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Deux classiques de Radley Metzger en Blu-ray

Deux classiques de Radley Metzger en Blu-ray dans Cinéma 012330794

Cinéaste raffiné, intelligent, cultivé qui aimait Paris et la France (d’où son pseudo d’Henry Paris à partir du début des années 70) qui inspirera le travail de photographie, de cadre et de direction d’acteurs d’Andrew Blake à la fin des années 80/ début des années 90, Henry Paris aka Radley Metzger est toujours, Dieu merci, de ce monde. Le réalisateur américain a tourné quelques uns des classiques du cinéma érotique et pornographique des années 60 et 70. Il fit tourner des grandes stars de l’époque dont la magnifique Annette Haven, brunette qui tourna dans une centaine de films durant vingt ans, au sein de l’industrie hollywoodienne, tout en étant une des premières à refuser certaines pratiques.

600full-the-opening-of-misty-beethoven-screenshot dans Etats-UnisConstance Money

A ses côtés se côtoyèrent (toujours dans les années 70), Teri Hall, Barbara Bourbon, Gloria Leonard ou encore Constance Money (Metzger lui affubla ce pseudo en rapport avec la façon insistante dont l’actrice demandait son cachet à la fin du film The Opening of Misty Beethoven). Un cinéma d’un autre temps, où les toisons pubiennes féminines étaient encore d’actualité avant que la pilosité ne disparaisse, où les hommes avaient encore le droit d’être romantiques, fluets et affublés de moustaches, abandonnées depuis, à l’instar d’un certain John Holmes.

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camille_03-hrCamille 2000 (1969)

Le cinéma (car c’en est) de Radley Metzger tourné avec de la pellicule 35 mm n’avait rien à envier à certaines productions dites traditionnelles. Son sens du cadre, de la lumière et surtout l’élaboration d’une mise en scène distinguée qui permettait à ses acteurs de jouer des scènes de comédie dignes d’intérêt et très réussies ont contribué à sa réputation.

Radley-MetzgerLe cinéaste Radley Metzger

2819855100_6753b7ed98_oLe détail chez Radley Metzger, ici la rose, a toujours de l’importance.

Il s’inspira de la littérature, mais aussi du cinéma, comme pour The Opening of Misty Beethoven clairement influencé par My Fair Lady de Cukor, et donna libre cours à son penchant pour le fétichisme, notamment dans la façon de filmer les sous-vêtements féminins. Il fut aussi un des premiers avec Gerard Damiano à inclure des scènes de sexe homosexuelles non simulées dans des films a priori s’adressant à un public hétérosexuel, à ajouter des plans/séquences de domination, de SM, mais aussi la bisexualité (en particulier la bisexualité masculine) etc. Ce qui en fait un précurseur et ce dès 1973 avec The Score

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The score

Voilà aujourd’hui son cinéma non pas porté au pinacle, par une programmation à la Cinémathèque Française ou une rétrospective cannoise, mais il a droit aux honneurs de la HD, l’éditeur en question le considérant digne d’intérêt pour y figurer.

Deux de ses classiques absolus, The Opening of Misty Beethoven et Barbara Broadcast sortent en Blu-ray alors que le réalisateur avait déjà eu droit à la sortie de Camille 2000, The Score, sur le même support il y a de cela un an et demi environ chez Cultepics avec des sous-titres anglais ou sans sous-titres.  Naked came the stranger avait aussi eu droit à un DVD restauré.

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Camille 2000

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Naked came the stranger

Radley-Metzger-CoversTrois de ses films des années 60 en import anglais. Peu ou pas de sous-titres malheureusement.

memphis-cathouse-blues-movie-poster-1982-1020378846La jaquette allemande du film Cathouse Girls avec Annette Haven

Les deux films (The Opening of Misty Beethoven et Barbara Broadcast)  sont restaurés après des éditions parfois très moyennes en DVD chez VCA pictures (notamment The Opening of Misty Beethoven dont l’image avait une définition limitée, une image avec des rayures et points blancs réguliers) d’après la pellicule originale et le master nettoyé, scanné en 2K, respectant le format original 1.85:1 d’origine, en 16/9, et surtout ils proposent une piste de sous-titres en français ainsi que de nombreux bonus. Les films ne sont pas zonés donc lisibles partout dans le monde.

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Barbara Broadcast (1976) en Blu-ray

lora_ann_cj_backgammon_2CJ Laing et Annette Haven

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The Opening of Misty Beethoven

Comment commander ces films ? Via distribpix par exemple qui est l’éditeur officiel des films du cinéaste, en tout cas pour certains titres.

C’est donc une excellente pour les cinéphiles et les curieux. D’autant plus que son cinéma malgré tout, à l’heure du Blu-ray reste assez difficile d’accès, aucun de ses films n’étant sorti à ce jour en DVD français, disponibles à l’import avec ou sans sous-titres, dans des versions parfois tronquées ou techniquement passables (VCA pictures pour ses films des années 70). Une des grandes nouvelles du monde de l’édition DVD/Blu-ray serait d’apprendre que l’intégralité de sa filmographie sort en Blu-ray en conservant les suppléments et certains des visuels (je ne suis pas friand de celui de l’édition Blu-ray de The Opening of Misty Beethoven).


 

 

Studentes : groupe de filles lituanien

Studentes : groupe de filles lituanien dans Lituanie 1dgd2

Le moins que l’on puisse dire c’est que les nouveautés lituaniennes ne se bousculent pas au portillon. C’est d’autant plus dommage que j’ai bien aimé tout ce que j’ai pu entendre jusqu’ici, en découvrant les groupes comme Kotikios, l’artiste solo Eglè Jakštytė, les Pop Ladies ou encore 69 Danguje

Les titres Alpstu et Melagis de Kotikios interprété à la télé lituanienne dans diverses émissions permettent de découvrir un nouveau single en attendant les autres singles à venir des groupes pré-cités.

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Alpstu

 

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Melagis

On remarquera un penchant pour les couleurs acidulés, exotiques et voyantes.

Et pas mal d’humour en prime.

