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Top clips 2015 [1ère partie]

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On arrive déjà à la fin de l’année. Le temps passe vite, très vite, c’est aussi le temps des bilans. La musique reste là, ancrée dans les moments difficiles, dans les épreuves, dans les drames parfois que nous sommes amenés à vivre de près ou de loin,  pour nous aider à les dépasser; à les surmonter. Elle nous accompagne dans les moments de fraternité, de communion, de partage, d’amour. Et je préfère penser à cela plutôt qu’aux premiers, même si je ne me voile pas là face et pense qu’ils seront toujours présents, arrivés à un moment où la France doute d’elle-même.

Takhle to sluší novým holkám v Aquababes.

Le groupe tchèque Aquababes

Le 1er bilan c’est celui des clips. J’en ai choisi 60 pour faire un top. Pas en une seule traite, en quatre parties de 15 clips pour un petit panorama du visuel de l’année 2015, avec des artistes des quatre coins du globe ou presque qui sont allés chacun chercher l’inspiration, ici dans tel détail, là dans tel autre. Un clip c’est un peu le passeport visuel d’une chanson, son illustration. Cela ne doit pas être négligé tout comme les pochettes. Une identité visuelle est importante tout comme une patte musicale. On en reconnait parfois entre mille. A noter que le clip de Gabrielle contient de nombreux effets stroboscopiques à éviter pour les personnes photo sensibles.

Je commence donc dans l’ordre décroissant de 60 à 46 (avec le sens de lecture de haut en bas, numéro de préférence, nom et titre de l’artiste et vidéo dessous) 

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La chanteuse grecque Demy

 

 60) Gabrielle / Melyon Skene (Norvège)

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59) Sky Ferreira / Omanko (Etats-Unis)

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58) Ropoporose /Birdbus (France)

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57) Peaches / Light in places (Etats-Unis)

56) De Laurentis / Sparrow (France)

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55 ) Perfume / Pick Me Up (Japon)

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54) The Do / Trustful Hands (France/Finlande)

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53) Sirusho / Where were you ? (Albanie)

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52) Demy / Alitheia Miazi Psema  (Grèce)

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51) Aquababes / Čistá jako láska (République Tchèque)

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50) Hayley Kiyoko / Girls like girls (Etats-Unis)

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49) Bagarre/ Le gouffre (France)

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48) Alain Chamfort / Joy (France)

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47) Chairlift/ Ch-Ching (Etats-Unis)

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46) Garçon d’Argent / Urban Machine (France)

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Top cinéma 2013

Top cinéma 2013 dans Top cinéma 2013 blancanieves-affiche-880x385

Dans quelques jours nous serons en 2014. Le temps de refermer la parenthèse cinématographique de 2013 avec un nouveau top, le dernier en l’occurrence, focalisé cette fois-ci sur les films de l’année. Après les tops musicaux consacrés aux clips, aux singles, aux albums et aux pochettes, voici le cinquième et dernier top annuel. Celui du cinéma.

Contrairement à ce qu’écrit Nio sur son blog, je ne trouve pas que 2013 ait été une très grande année cinématographique (enfin si j’ai bien compris ce qu’il sous-entend, en parlant d’une grande qualité musicale et de grands films, son top ciné venant de faire son apparition). Je ne crois pas que 2013 ait été une très grande année côté septième art contrairement à la musique qui fut servie plus que généreusement en opus de grande et très grande qualité.

Mais ce n’est peut-être qu’un sentiment personnel. En fait 2013 est surtout à mes yeux l’année de trois films qui émergent clairement et qui « sauvent » à eux seuls une production que j’ai trouvée loin d’être fantastique.

Si 2012 avait été l’année de Miss Bala et de Hasta La Vista, 2013 a été celle d’une pluie de supers productions et autres blockbusters qui globalement m’ont laissé de marbre, voire déçu ou carrément insupporté. Je loue l’ambition de Cloud Atlas, notamment sur le plan du script, mais je n’ai pas forcément adhéré plus que cela à la plastique de l’œuvre, et notamment la partie futuriste.

Je n’ai pas encore vu Lone Ranger, mais j’ai été catastrophé par Man of Steel (alors que j’avais beaucoup aimé Sucker Punch) qui est exactement l’opposé de ce que j’aime dans le cinéma américain, et y compris, dans ce cas de figure, celui du grand spectacle. Idem pour Gatsby le magnifique, à côté de la grosse déception A la merveille, et des films détestés comme Maniac, Passion et Only God Forgives.

