectacle, attendu, arrive avec l’éruption du volcan et la destruction de Pompéi. Le film prend alors des airs de film catastrophe, gonflé par ces CGI en cascade et ses décors fondant sous la lave. Dommage qu’il y ait ce rythme inégal, cette musique pompière et ses ralentis incongrus. Le film vaut le coup d’être vu en 3D, laquelle est très aboutie. BR Fr 3D

 

Timber Falls ( Tony Giglio, 2007) :  ♦♦

Ce petit film d’horreur qui commence comme une ballade champêtre se transforme très vite en cauchemar. Point de maison hantée, de démon, mais une gémellité avec le film de Kevin Smith, le remarquable Red State : celle de mettre en lumière des bigots obsédés par la pureté et qui ici tentent de trouver le couple idéal pour les forcer à copuler et ainsi procréer, ce que la femme du shérif (troublante ressemblance avec Ségolène Royal) n’a jamais pu faire. Si le film dérange c’est pour son côté viscéral, avec ces scènes de torture (morale et physique). Un film radical, qui met mal à l’aise et qui laisse malheureusement une pointe de suspens s’installer dans le tout dernier plan alors que ce ne n’était pas nécessaire. BR fr

 

Massacre à la tronçonneuse 3D (John Luessenhop, 2013) : ♦

Le premier demeure le plus grand film d’horreur de ces cinquante dernières années, un maitre étalon de l’horreur viscérale,parce qu’elle s’inspire justement de faits réels. Cette petite série B qui reprend le schéma narratif du premier, avec les mêmes péripéties, décline la peur sous l’angle de la jeunesse et de l’héritage familial. Les bimbos sont de sortie, on fume et on boit, puis vient Leatherface, un personnage monstre (par son influence et son impact dans le cinéma d’horreur) et la petite musique gore se met en route. Le film est plutôt rigolo et ne fait pas peur (le premier si, justement parce qu’il ne montrait presque rien de l’horreur graphique hormis dans le dernier quart d’heure mais reposait sur une mécanique de la tension inégalée). La 3D est spectaculaire, une des meilleures que j’ai vues. C’est cela : l’effet d’un grand huit  oublié sitôt vécu. BR fr 3D

 

Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertolucci, 1972) :   ♦♦

Je l’avais vu une première fois il y a dix ans en DVD. Je pensais avoir affaire à un film très érotique et l’avais trouvé beaucoup moins bon que sa réputation ne le laissait penser. Le revoir dix ans après me permet de le reconsidérer par rapport à l’histoire du cinéma, au cinéma des 70′s, avec un autre œil. C’est une œuvre qui tourne autour d’une relation impossible, qui pourrait être banale s’il n’y avait pas cette différence d’âge et le propos parfois cru, direct, d’un homme quinquagénaire envers une très jeune femme. En 1972, juste avant la libération des mœurs et avant le mouvement MLF, c’est un film qui était en droit de choquer. Parler de sexualité, du sexe et de la mort ici intimement liés crée une sorte de malaise diffus et la relation intime est ici montrée sous un jour tout sauf reluisant. C’est un amour impossible, une histoire triste qui se conclut tragiquement. Marlon Brando est impressionnant sans presque rien faire, mais l’audace vient de la jeune Maria Schneider, confondante de spontanéité, ici littéralement à nue. Un film de son époque et une vision crue d’un amour presque bestial. BR fr

 

Piégé (Yannick Saillet, 2014)  :  ♦

Une mission en Afghanistan se transforme en carnage. Un soldat se retrouve piégé, le pied posé sur une mine. C’est le synopsis de ce film minimaliste (cinq personnages, un lieu unique, le désert afghan, la chaleur implacable) dans sa durée et sa forme. Pascal Elbé joue aux côtés d’un Laurent Lucas qui vocifère pendant vingt minutes. Cadré minutieusement et jouant sur le suspens (survivra ? survivra pas? ), le film fait un peu penser à du Katherine Bigelow, sans la shaky camera et la production hollywoodienne. Je ne comprends pas pourquoi certaines scènes n’ont pas été sous-titrées en français quand on passe à l’anglais ? BR fr

 

