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Films du mois (Juillet 2015)

 Films du mois (Juillet 2015) dans Cinéma Cinema

Film du mois

Darr (Yash Chopra, 1993)

Darr dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Un illustre inconnu (Mathieu Delaporte, 2014)  :  ♦

Un agent immobilier qui mène une vie qu’il juge terriblement terne usurpe l’identité des personnes qu’il croise jusqu’à commettre l’irréparable. Un thème intrigant, celui de l’usurpation d’identité associé au vertige criminel qui ici, se résume essentiellement à voir Matthieu Kassovitz jouer de son grimage sous une direction d ‘acteur qui surligne tous les effets. La postiche, le maquillage voyant rendent difficilement crédibles ses agissements tant on ne voit que la performance d’acteur au détriment de l’émotion. Un essai à moitié raté malgré les intentions louables. BR fr

 

Charlie et ses deux nénettes (Joël Séria, 1973) :   ♦♦♦

Un quadra emmène deux jeunes filles de 20 ans sur les marchés en région parisienne. Un film de Joël Séria qui nous rappelle que les années 70 avaient ce vent de fraîcheur et d’audace dans le ton et la forme même si on peut toujours discuter de l’esthétique de l’époque. Un film léger, sans doute moins abouti que Les Galettes de Pont-Aven, capitalisant sur la jeunesse et la spontanéité de ses jeunes interprètes et et sur l’assurance, royale comme d’habitude, de Jean-Pierre Marielle. Youtube.

 

Toute première fois (Noémie Saglio, Maxime Govare, 2015) :  O

Un homme amoureux depuis plus de dix ans de son compagnon décide de se marier avec lui. Jusqu’au soir où il rencontre une jeune suédoise qui remet tout en question. L’orientation sexuelle est au coeur de ce film dont le personnage principal finit par rentrer dans une forme de « normalité » lors de séquence finale, précédée d’atermoiements incessants entre les blagues d’un associé hétéro beauf et cette volonté de sortir du coming out traditionnel (je suis gay et je le dis à mes proches) pour croquer un personnage homosexuel qui se découvre hétéro, car ici, il suffit d’un soir pour finalement le (re)devenir. Tout ça pour ça ? BR fr

 

Le temps d’aimer et le temps de mourir (Douglas Sirk, 1958)  : ♦♦

Un mélodrame américain tourné en Technicolor et en Scope à la fin des années 50 qui respecte les conventions du genre, parmi lesquelles celle d’une histoire d’amour contrariée dans un cadre qui l’est tout autant, celui de la Seconde Guerre Mondiale. Du travail d’artisan, avec ses figures certes imposées mais aussi une forme de lyrisme emprunte de mélancolie. Je ne suis pas un fervent admirateur du style du cinéaste (je préfère largement les mélos de feu Yash Chopra), mais le film évoque la Guerre, l’amour, la confrontation des sentiments avec une intelligence certaine. Et c’est amusant de revoir en clin d’oeil le débutant Klaus Kinski. DVD fr

 

Main dans la main (Valérie Donzelli, 2011) :  O

Rien de plus triste qu’une comédie que l’on estime pas drôle et qui dilue un pseudo charme surréaliste (ici un coup de foudre qui amène ses deux personnages principaux à restés collés l’un à l’autre) immédiatement après dix minutes qui laissent planer l’interrogation : est-ce possible de tenir devant un film que l’on juge insupportable ? Un long-métrage se voulant dansant, celui-ci m’a surtout paru très fabriqué et joué sur une musique branchée. Bref, à peu près tout ce que je déteste de la comédie française. BR fr

 

Darr (Yash Chopra, 1993)  :  ♦♦♦♦

Un masala comme en fait plus, qui respecte tous les codes du genre : un amour impossible, un triangle amoureux, une chorégraphie du geste, de la folie aussi, orchestrée de main de maître et de jeunes acteurs qui allaient exploser, ici dans des rôles délicats, notamment Shah Ruh Khan. La mise en scène de Yash Chopra, pape du genre, inventive, scrute la lente déréliction d’un jeune homme amoureux fou (ici au sens littéral) qui s’éprend de Juhi Chawla (sublime dans ses saris). Du cinéma populaire, qui allait en 1993 faire de Shah Rukh Khan une mégastar du grand écran. Bariolé, excessif, romantique. Un classique. DVD UK

 

Metro Manila (Sean Ellis, 2014) : ♦♦

La survie d’une famille de philippins qui quittent la rizière pour la métropole Manille, le père devenant convoyeur de fonds, tandis que la mère s’improvise danseuse dans un stripclub. Une vision noire du monde d’aujourd’hui et un portrait amer de la pauvreté avec des situations difficiles qui obligent certains à faire des sacrifices et ou des choix radicaux. La partie polar est la plus réussie dans ce film qui est tenu en suspens jusqu’à son final. Triste et réaliste. DVD fr

 

Black (Pierre Laffargue, 2009) :  ♦♦

Un gangster du 18ème arrondissement s’envole pour Dakar à la recherche d’un magot constitué de diamants purs. On avance ici en terrain connu et balisé avec les bons et les méchants, mais l’intérêt principal vient du casting, quasi exclusivement composé d’acteurs noirs. On y croises des russes, des mercenaires et des français venus de Paris en plus d’une flic d’Interpol. Un mélange assez efficace, parfois amusant, surtout quand on voit qu’il est réalisé par un metteur en scène blanc qui ressemble à BHL, mais en plus drôle et intelligent. DVD fr

 

La vie rêvée de Walter Mitty (Ben Stiller, 2014)  :  ♦♦♦

Un employé du service négatifs photos du très célèbre magazine Life dont la vie est brinquebalée entre rêveries et réalité décide de tout plaquer pour retrouver la photo qui a bouleversé sa vie et celle de ses collègues. Un film original, décalé, sentimental, mais surtout bercé par le sentiment de mélancolie et d’atermoiement dans ce film réalisé par Ben Stiller, de tous les plans. Soit le mix de Photo Obsession, La Magicien d’Oz et David Bowie, avec une pincée de Frank Capra. Un exercice d’équilibriste réussi et évocateur.  BR fr

 