 

 

 

Films vus (Mai 2013)

Films vus en Mai

 

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

The Hike (2011) de Rupert Bryan

Films vus (Mai 2013) dans Films vus (Mai 2013) poster_01

 

Films vus

 

The Hike (Rupert Bryan, 2011) :  *****

Le  genre du survival semble usé jusqu’à la corde et pourtant il nous arrive d’être encore surpris par ce genre de bobine (premier film qui plus est) venue de nulle part ou presque (du Royaume-Uni en réalité) qui agrippe le spectateur sans crier garde (la séquence d’ouverture à couper le souffle) et ne démord pas ensuite de son objectif : faire peur avec trois fois rien, tout en évitant les sempiternelles histoires de fantômes ou de revenants, pour aller dans l’horreur sèche : celle du quotidien ici malmené dès que les héroïnes de l’histoire arrivent en forêt. La forêt qui est un lieu culte et référentiel du film d’horreur : depuis Evil Dead jusqu’à nos jours, c’est un théâtre rêvé pour les sorties horrifiques nocturnes. The Hike part de pas grand chose, avec un groupe de cinq filles façon The Descent et se retrouve après une demi-heure de présentation dans le vif du sujet façon Détour Mortel. L’intérêt de l’histoire vient de son premier changement de ton et son premier coup de théâtre qui arrive alors même que l’on pensait que le(s) tueur(s) de l’histoire pouvai(en)t être tout autre(s). La photographie (travail sur caméra HD Red au rendu splendide de jour comme de nuit), l’utilisation du format Scope, et bien sûr, l’implication des acteurs qui font de ce film d’horreur un film très premier degré rappellent ce que Morituris aurait pu être s’il n’avait versé dans la complaisance et la surenchère ce à quoi The Hike répond par la montée de l’angoisse et la gestion de la terreur par petites touches. Surtout, le film va au bout de son idée, peut-être même plus que The Descent qui s’achevait sur une fin ouverte, et c’est une de ses grandes forces. Quelque part, il s’agit ici du petit frère de The Woman. Même énergie, même capacité à faire monter la tension et mêmes critiques acerbes voire virulentes contre lui (avec la critique de la misogynie voire même du sexisme, entre autres, petit florilège ici). Radical et prenant. Et ravi une fois de plus que ce soit Emylia qui l’ait distribué (Evil Angel, The Woman, Little Deaths précédemment). BR Fr

 

Dylan Dog (Kevin Munroe, 2010)  :  **

Si vous vous demandiez ce que faisait Brandon Routh depuis l’excellent (à mon sens) Superman Returns, Dylan Dog est l’une des réponses. Le jeune acteur incarne ici un inspecteur privé très particulier qui oeuvre pour éviter une guerre des monstres entre lycanthropes et bêtes coriaces de trois mètres de haut. Le film ne se prend vraisemblablement pas au sérieux (sauf dans son dernier tiers) et l’humour du film est assez agréable. Le décor de fond est lui aussi assez original, puisque le film se déroule intégralement à la Nouvelle-Orléans, dans le Bayou et de nuit. Ce qui semble logique vu le sujet. J’ai toutefois quelques réserves : une deuxième partie moins habile et plus bavarde, un côté « films de potes » qui a ses limites, notamment par rapport au personnage de Gabriel qui devient trop envahissant et peu de surprises sur la fin. Mais c’est assez divertissant. BR fr

 

Le quatrième pouvoir (Dennis Gansel, 2012)  :  *

J’adore ce qu’a fait Gensel avec son histoire de vampires femmes dans Nous sommes la nuit. Mais beaucoup moins ce qu’il a fait du film d’espionnage (l’ombre de Les hommes du président et de Les trois jours du condor planent sur le film) politique qui dans sa première partie, grosso modo sa première demi-heure frôle le médiocre. Heureusement, il se rattrape dans sa deuxième partie, plus nerveuse. La caricature de la presse muselée, le jeu des acteurs pas forcément au diapason (le rôle du journaliste n’est pas franchement campé avec conviction, dommage parce que Kasia Smutniak vue aussi dans Room in Rome s’en sort bien) ne sont pas épargnés, même si le fond du film possède une certaine force, malgré tout assez mal exploitée (pas mal de longueurs et des effets pas toujours heureux, notamment dans la façon de filmer les scènes d’action ou le ralenti). Je suis déçu, parce que j’en attendais bien plus, mais ce faux pas du réalisateur allemand ne remet pas en cause la générosité de son précédent film qui est absolument à (re)découvrir. Ni même l’insolence de son Girls and Sex BR fr

 

Pour elle (Fred Cavayé, 2008 ) :  **

Dans ce film de Fred Cavayé, Vincent Lindon (impeccable et ultra minéral dans son jeu) incarne un prof de français confronté à l’accusation de meurtre que sa femme aurait commis sur sa chef. Le film s’échine à montrer comment un homme peut tout mettre en place (y compris l’évasion d’une prison) pour la sauver. La réalisation est très nerveuse et le film ne contient quasiment aucun temps mort. Il est entièrement porté par son duo d’acteurs. Diane Kruger joue d’abord un second rôle, celui de la mère de famille, emprisonnée durant une bonne partie du long-métrage en prison et qui ne verra son fils que par le biais des visites écourtées. Le reste du temps est concentré sur l’énergie que son mari déploie pour la sortir de cet enfer (quoi de pire que d’être accusé et condamné pour ce que l’on a pas fait ?). Si je regrette une photo hyper froide (choix artistique), et une ambiance qui l’est parfois tout autant, le film se révèle entièrement dans la fin de sa deuxième partie. Dire qu’il n’est même pas sorti en France chez Wild Side Video qui l’avait pourtant distribué en DVD. Un des mystères de la HD, car le couple d’acteurs est loin de ne pas être connu. Le blu-ray est en revanche sorti en Allemagne. BR Allemand

 

The Roommate (Christian Christensen, 2010)  :  *

Un film prévisible de bout en bout, dont on devine l’issue dès les premières minutes, il n’y a à ce titre aucun suspens, mais c’est un portrait parfois pas mal fichu sur cette obsession que peut avoir une personne envers une autre en virant au mimétisme et au crime passionnel. La question du transfert (Rebecca s’idéalisant en Sarah dès le début) est ici traitée parfois avec de grosses ficelles, et il n’y a absolument aucune scène qui soit originale, mais ce n’est pas non plus un mauvais film. BR allemand.

 

One Day (Lone Sherfig, 2011) :  O

Qu’est-il arrivé à la réalisatrice du splendide Une éducation ? Et bien elle a tourné ce One Day qui est probablement la comédie romantique la plus indigente que j’ai vue ces derniers mois/années, et c’est d’autant plus pénible à l’écrire, que je suis un fan des comédies romantiques (j’adore Love Actually, entre autres). Mais là, au bout de vingt minutes, j’ai eu l’impression que ça ne se terminerait jamais, d’autant que la réalisatrice a choisi un rôle principal masculin absolument insupportable, rendant son jeu et le film insupportable par la même occasion. Les poncifs sont là, les clichés aussi (le couple dévoyé, la femme qui trompe son mari, la différence générationnelle qui fait que le père se met en tête de ne rien lâcher à son fils, l’errance dans la drogue du présentateur télé beau gosse qui couche avec toutes les premières venues). Trop, c’est trop, et le film, qui aurait pu me faire fondre (en larmes et/ou d’émotion) m’a au contraire passablement énervé avec sa couleur frelatée, ses coupes, ses voitures et sa musique d’époque (François Feldman se retrouve sur la bande-son, très années 80).Vraiment une grosse déception. BR benelux

 