 A perdre la raison (Joachim Lafosse, 2012)  :  ♦♦♦

Joachim Lafosse confirme après Elèvre libre la singularité de son cinéma. Le film est entièrement tendu vers sa conclusion dramatique en faisant lentement monter une pression tant interne (le personnage de Murielle bout sans crier garde), qu’externe (les rapports difficiles, parfois tendus avec son mari, ses proches). L’interprétation de Niels Arestrup, de Tahar Brahim et bien sûr d’Emilie Dequenne (mémorable scène de voiture sur la chanson « Femmes je vous aime » de Clerc) et très bonne, et le réalisateur scrute le délitement progressif, structuré, du cadre familial, la folie qui bruisse. DVD fr

 

Rio 2 (Carlos Saldanha, 2014) :  ♦

On prend les mêmes et on recommence, cette fois-ci au coeur de la jungle. L’animation est belle et fluide, le visuel travaillé, mais en 2014, à l’inverse d’un Toy Story en 1995, cela n’a plus rien de révolutionnaire. Le hic du film c’est de se baser sur un rythme effréné rendant l’ensemble très vite cacophonique. Les séquences musicales m’ont vite tapé sur le système, sauf celle qui reprend les codes visuels de Bubsy Berkeley. Pour le reste, l’humour, trop lourd, tombe à plat, il n’y a aucune nouveauté, l’originale paraissant beaucoup plus recherché et vif. Une vraie déception.

 

Sueurs Froides/Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958) :  ♦♦♦

J’ai moyennement accroché à la première partie du film (que je découvre maintenant), laquelle pose pourtant les bases ce qui va suivre, le mélange d’obsession (pour une femme, par rapport à la peur du vertige) et de sentiments forts (l’amour d’un homme pour une femme qui ne cesse de poursuivre), mais j’ai beaucoup aimé la seconde à partir de l’apparition du personnage de Judy, où le romantisme exacerbé se marie bien avec le fantastique et l’inventivité visuelle. Plastiquement le film est superbe, avec sa photo travaillée et l’on sent une méticulosité de tous les instants, portée par la maestria technique. Hitchcock invente le plan réutilisé plus tard dans Les dents de la mer quand Brody s’aperçoit qu’il y a un danger au loin, la séquence du rêve a inspiré cinquante ans de cinéma, et l’histoire se suit avec un plaisir manifeste de manipuler. Un très bon Hitchcock mais pas mon préféré.  BR fr

 

3 Days To Kill (Mcg, 2013) :  ♦♦

Un agent de la CIA buriné et souffrant s’engage dans une ultime mission. Revoir Kostner sur grand ou petit écran est toujours sympathique. L’acteur promène ici son allure fatiguée comme le veut son personnage mais s’amuse aussi, à la manière d’un Liam Neeson à jouer avec son image. Le film s’ouvre sur une extraordinaire séquence d’action (c’était déjà le cas il y a quinze ans avec le premier volet de Charlie’s Angels). Ensuite le film trouve ses marques, use et abuse de certains clichés, livre un film d’action parfois inégal, à la photo assez dure dans ses tons, filmée en HD dans un Paris très touristique. C’est efficace, carré, avec un scénario très léger. Une série B assez bien fichue en somme, mais sans l’étincelle qui en ferait un grand film d’action. BR fr

 

 Scream 4 (Wes Craven, 2011) :  O

J’aurais pu mettre ♦ pour Neve Campbell qui quinze ans après se remet à jouer dans le film qui a fait d’elle une star. Mais ce type de cinéma de l’horreur entièrement voué à l’exercice de style virant au métacinéma,  interrogeant le spectateur sur un ton un peu hautain, se parodiant lui-même, et ressassant toujours les mêmes formules a quelque chose d’agaçant à la longue. Le cinéma américain est connu pour aimer les remakes, en faire régulièrement. Ce quatrième volet en est un énième, avec une conclusion facile, des portes qui se claquent et un couteau qui fend la chair. Mais il lui manque le côté trivial du premier, et c’est beaucoup trop long. Mais bon j’aurais essayé. BR fr

 

Les Kaira (Franck Gastambide, 2012) :  ♦♦♦

L’exagération volontaire du dialogue et des situations qui en découlent provoquent un rire franc, Les Kaira étant une comédie qui revient sur tous les clichés du film de banlieue (phrasé, musique, tenues, communautés) depuis l’explosion de La Haine (dans un registre beaucoup plus dramatique) en 1995 que le film cite en hommage  tout en se reposant sur une exceptionnelle alchimie dans son interprétation, grâce à son formidable trio d’acteurs. C’est un premier film et pourtant il y a là un sens du cadre, du tempo qui reposent sur le comique de situation (dont les scènes drôlissimes du karaoké, de la prostituée entourée de chats, le final sur la musique r’n'b, le -faux-casting porno avec François Damiens) et de verbe. Un verbe qui fuse, court, ne se tarit jamais. Un film qui  joue sur la dérision et l’autodérision réinventant mine de rien, à sa manière, la façon d’aborder le genre de la  comédie populaire française. BR fr