L’aube Rouge ( Dan Bradley, 2012) :  ♦♦♦

Un remake d’un film de 1984 tourné au moment où le Mur de Berlin n’était pas encore tombé. Deux décennies plus tard, ce remake tendu dès sa séquence tient ses promesses : de l’action quasi non-stop sur fond d’invasion des USA par des militaires nord-coréens décidés à les faire vivre sous leur joug. Le film est très premier degré, martial et militariste (c’est son sujet même), mais c’est aussi pour cela qu’on le regarde, et de ce côté là il ne ment pas sur la marchandise. Une très bonne surprise.  BR fr

 

Wolverine, le combat de l’immortel (James Mangold, 2013) :  ♦♦

Un spin-off de X-Men avec le personnage de Wolverine ici au coeur de l’histoire (et de l’image). Un film qui repose sur le charisme et la gouaille de Hugh Jackman, ici dans un rôle qui lui intime de jouer avec les répliques mais aussi avec le spectre de la mortalité. Un voyage au Japon mené tambour battant, avec des effets spéciaux qui tiennent la route et un certain humour. Tao Okamoto est sublime. BR fr

 

Exodus : Gods and Kings (Ridley Scott, 2014 ) : O

Le film de Ridley Scott est un peu l’archétype de ce qu’est devenu une partie du cinéma dit à gros spectacle hollywoodien : celui d’un cinéma lissé à l’extrême qui engloutit des millions de dollars dans son visuel et sa recherche du spectaculaire à tout prix au détriment de l’implication émotionnelle. Acteurs en roue libre, cabotinage des acteurs principaux, tout tend ici vers l’exposition puis le déroulement d’une intrigue inspirée des Dix Plaies d’Egypte (Ramsès ordure intégrale, Moïse pieux et dévoué à son peuple) et des Dix Commandements purement illustrative. Un spectacle sans aucune saveur. BR fr 3D.

 

Elmer le remue-méninge/Brain Damage (Frank Henenlotter, 1987) : ♦♦♦

Une créature entre dans la vie d’un garçon sans histoire et lui fournit de la drogue en immisçant un liquide hallucinatoire dans son cerveau à la condition qu’il lui fournisse des cerveaux humains. Un souvenir de la pré-adolescence avec ce film que j’avais découvert en VHS en français il y a plus de vingt ans. Le revoir, c’est le redécouvrir, avec ses scènes mémorables (la première apparition d’Elmer, la scène de la pipe, extrêmement osée pour l’époque, celle du lavabo). C’est une série B comme on en fait plus, culottée qui raconte de façon originale l’addiction. Amusant et surtout fait avec de l’animatronique et beaucoup d’imagination. Youtube.

 

Peur Bleue/Deep Blue Sea (Renny Harlin, 1999) :  ♦♦♦

Sur une base maritime où des scientifiques ont fait des expériences sur des requins les rendant très agressifs, ces derniers se révoltent. Un scénario qui lors des séquences d’ouverture rappelle Les Dents de la Mer, mais très vite, cette production vire au film de divertissement non-stop à une époque charnière où le CGI commence à faire sa place après celle du numérique. C’est donc un tournant dans l’histoire du blockbuster américain, ici dévoué corps et âme à l’action et à son sens de la pyrotechnie avant qu’il ne cède à la facilité et aux remakes  à la chaîne. Et puis c’est l’occasion de revoir Saffron Burrows. Une série B diablement efficace. BR UK

 

Grand Piano (Eugenio Mira, 2013) :  ♦

Un pianiste paralysé par le trac, qui n’a pas donné de concert depuis 5 ans se voit obligé de sauver sa femme et surtout de ne pas faire une seule fausse note. Une intrigue tarabiscotée pour ce film inédit en salle sorti directement en vidéo, dans lequel Elijah Wood interprète un pianiste sur le retour menacé par la présence en voix off de John Cusack. Soit un film aux rebondissements téléphonés jusqu’à un final grotesque qui verse dans la série Z. BR fr

 

Le magicien d’Oz/ Wizard of Oz ( Victor Fleming, 1939) :   ♦♦♦

Un classique américain du film fantastique et du cinéma tout court que je n’avais jamais vu. Outre sa performance technique (surimpressions, trucages optiques, dynamique de la mise en scène et des mouvements de caméra), Le Magicien d’Oz est un trip dans la tête d’une ado qui quitte (involontairement) son Kansas natal pour rejoindre un monde féerique où les rêves peuvent se réaliser. Si certaines chansons, le jeu du Lion, certains décors tendent vers le kitsch et le criard, la bonhomie, l’enthousiasme général (c’est une comédie musicale) emportent l’adhésion d’un film qui a marqué des générations entières. BR fr

 

Préparez vos mouchoirs (Bertrand Blier, 1978) :  ♦♦♦

Un des Blier des 70 que je n’avais pas encore vu. Une histoire d’amour entre un homme et une femme qui ne peuvent avoir d’enfant, avec l’iruption d’un inconnu, et surtout la présence d’un ado de 13 ans qui vient chambouler tout ce petit monde et dont l’héroïne tombe amoureuse. Après la provoc’ misogyne de Calmos, Blier aborde le thème de la lassitude et de l’incapacité de se parler dans le couple qui amène au malentendu. Depardieu, Dewaere sont étonnants mais c’est surtout Riton, en gamin surdoué, qui découvre sa sexualité (et celle des adultes) qui vole la vedette. Un film ancré dans son époque, quand on pouvait provoquer alors qu’aujourd’hui un tel film aurait du mal à être produit, moralisme à tous les étages oblige.  DVD fr

 

Amsterdamned (Dick Maas, 1988) :  ♦♦♦

Dans la ville d’Amsterdam, un tueur en série décime ses victimes dans les eaux des canaux. L’idée, ici géniale, de transposer les actions du requin de Les Dents de la Mer dans les canaux de la Venise du Nord prend tout son sens grâce à la ciné-génie très particulière de la capitale de la Hollande. Une enquête rondement menée, doublée d’un bon film à suspense de la fin des années 80, qui n’a pratiquement pas pris de rides et atteint son sommet lors de l’hallucinante séquence de poursuite en bateaux. Amusant hommage (ou clin d’oeil) à Freddy les griffes de la nuit, l’original, lors du meurtre de la jeune femme dans sa bouée. Intéressant également de revoir la ville à cette période, de jour comme de nuit. Youtube

 

