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Le FN dans la politique française

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Autrefois parti honni, conspué, le FN est devenu le 25 Mai le premier parti à émerger de la liste des européennes 2014. Entre 1974 et sa première participation à l’élection présidentielle, et 2014, soit quarante plus tard, le parti a explosé son score et son nombre d’adhérents.  Jean-Marie le Pen n’en est plus à la tête mais en reste la président d’honneur et une de ses personnalités de premier rang.

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Retour en arrière. Il y a quarante ans. Le FN ne représente qu’ 1% des voix. Mais à l’époque, dans son tract il évoque « l’Indépendance du Pays liée à l’Europe ». Changement de discours radical en 2014 puisque c’est exactement l’inverse qui est exprimé, l’Europe étant pour le FN « la base de tous les maux ». Pas un mot en 1974 sur l’immigration alors que dans la campagne de 2014 il s’agit d’un des chevaux de bataille.

A la Présidentielle de 1974, Valery Giscard D’Estaing qui indiquera que Mitterrand n’a pas « le monopole du coeur » devient Président de la République. Voir à ce propos le film de Depardon intitulé « Une partie de Campagne » qui est le premier documentaire politique à montrer les coulisses d’une Présidentielle avec ses nombreux enjeux. Giscard a 46 ans et il restera jusqu’en 1981 et la victoire de Mitterrand.

En 1974, je n’étais pas né, la France connaissait son premier choc pétrolier, alors même que le plein emploi faisait encore ressentir ses effets sur la croissance française, le travail et bientôt le droit accordé aux femmes d’avorter. Quarante ans plus tard, le FN est arrivé en tête des listes des Européennes avec 25% des voix, provoquant ainsi ce que la presse s’est immédiatement empressée d’appeler un « séisme politique ».

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Le mariage pour tous a été adopté, la lesbophobie, la biphobie, l’homophobie se sont violemment exprimées, par le biais de la Manifpourtous, et dans la vie quotidienne, avec une augmentation inquiétante des agressions, insultes.  Le PS a laissé tomber (alors qu’il s’agissait d’une promesse de campagne), la PMA pour les couples de lesbiennes, reléguant cette partie de la population à une citoyenneté n’ayant pas les mêmes droits que les autres.

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Le jargon journalistique s’est amusé à reproduire les mêmes totems que ceux qu’il avait mis en une de ses publications au lendemain du 21 avril 2002, autrement dit à l’aube de la génération 2000, celle qui allait connaître l’explosion d’Internet, du DVD puis du Blu-ray, de la consommation de produits ludiques, dont le Smartphone allait être une des caractéristiques les plus prégnantes (on en voit partout aujourd’hui).

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Unes alarmistes, gros titres, accroches toutes plus catastrophées les unes que les autres dans une typographie pensée en termes quasi publicitaires, pas de prénom, juste un « NON » par exemple pour celle de Libération alors même que le choix était déjà fait, puisque pour une partie de la population c’était clairement « OUI » au FN au second tour face à Jospin (et sa fameuse phrase « J’ai décidé de me retirer de la vie politique »).

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Le FN diabolisé c’est une facilité qui se reproduit d’année en année, de générations en générations. Je n’ai jamais voté FN et  je ne le ferai pas mais je comprends que des électeurs qui ne sont ni racistes, ni homophobes, ni riches votent pour le FN par rejet des politiques actuelles, alors même que le FN surfe allègrement sur le populisme, la démagogie, les peurs primaires, etc.

Dire que le FN est raciste reviendrait à l’interdire derechef, puisqu’un parti raciste n’a semble-t-il pas de droit de cité en France. Alors pourquoi des milliers (millions) de personnes se mobilisent et votent pour un partir dit xénophobe ? La réponse est tellement complexe qu’un clip de Noah ne suffira pas à l’expliquer. Le peuple qui s’exprime ici légitimement peut déplaire, agacer, horrifier.   On peut le contester. Mais dire que l’on se sent « honteux de l(s)a France », c’est rejeter une partie de cette France qui donne son opinion et surtout remettre en cause le choix des électeurs, leur choix légitime et éclairé, même si de nouveau on peut trouver des dizaines de raisons de ne pas voter FN, mais aussi d’autres de voter pour. 