Sans identité (Jumae Collet Sera, 2012) :  **

Liam Neeson (à son aise et charismatique comme d’habitude) joue ici un homme dont le passé semble s’effacer aussi vite que son  identité après un accident de voiture. S’il n’atteint pas la puissance d’un Taken 1 ou 2, ce film mis en scène par l’espagnol Collet-Sera joue à fond la carte de l’invraisemblance et de la pluie de rebondissements qui permettent de maintenir l’action jusqu’au bout. On se fiche des révélations sur le pourquoi de l’histoire, même s’il est assez amusant de retrouver l’acteur principal du film La Chute, celui de The Box (le vieil homme mystérieux), ainsi que Diane Kruger dans un rôle de réfugiée clandestine. D’ailleurs le film se passe intégralement à Berlin, décor peu commun du genre blockbuster, avec certaines de ses arcanes, notamment son côté un peu underground.  Efficace en somme. BR Fr

 

Un plan parfait (Pascal Chaumeil, 2012)  :  ****

J’avais détesté L’arnacoeur, comédie que je trouvais trop bling-bling, sans véritable enjeu, bref la comédie française comme je peux l’exécrer. C’est exactement l’inverse avec Un plan parfait. L’idée d’associer Diane Kruger et Danyboon est une excellente idée, parce qu’elle se base sur des complémentarités. La spontanéité de l’une devant le pataud attendrissant de l’autre. En l’état, le rythme échevelé de cette comédie sur les superstitions (une jeune femme ne veut pas rater son premier mariage comme d’autres avant elle dans sa famille, prend l’avion pour Copenhague et se retrouve avec un homme gauche mais attachant au final, qui va lui réserver plus d’une surprise). La mayonnaise prend immédiatement et l’on sent une réelle complicité entre les deux acteurs. Les scènes comiques se suivent, et celle de la fausse call-girl à une soirée de prestige en Russie vaut à elle seule le visionnage. Mais il y a plus cela : il y a aussi en filigrane, cette question rampante, obsédante même de l’amour détourné, celui-là qui fait qu’une personne aimée est déjà avec quelqu’un et en manipule à sa manière une autre. Le con dans l’histoire devient au final le héros, romantique, sincère jusqu’au vertige…de l’amour. C’est cela que montre cette comédie dans l’air du temps, où une jeune femme finalement se plaît davantage dans la surprise, l’inattendu, plutôt que dans la linéarité d’un mariage tracé d’avance, avec les mêmes plats, les mêmes désirs et les mêmes sorties. Le duo d’acteur porte totalement le film sur ses épaules. Diane Kruger, belle, intelligente, versatile, confirme tout le bien que je pensais déjà d’elle (quand les détracteurs ne voyaient en elle qu’une potiche). C’est une actrice formidable et apparemment très simple dans la vie (très intéressant making-of). Elle me fait un peu penser à Florrie. Une comédie très charmante, une vraie bonne surprise. BR fr.

 

Rio (Carlos Saldanha, 2011) :  ***

La formidable séquence d’ouverture donne immédiatement le ton : la réalisation, certes intégralement réalisée par ordinateur, permet une chorégraphie sans entrave et ça va très vite. Un peu trop même. Les vingt premières minutes m’ont rappelé au meilleur de Toy Story, à savoir raconter une histoire avec des personnages forts et un tonalité émouvante : ici un oiseau qui ne sait pas voler et une libraire du Minnesota qui s’est prise très tôt d’affection pour lui. Je regrette juste que l’humour s’invite parfois dans de trop longues tirades, car visuellement c’est très beau et techniquement très abouti. Un très agréable film d’animation. BR Fr.

 

Cheerful weather for the wedding (Donald Rice, 2012):   **

Je n’ai pris et vu ce film que pour une seule raison : Felicity Jones. L’actrice britannique est un coup de coeur depuis Oh My God ! et est en passe de devenir un de ces jeunes pousses que j’affectionne, tout comme Gemma Arterton. Le film se déroule en 1932 dans la bourgeoise anglaise du Devon, et l’on suit les ultimes préparatifs du mariage de Dolly, entourée de ses proches. Le film est charmant, porté par ses interprètes et par un humour dont seul les anglais ont le secret. Ce n’est pas aussi fort que Tamara Drewe ou Albatross mais le film jouit néanmoins d’un travail de direction artistique remarquable. Felicity, je vous suivrai, c’est sûr !   BR anglais

124 heures (Danny Boyle, 2010) :   *

Le sujet est plus intéressant que le traitement par l’image qui en est fait. Ce fait divers réel, qui est arrivé au Colorado (un homme s’est retrouvé seul coincé dans un canyon) montre les limites du dispositif de mise en scène de Boyle qui use et abuse des effets de montage, faisant de son film une publicité pour les accélérés et ralentis d’image dans un contexte dramatique, mettant ainsi toute émotion de côté à ce moment-là. C’est dommage, car James Franco, tout seul, le bras coincé par un rocher, qui sort sa caméra Sony (beau placement produit) est charismatique et toujours aussi sexy. Je préfère l’énergie bouillonnante et le montage au corps à corps justifié de Slumdog Millionaire pour le coup. TV.

 

The Story Of Joanna (Gerard Damiano, 1975)  :  ***

Le réalisateur Gerard Damiano s’attaque ici à la figure du Pygmalion qui vire ici au sadomasochisme. L’interprétation, la photo, la direction artistique de haute qualité rappellent que le cinéma porno des années 70, réalisé majoritairement avec de la pellicule argentique avait par moments rien à envier au cinéma traditionnel. Le film, s’il est moins fort et définitif à mes yeux que ne l’est le chef-d’oeuvre de Radley metzger, The Opening of Misty Beethoven, est toutefois très bon, même si la trame le rapproche effectivement du film de Metzger, et intrinsèquement de My Fair Lady de Cukor (que je n’ai jamais aimé). Et au milieu des années 70, il était encore rare de voir une scène de sexe non simulée entre deux hommes dans une production hétéro. Casey Donovan lui déclenchera un mini-scandale avec la scène de strapon, un an plus tard dans The Opening of Misty Beethoven. Internet

 

Faites le mur ! (Banksy, 2010) :  ****

Un documentaire d’une richesse vertigineuse sur la place de l’artiste dans le quotidien, en prenant comme fil conducteur l’histoire proprement incroyable de Banksy, artiste ayant favorisé la popularité de l’art de rue (street art), dissimilant son visage et son identité depuis des années, ici au coeur du film. Le documentaire s’ouvre sur le portrait de Thierry Guetta, un homme vivant  à Los Angeles depuis l’âge de 15 ans dont l’obsession première est de filmer chaque minute de sa vie, croquant les portraits de ses proches et de lui-même à tout moment, accumulant des milliers d’heures enregistrées sur cassette. On croise ensuite des artistes de l’art de rue, voguant entre la légalité et l’illégalité d’un art qui sort des musées pour se retrouver dans la rue, sur les murs. Dès lors Guetta et Banksy se rencontrent et l’artiste anglais de convier sa vision de l’art au moment où l’art de rue s’invite sur les marchés aux enchères, le gratin hollywoodien commençant à s’arracher ses toiles et ses pièces de graf’. Ou comment l’art du graffiti jeté à l’opprobre devient si tendance qu’il intéresse celles et ceux qui le rejetaient violemment. Un documentaire qui a des airs de cinéma : personnages attachants, scénario inventif, mise en lumière des contradictions d’une époque, fresque intimiste et grandiose sur l’humain, portraits d’artistes sans cesse sur le fil du rasoir, puis promus génies contemporains. Sociologiquement, philosophiquement, artistiquement, un des meilleurs documentaires de ces dernières années avec le formidable Rize de la Chapelle pour qui aime le street art ou pas. Banksy qui a signé la pochette de Blur Think Tank plonge aussi dans ce vertige créatif : il rappelle par sa mise en scène, les canulars d’Andy Kaufman, tout comme Marcel Duchamp ou encore Warhol. Youtube.