Situation amoureuse, c’est compliqué (Manu Payet, 2014) :  ♦♦

Les affres, atermoiements d’un jeune trentenaire réalisateur de films de mariage qui hésite à se marier avec la fille qu’il aime quand celle dont il était fou amoureux au collège et lycée débarque de nouveau dans sa vie. Une comédie, une rom-com à la française, avec des situations et des dialogues parfois bien vus,  un jeu d’acteurs prenant et un rythme soutenu. Pas un chef-d’oeuvre mais une comédie assez pétillante avec les jolies Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui. BR fr

 

Die Menschenfresserin/Cannibal (Benjamin Viré, 2010)  :  O

Un club de golf, une jeune femme évanouie qui se révèle être cannibale, un gang de mafieux. Ce film belge, au script sinueux est certes atypique, mais il en joue tellement avec son image délavée tournée en numérique, qui passe sans raison dans sa dernière moitié au noir et blanc, sa volonté affichée de perdre le spectateur, qu’il en devient rapidement pénible. La démarche tient la route trente minutes avant de tomber dans les travers du film indépendant qui se veut très décalé. BR allemand

 

Jack au royaume des filles ( Riad Sattouf, 2014) :  ♦♦

Dans un royaume de type dictatorial, les garçons portent la burqa, les filles l’uniforme et les armes. Un jeune homme tente d’approcher son Excellence, la fille de la Générale afin de l’épouser. Le vernis de bande dessinée du film, le second de Riad Sattouf prête plus à sourire par rapport à ce qu’il montre (l’image de la toute puissance dictatoriale, l’inversion des rôles, le plan final en pied de nez) qu’à ce qu’il raconte dans les dialogues. Une oeuvre originale et amusante sur la forme donc, moins sur le fond, avec une Charlottte Gainsbourg inspirée et géniale qui s’aventure dans des registres très différents. BR fr

 

Thriller, a cruel picture/ Crime à froid (Bo Arne Vibienus, 1974) :  ♦

Il faut sans doute prendre le film tel qu’il est : un film matriciel dans le genre du rape & revenge (de l’original de I spit on your grave à son remake en 2012). Avec une actrice principale qui incarne l’innocence avant la prise d’armes, la belle Cristina Lindberg dans un rôle ici uniquement muet. Pour le reste, le film a pris un sacré coup de vieux esthétique, même s’il inspira Kill Bill, et je mettais sans doute imaginé une oeuvre toute autre depuis le temps que j’en entends parler, beaucoup plus radicale, extrême sans doute. En soi il n’est pas mauvais, le choix du ralenti dans les scènes d’explosion de violence étant une idée intéressante, mais il y a aussi bien mieux. Youtube.

 

La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher, 2010) :  ♦

Ancien journaliste de Mad Movies et Positif, Yannick Dahan passe derrière la caméra pour son 1er long. Une histoire basique, saupoudrée de dialogues blindés d’insultes dont l’intérêt principal est de voir le délitement d’un groupe au sein d’un immeuble infesté par des zombies. Soit un argument de série B qui aurait pu être jubilatoire sans l’utilisation abusive de ralentis chichiteux et d’une caméra qui vire à l’hystérie alors même qu’elle n’en aurait pas besoin car le sujet, la forme et le principe même du zombie ici c’est déjà de courir vite et de mordre tout ce qui bouge. Une occasion ratée de faire un film entraînant même si intrinsèquement la démarche est louable et la passion palpable. BR fr

 

Gemma Bovery (Anne Fontaine, 2014 ) :  ♦♦♦

La raison principale de voir Gemma Bovery c’était celle de découvrir, réunis pour la première fois deux de mes acteurs préférés : Fabrice Luchini et Gemma Arterton. La jeune actrice anglaise fait des merveilles et parle un français avec cet accent britannique qui me fait fondre, dans cette relecture contemporaine, un poil cynique et amère de Madame Bovary de Flaubert. Certes le personnage d’Elsa Zylberstein est insupportable, mais la narration de cet amour adultère est assez savoureuse et constitue même le meilleur film d’Anne Fontaine depuis longtemps. DVD fr

 

Taken 3 (Olivier Mégaton, 2015) :  ♦♦

La mécanique est désormais bien (trop?) huilée dans ce troisième volet qui déroule son intrigue faite d’invraisemblances en tous genres pour le seul plaisir de voir son personnage principal se sortir des situations les plus compliquées. Le film repose essentiellement sur le charisme de Liam Neeson, le montage hystérique et le côté bâclé des séquences d’action le rendant moins attachant que les deux précédents. Mais c’est tout de même rondement mené. BR fr 

 

Colt 45 (Fabrice du Welz, 2014) :  ♦♦

Un jeune armurier du Quai des Orfèvres devient tireur d’élite en intégrant l’unité spécialisée de la BRI. Ce n’est peut-être pas le film que Welz désirait au fond de lui-même, notamment en raison des conflits avec la production (Warner en bâcla la sortie),mais il tient relativement bien la route même si son schéma classique d’ascension lui permet tout sauf l’originalité. Un polar assez tendu, notamment dans son dernier tiers avec un casting assez impressionnant (Prestia, Nahon, Lanvin, Starr, Arkabian, etc). BR fr

 

Garde à vue (Claude Miller, 1981) :  ♦♦♦

A partir d’un scénario qui convoque le pire de l’horreur (les viols et meurtres de deux fillettes), Claude Miller réalisé un huit-clos -la quasi intégralité du film- dans lequel s’affrontent deux monstres sacrés : Michel Serrault (génial) et Lino Ventura (tout autant). Un suspens basé sur la confrontation verbale, les joutes et une exploration de la psychologie de personnages dans un bras de fer tendu comme un arc. Seul regret, le côté un peu pénible du personnage de Guy Marchand. Youtube

Films du mois (Juin 2015)

Films du mois (Juin 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 affiche-bande-de-filles dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

Wolf Creek 2 (Greg Mclean, 2013) : ♦♦♦

Dans l’immensité et la chaleur étouffante du désert australien pour le coup tout sauf accueillant, un tueur sadique s’en prend à des touristes. Le premier était déjà bon, le deuxième le surclasse. Même si on peut regretter que le tueur se montre ici quasiment tout le temps caustique, la violence sèche et le côté viscéral des exactions en font un survival d’une redoutable efficacité. Viscéral, cruel et tourné dans des paysages superbes. BR fr 

 