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Les gens qui se retrouvent déclassés, licenciés du jour au lendemain, voilà une des cibles du FN, une des catégories sociales, depuis longtemps délaissées par la gauche, cette gauche là, qui il y a plus de cinquante ans, avec le Front Populaire instaurait les congés payés, alors que le PC aujourd’hui noyé dans les soubresauts du Front de gauche (6%) n’a plus de voix politique, et ne représente quasiment plus ceux qu’il était censé représenter : les classes populaires, les ouvriers, les cheminots, les travailleurs. Ces mêmes catégories qui aujourd’hui votent massivement (en plus des jeunes) pour le FN, parce que l’Europe ne leur promet rien d’autre qu’une cristallisation de la crise économique et des lendemains qui ne chantent plus.

Après les élections de 1974, le FN s’est retrouvé à chaque scrutin majeur. Petit à petit, en délaissant le langage direct et agressif du début et jusqu’au milieu des années 80( avec la terrible séquence du « détail » de l’histoire en 1987), le parti depuis le début des années 2010 avec l’arrivée de Marine Le Pen a tenté et réussi un lissage de son discours, de son action, en visant la jeunesse comme les populations plus âgées.

Il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des jeunes gens se revendiquer de l’extrême droite qu’ils ne considèrent pas comme un parti extrême d’ailleurs, c’est-à-dire répréhensible pénalement, auteur d’un discours rance ou ouvertement xénophobe, mais d’un parti populaire et patriote, de ce patriotisme que l’on admire parfois dans la fiction américaine et que l’on retrouve dans les frontières hexagonales comme le moindre mal à la crise sociale, économique, politique que traverse la France. 

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Les jeunes et le FN

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Marine Le Pen a parfaitement su surfer sur cette vague de relents patriotiques, en visant les technocrates de Bruxelles, avec une Europe qui ne protège plus les peuples mais crée immanquablement une fracture sociale selon elle, liée à l’immigration massive, à l’absence de frontières, au traité transatlantique, bref à la mise en péril des valeurs refuge : patrie, Etat providence, monnaie nationale, nationalisation. En 1988, ce document avait été réalisé à Lille, à propos de l’immigration justement

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Sur ces problématiques, le FN a trouvé sa réponse dans le vote d’adhésion (et donc de rejet de l’UMP et du PS) à sa politique, ou tout du moins à son souhait de politique consistant à revenir à une monnaie nationale (puisque l’Euro est trop cher, et que l’Allemagne mène seule la barque des politiques européennes d’austérité et de critères de diminution de dépenses publiques), des frontières, une préférence nationale. Le racisme, la xénophobie ?

Ce n’est pas cela qu’ont a priori vu les électeurs (dont la majorité à moins de 35 ans,) quand ils ont voté le 25 Mai. Il ont dit non à l’Europe de Bruxelles, de Schulz, de la finance. Comme en 2002, au lendemain du tremblement de terre de la Présidentielle, un tremblement de terre qui était pourtant prévisible (et à l’époque il n’y avait ni Facebook, ni twitter, pas même d’ADSL), une partie de la jeunesse de France se mobilise, descend dans la rue (à Lyon, comme à Paris) pour manifester contre le racisme, contre la xénophobie. Certains crient à l’ »antirépublicanisme » du parti ? Pourquoi diable le FN n’est-il pas interdit alors ? Pourquoi, depuis 40 ans, aucune instance républicaine ne s’est prononcée sur cette interdiction ? Pour quelles raisons ce parti compte de plus en plus d’adhérents s’il n’est pas digne des valeurs de la République ? 

Ce n’est pas parce que Noah chante sa colère qu’il faut prendre pour agent comptant ses paroles, je doute d’ailleurs que les électeurs du FN se réjouissent du fait qu’un chanteur les juge à ce point dans leur légitimité, ces mêmes personnes qui se sentent sans doutent abandonnés par ce même PS moralisateur… On ne fait pas de politique pour être honnête et lorsque l’on est honnête il est difficile de se lancer en politique, tant celle-ci me semble être à l’opposé de son expression, cela dit le vote a ceci de puissant qu’il représente à un instant T (et parfois pour des années) l’expression d’un sentiment qui peut être celui de l’exaspération, du rejet d’une idée, d’un programme. Ou son adhésion complète.

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En votant massivement (malgré l’absention) pour un parti qui se dit europhobe (tout en voulant rassembler et devant rassembler au moins 7 partis à travers l’Europe), le FN a fait exploser le clivage bipartite en France : la gauche ou la droite. Le FN s’est lentement mais sûrement imposé sur la scène politique locale, nationale et désormais européenne. Pour mieux combattre son ennemi, il vaut mieux le connaître plutôt que le repousser, le trouver illégitime dans son action quand cette illégitimité se manifeste plutôt que de conspuer systématiquement celles et ceux qui votent pour lui. 