 

Prostitution (Jean-François Davy, 1976) : ***

Réalisateur de films pornographiques dans les années 70 et de deux documentaires focalisés sur l’actrice Sylvia Bourdon avec Exhibition, Davy filme ici, quasi exclusivement sous la forme d’interviews qui n’incluent jamais de champ contre champ le quotidien de prostituées féminines d’âges et d’origines sociales différentes. Davy a manifestement gagné la confiance de ces femmes qui parlent à la fois crûment et pudeur de leur métier, de leurs espoirs, de leurs mauvais plans, certaines vivant bien leur profession, d’autres beaucoup moins. On assiste aux premières assises des prostituées qui se terminent en foire d’empoigne. On s’intéresse, on écoute, on entend des témoignages qui n’hésitent jamais à dévoiler les coulisses du métier, et le documentaire s’autorise aussi les touches d’humour comme lorsque Eva (la principale interviewée, et une ancienne actrice de porno, Claude Janna) se rend dans la petite usine de machines à coudre avec les employées qui se livrent sur le métier et ce qu’elles en pensent. Le rôle d’Eva est d’ailleurs étonnant : elle était véritablement actrice au milieu des années 70 et a été probablement prostituée (dans quelle mesure est-ce mis en scène ?) au tout début de la décennie. La note finale est optimiste et emmenée par Grisélidis Réal qui avec le panache, l’humour, la petite folie contagieuse et surtout terriblement humaine qui la caractérisaient y va de son petit refrain libertaire. Youtube

Films vus (Février 2013)

Je reprends une habitude datant d’il y a quelques mois (années même sans doute maintenant). Celle des films du mois. Tom Peeping, Cathy et d’autres s’y essaient avec joie. Je me suis dit que ça serait aussi sympa de reprendre le principe. D’autant que j’ai un certain nombre de galettes (dont certaines encore sous cellophane) qui attendent sagement sur des étagères d’être dévoilées. J’éditerai à la fin du mois.

Films vus en Février

***** : Chef-d’oeuvre

**** : Excellent

*** : Très bon

** : Bon

* : Moyen

O : Mauvais

 

Film du mois

 

The Woman (Lucky Mckee, 2011) *****

Films vus (Février 2013) dans Films vus (Février 2013) 000234841

 

Plûtot que de montrer une bande-annonce qui en montrerait trop (et gâcherait le plaisir de découverte de cet extraordinaire film de tension psychologique non dénué d’un certain humour -très-noir), je préfère mettre les morceaux de sa superbe BO.

A signaler la très belle accroche de l’affiche originale américaine. Et oui, les monstres ne sont pas ceux et là où on le croit forcément de prime abord.

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JH2

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Time to die

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Wild rabbit

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Distracted

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Patient Satellite

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Places you go

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What really hurts

 

 

Films vus

 

 Maximum Shame ( Carlos Atanes, 2010) : *

Je ne sais pas si j’ai vu le film SM fauché et underground le plus curieux depuis longtemps ou bien un sombre navet de série Z ni fait ni à faire. L’histoire d’apocalypse qui sert de trame (?) à ce film espagnol tourné en anglais, dans ce qui semble être un hangar comme décor principal est une curiosité hispanique d’un réalisateur qui n’est apparemment pas débutant en la matière. Mais je découvre et n’en sais pas davantage sur lui. En tout cas, un film underground (même si Jean Louis Costes me semble aller encore plus loin) dans lequel une maîtresse SM juchée sur des rollers s’en prend verbalement à sa victime en lui enfonçant un speculum puis une boule de geisha et un gode-ceinture dans la bouche a ceci d’original qu’il est plutôt rare, surtout lorsqu’il traîne en longueurs. Réalisé avec 9000 €, il a apparemment été gonflé en scope puisque c’est ainsi qu’il peut être visionné sur Youtube. Un film très étrange, c’est un euphémisme. Réservé à un public averti. D’une certaine manière je suis content que ce genre de film puisse continuer à être produit et réalisé.  Youtube

 

Resident Evil Retribution (Paul W Anderson, 2012 )**

Le dernier volet en date des aventures d’Alice et Jill Valentine. Le scénario est cousu de fil blanc, mais il suit surtout une linéarité qui n’a rien à envier aux jeux-vidéos 16 et 32 bits qui ont triomphé en leur temps (et m’ont rappelé ma prime adolescence), lorsqu’il fallait tuer un puis plusieurs personnages avant de passer au niveau supérieur, ce que reprend ici littéralement le film. Les scènes d’action s’enchaînent les unes aux autres sans quasiment aucun temps mort, et Paul W Anderson fait une confiance aveugle en sa comédienne principale (Milla Jovovich) qui abonnée au rôle s’en donne à coeur joie. Je n’avais vu que le premier épisode. Celui-ci résume l’avant dernier lors de la séquence d’ouverture. On est certes très loin de l’esprit original de la série (faire peur en parlant d’un virus mortel et de zombies venus dévorer les vivants). Mais l’emballage, le visuel, la lisibilité totale des séquences d’action, l’énergie et le second degré de l’ensemble sont assez amusants. Une bonne série B d’action horrifique qui ne passe pas par quatre chemins. BR fr.

 

Girls and Sex (Dennis Gansel, 2000)**

Le premier film de Dennis Gansel futur réalisateur de La Vague et Nous sommes la nuit réalisé à l’aube des années 2000. Si le scénario fait penser à American pie, le film de l’allemand est étonnamment plus simple, beaucoup moins pudibond, et au final plus drôle. Les très jeunes actrices du film parlent effectivement sexualité frontalement, mais elles le font surtout avec un humour plutôt léger, et les comédiens, qui commençaient alors pour certains leur carrière ont ce naturel confondant, la maladresse collant parfaitement au sujet et aux interrogations suscitées. La recherche de l’amour, les émois sexuels, la question de l’orgasme féminin sont au coeur du film. On sent surtout une affection réelle et sincère du réalisateur envers ses personnages féminins, qui comme il l’explique dans son interview aim(ait)e être entouré de filles. Réalisé à 25 ans, le film est plein de promesses quant aux capacités futures du réalisateur : il le démontrera surtout pleinement avec Nous sommes la nuit qui revisite brillamment le mythe du vampire. J’avais le DVD sur une de mes étagères depuis quasiment 8 ans. J’ai décidé de le regarder. Une bonne fable contemporaine sur le sexe, d’autant plus drôle quand elle est traitée avec humour. DVD fr.