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Mais l’année 2013, c’est l’année des histoires d’amour qui commencent bien et se finissent mal. Des passions plurielles. C’est l’année des soubresauts amoureux et des premières expériences gravées dans le cœur et la mémoire. Ce sont les premiers pas des débutantes (ou quasi) Adèle Exarchopoulos, Marina Vacth, où les thèmes des films rejoignent les thématiques et les problématiques sociales.

Si l’année s’est ouverte et a continué au Printemps sur les Manifs anti mariage pour tous dans un climat particulièrement tendu et à l’arrière-goût rétrograde, elle s’est refermée sur des polémiques à la pelle qui n’ont pas cessé de relancer les invectives, les pics entre les communautés, montré du doigt les soi-disant personnes « anormales » et ciblé des gens qui n’avaient rien demandé à personne, ou plutôt si : les mêmes droits pour tous. Bref le cinéma social a rejoint les thématiques de la vie de tous les jours en ne faisant parfois qu’un.

Voici le top cinéma 2013, sachant que les trois premières places sont les gros coups de cœur et qu’ils se détachent nettement du reste pour leur audace, leur originalité et leur beauté. Ce n’est pas La Vie d’Adèle qui gravit la première marche mais un film espagnol, venu quasiment de nulle part, intitulé Blancanieves, arrivé dans les salles françaises fin janvier et qui m’a littéralement cueilli.

Blancanieves

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Blancanieves de Pablo Berger (Espagne, 2013)

Dès son extraordinaire séquence d’ouverture sur une scène de tauromachie, le film ne dévie jamais de l’objectif qu’il s’est assigné : proposer une relecture moderne du conte de Blanche-Neige (mon film d’animation préféré) avec pour décor Séville et ses héroïnes qui rappellent le cinéma muet des années 20 (en particulier Murnau, car l’on pense à L’aurore -le film préféré de Truffaut- mais aussi dans un autre genre à Soy Cuba pour certains de ses gros plans en grand angle). L’expressionnisme remis au goût du jour, sans forcer le pastiche ou la parodie. Mais en distillant une belle dramaturgie.

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L’aurore de Murnau (1927, Allemagne)

Une réussite exemplaire, portée par Macarena Garcia, un noir et blanc somptueux, Maribel Verdu (déjà l’affiche de Y Tu Mama Tambien en 2001), et surtout une mise en scène qui étonne par l’invention de ses plans et ses idées (environ une toutes les trente secondes). Le film comporte d’ailleurs une des plus belles ellipses vues depuis 2001 L’odyssée de l’Espace avec la scène du linge et le passage de l’enfance à l’âge adulte. Un film qui reprend les codes du conte (méchante, trajet personnel de vie, aléas, rebondissements, environnement protecteur, etc) et qui met de nouveau du pep dans un cinéma ibérique qui semble se renouveler régulièrement ces dernières années.

Blancanieves, un an après Tabou a relancé une esthétique cinématographique en prenant le risque de tourner dans un format rare, le 1.33, en noir et blanc et muet. La musique d’accompagnement est superbe.

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La Vie d’Adèle, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos (Abdellatif Kéchiche, 2013)

Deux autres cœurs ont battu très fort cette année. Ceux d’Adèle et Léa, récompensées par la Palme d’Or à Cannes. J’en ai lu un peu sur le film mais je me préservais autant que je pouvais et c’est très tard que je l’ai découvert. Un film porté par ses comédiennes et par la force de sa mise en scène.

Un film sur la passion, sur l’amour, sur les rencontres déterminantes et sur le passage, fragile, délicat de l’adolescence à l’âge adulte, cœur de tous les vertiges, des découvertes et des blessures qui les accompagnent, quand les chimères se heurtent à la réalité du quotidien. Kéchiche filme le passage de relais, l’amour du verbe et des sens, avec ces deux jeunes femmes qui se découvrent, s’aiment et se séparent. C’est un film qui peut facilement bouleverser, surtout si on le découvre à l’âge qu’ont les héroïnes issues du quotidien, et pourtant venues d’univers sociaux différents, ce qui est en filigrane, l’une des thématiques récurrentes du cinéma du réalisateur (L’Esquive, La Graine et le Mulet, entre autres).