Party Girl (Marie Amachoukeli, Claire Burger, Samuel Theis, 2014)  :  O

Une femme retirée du monde des cabarets et de la nuit, dans la soixantaine, décide de se marier avec un de ses fidèles clients. Le monde de la nuit a quelque chose de fascinant, les néons, l’énergie des rencontre aussi. Mais ici la sauce n’a absolument pas pris, l’émotion étant éteinte. Le postulat est pourtant riche et peut-être illustré magnifiquement. Hélas, c’est à une caméra à l’épaule, qui vivote de façon ininterrompue même dans les séquences de dialogue, à un cadrage hasardeux et à une ambiance plombée auxquels on a droit durant 1h30 qui m’ont paru une éternité. Ce qui devait être vivifiant m’a paru être momifié, un vrai pensum sur l’âge et la vieillesse qui se termine par une scène de rupture. L’engouement généralisé à propos du film m’échappe. DVD fr

 

Jupiter : le destin de l’Univers (Lana & Andy Wachowski, 2014) :  ♦

Un film de SF signé Lana et Andy Wachowski dans lequel on retrouve les obsessions de plus en plus prégnantes de la réalisatrice pour les figures polymorphes, l’ambiguïté, le travestissement. C’est typiquement le genre de cinéma auquel on peut adhérer en masse ou rejeter en bloc dès les premières minutes. C’est le visuel qui intrigue, les scènes de poursuites, la beauté de Mila Kunis, son rôle de Reine, alors qu’à l’inverse le kitsch des costumes, des maquillages, du bestiaire (qui m’a rappelé par moments celui que j’ai détesté dans Les Gardiens de la Galaxie) peuvent paraître totalement rédhibitoires. Une oeuvre étrange qui convoque parfois le beau, frôle souvent le grotesque, un goût de la démesure et un côté fourre-tout pas désagréable mais quelque peu répétitif. Moins tortueux que Cloud Atlas mais tout aussi commercialement risqué. Je n’ai pas adoré mais je n’ai pas détesté non plus.  BR fr 3D.

 

Bande de filles (Céline Sciamma, 2014) :  ♦♦♦♦

Le quotidien de Mariamé, une jeune fille de 16 ans dans sa cité, entre ses cours à l’école, la garde de ses soeurs et ses premiers flirts avant sa première fois. C’est le troisième film de Céline Sciamma, et c’est celui qui m’a le plus convaincu, dès sa stupéfiante séquence d’ouverture, une leçon de mise en scène, jusqu’à la toute fin de la première partie, plus riche et maîtrisée que la fin de la seconde qui accuse, dommage, quelques longueurs. C’est surtout un portrait d’une jeunesse croquée ici par une caméra qui filme les détails, une jeunesse de quartier et de cité, avec ses rites, ses espoirs, son langage, ses codes, et une façon de marier le rire et l’émotion allié à une technique remarquable (superbe Scope, superbe musique, superbe photo). Les interprètes, toutes débutantes, sont exceptionnelles de fraîcheur. Et le film mérite d’être vu rien que pour la reprise de Diamonds de Rihanna et la séquence du mini-golf. DVD fr

 

Métamorphoses (Christophe Honoré, 2014) :  ♦♦♦

En transposant la mythologie grecque, ses Dieux et Déesses dans la cité phocéenne, Honoré n’actualise pas simplement les mythes inhérents à ce type de dramaturgie et Ovide par la même occasion, il les rend très modernes. Composé comme un long poème devant lequel on est libre ou pas de se laisser aventurer, Métamorphoses pourrait être la rencontre de Rohmer, Kéchiche et Guiraudie. Rares sont les films à aborder la question de la bisexualité et de la transsexualité (il y a plus de dix ans avec Tirésia) dans le c iné français contemporain. Rares sont ceux qui le font avec une telle liberté, au point que ce film qui baigne dans une culture pop rock (la BOF) fait s’entrechoquer les époques, le verbe, les couleurs d’une façon très originale. Surtout il démontre que les grands textes sont intemporels. DVD fr

 

Tomboy (Céline Sciamma, 2011)  :  ♦♦

Pas du tout convaincu par son premier long, Tomboy m’a d’abord intrigué par son sujet et aussi pour la curiosité de voir si je pouvais adhérer ou non à l’univers de la cinéaste (à l’honneur du premier numéro de la revue lesbienne Well Well Well). Ne serait-ce que par rapport au tombereau d’insultes et d’idées nauséabondes auxquels il a été confronté (notamment de la part de la Manif pour tous), Tomboy mérite d’être défendu. Aussi, et surtout parce qu’il est composé par une science consciente et maîtrisée de l’évolution dramaturgique, avec le portrait de cette gamine, garçon manqué, qui apprend à grandir avec le regard des autres. Un film beaucoup plus solaire que son précédent, plus touchant aussi, même si je trouve qu’il manque encore un peu d’émotion, et que la cinéaste a un regard très (parfois trop) intellectuel sur sa démarche. BR fr 

 

Hybrid (Eric Valette, 2012)  :  ♦♦

Une étrange voiture amenée à la casse d’un petit garage de Chicago crée le désordre et surtout déclenche la mort de quidams. Un script qui fait énormément penser à Christine, voiture mythique de la série B fantastique. Si la mise en scène est correcte et le suspens abouti pendant une heure, c’est surtout le visuel qui pâtit d’un budget serré, les actions de la voiture étant plus crédible que l’espèce de créature à tentacules au rendu hideux. BR fr 3D.

 

Cabin Fever 3, Patient Zero (Karee Andrews, 2014) :   O

Dans un décor de carte postale, celui de la Républicaine Dominicaine, un étrange et redoutable virus décime une bande de jeunes. Le script est inepte, mais ce n’est pas le plus désolant dans ce troisième volet d’une franchise inaugurée il y a dix ans par le roublard mais talentueux Eli Roth (où l’action se déroulait dans une cabane). L’interprétation calamiteuse et la complaisance gore rendent le film pénible au bout de trois quarts d’heure. Pour le reste, du Z qui tâche avec un film qui se termine là où il aurait pu commencer. BR fr

 

Universal Soldier, Day Of Reckoning (John Hyams, 2012) :  ♦♦♦♦

Pour ce quatrième (et dernier ?) volet, le réalisateur John Hyams est allé beaucoup plus loin que les précédents films de la franchise en insistant ici sur l’aspect ultra violent et gore d’un script certes déjà vu et pas forcément original mais dont l’intérêt réside dans le travail de texture et de mixage son/image à l’impact jamais vu jusqu’à présent. Soit un enchaînement de scènes de confrontations non stop, grisé par une mise en scène qui joue sur les sons et la dureté des impacts. Une série B qui emporte tout sur son passage, largement plus dynamique que ne l’est le soporifique, poseur et inutilement long The Raid 2 pourtant loué ici et là. DVD Bénélux.