En 1989, le groupe punk Berurier Noir chantait que la jeunesse française emmerdait le Front National dans son tube « Porcherie ». J’aime beaucoup Berurier Noir. Presque trente ans plus tard, il semblerait que ce ne soit néanmoins pas aussi vrai, tant l’image de la société, les crises qui la traversent, la change, la modifie, la radicalise parfois. Plus l’on dit aux gens pour qui il ne faut pas voter, plus ils font l’inverse. Ce sont aussi les mêmes forces en présence qui s’affrontent, comme un éternel recommencement : l’extrême gauche et droite. Non le FN ne résoudra pas les problèmes, mais il en arrive en temps de cristallisation des colères, des frustrations, des rejets au moment toujours opportun pour parler à certaines personnes et en horripiler d’autres. C’est son rôle politique.

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Journée de lutte contre l’homophobie

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Aujourd’hui, 17 Mai était organisée la journée internationale de lutte contre l’homophobie, mais aussi car ce sont d’autres versants, la lesbophobie, la transphobie, la biphobie. Il y avait des manifestations un peu partout en France, à Paris, à Chatelet, mais aussi dans de grandes villes de province. L’ordre du jour était de promouvoir pacifiquement le combat quotidien contre les propos et les actes homophobes qui ont connu une recrudescence inquiétante sur la dernière année écoulée.  

Les reculades successives du gouvernement (qui pensait pouvoir faire passer une loi sur le mariage en écartant la PMA pourtant inhérente comme celle de l’adoption) sur la question de la PMA, après la promulgation il y a an, dans un climat particulièrement tendu durant laquelle se sont multipliées les manifestations de la Manif pour tous de la loi sur le mariage pour les couples de même sexe n’ont pas non plus aidé à faire retomber un climat parfois délétère. 

Une journée de lutte contre l’homophobie, sur le papier ça peut paraître un peu juste. Mais la cause reste évidemment louable et surtout elle ne doit pas rester cantonnée à l’expression d’une parole citoyenne, engagée, volontariste de seulement vingt quatre heures, elle se perpétue après et elle se prépare avant, en amont des festivités. Car la journée du 17 mai connue sur le plan international sous l’acronyme IDAHOT est l’occasion de célébrer l’amitié, l’union, la compréhension mutuelle entre les homos et les hétéros, sans distinction de religion, de sexe et évidemment de nationalité.

C’était aussi la Gaypride à Bruxelles dans la rue de la monnaie. Une belle occasion de porter haut et fort certaines revendications et certains souhaits de réalisation sociale, en France notamment par la possibilité de pouvoir recourir à la PMA, ce qui n’est toujours pas possible pour les couples de lesbiennes et les femmes homosexuelles célibataires mais possible pour les couples hétéros stériles. En 2014, tous les citoyens ne sont donc pas égaux dans ce domaine.

[Eurovision 2014] Le triomphe de Conchita Wurst

[Eurovision 2014] Le triomphe de Conchita Wurst dans Actualités ESC_conchitawurst_01

C’est l’histoire d’un triomphe personnel et d’un échec collectif. Hier soir à l’Eurovision (que certains décrivent comme le sommet du mauvais goût pop, l’antithèse de la qualité) ou plutôt très tôt en début de nuit, Conchita Wurst donnée favorite par certains au concours de l’Eurovision, l’a remporté. Je l’espérais. Sa victoire, aux points, est indiscutable. Comme la vie est faite de paradoxes et d’antagonismes, il est intéressant de voir qui est sacré premier et qui recueille le moins de voix, à savoir la France, bonne dernière (une première) d’un concours sans véritable éclat mais loin d’être ennuyeux. 

Conchita Wurst, garçon travesti de 26 ans, diplômé d’une école de mode, ne remporte pas qu’une victoire politique (quoique, surtout dans un pays considéré comme très conservateur). Il remporte surtout une victoire qui donne à voir la communauté LGBT dans sa représentation scénique, l’homosexualité (il ne s’en cache pas), non pas comme l’expression « d’une tendance ou d’une blessure » dixit l’abbé Grosjean ou « une abomination » dixit Christine Boutin, mais comme quelque chose d’ici universel qui, inversement, ne peut blesser personne, pas plus les hétéros que les homos.