Le film doit ses respirations, sa beauté plastique, au jeu de lumières, aux contrastes qu’offre la photographie du film, solaire et mordorée au début, puis un peu moins chaude quand pointe l’automne. Mais il y a les sentiments, cette relecture du marivaudage (Kechiche cite Marivaux comme une de ses principales influences), en liant la fiction littéraire (La Vie de Marianne) et ce que vit Adèle dans la « vraie » vie, cette découverte de l’amour avec un grand A, celui qui donne le vertige et envie de connaître l’autre par tous ses pores et toute son âme. Certains ont été gêné par les scènes de sexe. Je les ai trouvées, surtout la première, charnelle, crue, vive, avec ce quelque chose d’effréné, cet appétit qui ne parvient jamais tout à fait à être satisfait, qui ne parvient pas à satiété. Le plus beau texte que j’ai pu lire sur le film, outre celui de rêveur, reste celui de Tristana (que je salue au passage) et que je reproduis ici :

J’ai été complètement embarquée par ce film.

Déjà, j’ai trouvé Adèle EXTRAORDINAIRE, cette nana est d’un naturel effarant, elle est de quasiment tous les plans et Kechiche a été bien malin de réaliser son film comme ça, parce qu’elle illumine l’écran, elle est absolument incroyable. Léa Seydoux face à elle est très fade, ce qui n’est pas un gros problème puisqu’en fait ce qui compte c’est Adèle, sa vie, sa passion pour Emma ; il est vrai que la scène de la dispute est un peu ratée, c’est dommage car je trouve que les deux actrices étaient bien dans le ton, mais les dialogues sont complètement décalés par rapport au reste du film (« petite traînée » etc). Après, je me dis aussi que Kechiche a peut-être fait exprès de faire de cette scène de dispute une scène un peu artificielle car au fond, Emma se sépare d’Adèle pas parce qu’elle l’a trompée, mais parce qu’elle ne l’aime déjà plus (on voit bien lors de la soirée avec les amis d’Emma qu’elle est déjà trèèèrs proche de Lise) et qu’elle a besoin de ce prétexte pour se débarrasser d’elle. Du coup elle feint la colère et utilise un vocabulaire qui sonne faux…

On a beaucoup parlé des scènes de sexe, trop longues ou gratuites, trop réalistes ou pas assez… Moi je les ai trouvées tout à fait justes, je pense déjà qu’il était important voire essentiel de montrer la sexualité de leur couple, parce que Kechiche voulait certainement se démarquer de l’image de l’homosexualité qu’on voit souvent au cinéma ou à la télé : des couples qu’on voit s’embrasser mais jamais baiser, alors que pour les hétéros c’est le passage obligé de n’importe quel film (ou presque) ; ensuite, il y avait aussi probablement l’envie de montrer que la sexualité lesbienne, ce n’est pas ce qu’on voit dans les pornos, et même si on peut toujours rétorquer que les scènes de cul ne représentent pas la « réalité », le fait est qu’on ne peut jamais représenter franchement la réalité dans une scène de sexe, parce que chacun baise différemment… Au moins là aussi Kechiche s’est écarté du cliché des lesbiennes qui s’effleurent en gémissant comme des chaudasses : là, les nanas y vont, se touchent, se claquent, se pétrissent, se lèchent, se doigtent, bref : on est dans du vrai, du concret, voire quelque chose d’assez animal. Et puis d’ailleurs, j’ai trouvé que les deux scènes de sexe entre les actrices permettait de donner un côté concret à la passion qu’elles vivent : on le ressent bien dans le regard d’Adèle, mais c’est vraiment à ce moment-là qu’on ressent ce truc assez dévorant qui les habite, cette envie de se bouffer l’une l’autre, et l’incapacité à être satisfaites (on ne les voit jamais jouir, ou alors ça dure trèèèès longtemps : leur histoire c’est une jouissance permanente qui, paradoxalement, n’explose jamais vraiment). Vraiment, pour moi ça fait totalement sens dans l’histoire.