 

Dark Fantasy  (Anton Mergedichev, 2012) :  O

Un groupe d’étudiants s’enfoncent dans la toundra en essayant d’échapper à un sorcier. Ce n’est pas tant l’indigence du script et son decorum de sorcellerie ici croqué au rabais qui laisse songeur, c’est la façon dont ce film apparemment tourné entièrement en numérique massacre son matériau de base par une accumulation d’effets visuels gratuits et rédhibitoires : quasiment pas de scène sans ralentis et effets chichiteux avec une interprétation calamiteuse. Cela dit, cela vaut le coup d’être vu pour la simple curiosité de se dire qu’il existe de la SF russe. Dommage qu’elle soit ici si mauvaise avec une 3D inutile. BR fr 3D

 

Yves Saint Laurent  (Jalil Lespert, 2014) :  ♦♦

Un biopic ou plutôt une tranche de vie du génial créateur de mode depuis son premier défilé en 1962 jusqu’à celui de 1976 durant lequel il vacilla sur scène, croulant sous les applaudissements mais aussi la douleur. Davantage qu’un film qui tente de percer le mystère d’un génie et d’essayer de le comprendre, le film de Jaspert est surtout une ode à l’amour romantique, à la passion entre deux hommes qui ne se sont jamais quittés, aux amours homosexuelles avec les lieux de drague, les aventures et les risques encourus à l’époque. Niney est excellent. BR fr

 

La Meute (Franck Richard, 2010) :  ♦

Retrouver Nahon, Biolay, Dequenne, Moreau au casting attise forcément ma curiosité. Le début est intrigant avec ses faux Hell’s Angels, sa campagne désolée, et son café de proximité qui cache les pires horreurs. Le film fonctionne d’ailleurs assez bien jusqu’au dernier tiers qui fait apparaître des créatures ensevelies sous la terre confinant alors à un remake hasardeux de La Nuit des Morts-Vivants. Et si la photo livide participe à l’atmosphère du film celui-ci n’a rien de très stimulant au final. BR Allemand

 

Cannibal Diner (Frank  W Montag, 2012) :  ♦

Trois jeunes femmes sont victimes des agissements d’une famille de cannibales. De jolies filles, un décor unique et des effets spéciaux approximatifs dans un film fait de bric et de broc c’est le programme de cette série Z allemande horrifique. Il faut être indulgent car il y a surtout un esprit amusant, celui de faire un ciné avec extrêmement peu de moyens à l’instar du français Richard J Thompson qui fait de la série Z qui sort(ait) en cassette. Un film très court, dont le final rappelle celui de Le Projet Blair Witch. Et il n’y a que l’Allemagne pour sortir des films comme ça en support HD. BR Allemand.

 

Piranhas 3DD (John Gulager, 2014) :   ♦

Fausse suite du remake réalisé par Alexandre Aja, Piranhas 3DD reprend le canevas d’une attaque de piranhas cette fois dans un parc d’attraction appelé le Big Wet. L’humour déjà potache du premier est ici repoussé dans ses retranchements, le film consistant en une compilation d’humour très en dessous de la ceinture,  de vannes douteuses et de gros plans de seins siliconés. A prendre au troisième degré, même si la réalisation passe ici moins bien, le format du film le rapprochant davantage de la série Z tournée à la va vite que de la série B d’exploitation amusante et gore. Et David Hasselhof n’est pas très bon dans sa propre parodie. BR Allemand 3D

Films du mois (Mai 2015)

Films du mois (Mai 2015) dans Cinéma Cinema

 

Film du mois

 dans Cinéma

 

Films vus

♦♦♦♦♦ : Chef-d’oeuvre

♦♦♦♦ : Excellent

♦♦♦ : Très bon

♦♦ : Bon

♦ : Moyen

O : Mauvais

 

 

Super 8 (JJ Abrams, 2011) :   O

Dans les années 70, des gamins qui prennent du plaisir avec la caméra super 8mm de l’un d’eux sont confrontés à un grave accident ferré dont ils ignorent encore les conséquences. Le film de JJ Abrams paraphrase l’univers de Spielberg en empruntant à l’imaginaire (celui de E.T et Rencontres du troisième type), à un point où il semble ne plus être qu’une simple parodie, désincarnée, où les postiches et la reconstitution 70′s sonnent très faux. Le concept du film dans le film que tournent les gamins, le côté estampillé films d’aventures avec rebondissements dont celui de l’invasion extra-terrestre ne fonctionne à aucun moment, la faute à une absente totale d’émotion et d’implication. Je n’aime décidément pas le cinéma de ce réalisateur. DVD fr

 

Kurt Cobain, Montage of Heck (Brett Morgen, 2014) :  ♦♦

La vie du chanteur Kurt Cobain, leader du groupe Nirvana, depuis son enfance à Aberdeen jusqu’à sa disparition à Seattle au sommet de la gloire. Réalisé à partir des images privées du chanteur (tournées majoritairement en 8 mm à la fin des années 60-début des années 70 jusqu’à celles en vidéo des années 90) avec la participation de sa propre fille ici productrice,  ce documentaire met en images et en musiques la psyché d’un artiste longtemps torturé au fait de la gloire et devant faire bon gré mal gré avec le succès retentissant. Si les images d’archives sont très intéressantes pour leur rareté (portrait du groupe, interviews, images d’intimité) le montage des autres séquences qui mêle animations des textes, collages, images de concerts est très (trop) rapide,  frôlant souvent la pose et l’exercice de style ostentatoire, à l’exact opposé de la philosophie du groupe. Bref, très inégal, mais pas inintéressant pour l’éclairage qu’il apporte sur le statut de rock star et les aléas de la création quand gloire et éthique se confondent. Internet.