Le cinéma d’Eric Rohmer

Le cinéma d'Eric Rohmer dans Cinéma affiche-conte-d-ete

J’ai découvert le cinéma d’Eric Rohmer une première fois en 2006 avec un de ses films les plus connus, en tout cas un de ses plus célébrés, Ma nuit chez Maud sorti en 1969. Tourné en noir et blanc avec  Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian qui interprètent les rôles principaux, il s’agit d’un de mes films français préférés avec La règle du jeu de Jean Renoir et Vivre sa vie de Jean-Luc Godard.

RulesChristineOctaveGeneraa%255B1%255D dans CinémaJean Renoir, second à partir de la gauche, dans La Règle du Jeu (1936)

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Anna Karina dans Vivre sa vie (1962) de Jean-Luc Godard

 Ma Nuit chez Maud convoque le philosophe Pascal, la religion, et le thème universel de l’amour en un époustouflant croisement de destins personnels. Je n’ai découvert la suite de sa filmographie que trois ans plus tard, non pas par hasard, mais en allant rechercher quelques infos sur le net et découvrant ainsi des titres qui me donnaient tout simplement envie d’en connaître plus après la première rencontre très forte de son univers.

ma-nuit-chez-maudMa nuit chez maud (1969)

La première chose à faire, c’est peut-être celle de désacraliser l’idée d’un cinéma inaccessible au commun des mortels, trop verbeux, voire sombrant dans le verbiage dès les premiers dialogues. Ce n’est pas du tout le cas, et si Ma nuit chez Maud est peut-être (sans doute ?), le plus philosophique de ses films, il n’est pas pour autant dur d’accès, et ce sans même avoir lu une ligne d’un texte de Pascal. Le cinéaste français est souvent dans ses films allé à l’essentiel, celle de la rencontre, celle de la fameuse maxime Hitchcockienne qui consiste à dire qu’un garçon rencontre une fille (boy meets girl). Sur cette thématique principale, le cinéaste au long d’une carrière d’une cohérence absolue, a vogué entre le marivaudage (Marivaux n’est jamais très loin), la candeur de ses jeunes interprètes, la tentation de l’adultère (rarement consommée à l’écran car les personnages sont tentés par l’adultère mais reviennent souvent leurs décisions et leurs amours premières), le triangle amoureux, les rencontres fortuites en apparence qui révèlent pourtant des personnalités et changent le cours de la vie.

Marivaux une des influences de Rohmer

Rohmer a comme Balzac, dans une moindre mesure, dépeint la Comédie humaine qui fait du genre humain, à la fois quelque chose de fascinant et de fondamentalement complexe. Les exégèses sont trop nombreuses sur ce cinéaste pour que je m’y risque, ce n’est pas mon intention première. Son cinéma a néanmoins au cours de sa longue et riche carrière posé les bases de La Nouvelle Vague à laquelle il a appartenu (comme Truffaut, Godard et Rivette), en inventant son langage formel et cinématographique à lui, littéraire par bien des aspects, mais jamais hermétique, pédant ou sophistiqué pour le seul plaisir de l’être et de l’être pour une seule élite. Je reste convaincu que le cinéma de Rohmer est accessible au plus grand nombre. Du cinéma populaire même si au premier abord on pourrait être amené à penser le contraire.

gerard-depardieu-dans-les-valseusesLe duo terrible Depardieu-Dewaere dans Les Valseuses (1974).

Ce qui me séduisit puis me frappa dans Ma nuit chez Maud, c’est la direction d’acteurs au millimètre, et la diction qu’il fait prendre à ses comédiens. Je ne connais que très peu d’autres exemples de cinéastes dont l’univers au niveau des dialogues est reconnaissable immédiatement à la façon qu’ont les acteurs de se mouvoir dans le cadre (son cinéma est un cinéma du mouvement, de la parole mais aussi des voyages, que ce soit en Bretagne comme sur Paris et sa couronne ou sa banlieue, à l’image de Cergy) et de dialoguer. Des dialogues ciselés, riches, qui font monter la sauce Rohmérienne. Parfois de façon volontairement théâtrale, parfois de façon intime. Les films étaient très écrits, les comédiens s’appropriaient le texte. Il n’y a guère que chez Bernard Blier que je retrouve cela. Le métré, la rythmique, le phrasé, et bien sûr les interprètes qui sont symboliques de l’univers de l’un et l’autre. Depardieu, Dewaere, Carmet, Blier père chez Blier. Depardieu n’est jamais aussi bon que chez lui, jamais aussi volubile tout en ayant sa capacité à faire claquer, valser, danser les mots et les verbes. Pour moi le verbe Rohmérien danse, caresse, puis stupéfait par sa beauté. Blier lui me faire rire aussi pour d’autres raisons dont celle de l’insolence.