En fait, je ne les ai pas trouvées spécialement excitantes, les dites scènes : ce n’est pas franchement filmé comme quelque chose de sensuel, on est plutôt dans un truc un peu cru, réaliste, et donc qui ne donne pas franchement envie. A la rigueur la scène de la masturbation d’Adèle est la plus excitante ; mais les scènes à deux, je les trouve « cliniques », en fait, on voit bien que Kechiche n’a pas cherché à esthétiser le truc, ni à l’érotiser : ce sont deux corps qui s’entrechoquent parce qu’ils le doivent, pas pour satisfaire le spectateur.

Mais surtout ce qui m’a transpercée, c’est le côté social du film, cette incompatibilité entre deux mondes qui ne se rencontreront en fait jamais : Adèle est une prolo, elle prend le bus le matin, va au lycée, bouffe des spaghettis et rêve de devenir instit, alors qu’Emma vient d’une famille d’artistes qui mangent des fruits de mer et pour qui exister, c’est se réaliser artistiquement. La tête des parents d’Emma quand Adèle leur dit qu’elle veut devenir instit, comme si c’était naze, comme si vouloir un boulot stable et qui a du sens (parce que ça a du sens pour Adèle de vouloir passer le flambeau : en bonne prolo, elle sait ce qu’elle doit à l’école, son goût pour la lecture notamment) était une ambition minable. On peut penser que tout ça est un peu cliché, mais je trouve ça finalement tellement bien vu : le problème entre Adèle et Emma, ce n’est pas qu’elles sont homosexuelles et que leur relation doit être cachée (aux parents d’Adèle uniquement), mais bien que leurs mondes sont trop opposés pour qu’elles puissent envisager quelque chose de sérieux. D’ailleurs, ce que ressent Adèle pour Emma n’est pas de l’admiration, ça n’a rien à voir avec quelque chose de rationnel, c’est purement animal, passionnel (quand elles se revoient, Adèle lui dit : « j’ai envie de toi, tout le temps »), et qu’elle peigne des toiles et qu’elle expose, elle s’en moque : ce n’est pas ça qui l’a séduite.

Emma reste bloquée dans son monde où ne pas connaître Schiele et ne pas rêver à un destin artistique sont des hérésies, quand Adèle reste bloquée dans le sien où, même en couple avec une femme, elle se satisfait d’être la gentille soumise qui fait à manger (jusqu’à un certain point, ceci dit, puisque le fait qu’elle trompe Emma montre bien que leur union ne fonctionne pas pour elle non plus).

Dans le climat actuel en tout cas, c’est un film qui fait un bien fou, qui parle de l’amour entre femmes avec beaucoup de réalisme et de lucidité, et qui surtout porte un oeil juste et sensible sur les différences sociales qui restent, encore aujourd’hui, des freins à la passion, la vraie, celle qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie.

(Et définitivement, les regards qu’envoie Adèle à Emma alors qu’elles ne sont pas encore ensemble, notamment dans la scène sur le banc où Emma la dessine pour la première fois, font partie des plus belles choses que j’aie jamais vues au cinéma. Il y a une vérité là-dedans, une fragilité qui m’a réellement bouleversée.)  Tristana, 22 octobre 2013, dvdclassik.com

J’ai trouvé cela très beau et picturalement maîtrisé. J’ai juste été surpris par l’enchaînement des deux autres, plus courtes et s’enchaînant un peu trop rapidement. Menu défaut, pour un film porté par ce sens du cadre (le gros plan ne m’a nullement dérangé), et cette narration qui file à cent à l’heure. On peut aussi dire, on pourrait en tout cas, qu’il porte ce secret charnel qu’est celui du désir amoureux, de l’éveil à la sexualité, et pas simplement un film sur les amours homosexuelles, saphiques en l’occurrence, puisque le film aurait aussi pu s’intituler La Vie de Bertrand ou La Vie de Bertrand et Stéphanie.