Car la chanson de Conchita Wurst et c’est sans doute ce qui a autant plu au public est universelle. Par sa thématique, celle de la renaissance, mise en musique sur l’air d’une ballade au refrain imparable (un grand classique de l’Eurovision), par sa représentation parfois ambiguë ou en tout cas interprétée telle quelle (mais est-ce un homme ? Une femme ? Une femme à barbe ? Un transexuel ? ).

De ce point de vue, l’artiste s’est montré(e) génial(e) en refusant par exemple d’apparaître simplement sous les traits d’un homme ressemblant par son androgynie et son travestissement  à une femme, mais en choisissant volontairement de porter la barbe pour brouiller les pistes. Et faire aussi apparaître sur le devant de la scène les minorités, celle des transexuels par exemple (même s’il n’en est pas un) celle aussi des drag-queen (qui parviennent sans mal à électriser la belle fête de la Gaypride) pour transfigurer sa présence scénique en révélation artistique (ce titre sera forcément suivi d’un album).

Alors que l’homophobie tend à se radicaliser et le discours à libérer une parole homophobe qui se défend d’en être tout en laissant véhiculer les pires thèses (bestialité, inceste, zoophilie et autres amalgames nauséabonds), alors que la PMA est abandonnée par le PS, voici que triomphe celui qui représente tout ce que d’autres détestent. 

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Car il y a une personnalité derrière les yeux de chats, l’allure longiligne d’un garçon qui est pour le coup l’exact inverse des Twin Twin. Quand eux sont plutôt acteurs, sûrs d’eux-mêmes jusqu’à la caricature, assurés de leur propre parodie (geste, phrasé, costumes, interprétation)  et semblent vouloir décrocher la lune sans ce qu’ils interprètent ne puisse être considéré comme réellement sérieux, Conchita elle, chante de tout son coeur, et croit en ce qu’elle chante. La différence d’interprétation, et surtout la qualité de la musique n’a rien à voir, et cela s’est senti.

L’un des problèmes du groupe français (qui a cependant pris manifestement du bon temps à draguer à droite à gauche, notamment les polonaises en coulisses avec un message twitter qui s’en faisait l’écho avec second degré), c’est d’y être allé de ce même second degré qui voudrait faire passer l’humour pour une mélodie, et l’attitude sautillante pour de la bonne humeur communicative. Sauf qu’il n’y avait quasiment pas de mélodie. Faut-il leur en vouloir ? Faut-il les détester ? Non.

Néanmoins il y avait peu de choses à quoi se rattacher visuellement, si ce n’est ce damier au sol, ces flashs de couleurs et cette chorégraphie qui ressemblaient à un mélange de Stromae et Shakaphonk avec une dose de Jessie Matador. L’autre problème c’est d’être allé à l’Eurovision avec une promotion basée uniquement sur le concept de l’humour. Un humour qui ne peut plaire universellement, à tout du moins, au niveau européen, quand l’amour, la renaissance, le désir, l’identité parlent beaucoup plus. Si l’on se replonge en arrière, et particulièrement en 1974 lors de la victoire d’ABBA, on mesure l’impact de la mélodie et de la qualité de la composition sur le reste. ABBA était venue avec une mélodie accrocheuse et lumineuse, de celles qui font les classiques, pas seulement de l’Eurovision, mais de la pop, chanson universelle que l’on peut écouter aujourd’hui avec le même plaisir sans se douter qu’il s’agit d’une tube de quarante ans.

Ce qu’il y avait en face des Twin Twin également c’est une personnalité. Et quelle personnalité ! Personnellement, je n’avais pas été touché de récente mémoire par un(e) artiste depuis Loreen. Il se trouve que Loreen était venu avec une chanson populaire, solidement composée, qui allait démontrer que son Euphoria (qui pourrait d’ailleurs être interprété sous la forme d’une ballade, le rythme up-tempo pouvant être réinterprété en low tempo qu’il ne perdrait rien de sa force) n’était pas qu’un coup d’essai.

C’était une chanson accrocheuse, boostée par sa mise en scène et la charme mystérieux d’une artiste qui allait décoller, du moins en Suède et en Scandinavie, car la France a tout simplement ignoré ce succès pour des raisons qui m’échappent mais qui me confortent aussi dans l’idée qu’elle est et reste un oiseau rare. La personnalité de Conchita Wust est riche et contrastée. Homme travesti qui a un discours cohérent, porte-parole de sa propre candeur devant les caméras sans pour autant s’autoproclamer défenseur des droits des homosexuels et de la communauté LGBT, Conchita Wurst œuvre pourtant pour elle et pour sa visibilité. 