 

17 filles (Delphine et Muriel Coulin, 2011) : **

L’histoire incroyable (inspirée d’un fait divers ayant eu  lieu aux Etats-Unis en 2008) d’un groupe d’adolescentes qui décident de tomber enceintes en même temps. Tourné en Bretagne (on s’éloigne du classique bahut parisien), dans des décors naturels et sur un ton naturaliste teinté de couleurs pastels, le film raconte la cohésion et l’inconscience folle d’un groupe d’amies qui se révoltent contre leurs parents, leurs vies et aussi contre elles-mêmes. Dans le fond, le film qui décrit une jeunesse imperméable aux questions de prévention, qui se cherche, se veut autonome jusqu’au délire, et ce de façon volontariste (elles font ici en sorte de ne pas se protéger puisqu’elles veulent toutes tomber enceintes), est effrayant. Les filles sont systématiquement au premier plan, les garçons ont un rôle de second voire troisième plan. Dans la forme, le film utilise d’étonnantes couleurs claires pour égayer le visuel et contrebalancer l’énormité de l’histoire et de ses aboutissants dramatiques (la perte d’un enfant, l’autorité parentale mise à mal). Une peinture d’une certaine jeunesse, qui illustre très bien le fameux poème de Rimbaud, Roman : « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ». Youtube.

 

Le Guetteur (Michele Placido, 2012) : O

Un film aussi terne que sa photo. Un casting quatre étoiles massacré par une mise en scène paresseuse, un sujet déjà vu et revu, et une impression constante de gâchis, aussi bien du point de vue de la direction d’acteurs que du jeu des acteurs eux-mêmes, lesquels semblent en roue libre. Je n’avais jamais vu Daniel Auteuil autant à l’ouest, cabotin comme c’est pas permis, tandis que Kassovitz et Gourmet qui peuvent être très bons se contentent de faire la grimace. Autant Placido m’avait convaincu avec son brillant Romanzo Criminale, beaucoup plus ample et ambitieux, autant là c’est une série B sans aucune conviction, qui rappelle un peu le Truands de Schoendorffer. BR fr

 

Taken 2 (Olivier Megaton, 2012)  : ***

On prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci à Istanbul. La photogénie du lieu, les montées d’adrénaline, l’interprétation au cordeau d’un Liam Neeson impeccable en père de famille prêt à tout pour sauver les siens font de Taken 2 un très bon film d’action, qui lorgne il est vrai parfois du côté des Jason Bourne par son montage abrupt des séquences d’action de corps à corps, mais utilise aussi des plans plus larges donc plus agréables à suivre quand les courses-poursuites se font sur les toits, rappelant un autre très bon film d’action, Piégée de Soderbergh. Amusant de retrouver dans le rôle du chef de la mafia albanaise, cet acteur à la barbe blanche vu dans l’excellent Au pays du sang et du miel d’Angelina Jolie. Taken 2 est une suite efficace, sèche et nerveuse du premier du nom. Je ne comprends pas trop la pluie de critiques négatives quand on sait ce que l’on va voir. BR fr

 

L’exercice de l’Etat (Frédéric Schoeller, 2012) : **

Les arcanes de la politique vues par les yeux d’un politique, et en particulier le ministre des Transports. Le film de Schoeller nous montre effectivement l’exercice de l’Etat avec ses combines, ses mensonges, sa soif de pouvoir, ses coulisses peu reluisants, ses paroles et ses beaux discours de façade. Le casting est au diapason : Michel Blanc faisant la carpe n’a pas volé son Cesar, Breitmann incarne la plume, tandis que Gourmet un ministre n’arrivant pas forcément toujours à se positionner, à la conquête des meilleurs sondages et des opinions publiques favorables. Le film ne nous apprend rien de bien nouveau (les manoeuvres et manipulations pour faire tomber les têtes sont monnaie courante), mais il faut le voir comme une sorte de dyptique à l’excellent Une Affaire d’Etat, encore plus ambitieux dans le fond et la forme, dont L’Exercice de l’Etat pourrait être la continuité plus posée, moins énergique et un poil plus philosophique. Br fr

 

 

Morituris – Legions of the dead (Raffaele Picchio, 2011 ) :  O

Trois italiens entraînent deux jeunes femmes bulgares dans une rave imaginaire et abusent d’elles en les violant et les torturant, jusqu’à l’arrivée de légionnaires revenus sur Terre pour se venger, lesquels ne feront pas de détails. Avec un script pareil et étant donné la réputation du film on peut s’attendre au pire. Et c’est bien le cas. Morituri te salutant comme disait la citation latine : « Ceux qui vont mourir vous saluent ». Certes. Mais ce film c’est exactement l’inverse de The Woman de Lucky Mckee : point ici de sensibilité, de regard d’homme et de cinéaste sur la violence. La violence est ici un but et un moteur et non une finalité. Le film par conséquent est d’une violence et surtout d’une complaisance rare. Tout y passe, de l’insulte (et au bout du quarantième « Sale Pute » on a compris qu’il y avait un problème quelque part) au crachas, en passant par le viol, la torture  et ainsi de suite. Le film montre donc trois connards (puisque je ne vois pas d’autre mot) qui s’en prennent à des femmes droguées et alcoolisées pour satisfaire la pire bassesse du monde. A l’inverse des rape and revenge des années 70 qui partaient du postulat que les victimes se vengeaient et obtenaient à leur manière réparation de leur bourreau, ici il n’y a rien de tout cela. L’écœurement légitime que peut ressentir le spectateur devant ce film à la bêtise crasse n’a d’égale que la prétention avec laquelle le cinéaste met cela en scène. En gros, celui-ci semble croire dur comme fer qu’il bouscule un peu les conventions du genre et qu’il remodèle le genre du cinéma d’exploitation en Italie. C’est surtout face à un navet que l’on se trouve, au goût rance. Il ne faudrait pas que le spectateur énervé de Sundance qui a vu The Woman et s’en était montré bouleversé voit ce Morituris : il risquerait de brûler une salle de cinéma ou pire de décimer une ville. Internet.