 

La famille Bélier (Eric Lartigau, 2014) :  ♦♦♦

Une famille de sourds, à l’exception de la jeune fille, peine à convaincre les habitants  de voter pour le mari au poste de Maire et ce, entre la vie au quotidien à la ferme locale et les aspirations de chanteuse de cette même adolescente qui doit monter à Paris. Le triomphe populaire passé, La Famille Bélier se révèle être une comédie drôle ou une drôle de comédie qui mêle passage de l’adolescence à l’âge adulte, premiers flirts, découverte de la sexualité, comédie familiale et musicale, film sur la ruralité, avec un zeste de politique et énormément d’entrain. L’abattage des comédiens, la confiance absolue dans leur alchimie, la révélation Louane (mais surtout celle de Roxane Duran), le cabotinage génial d’Eric Elmosnino en prof de musique revenu de tout en font une des meilleures comédies françaises de ces dernières années. Sans oublier, on est dans un mélo, les larmes et la joie mêlées avec l’idée, brillante, de jouer « Je vais t’aimer » en sourdine. Et puis c’est un bel hommage à Michel Sardou, interprète fabuleux. DVD fr

 

I spit on your grave 2 (Steven R Monroe, 2013) :  ♦♦♦

Une jeune americaine se laisse convaincre de poser pour quelques photos. Très vite, les hommes qui assurent le shooting abusent d’elle et lui font subir les pires outrages en la droguant et en l’emmenant à Sofia en Bulgarie. Depuis 1978 et le classique de Meir Zarchi avec Camille Keaton, le schéma reste le même dans ce type de production de série B d’exploitation : une jeune femme victime de sévices et de viols se venge de ses agresseurs jusqu’au dernier. Steven R Monroe officie une nouvelle fois derrière la camera et c’est avec Tom Six et Eli Roth un des réals les plus doués dans le genre. C’est ultra violent, sans second degré ou humour et la pression monte graduellement jusqu’à l’explosion finale. Un film radical, évidemment réservé à un public très averti. Même si je pense que le premier volet (donc le premier remake) lui était supérieur.  Youtube

 

Vanishing Waves/ Aurora ( Kristina Buozyte, 2012)  :   ♦♦

Un scientifique entouré d’une équipe de chercheurs et collègues tente à ses risques et périls de s’introduire dans l’esprit d’une jeune femme plongée dans le coma. Ce film de SF lituanien qui convoque l’univers de Kubrick (2001 pour certains décors) et Lynch (celui de Mulholland Drive pour les séquences fantasmées) bénéficie d’une très belle photo, d’une direction d’acteurs intéressante et de séquences chorégraphiées intrigantes. Porté sur le sexe, parfois tenté par les digressions, il pourrait parfaitement figurer dans une galerie d’art contemporain en qualité d’installation. C’est parfois osé, assez original dans son traitement visuel, mais aussi imparfait, traînant parfois en longueurs dans sa deuxième partie. En tout cas il y a des idées, et une réalisatrice qui maîtrise la technique. Le plus étonnant est que ce film, diffusé en salles en France ne soit pas sorti sur support vidéo, SD ou HD. Et qu’il est uniquement dispo en import -UK ou Allemand-. J’imagine que le Blu Ray Allemand doit être splendide, mais il n’y a pas de sous-titres anglais. DVD UK

 

Piranhas 3D (Alexandre Aja, 2010) :  ♦♦

Trente cinq ans après la fameuse attaque du Squale sur les plages californiennes sous la houlette du génie Spielberg, Aja, aux USA fait son remake du film de Joe Dante. Il faut attendre quarante cinq minutes, le temps de voir avant un défilé d’alcools, de bières et de seins en gros plans pour que le massacre en CGI commence. Accumulant les effets gores, les morts et les cris d’effroi, Pinrahas répond assez bien au cahier des charges : faire de cette série B une efficace série B d’exploitation où le silicone est malheureusement très présent. Amusant, gore (étonnante interdiction aux -12 seulement) et 3D fun avec effets de jaillissement. BR 3D Belge.

 

Le jour où je l’ai rencontrée/ The art of getting by (Garvin Wiesen, 2012) :   ♦♦

Un jeune lycéen en terminale, timide, dilettante et gauche rencontre une jeune fille dont il tombe secrètement amoureux dans un New York qui n’a rien de la carte postale classique. Avec cette rom-com qui n’a rien absolument rien d’aimable, le réalisateur montre un passage à l’âge adulte qui se fait non sans une certaine douleur, principalement psychologique. La retenue presque droopienne du jeu de Freddie Highmore et ses innombrables atermoiements (amoureux, scolaires, familiaux) montre les étapes d’une vie qui se construit ici sur un mode retors : le film est loin d’être facile et pourrait même passer pour un lourd pensum accablant sur le spleen adolescent. Mais il y a le final et les ouvertures qu’il laisse deviner. Vraiment pas facile d’accès, mais rappelant aussi le premier amour, le plus important. BR fr

 

Aux yeux des vivants (Alexandre Bustillo, Julien Maury, 2013) :   O

Leur premier essai, A l’intérieur assumait pleinement son côté extrême dans le gore, notamment dans sa dernière partie. La photo plus léchée ici agît en trompe-œil : Aux yeux des vivants se base sur un script d’une inanité tel que rien ne peut le sauver, pas même les effets gores qui n’y peuvent rien. Les dialogues, bourrés d’insultes, déplorables, la mise en scène approximative et l’interprétation très moyenne achèvent de faire de Aux yeux des vivants une série B horrifique ratée. Pourtant je partais avec un a priori positif. BR fr

 

The Bling Ring (Sofia Coppola, 2012) :  ♦♦♦

Dans la banlieue de Los Angeles, dans une Californie dorée, un groupe d’adolescents s’introduit dans les maisons de stars du showbiz pour y voler leurs effets personnels. Inspirée de faits réels cette comédie de Sofia Coppola prend comme toujours chez la cinéaste des allures de spleen adolescent derrière l’apparente dorure du décor. Ce qui brille ici ce sont les bijoux, les effets à plusieurs milliers (voire millions) de dollars mais derrière le vernis apparaît la tristesse et l’insondable mélancolie d’une jeunesse un peu perdue, à l’image de Nicki Moore, personnage dont l’entourage, dévots d’une secte, a comme quelque chose d’une horreur sociale qui ne dit pas son nom. Une fable sur la célébrité, les feux de la rampe, les icônes et les idoles dont l’issue judiciaire a montré qu’il y avait une morale. DVD fr

 