En revoyant la prestation de Conchita Wurst hier soir et celle des français on mesure le fossé qualitatif qui sépare l’un(e) et les autres. Fossé qualitatif (en termes de mise en scène, de chanson, d’interprétation) et quantitatif (290 points contre 2). Ce ne sont pas des raisons politiques qui ont amené à cet échec cuisant, je n’irai pas parler de naufrage parce que je n’aime pas ne tirer que le pire d’un échec, mais je suis d’une part déçu du choix initial, et surtout, de cet angle abordé par les producteurs depuis quelques années à savoir celui de la ballade en forme de litanie, ou bien de l’acharnement à vouloir faire quelque chose de parodique voire se voulant non-sensique dans un concours qui a justement toujours demandé l’inverse, certes avec légèreté mais sans non plus qu’on le considère comme quelque chose de forcément kitsch, triste ou daté.

Rise like a Phoenix

Twin  Twin

Moustache

Il manque le mariage de la dance, du premier degré, de la composition originale et un zeste de folie qui ferait qu’une chanson se transforme avec l’étincelle nécessaire en tube. Personnellement je n’ai jamais cru en ce titre ni à ses interprètes. Pas plus qu’à la chanson de Jessie Matador, ni à celle d’Amandine Bourgeois.

Twitter,sexisme,féminisme,engagement

Twitter,sexisme,féminisme,engagement dans Actualités le-renouveau-du-feminisme,M56667

L’engagement en politique, dans la vie sociale, associative existe depuis très longtemps. Pour défendre une cause, un idéal, un projet de société et bien d’autres choses encore. La visibilité sur Internet permet de rassembler autour d’un cercle qui s’élargit et devient alors une communauté. La sociologie des rapports humains, des sciences sociales l’a analysé et il ne s’agit pas ici de la questionner de nouveau ou de pondre une thèse à son propos.

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De la même manière que les associations font appel aux dons des bienfaiteurs, Internet a pu ces dernières années monter des projets autour d’une idée qui rassemble. C’est le cas avec la plateforme ulule sur le principe du crowfunding, c’est-à-dire la participation financière par les citoyens. Dernièrement, et parce que je trouvais que cela collait à une de mes préoccupations, j’ai participé financièrement au projet de la revue lesbienne Well qui a trouvé les fonds nécessaires pour pouvoir couvrir ses frais de fabrication et de distribution. J’en ai fait de même pour Le Refuge et Actup Paris. Si un sujet me touche je suis prêt à investir à mon niveau et faire tourner l’info.

Il y a quelques semaines également, la blogueuse CrêpeGeorgette avait écrit un article repris par les médias parce que les mots « safe » « rue » rapportés au harcèlement de rue avaient été mis en avant en maniant l’amalgame comme l’explique un article de Le Plus signé Ana Guiroux.

 Il n’est pas évident de parler de féminisme et encore moins de le faire en tant que garçon parce que le harcèlement de rue, sur twitter, sur les blogs et dans la vie quotidienne, au bureau comme ailleurs est essentiellement ressenti et vécu par les femmes et il est difficile de parler en leur nom, même si le désir se fait sentir de le faire. Pas parce qu’on est un féministe convaincu, mais parce que le quotidien nous le rappelle quasiment chaque jour et qu’il nous saute au visage. Je ne vais pas jouer au père la pudeur. Il y a le fait de regarder une fille, de regarder sa poitrine discrètement et le fait de mater et/ou d’insister lourdement.  020439-498df0ce-a895-11e3-9dd3-54db44ed2f71

L’actrice américaine Belle Knox

Il n’y a pas si longtemps, l’actrice de X américain Belle Knox s’est aussi expliquée dans les colonnes du journal de son université, dire pour quelles raisons elle avait décidé de se lancer, avec une attitude pro-sexe et féministe qui avait fait enrager un certain nombre de garçons, parmi lesquels sans doute, certains se masturbent sur des vidéos pornographiques avant de cracher leur venin et leur dédain face aux actrices, et ce de façon beaucoup plus anonyme ou presque. Si en plus cette jeune femme explique qu’elle a pris du plaisir et s’était sentie plus libre que jamais en tournant, cela dépasse un certain entendement.

A Hollywood, Ellen Page a pu révéler son homosexualité au grand public en étant invitée à une convention nationale pour les droits LGBT.