conte-d-eteAmanda Langlet aux côtés de Melvil Poulpaud dans Conté d’Eté (1995), le chef-d’oeuvre des années 90 d’Eric Rohmer

Après ce coup de foudre pour Ma nuit chez Maud, il y eût les errances de Gaspar dans le solaire, lumineux, enthousiasmant Conte d’Eté qui permet à Amanda Langlet d’avoir un de ses plus beaux rôles au cinéma (actrice qu’il retrouve des années plus tard avec Triple Agent). Il y a ces longues ballades sur la plage filmées en plans-séquences ou en longs-travellings. Il y a ces figures féminines que Rohmer se plaît à croquer avec la science du metteur en scène qui sait découvrir des talents précoces, et cette énergie de fin d’adolescence, début de l’âge adulte qui rappelle forcément quelques souvenirs adolescents qui nous sont propres : l’indécision éternelle de ce Gaspard (admirable Melvil Poulpaud jamais aussi beau que dans ce film) qui ne sait choisir entre deux filles, attiré vers l’une puis l’autre tout en continuant à jouer de la musique. Paroles et musiques se combinent et se fondent dans ce qui est sans doute le film le plus rafraîchissant de sa période années 90. Les atermoiements de Sophie Renoir dans L’ami de mon amie en 1987 m’ont tout autant séduit.

conte-d-ete-1996-tour-01-gEric Rohmer entouré de ses comédiens sur le tournage de Conte d’Eté (1995)

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Un livre sur le film Conte d’Eté

ami-de-mon-amie-87-tou-01-gUne image de tournage de L’ami de mon amie (1987)

18395963Sophie Renoir à gauche, une des deux principales comédiennes du film l’Ami de mon amie (1987)

Cergy ville nouvelle y est croquée par l’œil d’architecte du cinéaste. En une semaine, en 2009, au printemps, je dévorais quelques sept ou huit films, sans me lasser de cet univers. Rohmer avait réussi son pari : nous intéresser puis nous émouvoir quant aux histoires sentimentales de ces jeunes femmes de la vie parisienne mais pas que. Car Rohmer tourne en région, en Province, quitte la capitale et nous embarque en vue subjective dans les voitures, filme la campagne, les villages, tourne très vite entouré d’une petite équipe technique et d’assistants. C’est le cas par exemple avec L’arbre, le Maire et la Médiathèque, très bonne comédie avec Fabrice Luchini. Un Fabrice Luchini auquel Rohmer fut le premier à véritablement lui donner sa chance, lorsqu’en 1970 il tourne Le genou de Claire, un de ses films que l’on peut aisément recommander pour se familiariser avec le cinéaste. Il y incarne un jeune homme blond insaisissable qui joue dans une courte séquence. Mais le style, le verbe de l’acteur sont déjà là, prêts à éclore. Le cinéma de Rohmer lui permettra de les parfaire, de les rendre uniques. Il rendra célèbre les comédiens Pascal Greggory, Arielle Dombasle, Béatrice Romand, qui ont démarré chez lui.

 » Tout être vit dans l’incomplétude. Et c’est seulement l’amour qui lui permet de se réaliser pleinement « .

Eric Rohmer, Pauline à la plage (1983)

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Jean-Claude Brialy aux côtés du débutant Fabrice Luchini dans Le Genou de Claire (1971).

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Jusqu’à son dernier long-métrage Les amours d’Astrée et de Céladon adapté d’un des plus vieux et longs romans français (3400 pages) Rohmer ne cessera de filmer la jeunesse aventureuse, la jeunesse capricieuse, avec malice et attachement. La dernière séquence du film en porte la signature dans la désinvolture comme dans l’insouciance  insolente. On jurerait qu’un jeune metteur en scène de 30 ans a signé ce film alors qu’à l’époque il en a 86. Il n’y a guère que deux moments que je n’aime pas dans sa filmographie : La colllectionneuse en 1967, un film que je déteste pour ses interminables palabre et de goût étrange de pédanterie exacerbée qu’il me laisse, et dans une moindre mesure Les nuits de pleine lune que je trouve très moyen ainsi que Le Rayon Vert auquel je n’ai pas accroché. Il me reste à découvrir Triple Agent, La Marquise d’O, L’anglaise et le Duc, Perceval le Gallois. Il nous a quitté au début du mois de janvier 2010 à 89 ans, en laissant une empreinte indélébile dans le cinéma français et dans le cinéma tout court.