Inbred (Alex Chandon, 2012) :  ♦♦♦♦

Deux travailleurs sociaux et une bande de jeunes se retrouvent un week-end dans la campagne du Yorkshire auprès d’une population locale qui petit à petit va l’entraîner vers l’horreur après un malheureux concours de circonstance. Le cinéma anglais gore démontre avec ce Inbred (dont je n’ai appris l’existence qu’il y a quelques jours via le blog gorextreme) cette capacité quasi unique en Europe à marier un humour ultra noir à la violence graphique la plus débridée. Du postulat qui mixe Massacre à la tronçonneuse, les Chiens de Paille et Freaks, Inbred propose un film maîtrisé, où l’on rit de l’horreur et de l’ignoble. Certes les effets digitaux sont parfois trop voyants, mais l’énergie du film, l’inventivité des séquences d’effroi, le fait que l’on se demande jusqu’où le délire va être poussé en font un exemple de réussite, même si, en redoublant d’efforts j’ai quand même eu du mal à saisir tous les dialogues (Blu-ray sans sous-titres), avec ces accents à couper, surtout l’écossais.  BR UK

 

Dead Shadows (David Cholewa, 2011) :  ♦♦♦

Une comète s’abat sur Paris et crée l’Apocalypse. Le scénario se résume à cela, mais l’important comme on le dit parfois, se trouve ailleurs. Présenté dans quelques festivals (dont celui de l’Etrange Festival de Paris), Dead Shadows est resté pourtant longtemps invisible en support vidéo, HD ici qui plus (mais sorti aussi en DVD). C’est une chronique de Devildead et quelques autres papiers qui m’ont encouragé à le découvrir. C’est un premier film, avec les imperfections, les scories que l’on peut lui trouver, notamment des effets visuels parfois très (trop) voyants, surtout en haute définition où les défauts se voient davantage, une introduction pas très heureuse, des dialogues pas toujours très audibles. Mais, ce film, auto-produit, financé, écrit, réalisé, interprété au forceps impressionne par son idée principale de faire du cinéma de genre en France un genre respectable sur le principe du « Fais-le toi-même ». Derrière sa caméra, le jeune réalisateur et son acteur principal (qui font donc ici leurs armes) arrivent à maintenir un suspens horrifique fait parfois de bric et broc mais aussi et avant tout de cœur, de passion, sous influence 80′s. C’est  la naissance d’un réalisateur et il vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour la scène de l’araignée géante, absolument géniale. Une aubaine que ce film puisse être vu en vidéo après un parcours créatif compliqué. BR fr

 

A l’intérieur (Alexandre Bustillo, Julien Dupuy, 2007)  :  ♦♦

Quatre mois après un grave accident de voiture qui a coûté la vie de son compagnon, une jeune femme est harcelée la nuit du réveillon de Noël par une mystérieuse femme brune qui lui demande d’ouvrir sa porte…Un scénario un peu prétexte pour ce film de genre français, le premier pour son duo de réalisateurs. Si l’interprétation d’Alysson Paradis dans son premier rôle est bancale, en revanche celle de Béatrice Dalle qui a pour but d’embrasser des sujets qu’elle aime et qui fonctionne uniquement au coup de cœur est elle magnétique et quasi bestiale. A l’exemple de Trouble Every Day, A l’intérieur est un film radical dans son genre dans le sens où il va crescendo dans la violence graphique. Une véritable boucherie, une avalanche de gore, pour un film qui s’inscrit dans un genre assez décimé en France. Rien que pour ça il mérité d’être vu et aussi parce que malgré ses défauts, il possède une vraie franchise. DVD fr.

 

This is it (Kenny Ortega, 2009 ) :  ♦♦♦

Au printemps 2009 les dernières répétitions des 50 concerts à venir de la tournée intitulée This is it qui devait clôturer la carrière musicale et scénique de Michael Jackson. En confiant la mise en scène à Kenny Ortega c’est un Michael Jackson sur le point de revenir sur le devant de la scène que l’on voit dans ce documentaire saisissant qui montre l’artiste dans sa gestuelle, ses mimiques, sa décontraction, son exigence et son perfectionnisme. Les tubes, mondiaux, inoubliables sont là, et le génie de l’artiste qui invente sans arrêt, perfectionne ici et là un mouvement, met en avant ses musiciens et ses danseurs éclate à l’écran. Un très beau documentaire posthume, une déclaration d’amour à la musique et aussi une belle façon de voir la construction d’une chorégraphie, d’un tempo, d’un rythme. Il donne envie de réécouter ses albums et faire perdurer sa mémoire. BR UK

 

Perfect Mothers (Anne Fontaine, 2013) :  O

En Australie, la passion trouble entre deux amis d’enfance et leurs mères respectives dont les deux garçons sont tombés amoureux. Le récit d’un amour impossible vu par la réalisatrice Anne Fontaine. Le soi-disant trouble annoncé par le scénario (l’amour de deux jeunes hommes pour deux femmes mûres)  n’arrive malheureusement qu’en toute fin de film, celui-ci se résumant à un interminable atermoiement amoureux et à une histoire de passion qui n’a justement rien de troublant ou de touchant si ce n’est sa justification moralisatrice dans son dernier tiers. La photo a beau être solaire, le traitement est glacial et les sentiments éteints. Dommage, car Robin Wright est excellente. Beaucoup plus que les autres acteurs. BR fr.

 

Le labyrinthe (Wes Ball, 2014) :  O

De jeunes ados se retrouvent enfermés dans un labyrinthe dont ils doivent tous s’échapper. La figure du dédale est sur le papier passionnant, surtout la manière dont on peut en sortir. Las, cette production destinée avant tout à un jeune public adolescent est tellement lisse, tellement propre sur elle qu’elle n’expose aucune blessure, aucune égratignure et donne l’impression d’arriver vingt ans trop tard, après Cube et The Truman Show (pour l’idée de l’isolement). Le personnage de Gally, taillé à la serpe est à l’image de presque tous les autres : peu attachant voire insupportable. Un exemple de bon sujet ruiné par sa réalisation. BR FR

 

Sexe entre amis (Will Gluck, 2013) :  ♦♦

On sait dès le début comment tout cela va se terminer, cette façon de mettre en scène l’atermoiement, le questionnement amoureux, la vie en couple, le sexe pour le sexe. Mais l’intérêt principal de cette comédie dans laquelle les dialogues sont dits à un débit mitraillette, c’est ben l’abattage exceptionnel de Mila Kunis, ici terriblement sexy. Justin Timberlake est loin d’être mauvais, la complicité se ressent, mais on peut regretter que le film ne dure pas qu’1H20, il en aurait gagné en concision. Au demeurant, une comédie joyeuse et enlevée bien qu’un peu convenue. BR Fr