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Aujourd’hui, rebelote, en surfant sur twitter, je découvre ce que l’on pourrait appeler le twitter hassling, ou le harcèlement sur twitter. La raison ? Une twitteuse, @maryboobins poste en PP (photo de profil) son décolleté. La gent masculine s’affole et affiche des commentaires sexistes, insistant sur le fait que de poster pareille photo est à la fois provoquant et surtout loin d’être innocent selon l’avis exprimé ainsi majoritairement par des garçons.

Hasard ou pas, hier, j’apprenais que Apple Store avait censuré la couverture du livre de Bénédicte Martin, sur laquelle trône les seins nus d’une jeune femme. Atteinte à la pudeur, et surtout puritanisme au rendez-vous chez le géant américain exprimé ici sans rougir. Cela dit, d’une certaine manière, la France et une partie de l’Europe sent un vent de puritanisme souffler avec insistance depuis quelques mois. La morale judo-chrétienne se porte comme un charme, relayée qui plus est par des réseaux d’influence, dont la Manif pour tous qui milite activement contre l’égalité des droits, en particulier sur la PMA pour les lesbiennes.

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Apple Store ne veut pas de cette couverture de livre.

Là où les choses sont également intéressantes c’est de voir se souder auprès d’une personne d’autres personnes, hommes et femmes confondus pour défendre ce qui au fond est le droit le plus strict d’une personne, sur le web comme dans la rue : celui de pouvoir porter une jupe ou un décolleté indépendamment du fait de savoir si cela va réveiller certains instincts (clairement sexuels) ou des attitudes ouvertement sexistes (« Elle l’aura bien cherché si elle est agressée, elle n’avait qu’à pas le faire »).

Le fait d’afficher en profil non pas un visage seul, mais un visage et un corps (en particulier sa poitrine ici recouverte par un soutien-gorge, ou un pull, bref non dénudée, on ne parle pas des jeans pour mecs qui descendent très bas sur les fesses laissant ressortir les caleçons et autre boxers lesquels ne semblent souffrir d’aucune attaque), montre à quel point l’idée que les réseaux sociaux qui sont censés être ouverts, respectueux se rapporte tout de même à celle préconçue de ce que doit être dans un certain esprit masculin la représentation correcte de la féminité, au risque de se lancer dans l’invective. Le sein est ramené à un objet de vulgarité, à son expression même, et aussi à la sexualisation toute entière du corps féminin qui n’en demande pas tant.

En signe de soutien à cette jeune femme, plusieurs femmes ont arboré et arborent toujours une photo de profil de leur poitrine. Je me rappelle avoir été très choqué il y a quelques années de la phrase de Ségolène Royal (qui avait déjà démontré qu’elle avait son idée de ce que devaient être les dessins animés diffusés à la télévision) au sujet du port du string, en prétextant à son caractère sexualisé et à l’imprudence commise par les jeunes femmes d’en porter un au risque de devoir se faire agresser sexuellement. Je n’en croyais tout simplement pas mes oreilles. Sauf qu’elle était très sérieuse. Et que le string représent(e)ait une certaine idée de la perversion sexuelle au féminin.

Cela m’a rappelé à cette image issue d’un article de Atlantico.

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C’est la twitteuse @Myroie, laquelle s’étonne que de nombreux garçons font partie de ses nouveaux abonnés, qui alerte sur la nature des échanges et des insultes (comment les qualifier autrement) à l’encontre de @maryboobins. @BlackMagentaCat arbore un PP de poitrine tout comme @_MarquiseSG parmi d’autres. Le féminisme au sens de défense des droits des femmes à s’habiller comme elles l’entendent trouve ici un autre terrain d’expression, non pas nouveau, mais solidaire par son effet instantané (pas besoin d’organiser une manifestation, de la préparer et d’en assurer le bon déroulement). Comme pour les JO de Sotchi avec les coeurs sur l’avatar, Twitter est ici utilisé dans son sens premier : celui de diffuser une information, de la défendre, de dénoncer certains actes par le mouvement et la cohésion de groupe.

 

 

Regard(s) sur l’homosexualité

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C’est un sujet de société. Un sujet qui ne devrait d’ailleurs pas mobiliser les instances religieuses, encore moins lorsqu’il s’agit de célébrer un mariage civil, c’est-à-dire hors des murs d’une Église. C’est un sujet qui a marqué les esprits, qui a aussi fait la Une des médias, qui a fait parler de lui à un moment où deux points de vue s’affrontaient (et continuent) de s’affronter : la défense des droits LGBT et la défense des valeurs de la famille.