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18784858Le superbe testament de Rohmer, Les amours d’Astrée et de Céladon (2007).

 

Mes films préférés du cinéaste :

  1. Ma nuit chez Maud
  2. Le genou de Claire
  3. Conte d’Eté
  4. Les amours d’Astrée et de Céladon
  5. L’ami de mon amie
  6. Quatre aventures de Reinette et Mirabelle
  7. Les rendez-vous de Paris
  8. La femme de l’aviateur
  9. Le signe du Lion
  10. La Boulangère de Monceau
  11. Conte de Printemps
  12. Le beau mariage
  13. Pauline à la Plage
  14. Conte d’Automne
  15. Les nuits de la pleine lune
  16. Le Rayon vert
  17. La collectionneuse

Cesar 2013

Cesar 2013 dans France 402367.189

La grand messe du cinéma français se tiendra à la fin du mois de Février, le 22 Février au théâtre du Châtelet à Paris.

Une tradition, celle des Cesar qui se tiennent depuis 1976. Le premier Président en fût Jean Gabin. A l’époque, c’est Philippe Noiret qui remporte le premier Cesar du meilleur acteur pour Le Vieux Fusil. Romy Schneider l’obtiendra pour son rôle bouleversant dans L’important c’est d’aimer de Zulawski réalisé en 1974.

 dans FranceRomy Schneider dans Le Vieux Fusil

L’affiche de la cérémonie a été révélée et rend hommage à Simone Signoret.

La soirée sera animée par Antoine de Caunes.

La liste des nominés a été dévoilé, les voici

MEILLEUR FILM

« Les Adieux à la reine »
« Amour »
« Camille redouble »
« Dans la maison »
« De rouille et d’os »
« Holy Motors »
« Le Prénom »

MEILLEUR RÉALISATEUR

Benoît Jacquot pour « Les Adieux à la reine »
Michael Haneke pour « Amour »
Noemie Lvovsky pour « Camille redouble »
François Ozon pour « Dans la maison »
Jacques Audiard pour « De rouille et d’os »
Leos Carax pour « Holy Motors »
Stéphane Brizé pour « Quelques heures de printemps »

MEILLEURE ACTRICE

Marion Cotillard pour « De rouille et d’os »
Catherine Frot pour « Les Saveurs du palais »
Noemie Lvovsky pour « Camille redouble »
Corinne Masiero pour « Louise Wimmer »
Emmanuelle Riva pour « Amour »
Léa Seydoux pour « Les Adieux à la reine »
Hélène Vincent pour « Quelques heures de printemps »

MEILLEUR ACTEUR

Jean-Pierre Bacri pour « Cherchez Hortense »
Patrick Bruel pour « Le Prénom »
Denis Lavant pour « Holy Motors »
Vincent Lindon pour « Quelques heures de printemps »
Fabrice Luchini pour « Dans la maison »
Jérémie Rénier pour « Cloclo »
Jean-Louis Trintignant pour « Amour »

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

Valérie Benguigui pour « Le Prénom »
Judith Chemla pour « Camille redouble »
Isabelle Huppert pour « Amour »
Yolande Moreau pour « Camille redouble »
Edith Scob pour « Holy Motors »

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Guillaume de Tonquédec pour « Le Prénom »
Samir Guesmi pour « Camille redouble »
Benoit Magimel pour « Cloclo »
Claude Rich pour « Cherchez Hortense »
Michel Vuillermoz pour « Camille redouble »

MEILLEUR FILM ÉTRANGER

« Argo »
« Bullhead »
« Laurence anyways »
« Oslo, 31 Aout »
« La Part des Anges »
« Royal Affair »
« A perdre la raison »

MEILLEUR PREMIER FILM

« Augustine »
« Comme des frères »
« Louise Wimmer »
« Populaire »
« Rengaine »

MEILLEUR DOCUMENTAIRE

« Bovine ou la vraie vie des vaches »
« Duch, le maitre des forges de l’enfer »
« Les Invisibles »
« Journal de France »
« Les nouveaux chiens de garde »