 

Polisse (Maïwenn, 2011) :  **

Le quotidien de la BPM (Brigade de protection des mineurs) avec ses histoire de larcins, de violeurs, de pédophiles et autres criminels, par des inspecteurs traitant de cela avec le peu de moyens dont ils disposent. Maïwenn (saluée à Cannes par le prix du Jury) se met en scène dans le rôle d’une photographe, mais c’est surtout aux autres comédiens, dont Nicolas Duvauchelle et Joey Starr qu’elle laisse la part belle. La mise en scène ultra réaliste, façon documentaire, laisse surtout s’exprimer un sentiment d’urgence, d’âpreté, de colère et de nervosité constant. Le début du film m’a laissé un goût étrange, tant je l’ai trouvé étonnamment vulgaire (pendant quarante minutes on ne parle quasiment que de sexeet cela de façon assez crue), tant est si bien que j’ai failli décrocher car j’ai trouvé que cela collait mal avec les faits divers plus ou moins sordides déjà racontés. Mais le film monte en puissance, la caméra filme au plus près, les sentiments et les langues se délient et le film va crescendo jusqu’au final. Joey Starr, et c’est amusant joue exactement l’inverse de ce qu’il pouvait chanter et interpréter sur scène. Le film ne m’a pas bouleversé mais la démarche est très intéressante. Br fr

 

 

The Devil’s Double (Lee Tamahori, 2011) : ***

Connu mondialement pour l’Ame des guerriers en 1994, Lee Tamahori après ses fourvoiements dans le cinéma hollywoodien des dernières années, tourne ici un film sur le double d’Uday Saddam Hussein. Le film se déroule dans un Irak de la fin des années 80 attaqué par les américains de Bush, tiraillé entre sa propre guerre avec le Koweit  et les intérêts partisans, majoritairement financiers du chef de l’état d’alors, Hussein père. L’intérêt du film vient non pas de cette peinture acide du pouvoir en place et de ses excès en tous genres, mais du double rôle incarné par un Dominic Cooper extraordinaire, qui joue Uday, obsédé sexuel, psychotique et chien fou, mais aussi Latif, son double, amené de force chez lui pour être le troisième fils. La complexité narrative, les enjeux de la petite et de la grande histoire, les morceaux de bravoure, l’énergie du film en font une oeuvre très intéressante sur le pouvoir lorsqu’il est utilisé sans aucun complexe et avec tous les abus qu’il engendre. On retrouve également dans le film Ludivine Sagnier, une actrice française à sa place dans cette production enlevée. Br Fr

Blood Reich (Uwe Boll, 2010) : *

Connu aussi sous le titre Bloodrayne, The Third Reich, sorti en Allemagne et en Angleterre notamment, le film d’Uwe Boll se permet de rejouer avec l’histoire avec trivialité. On y croise ainsi des nazis vampires et surtout une chasseuse armée de sabres qui découpe du nazi pendant quasiment 1h15, le film étant très court et allant directement à l’essentiel sans se poser trop de questions. C’est là la limite et la liberté du film: celle de jouer avec l’Histoire, de filmer les wagons de la mort comme des scènes lesbiennes ou de bordel allemand, des croix gammées sans une once de recul, tout en sortant l’artillerie lourde avec des scènes de fusillade stylisées. Le style est donc bâtard mais absolument pas honteux comme on aime si souvent à le dire pour Uwe Boll qui doit être un des réalisateurs les plus conspués, mais dont je crois aussi qu’il se moque éperdument. Et puis Nastassia Mathé semble s’être amusée. BR fr.

 

La rose de fer (Jean Rollin, 1973): **

Deux jeunes gens se rencontrent à un mariage et tombent amoureux l’un de l’autre. Ils se revoient le lendemain, se rendent dans un cimetierre et y consomment leur amour. La nuit tombant, ils sont cependant pris au piège et ne retrouvent plus la sortie. Tout l’univers de Jean Rollin résumé en un film, l’un de ses premiers, qui affiche toutes les thématiques de son cinéma : vampirisme, fantastique éthéré, apparitions (ici un clown triste ou Dracula), amour fou, univers mêlé de poésie et d’humour macabre. Hugues Quester et Françoise Pascale sont les seuls personnages d’un film dont la trame est minimaliste, mais l’importance est dans le cadre, l’ambiance. Un peu de Baudelaire, un peu de Franju, et beaucoup de Rollin. Youtube.

 

The Dictator (Sasha Baron Cohen, 2012) : ***

Sasha Baron Cohen qui interprète deux rôles, celui du dictateur Aladeen et de sa doublure n’en fait ici pas des caisses, et l’humour est principalement grinçant plutôt que gras. Il ironise sur la dictature mais aussi sur le concept de démocratie, versé aujourd’hui à toutes les sauves, y compris et surtout d’ailleurs par les moralisateurs occidentaux. Le film n’hésite pas à verser parfois dans l’humour en dessous de la ceinture, Sasha Baron Cohen en fait des tonnes avec son accent forcé, mais c’est surtout l’énergie qu’il dégage (il dure à peine 1h15 en version ciné et pas beaucoup plus en version longue) qui lui permet d’atteindre un statut de film allant au-delà du tout venant de la comédie américaine largement représentée par les productions Apatow et compagnie. A l’inverse de celles-ci, le film de Cohen m’a fait rire plus d’une fois, notamment pour la scène énorme du restaurant anti Aladeen, de l’introduction des employés de la boutique que tient Anna Faris (cheveux courts façon garçon manqué, féministe acharnée). On plaisante sur la représentation des valeurs occidentales, sur la peur des hommes barbus assimilés dans un certain imaginaire à des terroristes en puissance, on pisse dans un bocal que l’on verse sur une personnalité juive à l’ONU (ce qui est amusant venant d’un réalisateur d’origine juive) et le film est en substance la meilleure comédie de l’année dernière. Merci Anorya ! BR anglais.

 

Devil Seed ( Greg.A Giger, 2011) : *

Une jeune femme se fait prédire son avenir après avoir passé une soirée arrosée et se retrouve possédée par l’esprit du Malin. Une toute petite série B fantastico-gore américaine qui revisite le mythe laissé intact par l’Exorciste trente ans plus tôt. Depuis de l’eau (bénite) a coulé sous les ponts, et le film n’est donc foncièrement pas original. Reste le charme de l’interprète principale (les autres étant beaucoup moins bons), un budget minuscule dépensé dans quelques effets sympathiques, et surtout un esprit de série B qui traverse tout le film ainsi que celui d’une certaine débrouille. C’est surtout rassurant de constater qu’il existe encore ce type de productions destinées à un petit marché de niche, avec ses qualités et ses gros défauts, mais aussi son envie de cinéma. L’éditeur Emylia continue donc sur sa lancée de distributeur de vidéos de ce genre. DVD fr.