Je déteste parler de clans, et je n’aime pas spécialement les catégories, ni même catégoriser les choses et les gens, mais depuis un an, il en a été plus que jamais question. Parler de la sexualité dominante (au regard des ultra conservateurs et de certains médias) et de l’autre, l’homosexualité, celle-là même que l’on désignait au 19ème siècle comme « l’amour qui ne dit pas son nom. »

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Deux femmes s’aiment

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Deux hommes s’aiment aussi

Il y a un an et demi j’écrivais sur les premières manifestations de La Manif pour tous, que je pensais, trop naïvement, devoir être un feu de paille, sans suspecter la puissance des lobbys traditionalistes bien décidés à de ne pas faire vaciller la mère patrie dans les tréfonds de la dépravation morale.  Cette organisation devenue un vrai cheval de bataille économique, de pensée et une force sans doute bientôt politique avec les européennes a eu droit à une publicité magistrale.

Au départ, je prenais cela comme une petite blague aimable, l’expression d’un archaïsme d’un autre temps, quand Frigide Barjot s’affichait et revendiquait le droit pour un enfant d’avoir un papa et une maman. On remarquera au passage que les personnes trans ont comme d’habitude été totalement exclues des débats.

Cela c’était avant. Parce qu’il y a eu derrière la façade bon enfant et les discours se voulant « pacifiques » (mais comment pourrait l’être ce mouvement qui par définition s’attaque à une vision de l’affect et de l’amour qui n’est pas orienté vers l’hétérosexualité ?), une vraie décharge de violence, dans la parole comme les actes avec de nombreuses vidéos circulant sur les débordements de fins de cortège, sur les actions contre les forces de l’ordre, et surtout en filigrane, cette mystification de l’homosexualité accompagnée d’un verbe haineux sinon violent.

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Débutés en octobre 2012 les manifestations en Province comme à Paris avec plusieurs manifs entre décembre et avril 2013 ont fortement rassemblé avec un point d’orgue, les violences orchestrées sur les Champs-Elysées. C’est à cette époque que l’on vit aussi le clergé se mêler à l’histoire et ajouter de l’huile sur le feu.

Alors que l’Eglise avec ses représentants descendaient dans la rue aux côtés des militants les plus actifs, Frigide Barjot encourageait à la désobéissance et au réveil des conscience. Le réveil c’était l’illustration par la violence et les mots d’une attaque en règle de l’homosexualité sous couvert, comme toujours de l’expression inverse, c’est-à-dire d’une attitude non homophobe que trahissent les paroles entendues ces jours-là, puisqu’elles le sont ouvertement.

Il n’y a à mes yeux rien de drôle ou de progressiste à descendre dans la rue pour pointer du doigt les homosexuels, crier à la polygamie, à l’inceste, à la pédophilie. Les amalgames ont été faits, et le pire c’est que les politiques et les personnalités du monde médiatique, des associations chrétiennes et autres se sont mêlés à cela, et au sentiment, au constat même, partagé par les homosexuels, d’une libération de la parole homophobe.

On a vu des Marianne défiler dans la rue avec le code civil, les parangons Albéric Dumont (qui parle de courage et d’audace), Tugdual Derville, porte-paroles, être invités sur tous les plateaux télé, et maintenant Ludovine de la Rochère, Présidente, afin de délivrer en accord avec leur chapelle, cette bonne parole, voire la parole d’évangile qui est la leur. En voulant manifestement infantiliser les adultes quant à leur regard sur l’amour, la sexualité, le sexe, ce qui est à mes yeux proprement insupportable.

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Le « plus drôle », au second degré, après avoir écouté des dizaines d’heures de débat, de conférences, d’interviews, durant lesquels ils restent ancrés dans leurs grands principes, c’est de voir que finalement il demeure cette peur panique, irraisonnée d’un changement de civilisation, d’un bouleversement des codes sociétaux (un père, une mère, des enfants), modèle de la famille traditionnelle qui ne peut pas voler en éclat.

Statistiquement il n’y a pas eu un raz-de-marée de mariages célébrant l’union de deux personnes de même sexe (ce que certains pays nordiques, surtout les Pays-Bas ont accordé dès 1998 puis en 2001 avec le premier mariage célébré) et je ne crois guère à un changement tel que seuls les couples de même ayant adopté un enfant et eu recours à la GPA pour un autre (c’est pour pousser la démonstration) deviendrait la « norme » dès 2015.