Ce qui a fasciné vraisemblablement le peintre des mœurs et du quotidien (se lever, aller en cours, discuter avec ses copines, s’interroger sur ses choix de vie, sa sexualité, ses désirs) c’est l’alchimie entre les deux actrices, et puis les scènes-clés qui font clairement monter en intensité avec lequel je n’ai pas vu le temps passer : la scène des escaliers juste avant le cours d’anglais durant laquelle Adèle a un déclic et se voit offrir son premier baiser amoureux lesbien (léger flirt) avant de connaître presque immédiatement sa première déception, celle de la première dispute durant laquelle l’homophobie latente et maladroite s’invite, la rupture avec les longs sanglots et la bulle qui soudain explose, laissant deviner une rupture alors inévitable, et enfin la scène, magnifique, du café, durant laquelle Emma a cette phrase inouïe :

J’aurai toujours une infinie tendresse pour toi  »

Emma à Adèle dans La Vie d’Adèle

Il ne s’agit plus d’amour physique, on le sait, on le sent, mais cette phrase-là, il faut la resituer dans le contexte antérieur, et dans ce sentiment puissant qui est qu’être aimé(e) est sans doute plus fort qu’aimer.

C’est amusant enfin de voir que deux films se soient répondus (nombreux Prix à Cannes, bouche à oreille positif) en traitant tout deux de sexualité et de diversité, l’un sur le ton du portrait initiatique l’autre en calquant des codes de la tragédie grecque (un lieu, un temps, une unité, un drame), avec d’un côté des femmes qui s’aiment et de l’autre des hommes qui s’aiment aussi, se draguent, en côtoyant Eros et Thanatos.

Qu’ils aient aussi déclenché l’ire des censeurs (pour l’affiche de l’Inconnu du lac, au XXIème siècle, c’est tout de même incroyable), et des réfractaires aux droits des homosexuels au mariage et à l’adoption. Dans les deux cas, on se lèche et on se suce, on jouit et on se cherche, on se sépare aussi, comme tous les couples finalement, enfin de ceux là qui vivent aussi leurs passions, leurs espoirs et leurs désillusions, comme n’importe quel couple hétéro.

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L’inconnu du lac (Alain Guiraudie)

Et puis il y a eu les rencontres de jeunes hommes au milieu du lac, un lac clément d’abord puis théâtre d’un crime mystérieux. Alain Guiraudie a filmé frontalement la nudité, le désir, le sexe entre hommes avec un naturel confondant (se plaisant lui aussi à apparaître dans le plus simple appareil lors d’un plan inaugural). Un film qui sous son apparente légèreté laisse traîner un parfum de danger anxiogène, où les corps après s’être étreints se font violence.

Là encore, une bien belle utilisation d’un décor unique, des personnages qui se frôlent ou font clairement l’amour, se sucent et se masturbent et se pénètrent en gros plans, dans l’ombrage, avec paradoxalement une pudeur certaine.

Et puis c’est formidable qu’un film d’une telle liberté puisse être tourné aujourd’hui, loin du cadre parisien, avec cette ambiance ouatée et travaillée dans les moindres détails grâce à un excellent travail sur la lumière et le cadre.

 Le top 10 Cinéma 2013

1) Blancanieves (Pablo Berger, Espagne)

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2) La vie d’Adèle, Chapitres 1 & 2 (Abdellatif Kechiche, France)

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3) L’inconnu du lac ( Alain Guiraudie, France)

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4) Hansel et Gretel (Tom Wirkola, Etats-Unis)

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5) Spring Breakers ( Harmony Korine, Etats-Unis)

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6) Evil Dead ( Fede Alvarez, Etats-Unis)

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7) World War Z  (Marc Foster, Etats-Unis)

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8) Django Unchained (Quentin Tarantino, Etats-Unis)

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9) After Earth (M Night Shymalan, Etats-Unis)

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10) Max (Stéphanie Murat,  France)

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Top musical 2012 (3ème partie)

Top musical 2012 (3ème partie) dans Actualités 6539711

First Aid Kit

Troisième partie du top musical 2012.

Cette fois-ci on attaque les places 11 à 15.

 dans Actualités

Nadia Gural

Si Nena et Garbage occupaient certaines des places les plus importantes du classement 6 à 10, cette fois-ci place aux petites fées suédoises, au « jeune pousse » norvégienne et à des sonorités allant de la musique électro arabe à la pop nordique. Parmi les autres vedettes du classement se trouvent également une artiste ukrainienne ou encore un trio serbe. La pop a brillé à peu près partout en Europe cette année (et bien sûr au-delà).