MEILLEUR FILM D’ANIMATION

« Edmond était un âne »
« Ernest et Célestine »
« Kirikou et les hommes et les femmes »
« Oh Willy »
« Zarafa »

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

Felix Moati pour « Télé Gaucho »
Kacey Mottet Klein pour « L’Enfant d’en haut »
Pierre Niney pour « Comme des frères »
Matthias Schoenaerts pour « De rouille et d’os »
Ernst Umhauer pour « Dans la maison »

MEILLEUR ESPOIR FEMININ

Lola Dewaere pour « Mince alors ! »
Alice De Lencquesaing pour « Au galop »
Izia Higelin pour « Mauvaise fille »
Julia Faure pour « Camille redouble »
India Hair pour « Camille redouble »

MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL

« Adieu Berthe »
« Amour »
« Camille redouble »
« Holy Motors »
« Quelques heures de printemps »

MEILLEURE ADAPTATION

« 38 témoins »
« Les Adieux à la reine »
« Dans la maison »
« De rouille et d’os »
« Le Prénom »

MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

« Les Adieux à la reine »
« Camille redouble »
« Dans la maison »
« De rouille et d’os »
« Populaire »

MEILLEUR SON

« Les Adieux à la reine »
« Amour »
« Cloclo »
« De rouille et d’os »
« Holy Motors »

MEILLEUR MONTAGE

« Les Adieux à la reine »
« Amour »
« Camille redouble »
« De rouille et d’os »
« Holy Motors »

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE

« Les Adieux à la reine »
« Amour »
« De rouille et d’os »
« Holy Motors »
« Populaire »

MEILLEURS COSTUMES

« Les Adieux à la reine »
« Augustine »
« Camille redouble »
« Cloclo »
« Populaire »

MEILLEURS DÉCORS

« Les Adieux à la reine »
« Amour »
« Cloclo »
« Holy Motors »
« Populaire »

MEILLEUR COURT-MÉTRAGE

« Ce n’est pas un film de cow-boys »
« Ce qu’il restera de nous »
« Le cri du homard »
« Les Meutes »
« La vie parisienne »

 

Ce sont Camille Redouble, Amour et  Les Adieux à la Reine qui récoltent le plus de nominations, respectivement 13 et 10

Je suis en général très mauvais sur les pronostics (même si j’avais trouvé Miss France et 3 de ses dauphines), mais j’imagine bien un plébiscite pour Amour et Jean-Louis Trintignant. En ce qui concerne les costumes, les décors et la photographie, je vote pour Les adieux à la Reine.

A ce propos j’ai lu que le choix de Léa Seydoux en meilleure actrice était largement contesté voire conspué/moqué. Je trouve que l’actrice joue justement sur la tonalité du non-dit ou de la parole chuchotée pour respecter les choix de son personnage d’amoureuse tansie. Ce n’est pas de l’Actor’s Studio qu’on lui demande, et ce jeu en équilibre, entre pudeur et romantisme justifie sa nomination. Et pourquoi pas son Cesar. Diane Kruger possède un charisme différent dans le film, mais les deux actrices sont complémentaires.

les-adieux-a-la-reine-lea-seydouxLéa Seydoux dans Les Adieux à la reine

J’ai vu très très peu de films sur la totalité des nominés. Je ne vais pas me risquer à un jugement à l’emporte-pièce sur des films que je ne connais pas. J’ai entendu beaucoup de bien de Le prénom. J’aurais beaucoup aimé découvrir Les invisibles sur les couples homosexuels ayant traversé les années 70 et s’aimant toujours de nos jours par le réalisateur de Presque rien. Camille Redouble m’inspire aussi une comédie charmante. Dommage pour l’absence de nominations de Le Grand soir.

A noter également la nomination en espoir féminin de la comédienne Lola Dewaere. La jeune femme est la fille de Patrick Dewaere, et elle est nommée ici pour le film Mince alors ! que je n’ai pas vu. Ce serait une belle émotion qu’elle obtienne le Cesar. Son papa avait été nominé, mais n’avait jamais obtenu la statuette qu’il avait failli obtenir en 1981, mais que Gérard Depardieu avait reçu pour Le Dernier Métro. Izia, fille de Jacques Higelin, sera elle aussi en première ligne, car elle est nommée dans la même catégorie que Lola Dewaere : celle du meilleur espoir féminin.

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Lola Dewaere




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