 

Happiness Therapy (David O Russell, 2013) :   ♦♦

Un homme qui a tout perdu, séparé de sa femme, vivant chez ses parents par contrainte rencontre une jeune femme tout aussi perturbée avec laquelle il noue un lien de plus en plus intime. Le cinéma de David O Russell est très particulier, et ce film ci le montre une nouvelle fois. Ce n’est pas tant le jeu de Bradley Cooper plutôt bon, ni certaines qualités d’écriture mais plutôt le jeu à oscar de l’actrice Jennifer Lawrence qui l’obtint précisément pour ce rôle qui m’a fait tiquer : on ne voit que la performance d’actrice ici dans la pure représentation. Très moyen, pas franchement convaincant, très bavard, jusqu’à sa résolution finale assez jolie. BR Bénélux

 

Eyjafjallojökull (Alexandre Coffre, 2013) :  O

Un couple divorcé se retrouve pour l’union de leur fille en Grèce. Mais l’éruption du volcan en Islande les oblige à dévier de leur trajet initial pour passer par l’Allemagne, l’Albanie puis la Grèce. Je n’en attendais pas forcément grand chose mais j’y allais à la curiosité. Le film qui a plus de vingt ans de retard au démarrage (déjà vu en dix fois mieux et bien avant lui avec La Guerre des Rose) veut tirer parti de la dualité du duo principal. Mais la mayonnaise ne prend jamais et le film ne m’a arraché qu’un seul très léger sourire. C’est très peu pour cette comédie vacharde, qui parle encore des petites roumaines qui sucent probablement pour 5 euros lors d’un dialogue assez douteux et l’humour (s’il y en a) ne décolle jamais. Une catastrophe. A oublier très vite. BR Bénélux.

 

Rabat (Jim Taihuttu, Victor Ponten, 2013) :   ♦♦♦

De la Belgique au Maroc, en passant par la France, les aventures comico-dramatiques de trois amis dont l’un d’eux doit ouvrir un commerce et épouser une fille qui lui est promise par mariage arrangé. Beaucoup d’humour, un poil de nostalgie, et un regard lucide sur l’engagement en amitié comme en amour dans ce film (avec le refus du mariage arrangé), road-movie au sens le plus noble du terme, dans lequel on parle l’anglais, l’arabe, le néerlandais, le français, l’espagnol. Une belle réussite, solaire, avec la participation d’une jeune actrice française. BR Bénélux

 

De l’autre côté du périph (David Charhon, 2013) :  ♦♦

La confrontation classique sous forme de buddy movie, héritée des années 70-80 entre le flic parisien arrogant et celui de banlieue. L’interprétation d’Omar Sy qui s’amuse de son image (mais ne la tord pas), et le rythme soutenu permettent de passer un bon moment dans cette comédie sur fond d’homicides, de trafics d’influence et détournements. BR Benelux.

 

Heimat (Edgar Reitz, 2013) :  ♦♦♦

Derrière l’apparent vernis austère (noir & blanc, durée de 3H50, entièrement tourné en allemand, sujet) Heimat, dès sa séquence d’ouverture déploie sa technique magistrale et réalise un tour de force : celui de rendre au romantisme allemand du 19ème siècle son souffle romanesque dans le portrait d’une génération de paysans du Hünsruck. Composé comme une longue suite de plans-séquences patiemment découpés et chorégraphiés (grâce au très bon travail de steadycam), ce film d’une belle ambition surprend. On est happé dès les premiers instants dans une description romanesque et naturaliste d’une province allemande vivant au gré des saisons, des récoltes tourmentées, habitée par le désir d’exil. Il met à l’honneur l’artisanat, les métiers oubliés en réalisant le prodige de marier la technique la plus aboutie au sens du détail. BR Benelux.

 

Ginger & Rosa (Sally Potter, 2013) :  ♦

Malgré les bonnes intentions du script (celle de montrer le passage de l’adolescence à l’âge adulte avec les rites générationnels dont celle du premier amour), le film reste uniquement en surface des choses et survole un sujet passionnant d’initiation. La facilité se ressent même au niveau des noms des personnages, l’héroïne étant rousse se nommant Ginger. Le manque d’empathie ne permet pas au film de décoller. C’est dommage parce qu’il y a des moments assez tendres et bien vus. DVD Benelux.

 

Nouvel album de Nyusha

Nouvel album de Nyusha dans Russie Nyusha-new

Le nouvel album Объединение de la star russe de la pop Nyusha vient de sortir, en import évidemment, et je pense qu’il sera compliqué de se le procurer. Pour mémo, le single le plus récent qu’elle ait sorti, début 2013 est celui de Наедине avec un début à la When love takes over.

Наедине

When love takes over

 

Hommage à Gilles Verlant

Hommage à Gilles Verlant dans Actualités Verlant1

Je viens d’apprendre avec un sentiment de stupeur mêlé de tristesse la disparition du journaliste musical belge Gilles Verlant. Il n’y a pas si longtemps je regardais une vidéo d’une de ses interviews pour un Spécial Serge Gainsbourg, Un jour, un destin, durant laquelle sa bonhommie, sa science de la mesure, sa voix si caractéristique retraçaient les moments forts de la carrière du grand chanteur d’origine russe.

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Pour moi Gilles Verlant restera un des journalistes et biographes les plus intéressants, cultivés, avenants du rock de sa génération et toutes générations confondues. Spécialiste de Gainsbourg (dont il a signé la biographie la plus complète à ce jour, parue chez Albin Michel), il a aussi consacré des ouvrages à d’autres chanteurs et célébrités, dont Johnny Halliday, mais aussi David  Bowie ou Françoise Hardy. Il était aussi animateur (notamment sur OuïFM), voix-off, bref un homme de talent qui semblait très accessible.


http://www.dailymotion.com/video/xbwuib

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Il a fait une chute fatale dans les escaliers cette nuit. Il est parti à 56 ans. Je voulais simplement saluer la personnalité attachante d’un homme mélomane, qui a consacré sa vie à la musique au sens large, un homme passionnant à écouter (une vraie voix de conteur), qui laisse derrière lui deux fils, Oscar et Victor et ses proches.

Une grande perte pour le milieu journalistique qui nous laisse un héritage important : ses livres, ses biographies, ses documentaires sont très appréciés.

Merci pour tout.

 

 

 

 

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