 

11)  Gabrielle   Mildt Sagt (Norvège)

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Bordet

 

 

12) Despina Vandi   Allaxa (Grèce)

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To nisi

 

 

13) First Aid Kit    The Lion’s Roar (Suède)

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The lion’s Roar

 

 

 

14) Nadia Gural     На край світу (Ukraine)

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Ridne Misto

 

 

15) Luna Grupa   Luna Volume 10 ( Serbie)

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Dupla škorpija

 

Gabrielle Leithaug de son nom complet a su apporter un petit vent de fraîcheur dans l’électro norvégienne avec son premier album Mildt Sagt. Moins polie que n’est la pop de Robyn (suédoise certes, mais la pop nordique se joue en Suède, Norvège et Danemark pour l’essentiel)  moins Lolita et plus mûre que celle de Lotta (qui n’a que 14 ans), Gabrielle avec son minois griffé par une chevelure lisse, des ongles goth et beaucoup d’entrain donne dans un registre balisé mais parfois surprenant : l’atmosphérique Glemt meg qui semble ne jamais vouloir démarrer et qui le fait au bout de deux minutes seulement, le single Bordet, Løkken, le surprenant Alt Du Gjorde qui rompt brutalement les rythmes précédents, Høster et son génial synthétiseur et ses ruptures.

Despina Vandi est l’aînée de Gabrielle. La chanteuse grecque est revenue avec un album posé, traditionnel, plein d’émotions. Tandis que la Grèce agonise économiquement depuis quelques années, ses artistes portent le flambeau d’une création qui a besoin d’une meilleure visibilité en Europe. Et choisir ce disque/aimer ce disque, l’écouter, c’est aussi un geste politique d’une certaine manière : tant qu’il y aura des artistes, il y aura de l’espoir. Despina Vandi a signé le plus bel album grec de l’année, un album qui n’est ni un cri de révolte, ni un album de renoncement, ni le chant du cygne d’un artiste qui a déjà tout prouvé. C’est comme si au contraire, il restait à cette superstar hellénique de quoi devoir encore tout prouver : et elle le fait avec manière.

First Aid Kit est un groupe suédois dont les principales protagonistes n’ont pas plus de 23 ans. Le retour des hippies ? C’est plus que cela…Ce n’est pas leur premier album, ce dernier étant sorti confidentiellement en Suède il y a quelques années, mais c’est le premier à atteindre une certaine notoriété internationale, bien porté ilo est vrai par ses remarquables singles Wolf et surtout The Lion’s Roar. Le rugissement du lion est ici intimiste, porté par une folk savamment dosée, qui ne bouleversera rien (cela dit c’est sans doute mieux que d’avoir des stickers sur des pochettes de disques qui vous disent en permanence que vous êtes en train de changer le monde et que les auditeurs ratent limite leur année -voire plus- s’ils ont l’outrecuidance de ne pas vous écouter). Voix douce et délicate, chant parfois murmurés, guitares acoustiques et rythmiques (dont l’ukulélé) sages, on est ici dans la pop charmante, à l’instar de ses héroïnes. Qui grandiront encore, dans tous les sens du terme…

Placer Nadia Gural dans ce top est un besoin de folklore que j’ai eu tout au long de l’année. Folklore local, folklore traditionnel, et cette absence de triche et ce réservoir d’émotions parlant de la vie paysanne à l’instar de ce que l’on peut retrouver dans le folklore hongrois, polonais ou tatar. Car s’il y a bien eu des clips tatars qui m’ont marqué, dont celui de la délicieuse Alsou ou encore ceux de Gulnaz Sultanova, il y a eu dans la musique ukrainienne celle de Nadia Gural. Un album chargé (+ de 15 titres) marqué par le mariage de l’électro/pop/dance mâtinée de plages traditionnelles comme l’Ukraine sait si bien nous en offrir.

http://www.nadiagural.com/audio.shtml?p1

http://www.nadiagural.com/audio.shtml?p2

http://www.nadiagural.com/audio.shtml?p3

Le groupe Luna est un groupe de dance tout ce qu’il y a de plus efficace. L’année dernière ils avaient déjà livré les singles Tekila Limun i So et Vino, Karmin Adrenalin. En s’octroyant les services d’une nouvelle chanteuse Ivana Krunić il y a quelques mois cela semble avoir changé la donne : le groupe paraît plus stable et les cartons pleuvent dans les clubs serbes. C’est peut-être (sans doute ?) ce qui se produit de mieux aujourd’hui en Serbie et dans les Balkans.





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