Où en sommes nous aujourd’hui ? Nous sommes arrivés au Grenelle de la Famille (une première, et qui donne l’impression que la famille est une institution qui est en train de s’écrouler et qu’il faut absolument sauver) de faire des propositions, dont une m’a semblé particulièrement discriminatoire. Le fait de refuser à un couple de même sexe l’adoption serait à mes yeux une discrimination criante, puisque la loi le permet aujourd’hui en l’état actuel du texte.

Adopter pour un couple hétéro n’est pas simple. Mais le refuser à un couple de même sexe au seul motif (je n’en vois pas d’autre) de son orientation sexuelle serait une discrimination qui mériterait un dépôt de plainte auprès du tribunal compétent. Voyez-vous, cher Grenelle de la famille, ce n’est parce que vous avez des gens qui ont fait des études dans vos rangs et qui sont même étudiants en droit, que cela inspire de grandes et belles idées progressistes.

Sachez en tout cas qu’il est désormais possible de lire le beau livre, émaillé de photos en couleurs de la Manif pour tous

Plus sérieusement, je me dis qu’il y a ce paradoxe, ce paradigme à la fois fascinant et inquiétant d’une France, dite pays des droits de l’homme dans lequel des mouvements « populaires » se soulèvent les uns contre les autres, pour empêcher que ces autres ne puissent avoir les mêmes droits, sans en retirer aucunement à ceux qui en ont déjà.

C’était bien cela l’idée initiale du mariage pour tous, celle de permettre à des personnes qui vivent ensemble, qui ont des enfants, qui ont connu des histoires de familles recomposées, qui ont adopté des enfants, de pouvoir s’unir légalement et recevoir une protection matérielle et juridique. Je conçois mal comment des personnes peuvent s’opposer parfois violemment, viscéralement à cela, surtout dans mon pays, la France, en 2014.

Je me fais souvent la réflexion de me dire que rien n’a véritablement changé depuis 1999 et les débats houleux sur le PACS. A l’époque il aurait suffit qu’un bûcher soit érigé pour qu’on y brûle les pédés. Non l’image n’est pas gratuite et la violence elle continue de faire son lit, les cas d’agressions homophobes se multipliant, les faits divers alimentant les rubriques des journaux, comme dernièrement à Lille

Je n’apprécie guère les normes même s’il en faut. Je me suis souvent inscris en porte à faux de celles-ci. Et la société ultra normée que propose La Manif pour tous qui fait fi des évolutions des mœurs, des cas de famille monoparentale ou homoparentale, qui pense qu’un couple homosexuel ne vaut pas un couple hétérosexuel dans l’éducation des enfants, ramène à cette notion de tare, d’incapacité à élever qui tient du jugement de valeur. Ce qui m’interpelle c’est aussi de voir autant de jeunes gens défiler dans la rue. Pas des (que) des trentenaires. Mais des ados, au moment même où se construit l’identité sexuelle, où être homo n’est pas un choix de sexualité, à un moment où le regard des autres est parfois difficile. Je le dis clairement : je ne vous comprends pas. Vous manifesteriez vous contre le droit de deux personnes de même sexe de s’aimer ?

Malheureusement j’ai trop bien connu l’homophobie à 15 ans au même âge que le vôtre, avec les regards et les comportements haineux, pour vous encourager à aller dans la rue et réclamer le droit d’avoir un papa et une maman pour un enfant. Il se trouve que dans des familles homoparentales l’amour est présent à chaque instant, iriez-vous jusqu’à prétendre que ces mêmes enfants n’ont pas droit à l’amour parce qu’ils ne s’inscrivent pas dans un schéma de famille hétéro lambda ?

Ce ne sont pas celles et ceux qui sont nés à la fin des années 50 qui ont une éducation sans doute différente de la nôtre, ce n’est pas à moi de la juger, qui descendent dans la rue, parfois pour la première fois, en se disant prêt(e)s à en découdre, qui ne veulent pas d’un « changement de société ». Une génération, non pas la génération X ou Y se lève, se soulève et riposte à sa manière contre la différence. Et désormais contre la PMA. Une PMA devant laquelle les socialistes ont reculé, la loi famille de Bertinotti étant repoussée au calendrier.

Manif-pour-tous-5-mai

Un documentaire réalisé par Guillaume Lecaplain propose d’entendre ces personnes qui ont été touchées par ces paroles et ces actes durant ces derniers mois, et qui l’expriment ici avec un petit peu de recul (bien que nous soyons encore dans le vif du sujet)

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