 

Piégée (Steven Soderbergh, 2012) : ***

Steven Soderbergh enchaîne les réalisations depuis qu’il a annoncé qu’il allait arrêter le cinéma pour devenir peintre. Et même avant cette annonce, il enchaînait les tournages. Manifestement cela lui réussit, car avec ce Piégée, il donne un rôle de choix à la débutant Gina Carano, étonnante dans ce rôle d’agent infiltrée dans les endroits les plus dangereux du monde, nous faisant ainsi voir du pays (de Dublin à Barcelone) en étant piégée. La mise en scène des combats est un petit régal, tant elles sont lisibles, à l’inverse du cinéma hollywoodien contemporain à la Greengrass,  révélant une vraie chorégraphie et un sens de l’espace et du rythme que beaucoup peuvent lui envier. La séquence d’ouverture et les deux séquences suivantes, dont une longue scène de filature en pleine rue sont fantastiques. Le film se pose ensuite un peu pour développer les enjeux d’une histoire somme toute classique, destinée avant tout à mettre en avant le portrait d’une guerrière moderne, aussi à l’aise en robe de soirée qu’armée et prête à en découdre à mains nues. Du cinéma de divertissement de grande qualité ! BR fr

 

God bless America (Bob Goldthwait, 2012) : *

Un homme d’une quarantaine d’années licencié et à bout accompagné d’une jeune adolescente qui plaque sa vie jugée trop normale s’en vont faire justice par eux-mêmes en décimant sur leur route toutes les personnes qu’elles ne peuvent pas encadrer et surtout qu’elles jugent mauvaises. Stars de la télé-réalité, actrices en devenir, présentateurs, tous y passent… Le film semble arriver beaucoup trop tard, en tout cas quasiment vingt ans après Tueurs Nés, le film semble réchauffé, encore plus même si on le compare avec le Chute Libre de Joel Schumacher sorti en 1993. La filiation est là, même si le réalisateur se défend du prétexte de la satire et du second degré, le film ne convainc pas parce qu’il dénonce avec de refermer son histoire sur une conclusion ô combien moralisatrice et un jugement étonnamment caricatural dans un ensemble qui se voulait auparavant très critique envers la société de consommation, les idoles créées de toutes pièces et le miroir aux alouettes de la télé.

On ne sait pas trop sur quel pied danser ni comment prendre ce qui apparaît au final comme un pensum, d’autant plus que le personnage de la jeune lolita qui prend les flingues a quelque chose d’assez agaçant à la longue, par sa voix stridente en VO et sa continuelle envie de placer des bons mots (les vannes anti Juno par exemple). Le film ne choque pas tant par son rapport à la violence que par la linéarité et la facilité de ses options, celles de filmer avec une complaisance certaine les armes à feu par exemple. Je ne suis pas parvenu non plus à discerner ce qui pouvait être politiquement incorrect dans ce film. Je ne me rappelle plus forcément de Police Academy, mais le réalisateur en interprétait un des rôles principaux.  BR fr

 

 American Mary (Jen et Sylvia Soska, 2012) : ****

Deuxième film des soeurs jumelles Soska, après Dead Hooker in a trunk qui semble beaucoup plus bricolé, American Mary raconte l’histoire d’une jeune étudiante dilettante en chirurgie (Katharine Isabelle, héröine de Ginger Snaps, sexy en diable avec ses tenues en latex et ses talons hauts) qui par un concours de circonstance va devenir une chirurgienne modificatrice en improvisant une salle d’opération chez elle. Voilà un film très original, porté par deux voix féminines, traitant de sujets rarement abordés dans le cinéma fantastique/d’horreur, plus enclin à parler de maisons hantées, de fantômes ou de possessions. Ici, le personnage central est décrit avec un humour noir, et les situations saugrenues, décalées ou étranges s’enchaînent les unes aux autres. La photo très soignée, l’utilisation du décalage entre la musique classique et la crudité de certains actes, la direction artistique participent à l’effet de conte de fée macabre qui imprime la pellicule et donne un cachet très atypique à cette oeuvre.

On y parle ainsi de transsexualité, de chirurgie esthétique, de transformations, de tatouages, de piercings, et aussi en filigrane de différence, celle-là même qui fait peur, surprend ou questionne, celle-là même que l’on voit finalement très peu dans le cinéma aujourd’hui et qui intéresse pourtant fondamentalement les deux auteures. Les touches d’humour, la musique tantôt metal tantôt follement pop, le décor de fond avec le bar à striptease, le caméo des deux réalisatrices usant d’un accent allemand prononcé, de discrets plans-séquences et quelques images gore achèvent de rendre ce film attachant, parce que réalisé avec un soin maniaque pour le détail, infiniment sensible. En tout cas la naissance de deux voix originales dans le cinéma d’horreur contemporain. Le docu sur la présence des deux soeurs au Festival du Film Fantastique de Londres montrent deux cinéastes très accessibles, simples et humbles devant leur public et la réception du film (enthousiaste). BR anglais.

 

The Woman (Lucky McKee, 2011) :  *****

Dix ans après May, le réalisateur Lucky McKee resigne un portrait de femme(s). Et pas n’importe lequel. Celui d’une jeune femme sauvage, qu’un avocat et sa famille vont trouver et tenter de civiliser. Le film est absolument passionnant, brillamment écrit et mis en scène, porté par le jeu minéral, faits de borborygmes et de quelques râles de la stupéfiante actrice Pollyanna McIntosh. Mckee retrouve son actrice fétiche Angela Bettis qui joue ici une mère de famille neurasthénique, paralysée par la peur de devoir affronter son mari tout en condamnant (en silence) ses actes. La scène d’ouverture, originale, est la promesse d’un film qui jongle avec les clichés, et qui parle surtout en filigrane, davantage même que de la notion de civilisation et du choc de cultures qu’il peut entraîner, de la haine profonde, cristallisée dans le regard du père de famille de certains hommes vis à vis des femmes.

C’est en ce sens non pas un film d’une misogynie galopante, ou une insulte faite à la gente féminine lorsqu’il filme les coups qu’elles reçoivent, mais bien au contraire, un film d’une grande intelligence sur cette violence, ici développée dans le cadre familial, latente, prégnante et finalement à l’opposé même de ce que le père pétri de névroses essaie de faire passer : la famille civilisée et les gens civilisés ne sont sans doute pas ceux que l’on croit. Un film parfois glaçant dont le final peut paraître excessif, mais qui montre à quel point le cinéaste est en phase avec son sujet et s’y tient jusqu’au bout. Je pardonne même les petits ralentis pas toujours du meilleur goût visuellement parlant. Le film a une grande force par son sujet et son traitement, notamment le travail sur le son. Magistral. BR fr

 

La Traque  (Antoine Blossier, 2011) : O

Quatre hommes partent dans une campagne hostile faire la chasse à des sangliers qui déciment la région. Le réalisateur indique dans les bonus (je voulais savoir comment le film avait été fait et son point de vue renforce le décalage entre les intentions et leur réalisation de manière encore plus stupéfiante) qu’il avait pour idée de traiter des fantômes, mais que le public français aimant le rationnel, le sujet du sanglier et des chasseurs lui a paru plus anxiogène. Encore eu-t-il fallu que la caméra ne bouge pas dans tous les sens au moment des assauts rendant ces scènes illisibles, et que les dialogues soient un peu plus recherchés. Un petit navet déguisé en film fantastique, avec quatre hommes qui au milieu d’un champs. Une sorte de Razorback à la française mais en dix fois moins bien. Les meilleures intentions ne font pas les meilleurs films. BR fr

 

A Czech Made Man (Tomás Rehorek, 2011) : *

Film tchèque assez atypique jouant par son titre sur un jeu de mots avec le self-made man (l’homme qui littéralement se fait par lui-même) par son utilisation des filtres qui changent d’une scène à l’autre voire d’un plan à l’autre sans raison particulière. C’est un choix artistique qui peut au choix intriguer ou exaspérer. Personnellement cela m’a fait sortir de la narration d’un film qui ne raconte au final pas grand chose mais tente quelque chose qu’il ne semble jamais véritablement parvenir à atteindre : l’émotion qui pourrait en naître est tuée dans l’oeuf. Reste des idées, une musique soulignée par des notes d’accordéon, une certaine forme d’humour, des ralentis que Zack Snyder n’aurait pas renié (dont celui qui suit le héros de l’histoire rattraper une jeune femme avant de consommer son amour avec elle dans un lit douillet). Youtube VOSTA

 

Kaboom (Gregg Araki, 2010)  :  *

J’aime beaucoup Gregg Araki et pourtant c’est la deuxième fois après Smiley Face qu’il me déçoit beaucoup avec un de ses films. Le plus récent en l’occurrence. Tourné dans un format HD au rendu très inégal (de belles séquences en côtoient d’autres beaucoup moins soignées), abandonnant ainsi la pellicule, le film est un remake officieux de Nowhere tourné il y a quinze ans et que j’avais découvert ébahi en salle. Araki ne se foule donc vraiment pas, reprend la majorité de ses thématiques ( l’homosexualité latente mais jamais déclarée de ses héros masculins, la bisexualité, la tentation du triangle amoureux voué à l’échec, l’apocalypse, la sexualité, etc) et donne l’impression de ne pas trop y croire. Les motifs musicaux reviennent, le tout bercé par des dialogues un peu faciles, et surtout une impression de réchauffé qui n’arrête pas d’imprégner le film. Roxane Mesquida s’amuse à jouer la lesbienne vampirique. Mais on se demande où veut en venir le cinéaste qui logiquement rate même le final. On dirait tout simplement l’oeuvre d’un cinéaste qui fait « à la façon d’Araki ». Le film n’est ni provoquant, ni sexy, ni même émoustillant, un comble quand on parle pendant 1h20 de sexe. Kaboom est donc le remake beaucoup moins touchant, planant et efficace de Nowhere. Reste la scène, géniale pour le coup, du cunnilingus durant laquelle Juno Temple explique qu’il n’y a pas qu’une seule façon de prodiguer cet acte sur une fille et que surtout, l’important, ce n’est pas de le faire comme s’il s’agissait d’un plat de spaghetti mais en écoutant sa partenaire. Youtube

 

Les deux crocodiles (Joël Séria, 1987) : ***

Le film est toujours inédit en DVD. Il raconte sous la forme d’un périple à travers la campagne bretonne (que Séria affectionne et qui l’avait démontré en filmant Pont-Aven) les aventures comico-tragiques de deux hommes qui se rencontrent fortuitement dans le train et ne se quitteront plus dont l’un s’avérera être un gangster en cavale que le seconde idolâtre depuis toujours. Le mordant, le piquant des dialogues, le jeu des interprètes (immenses Carmet et Marielle), l’incongruité absolue de certaines scènes (notamment cette incroyable séquence durant laquelle la femme du docteur/vétérinaire raconte ses ébats avec des animaux), la gouaille, le portrait de celles et ceux, paysans, que l’on voit rarement au cinéma (sauf chez Depardon, mais c’est du documentaire), le patois également, participent à l’humour très particulier de ce film. Une belle découverte à recommander aux fans des deux acteurs principaux et aussi de Seria, un cinéaste décidément iconoclaste. Youtube.

 

Saint (Dick Maas, 2011) : **

Dick Maas le réalisateur de L’ascenseur et Amsterdamned filme cette petite série B sortie en direct-to-video revisitant les codes du slasher avec une certaine malice. L’humour est présent, le gore aussi qui s’invite dans quelques séquences amusantes quand on les prend au second degré. Le côté unidimensionnel des personnages n’est pas très grave et l’histoire nous permet surtout de (re)découvrir Amsterdam sous un angle quasi inédit : celui des toits des bâtiments de la ville que le Saint Nicolas (très populaire aux Pays-Bas) arpente tel un destrier. L’écrin (Blu-ray) est de haute tenue, tellement même qu’il fait ressortir des incrustations pas toujours très heureuses. Mais Dick Maas fait tout : scénario, mise en scène, production, et même musique. BR Fr

 

Prometheus (Ridley Scott, 2012) :  *

Le film revient sur les origines du monstre. Si le visuel du film a par moments su me sortir d’une relative torpeur (photographie soignée, décors notamment dans les scènes d’intérieur parfois impressionnants), j’ai trouvé en revanche les personnages uniformément lisses et la narration sans aucune surprise. La dernière image du film quoique symbolique est la plus réussie du film et démontre que la créature de Ginger n’a pas vieilli. Un film de technicien assuré mais qui donne l’impression que son réalisateur avance à petit pas sans prendre aucun risque. Une science fiction bien sage en définitive. Cela dit, le meilleur papier écrit sur le film reste celui d’Anorya. BR fr

http://dvdtator.canalblog.com/archives/2012/06/16/24455712.html

 

Take Shelter (Jeff Nichols, 2012) :  *

Je n’ai ressenti qu’un relatif ennui devant ce film qui traite de la schizophrénie, d’une certaine peur panique intégrée dans la vie américaine et la déliquescence de certaines de ses fondations depuis le 11/09. Le rôle incarné par Michael Shannon ne laisse que peu de place aux autres personnages pour respirer dans un film qui m’a semblé complètement refermé sur lui-même. Les effets visuels et un certain symbolisme m’ont parfois exaspéré (notamment celui de la maison et des objets qui décollent du sol pour illustrer le chaos mental du personnage principal). BR benelux.

 

 

 

 

Kitokios nouveau single Tau Gera

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Les « girls band » sont populaires en Lituanie, et parmi eux il y a Kitokios dont j’avais évoqué brièvement les clips ayant eu du succès. Le groupe dévoile ici le nouveau clip de son nouveau single. Tourné dans la neige, sous une température semble-t-il glaciale, bref, un clip de saison qui réchauffera cependant je le pense, le coeur des romantiques.

Image de prévisualisation YouTube

Tau Gera

Certains des meilleurs titres du groupe sont en écoute intégrale sur le site lituanien music.lt

http://www.music.lt/lt/grupe/Kitokios/7127/

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